Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement recule pour sortir de l'impasse

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Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement recule pour sortir de l'impasse

Derrière l’annonce du Premier ministre se cache la décision du président. Emmanuel Macron veut apparaître comme celui qui prend à bras-le-corps les polémiques les plus sensibles.

Il y a bien un pilote dans l’avion. Emmanuel Macron en l’occurrence qui, au terme d’un vol chaotique de près de cinquante ans, vient d’essayer de faire atterrir sans trop de casse le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mais plutôt que d’annoncer lui-même la manœuvre, c’est son copilote Édouard Philippe qu’il a dépêché. «Les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet de Notre-Dame-des-Landes», a relevé le premier ministre, qui a annoncé dans la foulée l’abandon de cet «aéroport de la division».

Exit le référendum local ayant débouché sur la victoire des partisans du projet. Exit aussi les 179  décisions de justice favorables. Exit encore la déclaration d’utilité publique validée en 2008 par le Conseil d’État. Exit enfin les déclarations favorables à l’aéroport prononcées par Macron durant la campagne présidentielle. «Un tel projet ne peut se faire dans un contexte d’opposition exacerbée entre deux parties presque égales de la population», a justifié Édouard Philippe à l’issue du Conseil des ministres.

Prendre une décision quelle qu’elle soit

Le premier ministre s’exprimait depuis l’Élysée, flanqué par les membres de son gouvernement qui ont planché sur le dossier, comme le ministre de l’Écologie Nicolas Hulot et le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Mais qu’on ne s’y trompe pas: c’est bien le chef de l’État qui était aux commandes. Version officielle: c’est lundi que l’arbitrage final a été pris, dans le bureau du président, lors d’un tête-à-tête avec son premier ministre. L’exécutif le répétait depuis des semaines: dans ce dossier explosif, il n’y avait pas de bonne solution. Une seule chose comptait, en fait: trancher. Prendre à bras-le-corps les polémiques les plus sensibles, c’est d’ailleurs le thème de la semaine d’Emmanuel Macron. Ferme, mercredi, à Calais sur son projet de loi asile et immigration ; attendu, jeudi, sur la question de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Une promesse de François Hollande, restée lettre morte. Le gouvernement dépêche son secrétaire d’État Sébastien Lecornu sur place, pour une mission de trois jours afin d’envisager les conditions d’un démantèlement des réacteurs et le reclassement des ouvriers du site.

Une victoire pour Hulot

Une séquence qui illustre aussi la capacité du gouvernement à ne rien laisser filtrer des débats qui l’animent. Aussi vifs puissent-ils être. Mercredi, cinq d’entre eux ont pris la parole lors de la partie discussion du Conseil des ministres consacrée cette fois à Notre-Dame-des-Landes. Mais au bout du compte, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian, farouche partisan de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et emblématique président de la Bretagne jusqu’en 2017 n’en a pas fait un motif de rupture. Dans un communiqué, il a dit «regretter cette situation» tout en affirmant la «comprendre» et la «respecter».

À l’inverse, l’écologiste Nicolas Hulot n’a pas versé dans le triomphalisme, se contentant de fixer du regard la verrière du jardin d’hiver de l’Élysée, pendant que le premier ministre s’exprimait. «Le maintien d’Hulot au gouvernement aura coûté un milliard d’euros, entre les dédommagements à Vinci et l’agrandissement de l’aéroport de Nantes Atlantique», grinçait un conseiller ministériel. Pour l’ancien animateur de télévision, miné par les états d’âme, il s’agit d’une première victoire politique.

Néanmoins, l’abandon du projet n’est pas dénué de risques. D’abord parce qu’elle redonne de l’oxygène à une droite qui en manquait cruellement. Ensuite, parce qu’elle offre l’image d’un président qui a «capitulé», selon les termes du président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau, face à la résistance de quelques centaines de zadistes. Des militants qui ont fêté l’événement en faisant la chenille en haut du mirador construit pour guetter l’arrivée des forces de l’ordre. Des zadistes qui ont d’ores et déjà annoncé, lors d’une conférence de presse, qu’ils rejetaient le principe des expulsions annoncé par le gouvernement.


 

 

Source: Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement recule pour sortir de l’impasse

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