Les députés LRM découvrent la défaite et identifient leurs handicaps électoraux

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Les députés LRM découvrent la défaite et identifient leurs handicaps électoraux

Les macronistes ont évoqué les mauvais résultats des législatives partielles en réunion de groupe, mardi.

Une implantation locale insuffisante et des reports de voix trop faibles. Les députés de La République en marche (LRM) tirent deux enseignements majeurs du double échec des candidats de la majorité aux élections législatives partielles de dimanche. Lors de leur réunion de groupe à l’Assemblée nationale, mardi 6 février, les élus macronistes ont tenté d’identifier les causes des défaites d’Isabelle Muller-Quoy (LRM) dans le Val-d’Oise, et de Christophe Grudler (MoDem-LRM) dans le Territoire de Belfort, face à leurs deux adversaires du parti Les Républicains (LR). Avec l’objectif de tenir compte de ces observations pour les scrutins à venir, après des sénatoriales déjà décevantes en septembre.

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Au-delà du niveau élevé de l’abstention (71,1 % à Belfort et 80,9 % dans le Val-d’Oise), la majorité des troupes estime que ces résultats illustrent la difficulté d’implantation locale des élus du parti présidentiel. Un handicap majeur lorsque l’effet de souffle de la présidentielle disparaît. « L’ancrage local est un enjeu majeur pour notre mouvement car nous voyons que nos candidats résistent moins bien lorsqu’ils ne sont plus portés par un élan national comme en juin », analyse le vice-président du groupe LRM, Gilles Le Gendre. « Le fait de ne pas pouvoir compter sur des réseaux et des fédérations déjà structurés n’est pas un atout », abonde Aurélien Taché (Val-d’Oise), estimant que son parti dispose d’« une vraie marge de progression dans ce domaine ».

« Mouvement hors sol »

« Il nous faut du temps pour nous constituer des réseaux », souligne-t-il, alors qu’En marche ! – lancé en avril 2016 – n’a pas encore deux ans d’existence. La jeunesse du parti et le fait que ses élus ne soient pour l’instant que des parlementaires – 311 députés et 21 sénateurs – constituent un désavantage de taille lors des élections locales face à des candidats issus de LR ou du PS, disposant d’un réseau d’élus déjà en place de longue date. « Même si Les Républicains sont affaiblis au niveau national, un élu LR bien implanté d’une commune rurale dispose d’un avantage face à un de nos candidats, moins appuyé par une structure locale », observe Gilles Le Gendre.

De surcroît, la plupart des députés LRM sont des novices en politique, sans passé d’élu territorial, et ils sont les premiers parlementaires à devoir exercer leur mandat sans pouvoir cumuler avec une fonction exécutive locale. Ce changement de paramètre a eu pour effet un allongement de leur temps de travail à Paris au détriment de celui en circonscription, où ils commencent tout juste à bâtir leur réseau auprès des acteurs locaux essentiels comme les maires, les syndicats ou les chefs d’entreprises. Et même si certains multiplient les réunions publiques et autres « ateliers citoyens », ils peinent encore à y attirer au-delà du cercle de leurs militants. « Pour l’instant, notre mouvement est hors sol », s’inquiète un poids lourd du groupe.

« Nous devons nous adresser aux électeurs de gauche »

Député LRM de l’Hérault, Patrick Vignal appelle ses collègues à rectifier le tir. « Dans ce nouveau monde, il faut que certains comprennent que la présence sur le terrain est aussi importante que la présence à Paris », souligne cet ex-socialiste, qui fait partie des vingt-sept députés sortants du groupe à avoir été réélus. Avant de trancher : « Nous ne sommes pas seulement des juristes du Palais-Bourbon. La priorité, c’est d’être à l’écoute des gens dans notre circonscription ! »

Aux yeux des députés LRM, le résultat des législatives partielles a mis en lumière un autre handicap majeur de leur mouvement sur le plan électoral : le très faible report de voix des électeurs de gauche lors des seconds tours opposant un candidat LRM à un LR, tandis que le parti de droite parvient lui à capter une partie de l’électorat du Front national. « Nos candidats font un bon résultat au premier tour mais ont du mal à s’élargir au second. Cela montre que nous devons davantage nous adresser aux électeurs de gauche », juge le député macroniste de Paris, Pierre Person. Selon lui, ce « discours de fond » doit être bâti sur deux axes principaux : « Mettre en valeur nos mesures sociales sur l’assurance-chômage ou la formation professionnelle, et bien faire comprendre que le vote LRM n’est pas le même qu’un vote LR. »

L’idée est donc de mettre en garde les électeurs de gauche contre « une droite en voie de radicalisation ». Il faut pour cela vaincre les réticences de ceux qui peuvent être déçus par la politique libérale d’Emmanuel Macron et par son discours ferme sur l’immigration. « Nous devons montrer aux électeurs de gauche que nous portons un projet de société plus ouvert que celui de Wauquiez », abonde Aurélien Taché. Un message à porter dans l’optique des prochaines législatives partielles, qui auront lieu en mars dans le Loiret, en Haute-Garonne, en Guyane et à Mayotte. Avant le premier gros test pour l’exécutif en 2019 avec les européennes et, en 2020, avec les municipales.

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