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Sarah Cattan : Pantin carré 48, accident...

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Que s’est-il passé à Pantin ? Des vidéo circulent, qui permettent de douter de la version officielle dont nous sommes aujourd’hui abreuvés, après un silence étonnant. L’affaire, aurait-elle é…

Que s’est-il passé à Pantin ? Des vidéo circulent, qui permettent de douter de la version officielle dont nous sommes aujourd’hui abreuvés, après un silence étonnant. L’affaire, aurait-elle été un banal accident entre deux véhicules, aurait été traitée dans la rubrique Faits divers, parce qu’elle s’est passée dans un cimetière. Parce que plusieurs tombes ont été lourdement endommagées. Parce que ces tombes sont celles d’un carré juif. Et vous savez bien, des tombes juives profanées, il y en eut.

Oui mais : ces Juifs, aussi ! Toujours à penser au pire. Leur obsession de la persécution ai-je lu ici ou là.

Beaucoup, comme moi, se sont déplacés. Photos et vidéo inondent le net. Les questions fusent. Même Israël s’interroge : c’est quoi encore ce truc ? Du lard ou du cochon ?

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Allez, disons-le tout net : beaucoup ont du mal avec la thèse de l’accident, et d’emblée pensent à une nouvelle affaire antisémite bidonnée et étouffée. Tous se demandent pourquoi il a fallu 6 jours avant que ne soit médiatisée, très vaguement médiatisée, cette affaire. Ceux-là dénoncent la chape de plomb décidée par notre élite qui prétend tout savoir sans enquêter. Notre élite ? Entendez le Consistoire et le CRIF.

Certes il y a un communiqué. Sauf qu’il sent la gêne. Le malaise. Je vous le dis, les Juifs, ces empêcheurs de dormir, voilà qu’ils veulent la photo de la voiture. Celle du camion benne. Ils veulent aussi, ces obstinés, savoir le nom du supposé chauffard. Ils parlent, ceux-là, de se réunir pour déposer plainte. C’est que c’est pénible, un Juif : ça veut comprendre. Ça échafaude des hypothèses, ça les confronte :

Option 1: accident (avis des institutions)

Option 2: vandalisme, profanation.

OPTION 2 VANDALISME, PROFANATION

Ça soupèse la validité de ces hypothèses. Si option 2, désir de ne pas déranger ce gouvernement en période pré-électorale ? Ce gouvernement qui a autorisé la prochaine manif de boycott d’Israël. En recommandant aux loubavitch de fermer les synagogues environnantes ce jour-là. Le décor est planté : de confiance, il n’y en a plus guère. Evelyne Gougenheim, candidate à la dernière élection pour la présidence du Consistoire, souligne non sans humour que dans certains pays, une des nombreuses règles de la dhimmitude était d’interdire aux juifs de sortir les jours de pluie. Par crainte de contact indirect!

Bref, ça se télescope, ça se contredit, tout le monde s’énerve, et en moi ce sentiment étrange qu’on se fout de moi, qu’on aurait joué à plouf plouf. Plouf plouf un – deux – trois ce se- ra Toi ! Ah zut, c’est tombé sur un carré juif !

Ces doutes, j’aimerais bien que l’histoire les eût rendus infondés, et pour Pantin donc, comme j’aimerais avoir tort. M’être trompée et présenter ici dès demain mes excuses.

Serge Benhaim, le Président de la Hevra Kadicha, nous informe qu’il s’agit bien d’un accident, survenu ce 20 mars, et même il nous donne l’heure : 16 h. Il rassure la communauté : Depuis lundi soir le Consistoire, les services de la mairie de Paris, la mairie de Paris, la conservation…tout a été fait pour d’abord s’assurer qu’aucun corps n’était en danger. Le consistoire, le SPCJ ont recoupé les faits, les témoignages, les rapports de police qui ont constaté l’accident. Les images font mal mais nous sommes BH dans un cadre exclusivement matériel et accidentel. Les procédures d’assurances, de réparations d’avis aux familles, tout a été réalisé .Un communiqué du Consistoire a été diffusé cette après-midi. Le consistoire ne ment pas. Dans quel but le ferait-il? Je suis le président de la Hevra Kadicha. Je suis du Consistoire. Le Grand rabbin de Paris, le président Mergui, le vice-président du Consistoire M Bohbot, le secrétaire général du Consistoire M Abensour, moi-même avons agi d’abord pour le respect des morts. Ensuite nous avons voulu être précis et exacts. Une fois la thèse de l’accident avérée nous avons laissé le buzz aux autres plumes pour nous concentrer sur l’essentiel. Les morts, les familles, la réparation des tombes dégradées et l’état de santé du couple impliqué dans l’accident. Tout ce que j’écris peut se vérifier. Merci de votre attention et de vos partages pour rétablir la vérité.

