Immigration : le projet du gouvernement fait tanguer les députés En marche !

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Immigration : le projet du gouvernement fait tanguer les députés En marche !
Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur (ici à l’Assemblée nationale), qui vient de co-signer une circulaire permettant le recensement des migrants dans les centres d’accueil, affiche «une ligne dure» aux yeux de certains députés La République en marche. – Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

 

Le débat sur le projet de loi s’annonce houleux au sein de la majorité.

Le débat sur le projet de loi s’annonce houleux au sein de la majorité.

La majorité «et de droite, et de gauche» résistera-t-elle à ses premières secousses? À l’approche de la présentation du projet de loi «asile et immigration» – discuté mi-février au Conseil des ministres puis début avril au Parlement -, un certain nombre d’orientations fixées par le ministre de l’Intérieur suscitent le débat au sein du groupe des députés La République en marche. Gérard Collomb, en charge de l’Intérieur, affiche une «ligne dure» aux yeux de certains, «un virage sécuritaire» faisant même de la lutte contre l’immigration irrégulière une priorité.

Quelques jours après l’adoption de la proposition de loi autorisant la rétention des «dublinés» – des étrangers dont la demande d’asile a déjà été examinée dans un autre pays membre de l’Union européenne – et alors que Collomb a autorisé le recensement des migrants dans les centres d’accueil, certaines crispations se font sentir au sein de LREM. «Le gouvernement serait bien avisé de revoir sa position dans un sens plus humanitaire», s’indigne Joël Giraud, député des Hautes-Alpes, où a eu lieu une «cordée solidaire» dimanche, en soutien aux migrants. «Sur le sujet de l’asile, il faudra trouver la ligne de crête, ne pas être clivant, toujours garder à l’esprit ce qu’a dit Emmanuel Macron en 2016: les réfugiés sont des héros», rappelle Pierre Person, député de Paris.

«Les orientations gouvernementales publiées dans la presse ne sont que des bases de travail dont les parlementaires vont rapidement se saisir pour réfléchir et débattre»

Brigitte Bourguignon

Brigitte Bourguignon, présidente de la commission des affaires sociales, se démarque elle aussi du projet de loi et espère l’amender: «Les orientations gouvernementales publiées dans la presse ne sont que des bases de travail dont les parlementaires vont rapidement se saisir pour réfléchir et débattre, en intégrant a minima une concertation avec le secteur associatif.»

Olivier Véran, ex-député PS et rapporteur général de la commission des affaires sociales, promet qu’il sera «attentif» à ce que l’aspect humain ne soit pas négligé. «Il faudra se donner la possibilité du débat parlementaire. La France peut faire plus et mieux en matière d’accueil des demandeurs d’asile», souligne cet élu, qui a partagé sa chambre, durant sa jeunesse, avec des réfugiés libanais.

La pression des associations se fait sentir sur les parlementaires. «La question de l’asile est de toute évidence un sujet difficile», concède Ludovic Mendes, député de Moselle. «Même si nous ne sommes pas tous d’accord, il faudra arriver à un consensus, dépasser les clivages pour arriver à un texte équilibré.» Un objectif partagé par Hugues Renson, transfuge de la droite, qui nie tout «durcissement» de la politique migratoire.

«Certains ont des pudeurs, car c’est plus facile de défendre la générosité. La réalité, c’est que trop peu de déboutés du droit d’asile sont expulsés»

Une source proche du dossier

Le risque de fracture de la majorité est pris toutefois très au sérieux à Beauvau. Depuis quelques semaines, Collomb reçoit des parlementaires pour «expliquer les enjeux» du projet de loi. «Il n’y a pas de fracture sur le texte, mais sur la manière d’aborder la thématique», constate une source proche du dossier. «Certains ont des pudeurs, car c’est plus facile de défendre la générosité. La réalité, c’est que trop peu de déboutés du droit d’asile sont expulsés. Ce n’est pas sexy mais il faut avoir le courage d’aller jusqu’au bout.» En charge d’une mission parlementaire sur la politique d’intégration, le député du Val-d’Oise Aurélien Taché salue la volonté du gouvernement de raccourcir les délais de procédure pour les demandeurs d’asile. «Le “en même temps” en matière d’asile, c’est mettre en place les retours pour ceux qui sont déboutés et garantir une réelle intégration pour les autres», explique-t-il. «Le groupe n’explosera jamais, il n’y aura jamais de frondeurs, parce que les députés sont dans une fidélité absolue à l’égard d’Emmanuel Macron», veut croire le député Gabriel Attal.

Lors du séminaire de rentrée du groupe LREM, le 15 janvier, un atelier sera consacré à ce sujet. «Enfin, l’épreuve du réel, du courage, de la cohérence», se réjouit un proche de l’exécutif. Le président du groupe, Richard Ferrand, se dit optimiste sur la capacité de ses troupes à trouver un accord. «Il y aura une large majorité là-dessus», a-t-il promis.


 


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