Les gardiens de prison claquent la porte de la Chancellerie

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Les gardiens de prison claquent la porte de la Chancellerie
Jean-Francois Forget (à gauche) , secrétaire général de l’Ufap-Unsa, syndicat majoritaire des surveillants de prison. – Crédits photo : THOMAS SAMSON/AFP

La ministre de la Justice est arrivée, mardi, à la table des négociations avec une enveloppe de 30 millions d’euros. Une heure plus tard, les syndicats ont rompu les négociations, promettant de reconduire le mouvement de blocage des établissements.

Les organisations syndicales de surveillants de prison ont claqué la porte et promettent de reconduire le mouvement de blocage dès mercredi. Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, va boire la coupe jusqu’à la lie. Mardi, une heure après le début des négociations place Vendôme, en présence de la garde des Sceaux et du directeur de l’Administration pénitentiaire, les organisations syndicales se sont levées pour interrompre les négociations. Chacune pour des raisons qui leur étaient propres.

Force ouvrière et la CGT parce que le gouvernement refuse catégoriquement de revenir sur le statut des personnels et de leur accorder le passage en catégorie B. L’Ufap-Unsa, le syndicat majoritaire chez les surveillants, a rompu sur plusieurs points. Sa base s’est durcie en l’espace de quelques jours sur tous les sujets, qu’il s’agisse des volets sécuritaire et autorité des surveillants ou celui relatif aux conditions indemnitaires, qui, au départ, ne figurait pas dans les revendications.

La ministre est arrivée à la table de négociation avec une enveloppe de 30 millions d’euros. De quoi accorder des primes aux personnels. Mais pas à tout le monde. Elle a ainsi proposé d’accorder une prime annuelle de 1400 euros pour les plus jeunes surveillants nommés dans des établissements où personne ne veut aller. Cette prime aurait pu également concerner les surveillants intervenant dans les quartiers pour détenus violents, terroristes et radicalisés. Mais cette rupture d’égalité entre surveillants a été perçue comme extrêmement choquante par l’organisation syndicale. Surtout en plein mouvement social. Lors des questions au gouvernement, le premier ministre, Édouard Philippe, avait ainsi promis dans l’hémicycle des «mesures indemnitaires spécifiques et ciblées». En vain, donc.

Quartiers étanches

Par ailleurs, c’est une non-réponse de la ministre qui a suivi la demande de la réforme de l’article 57 de la loi pénitentiaire, qui interdit les fouilles systématiques et oblige les personnels à un tombereau de paperasserie pour les justifier. Un silence compréhensible dans la mesure où l’essentiel du dispositif est imposé par les textes européens et qu’il sera bien difficile d’y revenir.

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Enfin, la garde des Sceaux a fait des avancées en ce qui concerne les quartiers pour détenus violents et radicalisés. Elle a promis de mettre en place, au sein des établissements, des quartiers parfaitement étanches. Or, depuis des années, toutes les organisations syndicales, à l’exception de la CGT, plaident en faveur d’établissements dédiés. Plus largement, elles militent pour une plus grande diversité des établissements, afin de ne pas mélanger les populations pénales. Il n’est pas certain que, sur ce plan, la Chancellerie puisse aller plus loin.

En attendant, le mouvement est reconduit, et la question se pose, pour certaines organisations, de savoir si c’est vers Matignon qu’il faut désormais directement se tourner pour obtenir des avancées plus concrètes. «Décidée à gérer ce dossier», Nicole Belloubet s’est dit «pas absolument certaine qu’un médiateur s’impose à ce stade», comme le réclame la CGT-Pénitentiaire qui considère la ministre «disqualifiée».

La ministre a par ailleurs jugé «absolument pas acceptable» la volonté des surveillants de la prison de Fresnes, selon le secrétaire général de l’Ufap-Unsa (majoritaire) Jean-François Forget, de bloquer le transfert de Jawad Bendaoud, jugé mercredi à Paris pour avoir logé des jihadistes du 13-Novembre.


Source: Les gardiens de prison claquent la porte de la Chancellerie

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