Sean Connery et James Bond, l'histoire d'un rôle qui colle trop à la peau

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Sean Connery et James Bond, l'histoire d'un rôle qui colle trop à la peau

 

PORTRAIT – L’acteur écossais, mort à 90 ans, fut le premier à endosser le costume de l’espion britannique en 1962. Pour sa gloire et aussi pour son malheur.

Il n’a eu qu’à lever un sourcil pour entrer dans la légende. Sean Connery fut le premier interprète de James Bond. Le premier à apparaître au cinéma dans ce canon de pistolet qui ouvrait le générique de la saga. Le premier à esquiver les balles et à répondre, armé de son Walther PPK, laissant l’écran se remplir de sang.

Quel paradoxe pour cet Écossais, ardent défenseur de l’indépendance de sa nation depuis près de 40 ans, d’avoir incarné aux yeux du monde entier cet Anglais smart, agent secret du MI6 détenteur du permis de tuer. James Bond doit au comédien son succès retentissant ; Sean Connery doit à 007 sa gloire universelle. Mais le mariage fut loin d’être parfait.

 

L’acteur reconnaissait volontiers que «James Bond est un parfait hédoniste»«Ses sens sont toujours en éveil à l’écoute du monde extérieur. Il aime les vins, les femmes, la nourriture. Il est assez amoral en fait, décrivait-il. J’admire aussi son goût du combat. Et je pense même être parvenu à lui conférer un certain sens de l’humour.» Le seul problème, c’est que le personnage de 007 aura fini par dévorer la vie et la carrière de l’acteur Sean Connery, dans un tourbillon de gloire qui ne laissait plus à l’homme la moindre possibilité d’exercer son art en dehors des films d’action et d’espionnage.

«Smoking sur un cintre»

Sean Connery aura ainsi passé son existence à essayer de prouver qu’il était capable de jouer autre chose qu’un héros inoxydable, sorte de «smoking sur un cintre» comme il aimait à le qualifier à la pleine époque de la «Bondmania» après le triomphe de Goldfinger en 1965.

En réalité, Thomas «Sean» Connery est né dans la misère. Le 25 août 1930, mariée à Joseph Connery, Euphemia, «Effie» McLean, donne naissance à un fils à la Royal Maternity Hospital d’Edimbourg. Le bébé sera d’abord logé dans le tiroir du bas de la commode, au 176, Fountainbridge, à Edimbourg. Son père est un solide gaillard qui travaille dans une usine de caoutchouc. Sa mère est femme de ménage. À neuf ans, le jeune Sean Connery cherche du travail et se présente à la St Cuthbert’Dairy stables, comme livreur de lait. Il y est embauché. Connery déclarera bien des années plus tard. «Je suis né pauvre. Quand j’avais neuf ans, je travaillais sept jours par semaine comme livreur de lait. Cela vous donne un sacré respect de l’argent.»

 

Après avoir été tour à tour maître-nageur à la piscine de Portobello, modèle nu pour les étudiants du College of Art d’Edimbourg, polisseur de cercueil, le jeune homme commence à faire de la musculation, et finit troisième au concours de Mister Univers en 1950.

À l’âge de 17 ans, avec sa stature d’athlète et son 1m91, il s’engage dans les cadets de la Marine. Il en ressort avec deux tatouages sur le bras: «Dad and Mum» («Papa et Maman») et «Scotland for Ever» («L’Écosse pour toujours»).

Bon footballeur, le club de Manchester United propose au jeune Écossais un contrat de 25 Livres Sterling par semaine. Sean Connery est tenté… mais refuse. «Je me suis rendu compte qu’un footballeur professionnel était fini à trente ans, alors que j’en avais déjà 23 ans. J’ai préféré devenir acteur. C’est l’une des meilleures décisions que j’ai prises.»

 

Entre-temps, grâce à un ami, Sean Connery a découvert le théâtre. Même s’il ne maîtrise pas encore tout à fait son «scottish drowl» (le fameux accent écossais qui fait rouler les «r»), il est engagé comme figurant dans la pièce South Pacific au Theatre Royal. C’est en pénétrant dans le milieu du théâtre que Sean Connery commence à lire ses classiques, dans le désordre Peter Ibsen, Marcel Proust, Leon Tolstoï, James Joyce, Bernard Shaw ou Thomas Wolfe.

Mais c’est grâce à la BBC qu’il fait ses débuts à l’écran le 31 mars 1957 à 20h30 en direct dans une dramatique télévisée écrite par Rod Serling (futur créateur de la Twilight Zone) contant les malheurs d’un boxeur Mountain McClintock. Intitulée Requiem for a heavyweight («Requiem pour un poids lourd»), ce téléfilm offre à Sean Connery le premier rôle de sa carrière (Jack Palance s’étant désisté dix jours avant). Le succès est incroyable. «Dès le lendemain, raconta Sean Connery, j’ai dû recevoir plus de 200 offres. Je crois que tous les directeurs de casting de Londres sont venus frapper à ma porte.»

