Vanessa Kirby, Shia LaBeouf, Casey Affleck, Andrew Garfield… Venise, anglais première langue

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Vanessa Kirby, Shia LaBeouf, Casey Affleck, Andrew Garfield… Venise, anglais première langue

Les Majors américaines sont absentes à la Mostra mais les acteurs et actrices anglo-saxons sont à l’affiche de nombreux films.

 

Les grands studios américains n’ont pas fait le voyage à Venise cette année. Tétanisés par la pandémie, obligés de reporter leurs sorties, ils ont fait l’impasse sur la Mostra et une croix sur l’automne. Mais les acteurs anglo-saxons, eux, sont bien présents sur le Lido, et même très présents, tout du moins sur les écrans. Et c’est tant mieux, car ce sont la plupart des bêtes d’acteur et d’actrice. Nombre de films en sélection cette année doivent beaucoup à leur talent, leur charisme, leur aura. Grâce à eux, un film pas totalement réussi n’est jamais complètement raté.

 

Honneur aux dames avec Vanessa Kirby. L’excellente actrice britannique, découverte dans le rôle de la princesse Margaret dans la série The Crown, a fait le déplacement. Il faut dire qu’elle est à l’affiche de deux films en lice pour le Lion d’or, Pieces of a woman, et The World to come. Le premier, tourné à Boston, est signé du réalisateur hongrois Kornel Mundruczo, sur un scénario écrit par sa femme Kata Weber. Il s’inspire de leur histoire personnelle : la mort de leur enfant à la naissance. Après l’accouchement à la maison tourné en un plan séquence de quinze minutes, le film, produit par Martin Scorsese, est la chronique de la reconstruction d’une femme en morceaux, cœur en miettes et corps en vrac. Autour de Vanessa Kirby, on trouve un Shia LaBoeuf méconnaissable (barbu trapu à bonnet) et impressionnant en mari tout aussi dévasté. Dans le rôle de la mère, Ellen Burstyn est comme toujours formidable.

 

Extrait de Pieces of a Woman (en anglais)

 

 

 

Vanessa Kirby change d’époque dans The World to come, de Mona Fastvold, réalisatrice norvégienne d’une trentaine d’années. Elle vient semer le trouble en 1856 chez une honnête fermière dans l’Est des États-Unis. La vie est rude pour Abigail (la britannique Katherine Waterston, elle aussi très bien), entre hiver glacial et mari taiseux (Casey Affleck, dépressif comme d’habitude, également producteur). Le couple a perdu une petite fille de cinq ans, morte de maladie. Abigail retrouve le goût du bonheur grâce à Tallie (Kirby donc), sa nouvelle voisine à la belle chevelure rousse et à l’air effronté, mariée à un homme sans joie qui ne jure que par la Bible. Ou plutôt elle le découvre et le consigne dans son journal, lu en voix off. Les deux femmes folâtrent au lit ou dans les bois et les maris les grondent de négliger leurs tâches domestiques. Il y a un peu du Secret de Brokeback Moutain au féminin dans The World to come. Le monde à venir ? Oui, Abigail et Tallie seraient sans doute mariées et mères de deux enfants en 2020. On n’en ferait pas tout un film.

Tout aussi féministe mais vraiment tarte, le Miss Marx de Susanna Nicchiarelli. Après Nico, la réalisatrice italienne s’intéresse à la fille cadette de Karl Marx, Eleanor. À sa mort (1883), la jeune femme continue à Londres le combat de son père en luttant pour le droit des femmes et l’abolition du travail des enfants. Mais la socialiste a un cœur d’artichaut et s’entiche d’Edward Aveling, dramaturge, fumeur d’opium, coureur de femmes endetté jusqu’au cou. Eleanor Marx est une sorte de Simone de Beauvoir, esprit révolutionnaire et cœur de midinette. L’actrice Romola Garai (l’Angel de François Ozon) ne démérite pas mais les costumes pèsent trop lourd. Susanna Nicchiarelli se contente de plaquer du rock sur ses images pour rendre tout ça moderne. Un peu court.

 

Questionnement

 

La modernité, c’est ce qui travaille Mainstream, le film de Gia Coppola (fils de Francis Ford et frère de Sofia et Roman), présenté dans la section Orrizonti. Et un peu celui d’Andrew Garfield, puisque l’acteur est aussi producteur et coscénariste. Il campe un rebelle amusant qui tape dans l’œil de Frankie (Maya Hawke). Elle a vingt ans, travaille comme barmaid dans un cabaret miteux à Los Angeles, poste des vidéos sur Youtube, veut travailler dans l’art sans trop savoir quoi faire précisément. Leur flirt naissant a du charme mais il est vite rompu par une satire des réseaux sociaux grossière et immature. Le couple, aidé d’un troisième larron, infiltre la sphère du web et fait le buzz pour mieux dénoncer l’aliénation de l’homo-numericus. Gia Coppola et Andrew Garfield ont forcément vu La Valse des pantins de Scorsese.

Le clown marginal devient l’animateur populaire et cynique d’une émission vulgaire. La performance de Garfield ne sauve pas le film mais elle impressionne tout de même et illustre le questionnement d’un acteur sur sa carrière et son statut, entre films mainstream et films indépendants. Révélé dans The Social Network, « marvellisé » dans The Amazing Spider-Man, désiré par Mel Gibson (Tu ne tueras point) et Martin Scorsese (Silence), la star hollywoodienne cherche autre chose, ou ailleurs. Après Under the Silver Lake, de David Robert Mitchell, Mainstream confirme cette nouvelle voie. En espérant que ce ne soit pas une impasse.


 

Source:© Vanessa Kirby, Shia LaBeouf, Casey Affleck, Andrew Garfield… Venise, anglais première langue

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