Manuel Valls, le poil à gratter

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Manuel Valls, le poil à gratter

Emmanuel Macron, qui le pensait encore en pleine traversée du désert, le surveille désormais comme le lait sur le feu. Un signe ne trompe pas : s’il n’a pas encore coupé sa barbe, l’ancien Premier ministre a retrouvé le sourire. Manuel Valls s’est effectivement échappé de l’isolement politique dans lequel il était enfermé depuis l’élection d’Emmanuel Macron, en parvenant en seulement dix jours à solder l’épisode compliqué de son élection législative gagnée avec seulement 139 voix d’avance — toujours contestée. Il occupe désormais une place à part, négligée depuis la présidentielle.

 

En dénonçant le lien entre l’islam radical et La France insoumise, Manuel Valls revient dans le jeu politique à la grande surprise de l’exécutif.

Emmanuel Macron, qui le pensait encore en pleine traversée du désert, le surveille désormais comme le lait sur le feu. Un signe ne trompe pas : s’il n’a pas encore coupé sa barbe, l’ancien Premier ministre a retrouvé le sourire. Manuel Valls s’est effectivement échappé de l’isolement politique dans lequel il était enfermé depuis l’élection d’Emmanuel Macron, en parvenant en seulement dix jours à solder l’épisode compliqué de son élection législative gagnée avec seulement 139 voix d’avance — toujours contestée. Il occupe désormais une place à part, négligée depuis la présidentielle. Un créneau qu’Emmanuel Macron avait laissé vacant et que la droite, trop préoccupée par l’élection à la présidence des Républicains, peine à incarner : celui du rempart contre l’islamisme qui s’installe en France.

Tout est parti d’une énième passe d’armes avec Jean-Luc Mélenchon. Le 1er octobre, la députée de La France insoumise (FI) Danièle Obono remet en cause sur le plateau de BFM TV le lien entre un chauffeur de bus RATP refusant de prendre le volant à la suite d’une femme et le radicalisme religieux : « Ça veut dire qu’il a un préjudice contre les femmes. […] Qu’est-ce que ça a à voir avec la question du radicalisme ? », s’interroge-t-elle. Le sang de Manuel Valls ne fait qu’un tour, le 3 octobre, sur RTL : « Je pense que dans leur discours [celui des membres FI], dans leurs pratiques concernant l’islam radical, il y a de la complaisance, il y a de l’ambiguïté en tout état de cause. Je pense que c’est un discours islamo-gauchiste. »

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Servi par l’outrance de Mélenchon

Le même jour, le leader de La France insoumise refuse de s’asseoir à côté de l’ancien Premier ministre : « Moi, je ne m’assieds pas à côté de ce nazi », aurait-il lancé à Valls. Le ton monte, Mélenchon dément avoir employé le mot “nazi” mais renchérit : « Dorénavant, la bande à Valls est totalement intégrée à la fachosphère et à sa propagande. »

Quelques jours passent, la pression ne descend pas et Manuel Valls est nommé président de la mission parlementaire sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. « Moi, je vote contre », réagit immédiatement Mélenchon, d’après le Canard enchaîné. Trois jours plus tard, dans un communiqué lapidaire, il claque la porte de la commission : « M. Valls est un personnage extrêmement clivant, qui suscite de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses ethnicistes de l’extrême droite. » Alain Bauer, l’ancien grand maître du Grand Orient de France, qui connaît bien les deux hommes — il est le parrain d’un enfant de l’ancien Premier ministre —, tentant de calmer le jeu, décrypte l’affaire pour Valeurs actuelles : « Au-delà de l’injure qui salit son émetteur, c’est surtout la marque de l’hypersensibilité du seul sujet qui transcende tout et qu’ils sont les seuls à appréhender : la place du spirituel dans un espace matériel. Manuel avec l’expérience et Jean-Luc avec l’impatience. »

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“Regarder passer les balles”

Au fond, Manuel Valls le sait, il vient de marquer des points. Jean-Luc Mélenchon — Emmanuel Macron a du mal à savoir s’il va lui servir ou lui nuire — s’est ridiculisé. Le premier s’en est rendu compte trop tard : il a permis à l’ancien Premier ministre de se mettre au niveau qu’il a toujours rêvé d’occuper sans y parvenir depuis qu’il a quitté Matignon, celui d’un homme d’État écouté et influent. Quelques jours après l’épisode, Manuel Valls — d’origine catalane — n’a d’ailleurs pas hésité à s’exprimer avec fermeté contre l’indépendance de la Catalogne.

Du côté de l’Élysée, estimant qu’il n’y avait que des coups à prendre, les proches d’Emmanuel Macron se sont contentés de « regarder passer les balles », indique l’un d’eux. Ils doivent désormais composer avec un ancien Premier ministre pas près de quitter une place qu’il a eu tant de mal à (re)conquérir.

Source:©  Manuel Valls, le poil à gratter

One Response to "Manuel Valls, le poil à gratter"

  1. David Theodorides
    David Theodorides   23 novembre 2017 at 13 h 13 min

    Tant mieux, je préfère Manu à Manu

    Répondre

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