Le procès des attentats de janvier 2015, une organisation pharaonique

Home»A LA UNE»Le procès des attentats de janvier 2015, une organisation pharaonique

Le procès des attentats de janvier 2015, une organisation pharaonique

La crise sanitaire vient alourdir un dispositif déjà complexe.

Cinq ans et huit mois après les attentats de janvier 2015, place au procès. À partir de ce mercredi 2 septembre, 14 accusés seront jugés par la cour d’assises spéciale de Paris pour leur soutien logistique, plus ou moins direct, aux attentats qui ont provoqué la mort de 17 personnes dans et devant les locaux de Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’Hyper Cacher de l’avenue de la Porte de Vincennes.

 

 

Ce procès s’annonce historique. Par sa durée, d’abord : 50 jours, du 2 septembre au 10 novembre. Plus de deux mois, une telle durée est inédite en matière terroriste.

Dans le courant de l’été, le parquet national anti-terroriste (PNAT) a envoyé un premier aperçu du calendrier prévisionnel des débats. Au programme des premiers jours : lecture du rapport sur les faits, interrogatoires d’identité des accusés et présentation des enquêtes de personnalités réalisées sur ces suspects.
 

 

À compter du lundi 7 septembre, la cour d’assises spéciale reviendra en détail sur les événements de janvier 2015. Elle entendra notamment les blessés de Charlie Hebdo le 9 septembre, le directeur et l’employé de l’imprimerie de Dammartin-en-Goële où s’étaient réfugiés les frères Kouachi le 16 septembre ainsi que les otages de l’Hyper Cacher les 22 et 23 septembre.

La cinquième semaine sera consacrée au déroulement de l’enquête judiciaire. Plusieurs témoins, enquêteurs et experts (en écriture, en balistique, en génétique…) seront entendus. Les sixième, septième et huitième semaines seront dédiées aux interrogatoires des 11 accusés présents et aux auditions des témoins en lien avec ces suspects.

Place ensuite à la dernière phase du procès. Les avocats des parties civiles plaideront les 27, 28 et 29 octobre. Le lundi 2 novembre sera réservé aux réquisitions des deux représentants du PNAT. Les plaidoiries des avocats de la défense se dérouleront quant à elles du 3 au 6 novembre. Le 9 novembre, les accusés auront la parole en dernier avant que la cour ne se retire pour délibérer.

Le procès sera filmé

 

Autre grande première pour un procès lié à des faits de terrorisme : l’audience sera filmée. «Ce procès présente de toute évidence un intérêt pour la constitution des archives historiques de la justice», souligne la cour d’appel de Paris, qui estime que cet enregistrement ne porte pas atteinte à la présomption d’innocence et qu’il n’est «pas de nature à perturber la sérénité des débats».

 

 

Onze procès ont déjà été filmés en France. Notons ceux de Klaus Barbie en 1987, Maurice Papon en 1997-1998 et Augusto Pinochet en 2010, ainsi que deux procès AZF, en 2009 et 2017. L’enregistrement le plus récent remonte à 2018, quand Octavien Ngenzi et Tito Barahira ont été jugés en appel à Paris pour leur rôle dans le génocide rwandais.

 

 

La salle 2.02 du nouveau palais de justice de Paris ne suffira pas pour accueillir l’ensemble des personnes souhaitant assister à l’audience – avocats, parties civiles, presse, public… Cinq locaux de retransmission seront donc mis en place : trois salles au deuxième étage du tribunal, l’espace «grand procès» réservée aux journalistes et l’auditorium du rez-de-chaussée.

 

Seuls les avocats constitués dans le dossier, les parties civiles et les journalistes accrédités – rédacteurs, reporters d’images et dessinateurs – pourront accéder au deuxième étage du palais de justice. Tous devront justifier de leur identité et se soumettre à un contrôle par détecteur de métaux. Le public, lui, devra suivre l’audience depuis l’auditorium du rez-de-chaussée.

La crise sanitaire – qui a déjà provoqué un report du procès – vient ajouter des contraintes supplémentaires à cette organisation. Le port du masque sera obligatoire dans tout le palais de justice, y compris dans la salle 2.02. Par ailleurs, «la capacité des salles d’audience et de l’auditorium a été réduite de moitié pour garantir le respect des règles de distanciation», précise le PNAT.

Après le verdict, théoriquement prévu le 10 novembre, il faudra tirer les leçons de ces dix semaines d’audience. Car très vite arrivera un autre procès, d’une envergure plus grande encore : celui des attentats du 13-Novembre. Censé durer six mois, il n’aura quant à lui pas lieu au palais de justice des Batignolles, mais à celui de l’île de la Cité.

 
 

Le procès des attentats de janvier 2015 en dix chiffres :

  • 2 représentants du parquet national anti-terroriste
  • 5 juges professionnels
  • 14 accusés, dont 3 absents
  • 14 experts cités
  • 17 morts dans les attentats
  • 50 jours d’audience prévus
  • 70 médias accrédités
  • 94 avocats
  • 144 témoins cités
  • Près de 200 parties civiles
 

Source: Le procès des attentats de janvier 2015, une organisation pharaonique

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com
fr_FRFrançais
en_USEnglish fr_FRFrançais