L’Iran gêné par un conflit entre deux voisins et alliés

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L’Iran gêné par un conflit entre deux voisins et alliésOutre les menaces d’attaques sur son territoire, Téhéran, qui a le chiisme en partage avec l’Azerbaïdjan, redoute l’arrivée de combattants islamistes sunnites.

L’Iran, qui possède des frontières communes avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan, redoute une extension du conflit du Karabakh sur son territoire. Une vingtaine de mortiers sont déjà tombés sur des villages iraniens du nord-ouest de la République islamique, proches des zones de combat au Haut-Karabakh. «Notre patience a des limites», s’est insurgé, peu après, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ali Akbar Velayati, conseiller diplomatique du numéro un du régime, l’ayatollah Ali Khamenei.

Cette guerre sur son flanc nord-ouest place l’Iran dans l’embarras. «C’est un conflit qui nous dérange, reconnaît un officiel iranien à Téhéran. Nous avons une minorité azérie qui soutient l’Azerbaïdjan, mais aussi des Arméniens défendant le camp adverse.» Jusqu’à maintenant, la République islamique entretenait de bonnes relations, tant avec l’Arménie qu’avec l’Azerbaïdjan. D’où les appels iraniens à «entamer un dialogue politique global» pour en finir avec le conflit.

Outre les menaces d’attaques sur son territoire, et la multiplication des manifestations de la communauté azérie contre l’Arménie, Téhéran, qui a le chiisme en partage avec l’Azebaïdjan, redoute l’arrivée de combattants islamistes sunnites, envoyés par la Turquie pour affronter les Arméniens du Karabakh. «Nous les évaluons à 400», ajoute l’officiel à Téhéran. «Nous ne voulons surtout pas que ces djihadistes se dispersent une fois la guerre finie et attaquent un jour notre territoire», dit-il.

Notre priorité est la sécurité de nos villes et de nos villages

Hassan Rohani

L’Iran a déjà combattu, à partir de 2015, la pénétration sur son territoire de djihadistes de Daech, venus de l’Irak voisin. Téhéran n’autorisera pas «des États à envoyer des terroristes à nos frontières sous différents prétextes», a assuré le président de la République, Hassan Rohani. «C’est inacceptable», a-t-il ajouté, craignant que le conflit se transforme «en guerre régionale». Il vise la Turquie, cet autre voisin avec lequel Téhéran est engagé dans des négociations sur l’avenir de la Syrie, où les deux pays sont dans deux camps adverses.

Tout en maintenant une sorte d’impartialité dans le conflit au Karabakh, Téhéran a semblé prendre le parti des Arméniens. Dans son entretien au journal ultraconservateur Kayhan, Ali Akbar Velayati pressait Ankara, «un voisin ami», d’arrêter de «jeter de l’huile sur le feu», en dépêchant des centaines de mercenaires sunnites à ses frontières.

Le Mossad à Bakou

Des vidéos montrant des livraisons d’armes iraniennes aux soldats arméniens – démenties par les autorités iraniennes – ont également circulé. L’Iran regarde enfin d’un mauvais œil les relations entretenues dans le domaine militaire par l’Azerbaïdjan avec Israël, l’ennemi juré des mollahs. L’État hébreu a livré à Bakou du matériel militaire, en particulier des drones qui font mouche au Karabakh, et le Mossad possède une importante station pour espionner l’Iran, à partir de la capitale azérie. Mais, dans le même temps, l’Iran demande aux Arméniens de respecter les frontières internationales reconnues par les Nations unies et de quitter «les territoires azéris» qu’ils occupent. «Nous maintenons la même position que nous avons face aux Territoires palestiniens occupés par le régime sioniste (Israël)», a ainsi expliqué Ali Akbar Velayati.

«Notre priorité est la sécurité de nos villes et de nos villages», insiste Hassan Rohani. «La paix, ajoute-t-il, est la base de notre action, et nous espérons restaurer la stabilité de cette région de manière pacifique.» «En respectant l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan et la nécessité de retirer les troupes des villes occupées, nous soulignons que le conflit militaire doit être immédiatement arrêté (…)», déclarait lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Téhéran. Une position qui ne devrait plaire ni à Erevan ni à Stepanakert.

Source:© L’Iran gêné par un conflit entre deux voisins et alliés

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