Timothée Chalamet, nouveau prince de Hollywood

Home»Anciens2»Timothée Chalamet, nouveau prince de Hollywood

Timothée Chalamet, nouveau prince de Hollywood

PORTRAIT – À 22 ans, ce comédien franco-américain est en lice pour l’Oscar du meilleur acteur, pour son rôle dans Call Me by Your Name, qui sort ce mercredi en France.

À New York

Il est le plus jeune nominé à l’Oscar du meilleur acteur, depuis un certain Mickey Rooney, il y a quatre-vingts ans. Le blondinet facétieux avait 19 ans en 1940, pour Babes in Arms. Timothée Chalamet, lui, vient de fêter ses 22 printemps, et le monde entier, déjà, lui promet le firmament. Un talent hors norme, une versatilité évidente dans ses premières compositions dramatiques et, déjà, une boulimie de projets, attisée par le bouche-à-oreille entre réalisateurs: l’année 2017 fut celle de la révélation et, quasi instantanément, de la consécration pour ce jeune homme né dans le quartier de Hell’s Kitchen, à Manhattan, qui continue de vivre en colocation dans l’East Side et poursuit ses études à la New York University (NYU). Sait-on jamais, dans cette industrie dévoreuse d’âmes…

Pas d’inquiétude pour le moment: «Timmy», comme l’appellent ses amis, a déjà percé au cœur de Hollywood. Remarqué dans Miss Stevens (2016), il voit sa performance, certes brève, louée dans Lady Bird, face à l’actrice Saoirse Ronan (film sorti aux États-Unis le 3 novembre 2017), ainsi que dans Beautiful Boy, face à Steve Carell, attendu le 12 octobre 2018.

«Timothée, c’est Christian Bale, Daniel Day-Lewis et Leonardo DiCaprio à la fois. C’est un cœur tendre, mais avec un talent inné. Tout le monde va être épaté par sa progression»

Greta Gerwig, réalisatrice de «Lady Bird»

Et le voici donc en lice pour une statuette dorée grâce au réalisateur Luca Guadagnino et son film Call Me by Your Name . Scénario signé James Ivory. Intimidé, de son propre aveu, de se retrouver projeté si vite dans la cour des grands, avec ces acteurs qu’il admire, Hugh Jackman et Gary Oldman, Timothée Chalamet signe une prestation majuscule dans le rôle d’Elio Perlman, un adolescent de 17 ans troublé par un étudiant américain plus vieux que lui, dans un village de Lombardie, en 1983. Les récompenses pleuvent, aux Golden Globes, aux Bafta britanniques. «Timothée, c’est Christian Bale, Daniel Day-Lewis et Leonardo DiCaprio à la fois, affirme Greta Gerwig, la réalisatrice de Lady Bird. C’est un cœur tendre, mais avec un talent inné. Tout le monde va être épaté par sa progression, mais pas moi, non. J’ai toujours su qu’il était un oiseau rare!»

Trouble existentiel

Dans la revue Empire, le critique Olly Richards en rajoute, avec le compliment suprême pour un acteur: «Chalamet donne l’impression que les autres jouent la comédie. Pour lui seul, le film en vaut la peine.» Stephen Holden, du New York Times, le compare à James Dean, subjugué par sa prestation dans le film Miss Stevens et un monologue fiévreux, tiré de la pièce d’Arthur Miller Mort d’un commis voyageur.

Silhouette mince et mâchoire parfaitement dessinée, le jeune homme aux cheveux de jais promène sous ses airs poupins une assurance de vétéran du septième art. Il a même eu le culot de désavouer Woody Allen, renonçant, en faveur d’associations engagées contre le harcèlement sexuel, à son salaire gagné pour son rôle dans le film A Rainy Day in New York.

«Chalamet donne l’impression que les autres jouent la comédie. Pour lui seul, le film en vaut la peine»

Le critique Olly Richards

Et pourtant. Timothée Chalamet confie volontiers un trouble existentiel, largement imputable selon lui à son «identité culturelle croisée»: un père français, Marc, et une mère américaine, Nicole, ancienne danseuse sur Broadway. Après ses premières armes dans la publicité à l’âge de 5 ans, le jeune garçon a passé tous ses étés au Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. Il rêvait d’être footballeur, a même entraîné les plus jeunes, savourant ce havre champêtre «à deux heures de Lyon». À chaque séjour se produisait un troublant dédoublement: «J’avais l’impression de devenir la version française de moi-même, j’étais totalement imprégné culturellement et je rêvais même en français.» Comme tant d’enfants bilingues, Timothée se cherche, au confluent de deux mondes bien distincts. Il ressent «une forme d’ambiguïté en termes d’identité de soi», comme une impossibilité de «savoir qui il est vraiment».

Bardé de ces doutes précoces, il entre à 12 ans, dans les pas de sa sœur, à La Guardia, la prestigieuse école de l’Upper West Side qui inspira le célèbre show Fame. Pas vraiment décidé à devenir acteur, il intègre un peu par hasard la troupe répétant la comédie musicale Cabaret. Premières armes, et premier dithyrambe dans le New York Times qui passait par là. Son «big break» intervient lors de l’audition pour un second rôle dans la série télévisée Homeland, en 2012. Le trouble demeure: incertain de sa personnalité, l’adolescent se laisse happer par ses premiers rôles, «aspiré» par les personnages qu’il interprète.

Protégé de Matthew McConaughey

Heureusement, un ange gardien va croiser son chemin: Matthew McConaughey. Celui qui, en 2014, joue son astronaute de père dans Interstellar, de Christopher Nolan, noue avec lui une relation quasi paternelle. Timothée sollicite ses conseils pour éviter les embûches d’une trajectoire qui s’annonce météorique. La méthode McConaughey est simple comme une ordonnance médicale: pour chaque film, se contraindre à partir s’installer sur les lieux quatre ou cinq semaines à l’avance, pour s’imprégner de l’ambiance et s’immerger dans son rôle. La leçon est retenue: pour Call Me by Your Name, «Chalamet!», comme l’appelle McConaughey gentiment moqueur, s’installe en Lombardie, reprend le piano, attaque la guitare et la syntaxe italienne. Un perfectionnisme qui explique mieux les comparaisons élogieuses de Greta Gerwig avec des acteurs caméléons tels que Daniel Day-Lewis.

Pas question de se reposer sur ses lauriers, cependant. Tout en bouclant ses études, le jeune homme se prépare à jouer le rôle de Henry V dans une production Netflix intitulée The King. Son dix-septième film en dix ans! Contre son gré, Timothée Chalamet continue de brûler les étapes. À peine élevé au rang de prince, le voici roi.


Bio express

– Naissance à New York (États-Unis).

Joue un petit rôle dans la série télévisée Homeland.

– Diplômé de l’école des arts Fiorello LaGuardia.

– Joue dans Interstellar.

– Révélé dans Miss Stevens.

Joue dans Hot Summer Nights et Lady Bird. Nommé pour l’oscar du meilleur acteur, pour Call Me by Your Name.

2018 – Sortie en France de Call Me by Your Name.


 

 

Source:© Timothée Chalamet, nouveau prince de Hollywood

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com
fr_FRFrançais
en_USEnglish fr_FRFrançais