Israël a-t-elle vraiment toute sa place à l’UNESCO comme l’affirme Audrey Azoulay ?

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Israël a-t-elle vraiment toute sa place à l’UNESCO comme l’affirme Audrey Azoulay ?Israël a-t-elle vraiment toute sa place à l’UNESCO comme l’affirme Audrey Azoulay ?

Bernard Hadjadj

Directeur de l’UNESCO à la retraite

La toute récente Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a regretté le départ d’Israël de cette Organisation à laquelle ce pays appartient depuis 1949.

Elle ajoutait : « Israël a toute sa place » au sein de l’UNESCO.

Est-ce bien le cas ?

Avoir toute sa place au sein d’une organisation, signifie, tout au moins, de bénéficier du même traitement que les autres membres.

Qu’en est-il exactement ?

Une discrimination ancienne

En 69 ans de présence à l’UNESCO, Israël a été une seule fois membre du Conseil Exécutif (en la personne Moshé Avidor). En revanche l’Egypte a effectué 17 mandats, l’Algérie 10, la Tunisie 10, l’Arabie Saoudite 6, le Koweït 6, la Jordanie 7.

Israël fait partie de la région « Europe occidentale et autres » contre toute logique géographique. Plutôt étrange, lorsque l’on sait qu’une des fonctions de l’UNESCO est, je cite « de promouvoir les alliances, les partenariats et la coopération aux niveaux mondial et régional. »

L’UNESCO ira même en 1974 jusqu’à déclarer Israël « hors-sol ». Souvenons-nous. Dans la foulée de l’admission de la Palestine en qualité d’observateur, la Conférence générale dans sa dix-huitième session décide de ne pas rattacher Israël au groupe européen. Israël se retrouve ainsi « mis hors région ».

La presse française s’insurgera contre « la position discriminatoire de l’Unesco envers Israël ». Une pétition d’intellectuels français est publiée. Elle affirme qu’en réalisant cette « annulation spirituelle » d’Israël, l’Unesco ouvre la voie à son « anéantissement physique » et reprend ainsi le « procédé d’extermination mis au point par les totalitarismes du XXe siècle ». Elle est signée par des intellectuels français tels Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Eugène Ionesco, Raymond Aron, François Jacob, Emmanuel Leroy-Ladurie, Jean-Louis Barrault, Madeleine Renaud, Marthe Robert, Nathalie Sarraute, Pierre Vidal-Naquet, etc., qui affirment « refuse[r] désormais de collaborer avec l’Unesco ». Ce n’est que deux ans plus tard, à la Conférence Générale qui se tient à Nairobi qu’Israël sera rattaché au groupe européen.

Constamment réactualisée

Régulièrement, le Conseil Exécutif de l’UNESCO, condamne la politique éducative discriminatoire d’Israël à l’égard des Palestiniens. A l’inverse aucune résolution n’est venue condamner la propagation de la haine antijuive et anti israélienne dans les manuels scolaires de la plupart des pays arabo-musulmans incluant la Palestine. Même des voix tunisiennes en font le constat : « Réformez votre école (…) car le terrorisme et l’extrémisme historiquement proviennent de chez vous », disait, s’adressant à l’Arabie Saoudite, Abdeljalil Ben Salem, ministre tunisien des affaires religieuses, aujourd’hui limogé. (Le Figaro du 6 novembre 2016).

Non chère Madame Azoulay, Contrairement à ce que vous affirmez l’UNESCO n’est pas « une institution engagée dans la défense de la liberté d’expression, dans la prévention de l’antisémitisme et du racisme sous toutes ses formes », même si elle a développé, comme vous le soulignez « un programme unique d’enseignement de la mémoire de la Shoah et de prévention des génocides ». Son engagement est à géométrie variable.

Régulièrement, dans la pure tradition des révisionnistes staliniens et des négationnistes d’extrême droite, elle a fini par dénier tout lien entre le peuple juif et Jérusalem.

Comment, dans ce cas, donner crédit au programme des sciences sociales et humaines de l’UNESCO lorsque ses Organes directeurs jouent dangereusement à réviser l’histoire.

Dès lors que les nobles missions universelles de l’UNESCO dépendent des rapports de force partisans, dès lors qu’Israël est traité comme un Etat paria alors oui il vaut mieux tirer sa révérence.

Alors un jour peut-être, comme le répètent depuis tant de siècles les juifs au moment des fêtes de Pessah (Pâque juive) : « l’an prochain à Jérusalem, en paix ».

3 Responses to "Israël a-t-elle vraiment toute sa place à l’UNESCO comme l’affirme Audrey Azoulay ?"

  1. Gilles Prince
    Gilles Prince   5 janvier 2018 at 4 h 25 min

    UNESCO est une fraude

    Répondre
  2. Professeur David Ruzié   5 janvier 2018 at 10 h 24 min

    Vous écrivez: “Régulièrement, dans la pure tradition des révisionnistes staliniens et des négationnistes d’extrême droite, elle a fini par dénier tout lien entre le peuple juif et Jérusalem”.
    Ceci est inexact. Notamment la dernière résolution mentionne dans ses visas, la p^lace de Jérusalem dans les trois religions monothéistes.
    De fait, l’ UNESCO fait, “comme si” ces liens n’existent pas. Ce qui n’est pas la même chose, mais est, également critiquable,
    Professeur (émérite) David Ruzié, spécialiste de droit international.

    Répondre
  3. amar edmond   5 janvier 2018 at 18 h 07 min

    je commence à me méfier des promoteurs de shoah car celle ci sert de plus en plus comme passeport pour l’anti israelisme : le modèle du genre est la chaine arte : pas une semaine sans une soirée shoah ou apparentée (2èm GM etc) sans compter que cette promotion de la shoah a des effets pervers dont les pitreries de dieudonné sont un triste exemple . cela dit azoulay a bien revétu le costume de sa fonction .

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