«Guerre culturelle»: la surenchère démocrate qui tombe à pic

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«Guerre culturelle»: la surenchère démocrate qui tombe à pic
Donald Trump et son épouse Melania assistent à un feu d’artifice au mont Rushmore à la veille de la fête nationale américaine, le 3 juillet, dans le Dakota du Sud. TOM BRENNER/REUTERS

Trump a compris que la dérive radicale et iconoclaste contre la plupart des symboles nationaux américains avait un effet repoussoir pour une majorité d’Américains.

Trump n’a pas perdu ses instincts politiques. Pris dans l’effet ciseaux d’une crise sanitaire qui plonge l’économie dans le marasme, et qui reprend à chaque tentative de relance, le président américain a compris le parti qu’il pouvait tirer de la surenchère du parti démocrate dans le domaine culturel.

Porté par la vague d’émotion collective à l’échelle nationale suscitée par la mort de George Floyd à Minneapolis, le mouvement antiraciste Black Lives Matter a rapidement muté. Dénonçant d’abord les violences policières dont seraient particulièrement victimes les minorités, le mouvement s’est mis à inclure dans ses critiques la société américaine dans son ensemble, considérant le racisme et le suprémacisme blanc comme des éléments fondateurs des États-Unis, et réclamant qu’ils soient expurgés.

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Dans de nombreuses villes du sud des États-Unis, les statues représentants les héros de la Confédération ont été les premières visées, couvertes de graffitis, et, dans un certain nombre d’endroits, renversés par les manifestants ou enlevés sur ordre des autorités locales. Mais ce mouvement radical s’en est pris très vite aussi à des monuments représentant d’autres personnalités de l’histoire américaine, pour des motifs beaucoup plus spécieux. Des statues de Christophe Colomb, ou de présidents américains comme George Washington, Thomas Jefferson ou Ulysses Grant, ont été prises pour cibles par des manifestants radicaux.

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Joe Biden, le candidat du parti et Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, ont cru pouvoir profiter politiquement de ce mouvement, en mettant publiquement un genou en terre, geste symbole du mouvement des droits civiques de Martin Luther King dans les années 1960, et en reprenant en partie le discours dénonçant les violences policières.

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Certains sont même allés au-devant des plus radicaux, comme le maire de New York, Bill de Blasio, qui a soutenu le déboulonnage d’une statue du président Theodore Roosevelt, au motif qu’il était représenté à cheval aux côtés d’un Noir et d’un Indien à pied. Le New York Times a annoncé qu’il écrirait dorénavant le mot «Noir» avec une majuscule, sans le faire pour le mot «blanc».

Effet repoussoir

Mais Trump a de son côté vite compris que cette dérive radicale et iconoclaste contre la plupart des symboles nationaux américains, née dans les campus américains, avait plutôt un effet repoussoir pour une majorité d’Américains. S’attribuant le rôle de défenseur du bon sens et de l’histoire des États-Unis, Trump a symboliquement organisé une cérémonie à l’occasion de la fête nationale du 4 juillet devant le monument du mont Rushmore, où sont sculptés à flanc de montagne dans le Dakota du Sud les visages de George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt.

Face aux mensonges destinés à nous diviser, nous démoraliser et nous diminuer, nous montrerons que l’histoire de l’Amérique nous unit, nous inspire, nous inclut tous et rend chacun libreDonald Trump

«Des foules en colère essaient de démolir les statues de nos pères fondateurs, de défigurer nos monuments les plus sacrés et de déclencher une vague de crimes violents dans nos villes, a-t-il dit dans son discours. Dans nos écoles, nos rédactions, et même nos conseils d’administration, un nouveau fascisme d’extrême gauche exige une allégeance absolue. Si vous ne parlez pas sa langue, n’accomplissez pas ses rituels, ne récitez pas ses mantras et ne suivez pas ses commandements, vous serez censuré, banni, mis sur liste noire, persécuté et puni… On apprend à l’école à nos enfants à haïr leur propre pays et à croire que les hommes et les femmes qui l’ont construit n’étaient pas des héros, mais des méchants. Cette vision radicale de l’histoire américaine est un tissu de mensonges – toute perspective est supprimée, toute vertu est obscurcie, tout motif est déformé, tout fait est déformé et tout défaut est amplifié jusqu’à ce que l’histoire soit purgée et défigurée au-delà de toute reconnaissance.»

Se revendiquant comme le défenseur des valeurs américaines, et surtout du bon sens et de la modération, Donald Trump a promis de rester «ferme et inébranlable». «Face aux mensonges destinés à nous diviser, nous démoraliser et nous diminuer, nous montrerons que l’histoire de l’Amérique nous unit, nous inspire, nous inclut tous et rend chacun libre», a-t-il ajouté, citant Martin Luther King et son appel aux Américains «à ne pas détruire leur héritage, mais à être à la hauteur de leur héritage».

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Invoquant pêle-mêle Ulysses Grant et Frederick Douglas, le général vainqueur de la guerre de Sécession et le penseur noir abolitionniste, Buffalo Bill et le musicien Louis Armstrong, l’écrivain Mark Twain et la chanteuse Ella Fitzgerald, Frank Sinatra et le boxeur Mohammed Ali, Trump a montré que même au plus fort d’une crise politique d’ampleur historique, il était toujours aussi doué pour exploiter les erreurs et les outrances de ses adversaires démocrates et pour faire oublier les siennes.


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