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L'hôpital redescend dans la rue, pour quelques milliards de plus

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L'hôpital redescend dans la rue, pour quelques milliards de plus

Les personnels hospitaliers manifestent de nouveau ce mardi dans des dizaines de villes pour obtenir davantage que les 6,3 milliards déjà mis sur la table par le gouvernement, à quelques jours de la clôture du «Ségur de la santé».

À quelques jours de la clôture du «Ségur de la santé», les personnels hospitaliers manifestent de nouveau dans des dizaines de villes ce mardi, pour obtenir davantage que les 6,3 milliards déjà mis sur la table par le gouvernement. Battre le fer tant qu’il est chaud: après le succès de leur mobilisation du 16 juin (100.000 à 180.000 manifestants selon les sources), les syndicats et collectifs hospitaliers organisent de nouveaux rassemblements partout en France. De Lorient à Nancy, de Toulon à Mont-de-Marsan, des dizaines de rassemblements sont prévus, le plus souvent devant l’hôpital local ou l’agence régionale de santé (ARS).

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À Paris, le cortège s’est élancé vers 14h20 de l’ancien hôpital militaire du Val-de-Grâce (Ve arrondissement), en direction du ministère de la Santé (VIIe). «Du fric pour l’hôpital public», chantent les manifestants, qui affichent pour certains sur leur blouse le slogan «Du personnel, des salaires, du matériel». Selon nos journalistes sur place, la manifestation progresse calmement, très encadrée par les forces de l’ordre. Autour de 16h15, le cortège approchait des Invalides, lieu où la manifestation doit prendre fin. Là-bas, le dispositif policier est également très important, constatent nos journalistes.

Plusieurs leaders syndicaux sont présents dans le cortège. Philippe Martinez (CGT) ou Yves Veyrier (FO). L’objectif affiché de ce rendez-vous est de «peser sur les décisions politiques», a prévenu Mireille Stivala lors d’une conférence de presse lundi. La secrétaire générale de la CGT-Santé assure être prête à «continuer de se mobiliser tant qu’on n’aura pas réussi à faire plier le gouvernement sur (leurs) revendications».

Mais le temps est compté, car le «Ségur de la santé» touche à sa fin. Cette vaste concertation, lancée le 25 mai pour concrétiser le «plan massif d’investissement et de revalorisation» promis par Emmanuel Macron, s’achèvera en effet vendredi, par une ultime réunion sous l’égide de l’ancienne dirigeante de la CFDT, Nicole Notat. Le chef de l’État pourrait ensuite annoncer lui-même ses arbitrages la semaine prochaine, en particulier sur les très attendues hausses de salaires.

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Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, dans le cortège des soignants ce mardi 30 juin. SEBASTIEN SORIANO / Le Figaro

Nous craignons très clairement une fuite des personnels s’il n’y a pas un choc d’attractivité.Christian Prudhomme, urgentiste (Amuf)

Son ministre Olivier Véran a déjà mis sur la table 6 milliards d’euros pour les personnels non médicaux, à répartir entre une augmentation générale, une refonte des primes et des majorations ciblées sur certaines professions (infirmiers, aides-soignants, manipulateurs radio…). Une rallonge de 300 millions d’euros a également été proposée lundi pour les praticiens hospitaliers, avec des mesures ciblées sur les débuts et fins de carrière, sur certaines primes et sur les heures supplémentaires, aussitôt rejetées par des syndicats médicaux évoquant une «désillusion énorme».

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La manifestation des soignants, très encadrée par les forces de l’ordre SEBASTIEN SORIANO / Le Figaro

«On est très, très loin du compte», estime le secrétaire général de SUD-Santé, Jean-Marc Devauchelle, qui ne demande pas moins de 14 milliards pour augmenter de 300 euros net toutes les fiches de paie du secteur. Son homologue de Force ouvrière, Didier Birig, chiffre plutôt la mesure à 7 milliards et considère que «la balle est dans le camp du ministère». Avec cette mise en garde: «Si la réponse n’est pas à la hauteur des attentes, il y aura des conséquences»«Nous craignons très clairement une fuite des personnels s’il n’y a pas un choc d’attractivité», précise l’urgentiste Christian Prudhomme (Amuf), qui attend «un geste fort de la part du gouvernement, à la fois sur l’augmentation des salaires, sur les embauches et sur l’arrêt des fermetures de lits».

La question des recrutements de personnels (n’est) pas abordée dans le cadre du Ségur. C’est un gros problème.Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT-Santé

Déçus par les précédents plans de l’exécutif, qui n’ont pas enrayé un mouvement social entamé au printemps 2019, les syndicats voient d’abord le décalage «entre ce qui a été dit pendant des mois sur la nécessité de revaloriser le personnel soignant, de revoir le financement de l’hôpital public, et la réalité des annonces faites aujourd’hui», explique Mireille Stivala. Elle souligne au passage que «la question des recrutements de personnels (n’est) pas abordée dans le cadre du Ségur» et considère que «c’est un gros problème».

Le gouvernement entend en revanche dégager des moyens pour l’investissement, en plus de la reprise déjà programmée d’un tiers de la dette hospitalière par la Sécu. Reste à connaître le montant de cette enveloppe budgétaire. «L’impatience des soignants (…) est très forte, je la partage, je suis au moins aussi impatient qu’eux», a affirmé Olivier Véran dans un entretien au Monde vendredi. Le ministre sait toutefois que «qui dit négociation dit un peu d’échanges et de saines pressions de part et d’autre, c’est tout à fait normal».

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Ce mardi 30 juin, lors de la manifestation des soignants, à Paris. Wladimir Garcin-Berson / Le Figaro

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