C’est peu après ce premier succès qu’il rencontre l’actrice Diane Cilento, qu’il épouse en 1963. Ils auront un fils, Neil, et divorceront en 1973. Au cinéma, Sean Connery est lancé. Il entre sous contrat avec la Fox, et commence à tourner quelques films comme Darby O’Gill and the Little people pour Disney, ou bien La plus grande aventure de Tarzan de John Guillermin. Mais la Fox ne sait pas comment l’employer et le comédien végète.

Vous me prenez tel quel ou pas du tout

Sean Connery

 

Le «Bond» en avant, il le fait à la fin de 1961, en se rendant à un casting pour un film d’espionnage à petit budget, James Bond et Docteur No. Les deux producteurs Albert R. Broccoli et Harry Saltzman ne s’attendent pas à le voir débarquer. Et son entrée dans les bureaux de South Adley Street fait sensation. «Il était habillé comme un clochard, ses vêtements étaient fripés, et il ne portait pas de cravate», rapporte «Cubby» Broccoli. Sean Connery est venu décontracté et ne veut pas faire de bouts d’essais. «Vous me prenez tel quel ou pas du tout», rétorque-t-il. En réalité, plus Sean Connery s’énerve, plus les deux producteurs sont persuadés d’avoir trouvé l’oiseau rare. «La différence entre Sean et d’autres acteurs jeunes, est la même qui existe entre une photographie et un film. Quand Connery commence à bouger, il vit.»

Même si Ian Fleming, le créateur de James Bond aurait plutôt vu Cary Grant dans le rôle de son maître espion, Broccoli et Saltzman tiennent bon. Sean Connery est engagé. Avant même de l’avoir vu jouer dans le film de Terence Young, Fleming déclare :«Je cherche le capitaine de frégate James Bond, pas un cascadeur à gros bras.» Fleming ne sait pas à quel point il se trompe sur le compte de ce jeune Écossais. Pour aider Sean Connery à s’imprégner du rôle de Bond, le réalisateur lui demande de dormir dans le superbe costume qu’il a fait spécialement créer pour lui par son tailleur londonien Turnbull and Asser, du côté de Saville Row.

 

Le tournage se déroule à la Jamaïque, et la première James Bond Girl, la sculpturale Ursula Andress, jaillit des flots comme dans une peinture de Botticelli. Le film est un très grand succès. Même si, pour la fameuse posture de 007, le technicien de plateau ne trouve pas de Walther PKK, ce qui pousse Sean Connery à utiliser un vieux pistolet à air comprimé récupéré dans le coffre de la voiture d’un membre de l’équipe du tournage. Entre Docteur No et Bons Baisers de Russie, Sean Connery tourne La Femme de paille avec Gina Lollobrigida.

Après le triomphe de Bons Baisers de Russie, le film le plus hitchcockien de la série, Fleming revient sur sa première impression. «Même si je ne l’ai pas rencontré avant que le tournage ne soit déjà bien entamé, confiera des années plus tard Connery, je savais que Fleming ne m’aimait pas. Quand nous nous sommes croisés, j’ai découvert un homme intéressant, d’une grande érudition, mais très snob.»

Touché par une calvitie précoce dès 21 ans, Sean Connery doit s’affubler d’un postiche pour jouer James Bond. Néanmoins, tout le monde se l’arrache. Entre deux tournages, il est engagé par Alfred Hitchcock pour jouer dans Pas de printemps pour Marnie, avec Tippie Edren, un «grand film malade» comme en juge François Truffaut. Hitchcock dira de lui: «Je n’étais pas convaincu que Sean Connery puisse jouer un grand bourgeois de Philadelphie. Si vous analysez le film, c’est l’histoire du prince et de la mendiante. Or pour cela, il faut un homme raffiné, un vrai gentleman.»

Qu’importe, en 1964, avec la sortie de Goldfinger, le troisième volet des aventures de 007, le «Bondmania» se déclare, avec la même puissance que la «Beatlemania». Sous la direction de Guy Hamilton, Sean Connery conduit la fameuse Aston Martin DB5 grise métallisée bourrée de gadgets dans les routes à lacets, en Suisse. Shirley Bassey chante le générique. John Barry compose la musique du film, Gert Fröbe campe un méchant d’anthologie, et Shirley Eaton meurt recouverte d’une fine pellicule dorée.

