Politique économique : quel bilan pour le quinquennat Macron ?

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CHRONIQUE. A quinze mois de l’élection présidentielle de 2022, alors que la pandémie de Covid-19 pèse de plus en plus sur des pans entiers de l’économie, le président tente de maintenir la confiance des Français en présentant les réformes que son gouvernement doit mettre en place d’ici à la fin de son mandat.

Chronique. La question peut sembler incongrue, alors que la France est toujours empêtrée dans une crise sanitaire et économique historique. Et pourtant. A quinze mois de l’élection présidentielle de 2022, et alors que les aspirants candidats commencent, à droite comme à gauche, à placer leurs pions, quel sera le bilan économique du quinquennat Macron ? Le sujet est tout sauf anodin, lorsqu’on sait la place que prennent, aux côtés des questions de sécurité, d’éducation ou d’environnement, le chômage et le pouvoir d’achat dans une campagne présidentielle. Alors que la France vit depuis dix mois sous pandémie, la question est d’autant plus complexe que le gouvernement avait, jusqu’en février 2020, un tableau plus flatteur à faire valoir : recul du chômage, croissance pérenne, retour des investisseurs étrangers…

Certes, le chef de l’Etat n’a jamais pu se décoller de l’étiquette de « président des riches ». Mais même la crise sociale des « gilets jaunes » lui avait in fine permis de brandir des baisses d’impôt sur le revenu significatives pour son électorat, ces Français « qui travaillent ». Quel regard ces derniers porteront-ils sur l’état du pays, alors que 2020 a marqué la pire récession depuis les années 1920, et que des pans entiers de l’économie restent encore sinistrés ? Quelle importance accorderont-ils au remboursement de la dette alors que les soutiens nécessaires aux entreprises et aux salariés ont ajourné sine die l’assainissement des comptes publics ?

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Mesures d’urgence et de chômage partiel

Officiellement, l’heure n’est pas à ce genre de préoccupations. La courbe du Covid-19 repart à la hausse, nos voisins européens reconfinent à tour de bras et la perspective d’une vaccination massive demeure floue, même si les ratés initiaux ont donné lieu à une accélération pour les personnes fragiles et les soignants. Pour l’exécutif, la priorité est toujours de montrer que l’Etat protège les Français, à coups de mesures d’urgence et de chômage partiel. « On n’a aucune profondeur de champ : je vous vois, mais la personne derrière vous est floue, explique un ministre. Il se peut qu’au printemps on y soit encore. Espérons que ça s’améliore à l’été… » Pragmatisme ou fatalité ?

Emmanuel Macron n’a rien dit d’autre, lors de ses brefs vœux aux Français, le 31 décembre : « Les premiers mois de l’année seront difficiles et, au moins jusqu’au printemps, l’épidémie pèsera encore beaucoup sur la vie de notre pays », a admis le chef de l’Etat. Manière de souligner que le retour à la vie d’avant n’est pas pour demain. Comment parler de renouveau quand les restaurateurs ont toujours volets clos, que les salariés s’inquiètent d’un prochain reconfinement et que les entreprises commencent à licencier ?

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« Nous avons tout pour réussir en France »

Il n’empêche. Pas question, à Bercy notamment, de donner l’impression de naviguer à vue. Bruno Le Maire, qui misait, à l’automne, sur son grand plan de relance, censé doper la conjoncture et réarmer le pays dans la course à la compétitivité, l’a martelé lors de ses vœux à la presse, mardi 12 janvier : « D’ici à la fin d’année, nous pouvons engager la reconquête économique de la France. » L’énarque, qui publie ces jours-ci un livre de réflexions en temps réel sur les sursauts du pouvoir confronté à la crise, n’a pas l’intention de laisser son horizon s’étioler.

« Nous allons nous en sortir, j’en suis convaincu. Nous avons tout pour réussir en France », a-t-il encore assuré. Et d’égrener les réformes qui doivent être mises en place d’ici à la fin du quinquennat (disparition totale de la taxe d’habitation, y compris pour les plus aisés, d’ici à 2023, baisse des impôts de production, réduction de l’impôt sur les sociétés…).

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« Nous n’augmenterons pas les impôts pour financer le désendettement du pays », a aussi rappelé le locataire de Bercy. Une promesse en forme d’engagement de campagne pour celui qui se targue de savoir prendre du recul sur la crise inédite que traverse le pays. Cela suffira-t-il à convaincre ses concitoyens ? Bruno Le Maire le sait : pour faire repartir l’économie, la confiance sera essentielle. Pour assurer un éventuel second mandat à Emmanuel Macron ? Aussi.

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