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Le Président de la République ne doit plus être un Enarque: Hervé Azoulay l’explique dans cet article à partager

TRIBUNE

Hervé Azoulay décrit la situation dramatique de dépendance de la France vis-à-vis de l’ENA. Le pouvoir politique n’est plus en état d’agir, les politiques passent, les Enarques restent ! « On ne résout pas un problème avec le système qui l’a engendré » disait Albert Einstein. La situation restera encore figée des décennies et c’est au citoyen de prendre son destin en main en imposant par le vote des quotas d’Enarques dans les postes clés du pouvoir. Sur une période de 46 ans, un Enarque a été présent dans le couple Président de la République et Premier Ministre pendant 36 ans ! Le Président de la République ne doit plus être un Enarque, si vous avez aimé la promotion Voltaire, vous allez alors adorer la promotion Senghor pour encore cinq ans ! C’est votre vote qui décidera.

L’ENA contre l’État?

Par Hervé Azoulay

L’ENA a été fondée pour former une élite au service de l’Etat dont la mission première est d’enseigner aux hauts fonctionnaires le sens de l’Etat. Il existe trois couches étanches de fonctionnaires issus de l’ENA et tout sépare les Enarques supérieurs des Enarques ordinaires. Ils ont passé le même concours, fait les mêmes études, mais les carrières seront totalement différentes à la sortie. Les premiers classés à l’ENA entreront dans les Grands Corps : Conseil d’Etat, Inspection des Finances et Cour des Comptes. Ce sont les Corps les plus prestigieux et on se bouscule pour y entrer compte tenu des avantages exceptionnels procurés par ce titre. Le pouvoir les stimule car il devient alors facile de remporter un siège à l’Assemblée Nationale ou un portefeuille ministériel.
Dans ces écoles, tout ce qui est flou est rejeté, tout ce qui ne peut pas donner lieu à un classement est considéré comme inutile. Tout est basé sur des recettes et non sur des mécanismes de pensée. Les méthodes, les recettes n’ont aucune prise sans la connaissance des problèmes. La compétition est aussi intense pour y entrer mais aussi pour en sortir au meilleur rang possible. On n’apprend pas dans ces écoles à être des meneurs d’hommes, à gérer les conflits, à prendre des décisions, à guider et à animer une équipe, à déléguer et à partager. C’est toujours la sélection sur la seule capacité intellectuelle qui exclut le potentiel humain, l’imagination, l’altruisme, le partage, l’entreprenariat. On fabrique uniquement des bêtes à concours !
Le classement accompagne les élèves d’un bout à l’autre et crée une émulation polluante car toute leur carrière est régie par ce classement. Celui-ci constitue l’épine dorsale de ces écoles, il permet d’entrer dans un Corps envié et transforme ces écoles en machines à fabriquer des frustrés. L’élite qui en sort n’apprend pas à se connaître, à s’évaluer, à s’écouter. Nous sommes dans un monde où la notation pousse à plaire pour réussir et à répéter ce que l’on apprend plutôt que de le comprendre. Pour que notre élite ait la tête bien pleine, on aborde tous les sujets et à force d’apprendre à apprendre on ne fait qu’accumuler en désordre des connaissances qui se périment très rapidement.
Comment ont-ils eu tant de pouvoir ?
Pendant la période de croissance, après les années 50, nos « élites » ont cru avoir conçu le système idéal. A partir de ce moment, leurs certitudes dogmatiques sont devenues des règles intangibles enseignées à l’ENA qui n’ont jamais évolué et sont totalement découplées de l’évolution économique mondiale. Avec les successions des crises survenues à partir de 1974, la seule évolution de cette élite a été de considérer que sans elle la France était aveugle et sans guide !
Les nationalisations de 1981 ont permis à l’ENA et aux grands Corps de l’Etat de placer les siens à la tête d’entreprises contrôlées par l’Etat (banques, médias, énergie, grandes entreprises,…). Lorsque ces entreprises furent privatisées en 1986 et 1993, ils investirent de nouveaux bastions en prétextant la constitution de noyaux durs d’actionnariat pour se protéger de la concurrence internationale ! Toujours l’intérêt public mis en avant pour accroître ses territoires.
Bercés par leurs diplômes et leur rang, ils baignent dans un environnement qui ne favorise pas la variété des cultures. Dans le monde de la complexité, il est nécessaire de disposer de managers intuitifs d’origines diverses pour favoriser les différents points de vue. En France, cette élite adepte de la langue de bois, refuse le changement, fait de l’obstruction à la mutation, du conservatisme, du corporatisme et surtout manque de lucidité et de courage.


Corporatisme et « pantouflage »
Le corporatisme génère deux phénomènes bien connus : la solidarité du corps et la technique du parachutage. L’appartenance au même clan et tout ce qui confère à l’ancienneté des traditions, la solidarité des anciens élèves, le réseau pour conquérir les places, contribuent à repousser les problèmes de société et le changement par l’existence et la cooptation au sein d’un même clan. Toujours cette logique de sélection qui pousse au corporatisme et qui élève des barrières intangibles entre les corps. L’individu n’est rien sans son corps : sa promotion, son prestige, ses marques de statuts, son pouvoir, ses réseaux.
Leurs membres ont tous été élevés dans le culte de la pyramide, bercés par leurs diplômes, ce sont des technocrates qui utilisent leurs armes suprêmes : la langue de bois, la norme, le règlement, l’ordre, la hiérarchie, le calibrage, le mensonge, le corporatisme. L’épreuve d’initiation subie, on appartient à jamais à un monde clos et on n’affrontera jamais la remise en cause de son statut. C’est le corporatisme dévastateur !
Quant au « pantouflage », il consiste à geler le poste pendant l’indisponibilité de l’un d’entre eux qui préfère momentanément faire de la politique ou administrer une grande entreprise. Même en cas d’échec dans ses nouvelles fonctions, celui-ci est sûr de retrouver son confortable poste avec son titre et ses attributions. Tous ces artifices ne suscitent pas une élite au courage à toute épreuve. Dans ce beau monde consanguin, de nombreux dirigeants issus de cette élite siègent dans plusieurs conseils d’administration, se répartissent les postes pour que personne ne soit lésé, postulent aux mêmes distinctions, où l’argent mesure les degrés de la réussite. Chacun se rend des petits services, se renvoie l’ascenseur et cela devient très vite une pratique courante.