Tensions sur les tournages

Un an plus tard, avec Opération Tonnerre, Terence Young frappe aussi fort. Une James Bond girl française Claudine Auger donne la réplique à Sean Connery qui commence à s’ennuyer sérieusement dans le rôle de l’Espion de sa Majesté. «James Bond n’a ni père ni mère, déclare-t-il à l’époque. Il a surgi de nulle part, directement dans la peau de 007. Il est né – Kaboum!- à 33 ans. Donc, mon boulot, c’est de donner vie à une icône!» Les tensions sont de plus en plus fortes sur les tournages. Sean Connery tourne encore On ne vit que deux fois en 1967, un James Bond au Japon très réussi, avec Donald Pleasance dans le rôle du méchant Ernst Stravo Blofeld, qui s’est fait construire une base secrète ultramoderne dans un volcan endormi.

Sean Connery quant à lui explose. Il claque la porte de Eon Productions et va tourner d’autres films que les Bond. Dans le western Shalako, il a pour partenaire Brigitte Bardot. Il enchaîne avec La Tente Rouge où il arbore une tignasse blanche. En 1970, Sidney Lumet avec qui il a déjà tourné en 1965 l’excellent suspense dramatique La Colline des hommes perdus l’engage pour jouer dans la comédie policière Le Gang Anderson.

Mais on n’échappe pas si facilement que cela à James Bond. Comme George Lazenby n’a pas convaincu dans le rôle de 007 pour Au Service secret de sa Majesté, de Peter Hunt, Broccoli et Saltzman sont aux abois. Finalement contre un cachet astronomique (1,25 million de dollars), Sean Connery accepte de renfiler son smoking, tout en demandant négligemment au bar : «Une Vodka Martini, au shaker, pas à la cuillère». Les Diamants sont éternels de Guy Hamilton sort en 1971. C’est le premier James Bond tourné à Hollywood. Même si le film n’est pas exceptionnel, il remporte un succès considérable.

Sean Connery croit avoir enfin fait ses adieux au célèbre espion. En 1972, avec Sidney Lumet, il joue un flic vétéran dans The Offence, polar noir qui met en scène une bavure policière liée à la mort d’un suspect qui aurait abusé de petites filles. L’acteur y gagne enfin ses galons d’acteur sérieux. L’année suivante, John Boorman l’affuble d’un slip rouge et le propulse dans une fable futuriste violente baptisée Zardoz.

 

 

Puis c’est L’homme qui voulut être roi en 1975, sous la direction de John Huston. La quintessence du film d’aventures adapté du roman de Rudyard Kipling. Sean Connery joue enfin avec son complice et ami Michael Caine. Deux soldats britanniques, postés en Inde, désertent l’armée et se font passer pour des dieux dans l’étrange province du Kafiristan. Au départ, Humphrey Bogart et Clark Gable devaient incarner ce tandem d’aventuriers. Huston déclarera à propos de Sean Connery: «C’est un immense plaisir de travailler avec lui, et pour lui. Il dégage une énergie incroyable, une aura de force, de virilité et d’humour». Le film permet à Sean Connery de connaître enfin un succès tant critique que public.

La même année sort Le Lion et le vent de John Milius, avec Candice Bergen. C’est également en 1975 que Sean Connery épouse la Française Micheline Roquebrune, qu’il a rencontrée à Marrakech lors d’un tournoi de Golf. «J’ai épousé ma femme en jouant au golf, confiera-t-il. Elle ne parlait pas anglais. Je ne parlais pas français. Donc, on ne risquait pas de se lancer dans une conversation ennuyeuse. C’est sans doute pour cela que l’on s’est marié très vite.»

En 1976, Sean Connery a l’opportunité de donner la réplique à Audrey Hepburn dans la comédie dramatique de Richard Lester La Rose et la flèche, où il incarne un héros de son enfance, un Robin des bois vieillissant obligé de repartir à l’assaut.

Guerre des Bond

Les années 1980 seront pour lui une décennie formidable. Après avoir joué un shérif spatial intraitable dans l’excellent Outland de Peter Hyams (Bullitt), sorte de remake du Train sifflera trois fois version galactique, Sean Connery joue dans le drame montagnard Cinq jours ce printemps-là de Fred Zinnemann, avec le jeune Lambert Wilson. Contre toute attente, il accepte une ultime fois d’incarner James Bond dans le remake d’Opération Tonnerre, Jamais plus jamais, sous la direction d’Irvin Kershner. Ce James Bond non-officiel sort en 1983 face à Octopussy, James Bond estampillé celui-là, incarné par Roger Moore. La guerre des Bond est déclarée, mais elle n’aura pas vraiment lieu car Moore et Connery sont des amis de longue date.

