Ouvrir son château au public, une contrainte mais aussi un partage

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Ouvrir son château au public, une contrainte mais aussi un partage

Quelque 2000 châteaux privés sont ouverts à la visite, un mouvement qui croît chaque année.

Le 31 mars, Caroline Laigneau, propriétaire du château du Rivau, en Indre-et-Loire, s’apprête à lancer la saison touristique. Fin de la tranquillité? « Depuis vingt ans, le public est la raison d’être du Rivau et de ses jardins, juge la jeune femme, qui œuvre avec ses parents. Il nous fait vivre, à tous les sens du terme.» Pendant sept mois, 55.000 personnes vont partir à la découverte du conservatoire de roses parfumées du Rivau, de ses jardins de contes de fées, du donjon ou des cheminées gothiques. Dans une des grandes salles, des photos de la famille, prises par la photographe Valérie Belin, intriguent et attirent l’œil. Les demeures «font rêver, surtout si elles sont habitées, poursuit Caroline. Chacun aime sentir l’âme d’un lieu».

Un état d’esprit

On estime que 2000 châteaux privés sont ouverts à la visite, un mouvement qui croît chaque année. Pour les propriétaires, surtout s’ils habitent les murs, ouvrir ses portes implique une logistique et un état d’esprit à part. Il faut savoir partager son espace, délimiter son temps. « L’été, à 14 heures pile, on doit impérativement avoir terminé de déjeuner si on ne veut pas se donner en spectacle», plaisante Alain de la Guiche, propriétaire avec sa femme Anne du château jurassien d’Arlay, dans la famille depuis mille ans.

«L’été, à 14 heures pile, on doit impérativement avoir terminé de déjeuner si on ne veut pas se donner en spectacle»

Alain de la Guiche, propriétaire avec sa femme Anne du château jurassien d’Arlay

Si l’ancienne génération ouvrait souvent, par nécessité et pour bénéficier d’incitations fiscales, la nouvelle a appris les techniques du marketing. Le temps où l’on donnait accès au parc, à trois salons meublés et au pigeonnier est révolu. La concurrence est vive. Il faut imaginer des animations à Noël ou à Pâques, des nocturnes l’été, pouvoir offrir un café, repenser la «muséographie» dans les pièces, savoir répondre aux questions sur l’entretien des toitures. « Le produit marketing, c’est aussi nous et notre disponibilité. On le fait avec plaisir: les visiteurs nous permettent de valoriser ce pour quoi nous nous battons tous les jours», explique Alain de la Guiche.

« Grâce à ces ouvertures, le rôle économique des châteaux est prépondérant sur le territoire, calcule de son côté Jean de Lambertye, président de l’association La Demeure historique. Mais les dispositifs fiscaux incitatifs ne sont plus adaptés aux usages. En deçà de 10.000 visiteurs par an, on ouvre souvent à perte.» La Demeure historique n’a pas dit son dernier mot: depuis trois mois, la mission Bern a sur sa table ses huit propositions pour le financement des monuments et des jardins historiques, dont une simplification des règles fiscales pour tous ceux qui jouent le jeu de la délicate cohabitation avec les visiteurs.


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