Favoritisme à l'INA : Mathieu Gallet condamné à un an de prison avec sursis

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Favoritisme à l'INA : Mathieu Gallet condamné à un an de prison avec sursis
Mathieu Gallet se présente mi-novembre au tribunal de Créteil pour répondre aux accusations de favoritisme à l’INA. – Crédits photo : THOMAS SAMSON/AFP

Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné Mathieu Gallet, l’actuel président de Radio France, pour avoir signé des contrats qui auraient favorisé deux sociétés de conseil entre 2012 et 2014 alors qu’il était à la tête de l’INA. Il a fait savoir qu’il interjetterait appel.

Le verdict est tombé pour Mathieu Gallet. L’actuel patron de Radio France a été condamné lundi par le tribunal de Créteil à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende pour délit de favoritisme, alors qu’il présidait l’INA. Il lui est reproché d’avoir signé, entre 2012 et 2014, des contrats qui ont coûté plus de 400.000 euros à l’établissement public sans mise en concurrence préalable. Le parquet avait requis un an et demi de prison avec sursis et 40.000 euros d’amende. Les avocats de Mathieu Gallet ont annoncé qu’il faisait appel de sa condamnation. «Compte tenu des conditions dans lesquelles l’enquête et l’audience se sont déroulées, la décision du tribunal n’est pas une surprise. Nous faisons immédiatement appel pour que la Cour examine ce dossier avec sérénité et dans le respect des droits de la défense», ont-ils expliqué à la sortie du tribunal.

Amélie Cladière, procureur dans cette affaire, a soupçonné un usage frauduleux de l’argent public à des fins personnelles. Dans le viseur de la magistrate, un premier contrat passé avec Denis Pingaud, un professionnel de l’audiovisuel payé comme conseiller externe par l’INA. Rémunéré 5000 euros par mois, il a perçu 130.000 euros hors taxes, facturés par une société qu’il dirigeait. Ce montant total aurait dû forcer l’établissement à mettre l’offre en concurrence, pour respecter la réglementation des marchés publics. Pour Mme Cladière, Mathieu Gallet s’est payé un «coach personnel» pour conquérir le poste de patron de Radio France. Une attaque que Mathieu Gallet juge «au minimum insultante, au pire diffamatoire».

L’autre contrat litigieux a été passé en 2013 entre la société de conseil Roland Berger Strategy et l’INA pour un total de 289.000 euros hors taxes. Celui-ci avait bel et bien été attribué au terme d’un appel d’offres, mais un appel d’offres jugé «trop court» par le procureur, et faussé par Mathieu Gallet qui aurait communiqué des informations sur le projet à Roland Berger dès 2010.

Une affaire juridique hautement politique

Les avocats de Mathieu Gallet ont dénoncé la «partialité» du ministère public dans cette affaire. Selon une information confirmée par les avocats de la défense, le PDG de Radio France a même déposé une plainte contre le parquet de Créteil pour violation du secret de l’enquête. Selon l’ex-président de l’INA, l’enquête pour favoritisme n’était pas officiellement close quand, le 23 juin dernier, le parquet a convoqué des agences de presse afin d’annoncer le renvoi en correctionnelle de Mathieu Gallet. L’intéressé affirme qu’à ce moment-là, il n’avait pas été mis au courant de cette décision. La plainte a d’abord été classée par le parquet de Paris. Mais les avocats de Mathieu Gallet ont saisi le procureur général de la cour d’appel de Paris.

La défense dénonce par ailleurs une affaire qui est le fruit d’une instrumentalisation politique du parquet. Les soutiens de Mathieu Gallet soulignent, par exemple, le fait que la date de renvoi en correctionnelle de l’affaire suit d’une semaine à peine la polémique qui avait opposé Radio France à François Bayrou, alors ministre de la Justice, autour de la révélation de l’affaire des emplois fictifs du MoDem.

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Le patron de Radio France ne compte pas démissionner. Le haut fonctionnaire a assuré que, même en cas de condamnation, il achèverait son mandat à la tête de la maison ronde, prévu pour durer jusqu’en mai 2019. En effet, pour Mathieu Gallet, la faute est à mettre sur le compte de son ignorance des procédures de marchés publics. Selon lui, les règles lui étaient «totalement inconnues» lors de son arrivée à la tête de l’établissement public. Ainsi pour lui ce sont «les équipes en place» à l’INA qui sont fautives. Ces dernières ne lui auraient pas transmis les «signaux d’alerte» sur la nécessité d’un appel d’offres.


 

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