Municipales à Paris : ultime débat plus apaisé entre les trois candidates

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Municipales à Paris : ultime débat plus apaisé entre les trois candidates
(FILES) In this file combination photo made on March 1, 2020, shows Paris city hall candidates in the upcoming mayoral elections (from L) La Republique en Marche (LREM) candidate Agnes Buzyn on February 26, 2020, Les Republicains (LR) right-wing party mayor of the seventh district of Paris and candidate Rachida Dati on November 25, 2019 and Paris’ incumbent mayor and candidate to her succession Anne Hidalgo of the Socialist Party (PS) on February 11, 2020, posing during photo sessions in Paris. – The second round of France’s 2020 municpal elections will be held on June 28, 2020. (Photos by JOEL SAGET and BERTRAND GUAY / AFP)

Lors d’un dernier débat finalement maintenu, Anne Hidalgo a tenté de mobiliser son électorat, quand Rachida Dati et Agnès Buzyn ont essayé d’incarner une voie d’alternance.

Dernier round des municipales à Paris. Les trois candidates à la mairie de Paris se sont affrontées une dernière fois lors d’un débat sur BFMTV, avant le second tour dimanche. Cette ultime confrontation a failli ne pas avoir lieu. Mercredi, alors que la chaîne info avait été très perturbée par la grève déclenchée en raison d’un plan d’économies, Anne Hidalgo avait annoncé en milieu d’après-midi qu’elle renonçait au débat. Elle avait été suivie par Agnès Buzyn dans la soirée. BFMTV avait ensuite annoncé le report du débat à ce jeudi soir.

«Je suis solidaire des salariés. La presse et les médias subissent un changement de modèles économiques. Si nous voulons garantir l’indépendance des médias, il faut des conditions de travail dignes», a expliqué Anne Hidalgo. Même chose du côté d’Agnès Buzyn et Rachida Dati qui ont dit partager «les propos d’Anne Hidalgo», alors que 70 % des salariés du groupe NextRadioTV ont voté en faveur d’une reconduction de la grève.

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En tête dans les sondages, la maire sortante (PS) est arrivée première le 15 mars dernier avec 29,3% des voix sur l’ensemble de la ville, devant la candidate des Républicains (LR), Rachida Dati (22,7%) et la «marcheuse» (LREM), Agnès Buzyn (17,3%). Après plusieurs semaines de crise sanitaire et de confinement, les candidates ont repris leurs campagnes. Elles ont eu l’occasion de s’affronter une première fois la semaine dernière dans un débat tendu entre Rachida Dati et Agnès Buzyn, incapables de s’entendre sauf pour critiquer Anne Hidalgo. Lors de ce second débat, elles ont notamment été interrogées sur l’après crise de la Covid-19, sur les transports, ou encore sur la propreté et la sécurité dans la capitale.

Réponses similaires face à la crise

Comme lors du débat précédent, les trois candidates ont d’abord évoqué l’impact de la crise de la Covid-19 et sa gestion à Paris. La maire du 7ème arrondissement, Rachida Dati, a pointé du doigt, «l’abandon des plus vulnérables» et notamment des seniors. La maire sortante socialiste, Anne Hidalgo a mis en avant la force des «services publics», expliquant qu’elle avait elle-même contracté la Covid-19. La socialiste a prévenu qu’on ne «vivrait plus comme avant». Quant à Agnès Buzyn, l’ancienne ministre de la santé a estimé que la crise a révélé les «faiblesses de nos organisations et l’isolement des personnes âgées».

Chacune a ensuite présenté ses solutions face à la crise économique et sociale : plan de relance chez Anne Hidalgo, «plan Marshall» pour Agnès Buzyn, à peu de chose près ce que propose également Rachida Dati. La sarkozyste a insisté pour que toute décision d’un éventuel fond de soutien soit décidée rapidement, soit environ «en trois semaines». Agnès Buzyn a dénoncé, elle, la piétonnisation du centre de la capitale comme un «frein» à la relance économique, tout en soulignant que son «plan Marshall» était deux fois supérieur à celui d’Anne Hidalgo. La maire sortante a indiqué sa volonté «d’amplifier» son plan de relance – aujourd’hui de 200 millions – en cas de réélection.

Polémique sur les transports

Sur la question des transports, Anne Hidalgo a défendu son bilan et la création en nombre de nouvelles pistes cyclables ces six dernières années. Elle a réaffirmé sa volonté forte de mettre fin aux «véhicules thermiques» dans la capitale. L’une de ses premières décisions en cas de réélection sera de «déployer très massivement des parkings sécurisés pour les vélos», a-t-elle promis.

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«Je ne serai jamais favorable à du 100% vélo», lui a répondu Agnès Buzyn, estimant cette politique «discriminatoire». La mairie de Paris a développé des pistes cyclables dans le cadre du déconfinement, dont une devant l’hôpital Necker. «Personne n’était au courant», s’est étonnée Agnès Buzyn qui a décrit «un immense embouteillage» devant l’hôpital ce jeudi matin. «Le Samu ne pouvait pas rentrer (…) Je trouve ça irresponsable», a-t-elle insisté. «Vous allez m’accuser de meurtre ?», l’a interrogé la maire de Paris, qui lui a rétorqué que les pistes cyclables étaient réalisées en accord avec la ministre de la Transition écologique et ancienne collègue d’Agnès Buzyn, Élisabeth Borne.

Police(s) et salles de shoot

Les trois rivales ont ensuite présenté leurs propositions pour la sécurité. L’occasion pour Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy, de dénoncer l’augmentation à hauteur de «25% de la délinquance» à Paris. Toutes les trois veulent créer une police municipale, avec des policiers armés dans les cas de Rachida Dati et Agnès Buzyn. Anne Hidalgo souhaite, elle, les équiper «d’armes non létales». «Si je suis élue maire de Paris, l’ordre sera respecté. Je ne laisserai pas Extinction Rebellion passer 15 jours devant l’Hôtel de ville parce que leur cause est sympathique», a taclé Agnès Buzyn.

«Il faut qu’il y ait plus de policiers nationaux dans les quartiers où se développent les trafics de drogue. Où sont-ils? Ils ne font plus que du maintien de l’ordre», a lancé la socialiste, à l’adresse de la représentante de l’exécutif. «La police municipale peut sécuriser les quartiers dans lesquels sont installées les salles de shoot», a mis en avant la cheffe de file LREM. «Le sujet du trafic de stupéfiant doit être pris de façon beaucoup plus sévère», a concédé Anne Hidalgo, en réclamant «plus de policiers».

Passes d’armes sur la propreté et le logement

Autre sujet clivant : la propreté de Paris, toujours plus «sale» selon Rachida Dati. «Il faut qu’on gagne tous en civisme. Plus de 500 millions d’euros par an sont dépensés aujourd’hui dans la propreté. Je veux porter un Big bang de la proximité dans lequel les maires d’arrondissements auront plus de responsabilités», a-t-elle promis en plaidant pour plus de «déconcentration». Elle souhaiterait des amendes beaucoup plus dissuasives, à l’image de celles de la ville de New York.

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Ironique, Agnès Buzyn, qui s’est affichée comme la candidate de la politique du gouvernement, a raillé le «progrès de la ville de Paris qui envisage désormais la propreté comme un sujet», tout en critiquant les rats qui «pullulent» et l’équipement «obsolète» des agents d’entretien de la ville. Pour conclure, quelques passes d’armes ont émaillé le développement des arguments des trois candidates sur le logement, qu’elles ont déjà longuement présenté dans les précédents débats. Verdict dimanche.

Source:© Municipales à Paris : ultime débat plus apaisé entre les trois candidates

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