Service impérial à Champs-sur-Marne

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Service impérial à Champs-sur-Marne
Les 126 pièces du service de l’impératrice ont été créées à la manufacture impériale de porcelaine de Saint-Pétersbourg entre 1770 et 1790. – Crédits photo : David Blondin/Centre des monuments nationaux

La table de la salle à manger de l’ancienne demeure de madame de Pompadour a été dressée pour douze convives. La vaisselle, prêtée par le château de Kouskovo, est celle de Catherine II. Pour Noël, le château se pare des couleurs de la Russie

Le château de Champs-sur-Marne, qui fut celui de madame de Pompadour, expose un service impérial d’exception, ayant appartenu à la tsarine Catherine II de Russie. Les assiettes, rafraîchissoir à verres, saucières, aiguières ou petites salières ont été apportés dans des grandes caisses, par deux conservatrices du château de Kouskovo, l’ancienne résidence d’été impériale, située près de Moscou. Et ce sont les mêmes conservatrices russes qui se sont chargées de mettre le couvert, dans la grande salle à manger du rez-de-chaussée.

De multiples questions ont été soulevées pour dresser une table pour douze convives. Fallait-il mettre des verres, alors que l’on sait qu’au XVIIIe siècle, ils reposaient dans des rafraîchissoirs? Quel type de nappe choisir? Longue comme aujourd’hui, courte comme autrefois? Et où trouver les couverts en argent manquants? «Créé à la manufacture impériale de porcelaine de Saint-Pétersbourg entre 1770 et 1790, le service comportait autrefois plusieurs milliers de pièces», rappelle Jenny Lebard, administratrice du lieu. Par la suite, le fabuleux service a été divisé. On en trouve trace au Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg ou dans celui de la porcelaine, à Kouskovo.

Les assiettes sont simplement décorées de fleurs peintes, et le chic vient de la forme des aiguières ou des charmantes figurines en porcelaine XVIIIe de la manufacture Gardner, posées au centre

Pour l’exposition de Champs-sur-Marne, 126 pièces de ce «service de chaque jour», destiné à l’usage personnel de Catherine II, ont été choisies. Il s’agit de la vaisselle utilisée lors des repas quotidiens de l’impératrice, appelée «ordinaire». Les assiettes sont simplement décorées de fleurs peintes, et le chic vient de la forme de certaines aiguières ou des charmantes figurines en porcelaine XVIIIe de la manufacture Gardner, posées au centre. Dans les grands rafraîchissoirs muraux à têtes de dieu-fleuve, datant du temps de madame de Pompadour, on a posé quelques bouteilles. Le conservateur a ajouté, sur les dessertes, un pain, des gâteaux, un rôti ou des légumes factices. Nous sommes loin du compte, en termes gastronomiques: un menu impérial russe annonce «une fricassée de langues de rossignols, un ragoût de lèvres et d’oreilles de cerfs, des yeux de bœufs en sauce, des lèvres d’élans à la crème fraîche, des cuisses d’ours bouillies ou des tartes aux pigeons au four»!

En France, on y pratique alors le service à la française, qui consiste à poser tous les plats sur la table, chacun se servant dans l’ordre qui lui plaît.

Pour ceux qui veulent aller plus loin sur l’art de la porcelaine et celui de recevoir dans la Russie d’antan, un fascicule distribué à l’entrée de l’exposition donne des pistes. «La porcelaine précieuse, élégante et à l’émail éclatant, satisfaisait le désir de luxe, les caprices de goût, de style et de mode de vie des monarques européens et était un élément indispensable au faste d’une cour royale ou impériale», peut-on y lire. Une production russe apparaît au XVIIIe, siècle de fêtes et de la recherche de «perfection gastronomique».

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En France, on y pratique alors le service à la française, qui consiste à poser tous les plats sur la table, chacun se servant dans l’ordre qui lui plaît. Les Russes, eux, adoptent un ordre – entrées, plats, entremets, desserts, etc. -, technique que notre pays reprendra plus tard… grâce au prince Alexandre Kourakine, ambassadeur de Russie en France en 1810, qui introduit le fameux ordre dans les plats. On a beau retenir des Russes qu’ils jettent leurs verres par-dessus leurs épaules, la légende ne s’appliquait pas à Kouskovo. «C’était un geste de militaires, uniquement devant le tsar, et avant les batailles», souligne Nicolas Rousseau, adjoint au service culturel de Champs-sur-Marne.

Le couvert impérial est dressé jusqu’au 15 mars prochain, date à laquelle il repartira en Russie. Mais Kouskovo et Champs, construits à la même époque, ont signé un accord de jumelage. D’autres expositions franco-russes sont à venir.


 

Source:©  Service impérial à Champs-sur-Marne

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