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Municipales à Paris: une année de folle campagne

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Municipales à Paris: une année de folle campagne
Les candidats du premier tour des élections municipales à Paris, réunis sur le plateau de France 3 à l’occasion du débat télévisé du 10 mars. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP

RÉCIT – Retrait de Griveaux, poussée de Dati, jeux d’alliances… Dans la capitale, la course pour la mairie a été ponctuée de rebondissements.

10 juillet 2019: LREM désigne Benjamin Griveaux

Benjamin Griveaux obtient l’investiture de La République en marche «à l’unanimité» pour conquérir la mairie de Paris, au terme d’une pré-campagne interne d’une rare violence pour le jeune parti. Le mathématicien Cédric Villani, déçu, refuse de se rallier au porte-parole du gouvernement. Le responsable de la commission d’investiture, Alain Richard, le menace d’expulsion devant les caméras et invite le lauréat de la médaille Fields «à se reprendre», ce qui finira de convaincre le candidat rebelle de se maintenir jusqu’au bout. Une division qui a fortement grevé les chances de victoire du parti du président dans la capitale.

14 janvier 2020: Anne Hidalgo entre en campagne

Le plus tard possible, la maire sortante socialiste se lance dans la bataille. Sa couleur de campagne, c’est un dégradé de vert bleu très écolo, mais pas trop. Elle se lance sans slogan. Son premier geste est de se rendre porte de la Chapelle, là même où sa politique en matière sanitaire, de sécurité, de propreté et d’accueil des migrants est sérieusement remise en cause. Elle fait de la végétalisation de Paris est un axe clef de sa campagne, comme il l’a été lors de sa précédente mandature. Anne Hidalgo est loin d’être donnée gagnante mais elle a le vent dans le dos. Elle veut faire de Paris «une ville 100 % vélo». Les grèves ont lancé les Parisiens et les habitants de la première couronne sur les plus de 1000 kilomètres de pistes cyclables de la capitale. Les remontées sont bonnes, les ventes de vélos s’envolent. La maire ne va pas cesser d’amplifier la tendance, encore plus avec la crise du coronavirus. À la veille du deuxième tour, 50 kilomètres de «coronapistes» censées être temporaires sont programmés et 30 sont déjà effectifs.

1er mars: les sondages sourient à LR

Alors que les Républicains – divisés – avaient longtemps fait une croix sur la capitale, jugeant le défi trop grand et le risque d’une victoire LREM trop fort, tous se sont remis à y croire avant le premier tour. Menant campagne tambour battant, y compris dans le nord et l’est de la capitale, souvent jugés défavorables aux Républicains, Rachida Dati est convaincue que la droite a un espace. Un défi quand on se souvient qu’à Paris, LREM était arrivé en tête dans 16 arrondissements sur 20. Sécurité, propreté, logement, la candidate martèle ses thèmes de campagne et passe de la quatrième à la première place dans les sondages. Début mars, la voilà devant Anne Hidalgo. «Ce qu’a fait Rachida Dati est extraordinaire. Elle a été le cœur battant de toute notre campagne du premier tour, partout en France», s’enthousiasme le président de LR, Christian Jacob. Les candidats dissidents commencent à se rapprocher.

14 février: Griveaux se retire

Coup de tonnerre dans la campagne parisienne et séisme dans le camp d’Emmanuel Macron. Benjamin Griveaux, en mauvaise posture après la diffusion de vidéos à caractère pornographique et affaibli dans les sondages, décide de se retirer de la course. «Au moment où la vidéo sort, je sais que c’est fini pour Benjamin dans la seconde. Lui a d’abord voulu croire que ce n’était pas grand-chose», raconte, a posteriori, un cadre de la campagne. Après 48 heures d’intenses tractations, Agnès Buzyn, jamais élue, est propulsée à la tête d’une campagne chancelante. «Le jour où, à la veille d’une crise sanitaire, on envoie une ministre de la Santé perdre une ville, on est devenu un parti comme les autres», se désole un député LREM. La médecin quitte le gouvernement et redonne des espoirs – éphémères – aux marcheurs.

