Retraites : grosse cacophonie gouvernementale sur «l'âge d'équilibre»

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Retraites : grosse cacophonie gouvernementale sur «l'âge d'équilibre»
© DOMINIQUE FAGET Le Premier ministre Edouard Philippe, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye et la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, mardi à l’Assemblée nationale.

© DOMINIQUE FAGET Le Premier ministre Edouard Philippe, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye et la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, mardi à l’Assemblée nationale.
Négociable ou pas ? Visiblement, tous les ministres n’ont pas compris la même chose sur «la» mesure chiffon rouge de la réforme présentée par Edouard Philippe mercredi.
Satanés Français qui s’opposent à la réforme des retraites car ils ne la comprennent pas… Ah, on nous glisse dans l’oreillette que ce fléau est en train de gagner les rangs du gouvernement. Ce matin sur les plateaux télé et radio, on a assisté à une bien belle cacophonie gouvernementale sur la question de l’âge pivot, en deçà duquel les pensions de retraite seraient amputées d’une décote, et que l’exécutif veut fixer à 64 ans afin de permettre «l’équilibre financier» du système.

Il faut dire qu’Edouard Philippe himself a brouillé la lisibilité de son exercice de pédagogie. Le Premier ministre a d’abord annoncé, devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese) mercredi, l’instauration «au-dessus de l’âge légal, [d’]un âge d’équilibre avec un système de bonus-malus», précisant : «Nous ne pouvons pas mettre en place un âge d’équilibre à 64 ans d’un coup d’un seul en 2025. J’ai entendu les organisations syndicales qui ne voulaient pas de fétichisme sur la date de 2025 et j’ai accepté de prendre le temps nécessaire en décalant le calendrier initial jusqu’à 2027.» Après la réaction ulcérée de la CFDT qui avait fait de l’âge pivot une «ligne rouge», Philippe a précisé, au JT de TF1, qu’une négociation était toujours possible : «Si les partenaires sociaux se mettent d’accord pour dire quel est le chemin qui permet d‘arriver à l’équilibre – la trajectoire et les instruments –, je prends, aucun problème.»
«C’est négociable»…
Ce matin, les ministres et cadres de la majorité se démultiplient pour faire le SAV des annonces et notamment de ce point précis. «L’âge d’équilibre, les modalités pour parvenir à l’équilibre financier, c’est négociable», dit Bruno Le Maire sur France 2, le ministre de l’Economie ajoutant : «Il peut y avoir de meilleures solutions. C’est [aux partenaires sociaux] d’[en] apporter la preuve.» Le président de l’Assemblée, Richard Ferrand, le relaie sur RTL quelques minutes plus tard : «Le Premier ministre a mis cette solution-là sur la table, à charge pour les syndicats d’en trouver d’autres.» Et le ministre du Budget, Gérald Darmanin, de relayer la même chose sur Europe 1.
Gilles Le Gendre tient le même discours mais adopte un autre ton. Sur C News, le chef des députés LREM est révolté d’entendre partout que cet âge pivot serait une annonce d’Edouard Philippe. «C’est faux !» s’emporte-t-il contre toute évidence. Il poursuit : «Je le dis ici solennellement, la question de l’âge pivot, de l’âge d’équilibre, n’est pas décidée, en aucun cas.» Selon lui, il ne serait mis en œuvre que si les syndicats ne proposaient pas d’autre solution.
… mais en fait non
Mais à écouter ensuite Agnès Buzyn et Sibeth Ndiaye, on comprend que les négos ne sont pas si ouvertes que cela. Selon la ministre de la Santé sur LCI, le terrain de la discussion concerne en réalité «les modalités d’arrivée à l’âge pivot», mais pas cet âge en soi. Sur France Inter, la porte-parole du gouvernement indique pour sa part que «ce qui est sur la table en termes de négociation», c’est le taux de décote (5%, 10% ?) appliqué à ceux qui partiraient à la retraite avant les 64 ans. Dans le dossier de présentation de la réforme sur le site du gouvernement, on peut d’ailleurs lire : «Les partenaires sociaux fixeront l’évolution de l’âge d’équilibre, ainsi que le montant du malus et du bonus ; à défaut, le bonus et le malus seront de 5% par an.» Et Sibeth Ndiaye de marteler : Ce que nous voulons faire, c’est dire en toute transparence le moment où il y aura du bonus et du malus, et ce sera 64 ans en 2027.»

Conclusion : on n’est pas bien sûrs de qui il s’agit, mais certains seraient donc bien inspirés de relire leurs notes…

Etienne Baldit

Source:© https://www.msn.com/fr-fr/actualite/newslocalpolitics/retraites-grosse-cacophonie-gouvernementale-sur-«lâge-déquilibre»/ar-AAK3rAU?ocid=spartanntp

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