«Gilets jaunes» : Macron desserre les cordons de la bourse pour calmer la colère

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«Gilets jaunes» : Macron desserre les cordons de la bourse pour calmer la colère
Emmanuel Macron, dans une allocution depuis l’Élysée, a annoncé plusieurs mesures pour répondre à la colère des «gilets jaunes». – Crédits photo : LUDOVIC MARIN/AFP

VIDÉOS – Smic, heures supplémentaires, retraites… Le chef de l’État a annoncé une série de mesures et promis une large consultation pour répondre aux revendications de la rue.

VIDÉOS – Smic, heures supplémentaires,
retraites… Le chef de l’État a annoncé une série de mesures et promis
une large consultation pour répondre aux revendications de la rue.

Message reçu. Un mois après le début de la crise des
«gilets jaunes», Emmanuel Macron ouvre le tiroir-caisse. Dans une
allocution de treize minutes diffusée à 20 heures lundi soir, le
président de la République a présenté la liste de ses mesures pour
tenter de mettre un terme à un conflit qui a dérivé le week-end dernier
dans des affrontements violents à Paris et dans beaucoup de villes de
province. Elles sont sonnantes et trébuchantes. Un «état d’urgence
économique et social» décrété par Emmanuel Macron dont la mesure la plus
emblématique porte sur une augmentation de 100 euros par mois pour les
salariés au smic dès 2019.

» LIRE AUSSI – Ce qu’a annoncé Macron pour sortir de la crise des «gilets jaunes»

Dans
le même temps, la défiscalisation et la désocialisation des heures
supplémentaires sera remise en place comme sous Nicolas Sarkozy,
qu’Emmanuel Macron a rencontré vendredi dernier. Et aux entreprises qui
le peuvent, le chef de l’État a demandé de verser une prime qui sera,
elle aussi, défiscalisée et sans charges sociales pour les salariés
comme pour les entreprises. Les retraités seront également concernés par
cet «état d’urgence» puisque ceux qui touchent moins de 2 000 euros par
mois verront annuler la hausse de la CSG tant contestée. Le président
s’est voulu concret, répétant «Je veux» à l’envi. Comme pour redonner du
lustre à son autorité.

Emmanuel Macron décrète l’«état d’urgence économique et social» – Regarder sur Figaro Live

L’ISF pas remis en cause

Pas
question en revanche de revenir sur la suppression de l’ISF que
demandaient les «gilets jaunes». «Pendant près de quarante ans, il a
existé, vivions-nous mieux pendant cette période?» a demandé Emmanuel
Macron avant de se justifier: «Revenir en arrière nous affaiblirait
alors même que nous recréons des emplois dans tous les secteurs.» C’est
surtout que le président de la République ne veut pas commencer à
détricoter le programme qu’il a commencé à appliquer depuis son
élection. Il veut même accélérer puisque, selon lui, c’est pour cela
qu’il a été élu il y a un an et demi. «C’est en pressentant cette crise
que je me suis présenté au suffrage», a-t-il assuré.

» LIRE AUSSI – Heures sup’: Macron corrige Macron pour la deuxième fois en… six ans

«Il m’est arrivé de blesser certains d’entre vous par mes propos»

«Cette colère est profonde, je la ressens comme juste à bien des
égards. Elle peut être notre chance, a assuré Emmanuel Macron. Leur
détresse ne date pas d’hier mais nous avions fini lâchement par nous y
habituer […] Ce sont quarante années de malaise qui resurgissent […]
cela vient de très loin, mais c’est là maintenant. Sans doute
n’avons-nous pas su y apporter de réponse depuis un an et demi.»

Un
début de mea culpa que le chef de l’État a prolongé en reconnaissant
avoir pu choquer les Français par son attitude. Une allusion aux propos
cash qu’il affectionne mais qui provoquent systématiquement des
polémiques. «Il m’est arrivé de blesser certains d’entre vous par mes
propos», a-t-il reconnu.

» LIRE AUSSI – Guillaume Tabard: «Macron, le choix de l’humilité pour se relancer»

Emmanuel Macron aux Français : “C’est 40 années de malaises qui resurgissent” – Regarder sur Figaro Live

Sur
les violences des manifestants, en revanche, le ton se voulait ferme.
«Les violences ne bénéficieront d’aucune indulgence», a-t-il tonné.

Pour
redonner la parole au peuple, Macron se tourne désormais vers les
maires, pour les aider à préparer le grand débat national. «Je
rencontrerai les maires de France, région par région», promet le chef de
l’État. Lequel assure que tous les sujets seront sur la table:
«l’équilibre de la fiscalité», l’écologie du quotidien, l’identité, la
loi électorale et une meilleure prise en compte du vote blanc. «Mon
souci, c’est vous, mon seul combat, c’est pour vous, mon seul combat,
c’est pour la France», a-t-il assuré, solennellement. Et de conclure:
«Nous réussirons.»

Une allocution préparée dans le secret

C’est
dans le plus grand secret que Macron avait préparé sa réponse aux
revendications éparses des manifestants. Même dans le cadre de la grande
réunion convoquée lundi matin à l’Élysée avec les élus, les partenaires
sociaux et des membres du gouvernement, le président n’avait évoqué
aucune piste. La rencontre était destinée à remettre les corps
intermédiaires dans le processus de sortie de crise. «Redonnez de la
vitalité à ce que vous représentez», leur avait lancé le président.

«Il
nous a écoutés, on verra ce soir s’il nous a entendus», expliquait le
secrétaire général de FO, Yves Veyrier, à l’issue de la rencontre. «Le
président a indiqué qu’il donnerait des éléments de réponse sur le court
terme ainsi que des perspectives sur lesquelles il nous faudra rebâtir
un nouveau modèle français», précisait de son côté Richard Ferrand, le
président de l’Assemblée nationale.

À l’issue de leur entretien à
l’Élysée, tous se sont félicités de se voir ainsi remis en selle après
avoir eu l’impression d’être tenus à l’écart après l’élection de 2017.
La présidente de la FNSEA avait ainsi salué le fait que «le président et
le gouvernement aient pris conscience de la nécessité de travailler
davantage avec les corps intermédiaires». Les voix les plus discordantes
émanaient des grandes associations d’élus, comme l’Association des
maires de France (AMF), qui ont alerté sur la disparition des services
publics.

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 11/12/2018.
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Marcelo Wesfreid 

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Grand reporter au service politique du Figaro

Source :© «Gilets jaunes» : Macron desserre les cordons de la bourse pour calmer la colère

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