9 mars: Sarkozy soutient Dati

Comme un clin d’œil à la victoire de 2007… Salle Gaveau dans le 8arrondissement de la capitale, Rachida Dati tient un grand meeting en présence de nombreux ténors LR parmi lesquels Nicolas Sarkozy. Pour son ancienne garde des Sceaux, l’ex-chef de l’État avait accepté de dire quelques mots, en saluant «l’énergie inépuisable de la candidate»«Tu peux compter sur moi», insiste-t-il en saluant la campagne de la maire du 7e arrondissement. «La droite n’a d’avenir que si elle est populaire. Tant de fois la droite s’est trompée en choisissant telle ou telle catégorie. Rachida, c’est la capacité à être entendue par la France du peuple, par la France qui travaille, la France qui cotise», développe-t-il en galvanisant les militants.

15 mars: Hidalgo largement en tête du premier tour

Une victoire inespérée. Alors qu’il y a deux ans, la maire était confrontée à un véritable tsunami d’opposition, venant de partout y compris de son propre camp, elle sort du premier tour avec 29,3 %. Les derniers sondages la donnaient plutôt à 25 %, au coude-à-coude avec Rachida Dati. Les deux mois de confinement suivants, avec un engagement de la ville au service des Parisiens et une prise de distance vis-à-vis de l’action de l’État, ne feront qu’accroître sa course en tête.

17 mars: «Une mascarade»

La France vient d’entrer en confinement. Agnès Buzyn, troisième femme du premier tour avec 17,3 %, a suspendu sa campagne. Ses déclarations au journal Le Monde sèment le trouble jusqu’au sommet du pouvoir. «Depuis le début je ne pensais qu’à une chose: au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade», révèle-t-elle. L’ex-ministre de la Santé affirme avoir alerté Emmanuel Macron et Édouard Philippe sur la situation sanitaire dès le mois de janvier. Au sein des équipes LREM, certains imaginent devoir changer de candidat une nouvelle fois pour le second tour.

26 mai: Buzyn repart en campagne

L’ancienne ministre, qui a renfilé la blouse pendant la crise sanitaire, laisse planer le doute quant à son intention de poursuivre sa campagne. En retrait depuis ses propos polémiques sur le premier tour, elle finit par maintenir sa candidature, avec un programme réorienté et davantage axé sur les solidarités et le soutien aux commerçants touchés par la crise. «Le mot “mascarade” était certainement trop fort. Je m’excuse d’avoir utilisé ce mot», se justifie-t-elle au Figaro.

26 juin: Dati finit sa campagne

Arrivée en deuxième position au premier tour, Rachida Dati mène campagne tambour battant et finit dans le 18e arrondissement. Un déplacement symbolique dans un quartier populaire «de reconquête», aux côtés de son candidat Rudolph Granier. Revendiquant de pouvoir parler «à tous les Parisiens quelle que soit leur condition sociale», Rachida Dati appelle «tous ceux qui veulent le changement à (la) rejoindre» et «à tourner la page Hidalgo»«Je suis la seule à pouvoir changer Paris», martèle Rachida Dati en essayant d’attirer des électeurs LREM déçus.

26 juin: les proches d’Anne Hidalgo veulent créer une fédération nationale

À la veille du scrutin, une information sort: le mouvement de soutien à la maire sortante, Paris en commun veut se transformer en formation politique nationale. Son adjoint à l’urbanisme, Jean-Louis Missika, est aux commandes. Il veut «poursuivre l’aventure» et unir toutes les plateformes citoyennes qui ont émergé aux municipales en une fédération «destinée à mener une réflexion de fond sur la décentralisation» et à «préparer les prochaines échéances électorales». Hidalgo pourtant, le répète et le jure, elle ne sera pas candidate à la présidentielle en 2022.



Source:© Municipales à Paris: une année de folle campagne

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