Furieux de l'inflexibilité de l'État, les nationalistes corses appellent à une «grande manifestation»

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Furieux de l'inflexibilité de l'État, les nationalistes corses appellent à une «grande manifestation»

 

Les élus corses dénoncent la fermeté du gouvernement sur leurs revendications et menacent d’interrompre leur tournée parisienne.

Les «natios» ont pris de court l’exécutif. Mardi soir, en pleine tournée parisienne pour défendre leurs revendications en faveur de l’autonomie de la Corse, Gilles Simeoni, président de l’exécutif de Corse, et Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, envisageaient de rentrer chez eux, quitte à annuler leur dernière rencontre, prévue mercredi, avec le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy. À l’Élysée comme à Matignon, on ne s’attendait pas à un tel rebondissement.

Les élus nationalistes étaient certes sortis de leur entretien avec le premier ministre Édouard Philippe, lundi, avec quelques interrogations et beaucoup d’inquiétudes. «Il refuse et nous dit:  “moi l’autonomie, je ne sais pas ce que c’est”», raconte Simeoni, furieux. Mais Gilles Simeoni, quittant Matignon, s’était pourtant dit «heureux de ce premier contact» devant les caméras. Le lendemain, mardi après-midi, ils ont quitté le Sénat avec le sentiment de ne pas avoir été du tout entendus. Cela, avant même la première visite officielle d’Emmanuel Macron prévue les 6 et 7 février, ils ont pris acte d’une «impasse politique».

«On est en train de nous amener, purement et simplement, à l’abattoir. Nous ne pouvons pas l’accepter»

Gilles Simeoni au «Figaro»

Quelques jours avant leur séjour parisien, les élus nationalistes redoutaient un tel scénario, appelant au contraire à des négociations les plus ouvertes possible avec l’État, «sans tabous, ni préalables».

En réalité, c’est un tweet diffusé mardi, en fin d’après-midi, qui a acté la colère des deux élus corses. «Après nos entretiens d’hier et d’aujourd’hui, notre conviction est faite: l’État refuse de reconnaître et de prendre en compte la dimension politique de la question corse. Dans ces conditions, nous appelons dans les prochains jours à la tenue d’une grande manifestation populaire», ont écrit simultanément Simeoni et Talamoni.

«On est en train de nous amener, purement et simplement, à l’abattoir. Nous ne pouvons pas l’accepter», confiait un peu plus tard au Figaro Gilles Simeoni. Les griefs des nationalistes sont nombreux. Pointant toutes les «maladresses» du gouvernement, ils estiment que l’exécutif veut «exclure du dialogue tout ce qui est fondamental». Ils pensent notamment à la question de l’autonomie, à la co-officialité de la langue corse, au statut de résident, aux prisonniers politiques et à la notion de peuple corse. «In fine, cela se restreint à une simple discussion technique sur une révision constitutionnelle qui concernera toutes les régions de droit commun», déplore encore Simeoni, en dénonçant une «manœuvre» destinée selon lui à ne pas reconnaître la «dimension politique» de leur élection.

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Le président du Sénat Gérard Larcher semble à ce stade tout aussi inflexible. Dans un communiqué diffusé mardi soir, il réaffirme une position ferme. «Si la spécificité insulaire de la Corse et son identité doivent être prises en considération, la République est une et indivisible», écrit-il, en soulignant néanmoins la volonté du Sénat de se porter «garant de l’unité nationale et initiateur de libertés nouvelles accordées à nos territoires.»

«Une crise politique»

En appelant à l’organisation d’une large mobilisation en Corse, avant le déplacement du chef de l’État et dans la foulée de leur succès électoral, les nationalistes misent sur la pression populaire pour faire fléchir l’exécutif. «Nous n’avons pas d’autre espace. Nous sommes dans une crise politique parce qu’on nous demande de renoncer à tout», regrette le président de l’exécutif, mesurant parfaitement la portée d’une telle mobilisation dont la date n’est pas encore définitivement arrêtée.

Impatients de rentrer en Corse pour faire un compte rendu des rendez-vous manqués, les «natios» étaient résolus à poursuivre le combat sur un autre terrain. «Je pense qu’ils n’ont pas compris qui nous sommes. Ni l’ampleur du vote, ni d’où nous venons historiquement. Nous ne serons pas les hommes du renoncement», met en garde Gilles Simeoni.


Source: Furieux de l’inflexibilité de l’État, les nationalistes corses appellent à une «grande manifestation»

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