 Les réseaux dévastateurs de l’ENA
L’ENA et ses Grands Corps bénéficient d’un véritable monopole en France et ont la mainmise sur les postes importants dans l’administration française. Les Enarques sont partout et sont nommés par les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique. Les politiques passent, les Enarques restent et ce sont eux qui dirigent la France ! On les trouve dans les cabinets ministériels, les principales directions du ministère de l’Economie et des Finances, les administrations, les ambassades, les entreprises publiques et privées industrielles, les grands organismes financiers publics comme la Caisse des Dépôts et Consignations et également dans les grandes banques comme la BNP ou le Crédit lyonnais.
Cette élite est omniprésente dans les coulisses du pouvoir et rien ne l’arrête quand elle veut accroître son territoire en multipliant les solidarités de clans. Dès qu’un membre de l’élite est nommé, son premier réflexe n’est pas de mettre en place ses idées, mais d’élargir son territoire en privilégiant ses relations incestueuses au détriment de la performance. Autour de la caste, gravitent des collaborateurs, des conseillers, des confidents et dès qu’un poste de pouvoir est disponible, il est comblé très rapidement. C’est un cycle sans fin pour accroître sa sphère d’influence. Tout cela est révélateur de la crise et de l’urgence de la réforme de cette caste franco-française : sourde, figée, aveugle, fourbe, qui nous enfonce chaque jour un peu plus et qui confond l’intérêt général et son intérêt en général.
Toutes les grandes écoles ont, elles aussi, leurs réseaux d’influence, leurs amicales, leurs bureaux de placement, mais aucune n’a atteint le degré de perfectionnement et ne fait le poids devant ces réseaux franco-français, prédateurs, efficaces, fermés, que sont les réseaux de l’ENA et des grands Corps de l’État.
La seule solution pour changer la France : des quotas d’Enarques.
Pour réformer la France, l’ENA est devenue le premier problème auquel il faut s’attaquer pour casser la dynamique. Tant que l’on n’a pas compris que le poisson pourrit par la tête et que c’est par la tête qu’il faut le régénérer, on passe à côté de la solution. C’est du bon sens ! C’est la paire de lunettes que l’on porte sur le nez que l’on voit généralement le moins bien !
Notre système élitiste a fabriqué et raffiné de décennie en décennie des générations entières de non communicants et d’incompétents pour diriger la France. Il devient non seulement dépassé, mais en plus extrêmement dangereux. Une source unique de pouvoir est porteuse de danger et il semble évident que les talents venus d’horizons professionnels et culturels différents répondent mieux à la complexité du monde d’aujourd’hui.
Alors limitons le pouvoir de cette caste en cassant la dynamique d’influence en mettant des quotas d’Enarques dans les postes clés du pouvoir et en y introduisant des dirigeants issus du privé. Ces quotas d’Enarques devront alors tous abandonner leur statut de fonctionnaire.
Pour éviter que la situation reste encore figée des décennies, c’est au citoyen de prendre son destin en main en imposant par le vote sur le législatif des quotas d’Enarques dans les postes clés du pouvoir. Sur une période de 46 ans, un Enarque a été présent dans le couple Président de la République et Premier Ministre pendant 36 ans ! Le Président de la République ne doit plus être un Enarque, si vous avez aimé la promotion Voltaire, vous allez alors adorer la promotion Senghor pour encore cinq ans !
C’est votre vote qui décidera.
L’ENA contre l’État?

Hervé AZOULAY

Azoulay*** Attention ce texte est une TRIBUNE LIBRE n’engageant que son auteur***

Ici à l’Observatoire du MENSONGE, nous aimons la liberté de publier. Ce qui ne veut pas dire que nous approuvons.

A lire :  La connaissance


Source :© L’ENA contre l’État? – Observatoire du MENSONGE

2 Responses to "L’ENA contre l’État? – Observatoire du MENSONGE"

  1. jean dufour   11 avril 2017 at 18 h 55 min

    l’anagramme de ENA est effectivement ANE, mais ce n’est pas le plus grave. Cette école au lieu de former des têtes devrait former des hommes et pour cela inclure dans le cursus des élèves au moins un an de stages divers comme ouvrier spécialisé, comme infirmier, comme chauffeur de poids lourd, comme artisan, comme agriculteur, comme gardien de prison, comme agent de police de base, etc…

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  2. zoom   11 avril 2017 at 20 h 20 min

    mr azoulay enfonce les portes ouvertes ,,,
    comme le fn qui propose dans son programme de reduire de 50% les parlementaires sauf que pour mettre en application une telle mesure il faut , faire voter par ceux la meme qui profitent du système pour s engraisser sur les deniers de la France ils ne vont jamais se tirer une balle dans le pieds en se privant de revenus de parlementaires et avantages affairant evidemment

    Répondre

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