Guillaume Tabard: «La gauche victime de son grand écart idéologique»

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Guillaume Tabard: «La gauche victime de son grand écart idéologique»CONTRE-POINT – Compte tenu de l’évolution du quinquennat de Macron, l’espace de la droite se rétrécit, ce qui est un problème pour elle, tandis que l’espace de la gauche s’élargit, ce qui est paradoxalement, un problème pour elle aussi.

À dix-huit mois de la présidentielle, la gauche et la droite ont au moins un point commun: leurs partis «historiques» – comme on parle d’opérateur historique dans le secteur des télécommunications – sont mal en point et ne sont plus perçus comme des pivots obligés d’une reconstruction. C’est vrai des Républicains, c’est vrai du Parti socialiste. On l’a vérifié au cours de ces deux derniers week-ends de rentrée politique où les appels à l’unité n’ont pas réussi à masquer la réalité du chacun pour soi.

 

 

Ce constat posé, les deux camps sont dans une situation exactement inverse. Compte tenu de l’évolution du quinquennat d’Emmanuel Macron – sa ligne, ses équipes, son électorat -, l’espace de la droite se rétrécit, ce qui est un problème pour elle, tandis que, symétriquement, l’espace de la gauche s’élargit, ce qui est paradoxalement, un problème pour elle aussi.

La droite doit en effet gérer un trop-plein de présidentiables et trouver une procédure permettant de les départager. Mais, par-delà les différences de style et de sensibilité, une plateforme programmatique commune existe ; à charge pour le champion ou la championne qui s’imposera d’élargir l’assise électorale autour de ce projet. Pour y parvenir, la pente est forte, comme aurait dit un ancien premier ministre, mais à tout le moins la route est droite.

La gauche, qui, dans le passé, avait su fédérer toutes ses composantes autour d’un «programme commun» (Mitterrand) ou au sein de la «gauche plurielle» (Jospin), est aujourd’hui éclatée sur le plan idéologique. Et la «droitisation», réelle ou supposée, de Macron, en lui libérant de l’espace, accuse plus encore les divergences de fond entre toutes les gauches. Entre la prétention révolutionnaire des amis de Jean-Luc Mélenchon et l’ambition gestionnaire des tenants de la social-démocratie, dont François Hollande se veut toujours le garant, il y a une incompatibilité qu’aucune primaire ni aucun accord électoral ne sauraient résorber. Manuel Valls l’avait diagnostiqué le premier. Même sur l’écologie, thème mis en avant par tous les courants de la gauche, tout le monde ne parle pas à l’unisson, certains ne l’imaginant pas autrement qu’antilibérale et anti-européenne, d’autres voulant la voir adoptée par le monde de l’entreprise.

 

 

Un tel grand écart rend quasiment impossible un rôle moteur pour le Parti socialiste. Hollande et d’autres anciens dirigeants du PS reprochent à Olivier Faure, l’actuel premier secrétaire, d’envisager l’hypothèse qu’un candidat commun de la gauche ne soit pas obligatoirement socialiste. Reddition ou réalisme? C’est un fait que le PS n’a plus les moyens de dicter sa loi, donc d’imposer son candidat, à toute la gauche. Mais LFI ou EELV n’en ont pas plus la capacité. Si chacun reste prisonnier de son appareil, il n’y a aucune raison que cela bouge à gauche. Mais tout rapprochement d’appareil serait factice s’il ne reposait sur aucune clarification idéologique préalable. Là est le premier chantier de la gauche.


 


Source:© Guillaume Tabard: «La gauche victime de son grand écart idéologique»

One Response to "Guillaume Tabard: «La gauche victime de son grand écart idéologique»"

  1. Benisty Serge   1 septembre 2020 at 16 h 47 min

    Très bon panorama des problèmes actuels, internationaux et français

    Répondre

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