L'exécutif veut tirer les leçons du coup de semonce des partielles

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L'exécutif veut tirer les leçons du coup de semonce des partielles

VIDÉO – Les défaites de dimanche sont prises très au sérieux au sommet de l’État. Des Marcheurs critiquent certains choix du gouvernement.

C’EST UN PREMIER avertissement, et forcément un mauvais signal pour l’exécutif. À l’occasion de deux législatives partielles, dimanche, Les Républicains (LR) ont remporté deux sièges. L’un dans le Territoire de Belfort, qui confirme le résultat de juin avec une nette progression du parti de Laurent Wauquiez, et l’autre dans le Val-d’Oise, pourtant remportée il y a sept mois par la candidate de La République en marche (LREM).

Dans les rangs du mouvement présidentiel, on cherche bien évidemment à minimiser la double défaite. «Ce n’est jamais agréable de perdre une élection», commente, dans une lapalissade, l’entourage du chef de l’État. Dès dimanche soir, le parti majoritaire s’était fendu d’un communiqué minimaliste, félicitant les deux députés LR vainqueurs mais soulignant «le niveau exceptionnel d’abstention».

À Belfort, à peine un tiers des électeurs se sont déplacés dimanche et moins de 20 % dans le Val-d’Oise… «Le résultat n’est pas satisfaisant», reconnaît Richard Ferrand, président du groupe LREM à l’Assemblée. «Le niveau d’abstention record témoigne des difficultés à mobiliser sur une partielle. Cela nous rappelle à notre nécessaire engagement à mobiliser. Les écarts sont faibles et avec un tel niveau de participation, difficile de voir un autre vainqueur que l’indifférence», analyse l’élu breton.

Mécontentement passager ou désaveu

Dans ce contexte, les éléments de langage étaient tout trouvés… Les cadres de la majorité le répètent: avec un nombre si faible de votants, impossible de tirer une quelconque leçon au niveau national. «Si on perd les huit partielles, là ce sera représentatif», nuance une secrétaire d’État. Ces élections ne sont «ni négligeables ni significatives», fait-on savoir à Matignon. «Les partielles qui suivent la présidentielle sont traditionnellement difficiles pour le pouvoir en place. Nous n’échappons pas à la règle», commente l’entourage du premier ministre Édouard Philippe. Qui reconnaît toutefois: «Certaines réformes peuvent s’avérer impopulaires, et cela produit de la mauvaise humeur.»

«LREM n’existe pas encore dans les territoires et connaît des difficultés à avoir de vrais militants»

Frédéric Barbier, député LREM du Doubs

Mécontentement passager ou désaveu plus profond? Un membre du gouvernement admet que la politique menée a pu «créer des déceptions». «On a tellement dit que le pouvoir d’achat allait augmenter… Quelle erreur!», lâche-t-il. Dans le Val-d’Oise, le candidat LR avait justement insisté, pendant sa campagne, sur la hausse de la CSG pour les retraités. «Les personnes âgées attendaient plus en termes de pouvoir d’achat. Certains ont le sentiment d’être oubliés», met en garde Frédéric Barbier, député LREM du Doubs, citant l’augmentation du prix de l’essence ou du tabac comme des «points de friction».

«On ne va pas réorienter la politique du gouvernement après une législative partielle. Je dirais toutefois que nous ne sommes pas dans la gloriole: il faut être attentif à l’électorat de gauche», souligne de son côté Pierre Person, député macroniste de Paris et fin connaisseur de la carte électorale. Si les électeurs du Front national semblent s’être reportés vers LR, LREM a en effet pâti de son côté d’un manque de réserves de voix, notamment à gauche.

Un autre élément inquiète la majorité: la faiblesse de l’implantation du parti présidentiel. «Le message que fait passer l’Élysée après ces élections c’est: attention accrue sur les territoires», indique un conseiller du chef de l’État. «Il y a une réflexion en interne pour solidifier les bases. Le mouvement doit asseoir son implantation», insiste Pierre Person. Frédéric Barbier, élu en 2015 sous l’étiquette PS dans une législative partielle, en sait quelque chose. «Dans une partielle, celui qui sait mobiliser gagne. Il faut donc un parti enraciné. Or, LREM n’existe pas encore dans les territoires et connaît des difficultés à avoir de vrais militants», pointe l’élu, soulignant le contraste entre son parti et celui de Laurent Wauquiez, qui «a des marges de manœuvre qu’il ne faut pas négliger».

Multiplication des fronts de contestation

La faiblesse de l’ancrage territorial du mouvement présidentiel a été soulevée au cours de la réunion du bureau exécutif du mouvement, lundi soir. D’habitude très prolixe, le chef de file des Marcheurs, Christophe Castaner, s’est montré plutôt discret toute la journée de lundi et n’a fait aucun commentaire après le résultat des partielles. Il a intimé à ses troupes «de ne pas surinterpréter» ces élections. «Il a une lecture très politique de la situation», fait savoir Laëtitia Avia, députée et cadre du mouvement. Certains députés LREM n’hésitent pas, de leur côté, à incriminer le manque d’implication de la candidate du Val-d’Oise… «Elle n’a pas fait la campagne du siècle…», grince un élu LREM. Dans l’entre-deux-tours, l’éphémère députée avait pourtant reçu le soutien, sur le terrain, de Christophe Castaner et du premier ministre Édouard Philippe.

«Je dirais que nous ne sommes pas dans la gloriole : il faut être attentif à l’électorat de gauche»

Pierre Person, député LREM de Paris

Alors que l’exécutif voit se multiplier les fronts de contestation et connaît un repli dans les enquêtes d’opinion, les six autres élections législatives partielles seront regardées de près. Dans la 8e circonscription de Haute-Garonne, les élus sont appelés aux urnes les 11 et 18 mars, après l’invalidation de l’élection du député PS Joël Aviragnet. «Toutes les circonscriptions autour sont détenues par LREM. On compte bien en faire une conquête», ambitionne un député de la majorité. Dans le Loiret, le parti présidentiel avait perdu de huit voix au second tour face au candidat LR, Jean-Pierre Door, dont l’élection a été invalidée. Les habitants vont revoter les 18 et 25 mars. Le sort des députés LREM de Guyane et de Mayotte, dont l’élection a aussi été invalidée, sera un bon indicateur, même si les logiques locales rendent plus complexe la lecture des résultats.

Une nouvelle élection doit être organisée à Wallis-et-Futuna, où l’élection du député UDI a été annulée. Dans la 5e circonscription des Français de l’étranger (Espagne, Portugal, Monaco…), l’annulation de l’élection de Samantha Cazebonne, membre du parti macroniste, déclenche une partielle à portée nationale. En juin, la candidate l’avait emporté dans un duel face à La France insoumise. La date du nouveau scrutin n’est pas encore connue mais LREM songe déjà à investir un nouveau candidat. «Pour se donner le maximum de chances», confie un Marcheur. Le parti présidentiel en a bien besoin


Source: © L’exécutif veut tirer les leçons du coup de semonce des partielles

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