Grâce à cette prestation, Sean Connery exorcise enfin ses vieux démons et fait la paix avec ce personnage à qui il doit tout. Son interprétation d’un agent secret plus humain et vieillissant est formidable, tout en nuance, légèrement parodique. «Je ne sais comment l’idée m’est venue, avouera Connery, mais je me suis dit que cela pourrait être intéressant de revenir à Bond dix ans plus tard. L’humour serait forcément différent, de même que toutes les histoires de sexe et les cascades.»

La légende veut que le titre Jamais plus jamais soit né d’une conversation entre Sean Connery et sa femme. L’acteur lui avait promis de ne «plus jamais» jouer Bond. Quand elle eut vent du projet, elle lui demanda de ne «plus jamais dire jamais» («Never say never again»).

En 1986, Michael Caine étant pris sur un autre film, Sean Connery se lance avec Jean-Jacques Annaud dans l’adaptation du roman d’Umberto Eco, Le Nom de la Rose. Suspense médiéval de très grande qualité, Connery y joue Guillaume de Baskerville, un moine enquêteur chargé de découvrir qui se cache derrière un nombre croissant de morts inexplicables dans une abbaye franciscaine. Le film est un grand succès.

 

Sean Connery enchaîne avec Highlander, de Russell Mulvahy aux côtés de Christophe Lambert, puis Les Incorruptibles de Brian de Palma, où il joue le mentor de Kevin Costner dans le rôle d’un vieux flic honnête et coriace nommé Malone. C’est d’ailleurs grâce à ce second rôle qu’il décroche enfin un Oscar à Hollywood à l’âge de 56 ans. «C’est vraiment génial d’avoir un Oscar pour Les Incorruptibles, admet-il avec son franc-parler. Mais ça n’a rien changé pour moi. Et je peux affirmer sans mentir que j’aurais préféré remporter l’US Open de Golf!»

Comme tout lui sourit, Steven Spielberg lui propose d’incarner le père d’Indiana Jones dans Indiana Jones et la dernière croisade, en 1989, aux côtés de Harrison Ford, alors qu’il n’y a que douze ans d’écart entre les deux acteurs. «George Lucas ne pensait pas donner une telle place au personnage, pour lequel il voulait engager un vieil acteur anglais bien propre sur lui, déclara Steven Spielberg à la sortie du film. Mais moi, j’ai toujours vu Sean Connery dans le rôle. J’avais peur que sans quelqu’un de costaud, Harrison finisse par virer le père du film. Il fallait lui lancer un défi, et qui pouvait en remontrer à Indiana Jones sinon James Bond !» C’est également en 1989 que Sean Connery est élu «L’homme le plus sexy de l’année» par le magazine People.

Dans les années 1990, Sean Connery tourne encore quelques grands films populaires tels À la poursuite d’Octobre rouge d’après le thriller de Tom Clancy, le survitaminé Rock en 1996, signé Michael Bay avec Nicholas Cage. Il y incarne un vieil espion britannique, John Mason, gardé au secret parce qu’il a réussi à s’évader d’Alcatraz… Catherine Zeta-Jones lui donne la réplique dans Haute Voltige en 1999, et Gus Van Sant lui confie le rôle d’un vieil écrivain vivant reclus comme John Kennedy Toole ou J.D.Salinger dans À la recherche de Forrester.

Le dernier film que tourne Sean Connery sera une adaptation d’un roman graphique d’Alan Moore, La Ligue des Gentlemen extraordinaires en 2003, où il incarne l’aventurier Alan Quatermain. Le réalisateur met d’ailleurs en scène sa mort cinématographique à la fin du film.

Acteur engagé

Ambitieux, perfectionniste, un rien misanthrope, aussi exigeant avec les autres qu’avec lui-même, Sean Connery aura réussi toute sa vie à incarner un personnage de défenseur des causes perdues, un idéaliste aux idées généreuses défendant des valeurs morales séculaires, et se réclamant d’un code d’honneur tombé en désuétude.

N’ayant jamais cessé de garder ses distances avec la presse, il n’en clamait pas moins ses engagements haut et fort. «Il y a trois domaines importants à mes yeux : l’éducation, la culture et l’Écosse», disait-il. Jamais il n’abandonna son accent, qu’il faisait résonner avec fierté dans ses derniers films. Il était devenu l’un des principaux mécènes du Scottish National Party. Sa femme Micheline Connery ne dit pas autre chose. «Les gens l’indignent sans arrêt, lui qui est si honnête, si pétri d’idéaux. J’ai pourtant essayé de lui inculquer un peu de cynisme, de le convaincre que le monde était comme ça, point final.»

Comme les héros qu’il aura personnifiés durant toute sa carrière, Sean Connery n’a jamais cessé de se battre pour changer le monde. Quelque part, il est possible qu’il y soit arrivé. Après tout, il ne faut jamais dire jamais…

 

Source: ©Sean Connery et James Bond, l’histoire d’un rôle qui colle trop à la peau

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