Pour le chef de la diplomatie du Bahrëin, Jérusalem est un « détail secondaire » face à la menace iranienne

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Pour le chef de la diplomatie du Bahrëin, Jérusalem est un « détail secondaire » face à la menace iranienne
Le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Sheikh Khalid Bin Ahmed Al Khalifa, à l’Assemblée nationale de l’ONU, le 23 septembre 2016. (Crédit : Nations unies/Cia Pak)

Le ministre des Affaires étrangères a expliqué que « cela ne sert à rien de se disputer avec les États-Unis » quand « nous luttons contre le danger que représente la république théo-fasciste islamique »

Le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn a semblé minimiser les « détails secondaires » de la controverse qui entoure la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël, tout en appelant à un front uni avec Washington contre les « théo-fascistes » que sont les Iraniens.

« Cela ne sert à rien de se disputer avec les États-Unis sur des détails secondaires quand, ensemble, nous luttons contre le danger clair et présent que représente la république théo-fasciste islamique », a tweeté le Sheikh Khalid Bin Ahmed Al-Khalifa, en langue anglaise.

Le ministre du Bahreïn n’a pas nommément évoqué Jérusalem dans son tweet, mais sa déclaration coincide avec la menace lancée par Trump de couper les aides financières aux pays qui voteraient en faveur de la résolution annulant sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, lors du vote prévu à l’Assemblée nationale de l’ONU ce jeudi.

« Ils prennent des centaines de millions de dollars et même des milliards de dollars et, ensuite, ils votent contre nous », a tempêté le président américain à la veille du vote. « Laissez-les voter contre nous, nous économiserons beaucoup. Peu importe ».

Le président a ajouté que « les gens en ont marre des États-Unis, ceux qui vivent ici, nos citoyens qui aiment ce pays, ils en ont marre que ce pays soit exploité, et nous n’allons pas nous laisser faire plus longtemps ».

Le Bahreïn a reçu une aide de 6,6 millions de dollars d’aide de la part des États-Unis en 2017.

Mardi, l’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley a indiqué que les Etats-Unis « prendront les noms » des pays soutenant un projet de résolution qui rejette la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale israélienne et qui sera soumis au vote de l’Assemblée générale jeudi.

Si la déclaration du ministre des Affaires étrangères du Bahreïn faisait effectivement référence à Jérusalem, il s’agirait d’une exceptionnelle reconnaissance de la part d’un pays arabe, que la question palestinienne a moins d’importance que l’influence grandissante de l’Iran.

Khalifa n’a pas souhaité réagir sur ces propos.

Dans un discours prononcé le 6 décembre depuis la Maison Blanche, Trump a défié les mises en garde du monde entier, déclarant qu’après de nombreux échecs pour parvenir à la paix, une « nouvelle approche » s’imposait.

Sa décision de reconnaître Jérusalem comme siège du gouvernement israélien est, dit-il, fondée sur la réalité. Il a également annoncé qu’il transférait l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, mais n’a pas donné de date pour ce transfert.

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Le président américain Donald Trump lors de sa déclaration sur Jérusalem depuis la salle de réception diplomatique de la Maison-Blanche à Washington le 6 décembre 2017 (AFP PHOTO / SAUL LOEB)

Trump a souligné qu’il ne définissait aucune frontière sur la souveraineté sur la ville, et n’appelait aucunement au changement de statu quo dans les Lieux saints de la ville.

Cette reconnaissance a été saluée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et par des dirigeants de l’ensemble de l’échiquier politique. Elle a en revanche été critiquée par de nombreux pays, condamnée par le monde arabe, et a excédé les Palestiniens. Les dirigeants ont appelé à des « jours de colère », qui ont conduit à de violentes manifestations en Cisjordanie et à la frontière entre la bande de Gaza et Israël.

Israël et le Bahreïn n’entretiennent pas de relations diplomatiques, bien que le roi du Bahreïn envisage de mettre fin au boycott de l’État hébreu pratiqué par son pays, en vue d’établir des relations bilatérales.

Au début du mois de décembre, un groupe interconfessionnel du Bahreïn s’est rendu pour la première fois en Israël. Le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn a déjà suscité la controverse autour d’Israël sur son compte Twitter.

Quand l’ancien chef d’État israélien Shimon Peres est décédé l’an dernier, il a été le seul diplomate arabe à rendre publiquement hommage au personnage.

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« Reposez en paix, monsieur le président Shimon Peres, homme de guerre, l’homme d’une paix toujours insaisissable au Moyen-Orient », a écrit Al Khalifa sur son compte Twitter.

Le Bahreïn est un groupe d’îles du golfe persique, qui compte une population d’1,4 million de personnes. C’est le seul état arabe à abriter une synagogue. Le pays accueillait 1 500 Juifs en 1948. Cependant, après la déclaration de l’Indépendance d’Israël, la majorité d’entre eux est partie, et le reste leur a emboîté le pas après la Guerre des Six jours. Aujourd’hui, on compte moins d’une cinquantaine de Juifs dans le pays.

Le royaume est également unique en cela que son ambassadrice aux États-Unis, de 2008 à 2010 était Houda Nonoo, une femme juive, ancienne parlementaire.

Alors que Jérusalem et Manama n’ont jamais entretenu de relations diplomatiques, en 2005, le roi Hamad bin Isa Al Khalifa s’est vanté auprès d’un responsable américain que son pays avait des contacts avec Israël « au niveau de l’intelligence et de la sécurité » (c’est-à-dire, le Mossad), selon un télégramme diplomatique américain secret publié par Wikileaks.

Le roi avait aussi indiqué sa volonté de « progresser dans d’autres domaines, bien qu’il soit difficile pour le Bahreïn de faire le premier pas. » Le développement « des liens commerciaux » devra attendre la mise en œuvre de la solution à deux états, a dit le roi dans un télégramme.

L’AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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