« Jeunes, attention danger : le Covid-19 vous attaque aussi »

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« Jeunes, attention danger : le Covid-19 vous attaque aussi »TRIBUNE. Sur fond de rebond de l’épidémie, il faut, par des messages appropriés, convaincre les jeunes qu’ils ne sont pas invincibles et qu’en négligeant les gestes barrières, ils se mettent en danger ainsi que leur entourage, plaident Paule Nathan, Francine Valetoux et Karine Vuillemin, trois spécialistes de ces questions, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Au début de l’épidémie, on avait peu d’informations et l’on pensait, à tort, que les jeunes étaient moins exposés à la maladie Covid-19. Aujourd’hui, on sait que les jeunes peuvent être contaminés et doivent absolument se protéger comme les seniors, pour eux-mêmes et leurs proches. Ils présentent moins de signes cliniques que leurs aînés, car beaucoup sont souvent des porteurs sains, sans symptôme, mais peuvent être à l’origine sans le savoir de contaminations vis-à-vis des populations fragiles qui les entourent ou qu’ils côtoient.

Les jeunes doivent savoir qu’ils peuvent être gravement atteints. Or, force est de constater que peu le savent. Certains jeunes infectés se retrouvent en réanimation et d’autres garderont longtemps des séquelles graves. En France, 10 % des cas de Covid-19 confirmés, admis en réanimation dans les hôpitaux le 15 juillet, étaient âgés de 15 à 44 ans. Ne leur laissons pas croire qu’être en bonne santé les protégera.

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L’absence de facteur de risque n’est pas protecteur, comme nous le montre l’exemple de cette basketteuse belge de 18 ans qui a survécu au coronavirus, est restée trois semaines dans le coma et a dû se faire amputer d’un pied. Grande sportive, elle ne faisait pas partie des personnes à risque. Il y a même des morts comme Julie, âgée de 16 ans, en mars ou, fin juillet, ce jeune homme de 35 ans en Bretagne.

Beaucoup de personnes infectées, même par une forme bénigne, vont garder des séquelles pendant de longs mois : perte de goût et/ou de l’odorat, fatigue chronique, épuisement, douleurs thoraciques, musculaires, et même articulaires. Ce sont souvent les jeunes qui sont affectés par des signes cliniques de longue durée.

Il est important que les jeunes reçoivent le message suivant : « Protégez-vous car vous n’êtes pas invincibles face à la Covid-19 ; protégez vos proches et vos amis, vos aînés, ceux qui vous entourent et développez votre solidarité, voire votre citoyenneté en étant des personnes responsables face à ce fléau sanitaire ».

L’épidémie cible même les très jeunes

Nous venons de traverser un premier épisode qui a éprouvé la nation tant sur le plan humain (avec un bilan provisoire de 30 340 morts au 10 août), qu’économique. Les dommages directs et indirects continueront à sévir dans le temps puisque les malades présentent des stigmates et des séquelles plus ou moins graves de l’infection subie et que l’économie va encore être pénalisée durablement. Notre pays ne peut se permettre une reprise de l’épidémie ni un reconfinement.

L’épidémie de Covid-19 est toujours présente sur le sol français et semble rebondir de manière inquiétante et ciblant aussi les jeunes, et même les très jeunes. En atteste la nette augmentation du nombre de cas diagnostiqués, de la détection des cas groupés (les « clusters »), de l’activité de SOS Médecins, des actes médicaux libéraux et hospitaliers. Depuis début juillet, on note un bond de la contamination chez les 15-44 ans.

L’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle Aquitaine a indiqué que le taux d’incidence était passé chez les 15-44 ans de 1,1 cas pour 100 000 habitants début juin à 4,1 dans la semaine du 13 au 18 juillet, alors qu’elle était passée dans le même temps à 2,6 chez les 75 ans et plus, car ils se protègent mieux.

Soirées, événements collectifs et festifs en cause

Soirées, événements collectifs et festifs sont en cause dans la formation rapide de clusters et, par conséquent, dans la propagation du virus chez les jeunes. Ces derniers doivent se rendre compte que pour quelques instants de plaisir collectif, en négligeant les gestes barrières, ils se mettent véritablement en danger ainsi que leur entourage sans en avoir conscience. Adolescents et jeunes adultes se croient trop souvent invincibles et immortels.

Ils peuvent néanmoins continuer à vivre leur jeunesse sans se mettre en danger, eux et les autres, en respectant les gestes barrières avec le port du masque et en évitant les bises. Une question à se poser : en cas de guerre, quelle contrainte m’aurait été imposée ?

De multiples actions en direction des jeunes pourraient être proposées en partenariat avec la presse et les médias, comme ce fut le cas par le passé pour endiguer l’épidémie de sida avec des slogans du type : « Le coronavirus ne passera pas par moi », calqué sur les campagnes de prévention du VIH. Jusqu’à récemment, seules les personnes âgées étaient évoquées dans les messages de communication publique, certainement du fait qu’elles sont plus vulnérables et vivent souvent regroupées dans des établissements à haut degré de contamination.

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Nous sommes tous concernés, quel que soit notre âge. Nous devons tous œuvrer à la sécurité sanitaire de notre pays. Ce moment particulier est aussi propice à donner du sens à la démarche de tous les jeunes qui s’engagent dans cette lutte contre l’épidémie, soit par le biais d’actions dans des associations, soit à travers le nouveau Service national universel (SNU).

Le message sera d’autant mieux reçu par les jeunes s’il est délivré par leurs pairs, notamment sur les réseaux sociaux qu’ils utilisent le plus comme Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat, etc., avec des slogans du type « Coronavirus : arrêtons de jouer » au « même pas peur » ou « Coronavirus : si on épargnait nos amis, nos parents et grands-parents ». Sans oublier, bien sûr, le rappel systématique en vidéo des gestes barrières. Sur ces sujets, il est important et urgent que les jeunes parlent aux jeunes.

Paule Nathan est médecin endocrinologue, diabétologue, spécialiste des maladies du métabolisme, médecin du sport ; Francine Valetoux est officière de la Marine et membre du comité de pilotage régional du Service national universel (Normandie) ; Karine Vuillemin est juriste

Source: © « Jeunes, attention danger : le Covid-19 vous attaque aussi »

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