Sauf que la Vice Présidente du Consistoire, elle lui répond : Cher Serge, Je regrette de te voir là. Je le regrette.

C’est quoi ce là ? Pourquoi d’ailleurs une telle affaire diviserait-elle nos représentants ? A y lire de plus près, on s’aperçoit que elle, Evelyne Gougenheim, elle émet de sérieuses réserves, et elle le fait publiquement : elle considère que lorsqu’on est capable de fixer l’Assemblée générale du Consistoire Central le 30 avril, juste à la date de la Journée nationale de la Déportation, et de surcroît en plein pont du 1er Mai, on est capable d’arranger un peu une sombre et abracadabrantesque histoire de camion.

Je vous passe les commentaires, on la traite de Dupont-Aignan du Consistoire, – je ne savais pas que c’était une insulte- et elle répond : Non j’informe. Cela manque.

D’autres jouent l’humour : Et si je ne crois pas Monsieur Benhaim, je risque quoi? demande un insolent.

Mais revenons à notre affaire. Même si ce désaccord au sein même du Consistoire est alarmant. Il s’agirait donc d’un accident ayant impliqué camion, voitures, ou tractopelle. Anne Hidalgo ? Elle dit qu’on va refaire les tombes et c’est fini. C’est quoi qui est fini ?

Pantin. Carré 48. Je ne suis pas seule à douter. Ceux-là, comme moi, ont voulu se faire une idée, d’autres veulent rassurer leurs amis éloignés qui ont de la famille dans le carré 48. Le seul carré sinistré. Mais 13 tombes tout de même hein ! Sacré carambolage. En plein cimetière. Je vous disais : plouf plouf.

Vous passez d’abord le cordon de police. Les plus âgés, ici présents, vous les écoutez débattre et conclure à une profanation. Expérience, fruit de leur âge avancé, ou encore cette tendance obsessionnelle à la persécution ? Allez savoir.

Moi, comme les autres, je ne constate aucune trace de verre, qui témoignerait d’un phare brisé. Aucune trace de freinage. Pas de signe apparent d’une peinture qui serait restée sur une tombe. A la moindre éraflure, ma voiture laisse un peu de peinture. Vous aussi ? Là, rien. Un rien qui finit par être lourd.

L’ŒUVRE D’UNE TRACTOPELLE

J’écoute parler les mecs. Ils disent tous que ça ne peut être que l’œuvre d’un tractopelle pour faire un si violent boulot. Des tractopelle ? Y en a plein, stockés sur place dans l’enceinte du cimetière.

Et je regarde. Deux rangées de tombes au total, hein. Ni vu ni connu.

J’en entends plein qui mettent en doute la parole officielle : ils comptent sur la passivité de la communauté qui plie l’échine et ne fait pas de vagues, qu’ils disent. Celui-là s’énerve et nous dit : Mais enfin ! Un cimetière n’est pas une autoroute !

La conversation dérape et ça en arrive à savoir qui est le plus courageux, du Juif israélien ou du Juif européen : Les juifs français, voire même les Juifs européens n’auraient plus rien dans le pantalon depuis belle lurette, à quoi celui-là répond à l’israélien que eux n’ont pas le monopole des coucougnettes.

Moi je me garde bien de prendre position et je relis la version officielle : un accident de voiture et un camion qui dévie et casse tout. Ça tient mal la route cette histoire quand même.

Ça s’énerve ici et vous en avez qui parlent carrément de négationnisme. Et d’autres qui dénoncent cette désinformation médiatique à la solde de ce gouvernement socialo-nazi. Et là, ça s’engueule sec : le Service de Défense de la Communauté Juive, le Consistoire, le CRIF, on ne les met pas en cause !

Arrive, comme toujours, sorti d’on ne sait où, celui qui sait tout : c’est un accident de la route entre un véhicule et un camion de la ville de Paris. Une banale histoire de priorité à droite refusée. Et le camion, il aurait perdu le contrôle, vous savez bien qu’il y en a plein qui perdent le contrôle, et il serait rentré de plein fouet dans le carré. Un journal relaye ce témoignage de Monsieur je sais tout. Et d’ailleurs, l’enquête, bouclée samedi matin, aurait confirmé cette version, nous dit le commissariat de Pantin : l’incident se serait déroulé à l’angle des rues Chênes rouges et des Mûriers blancs, au niveau du carré 48. Et même que le conducteur du camion de la ville de Paris, il aurait été soumis à un test d’alcoolémie et de dépistage des stupéfiants : il était clean. Y a rien à voir, je vous dis. Ah oui, j’oubliais un détail : le camion, il était en excès de vitesse, toujours selon le communiqué de presse de la ville de Paris. 50 Km/h. Au cimetière. Et alors ?

Bon. Les cercueils n’ont pas été touchés et sont en sécurité et puis la Ville de Paris, elle s’occupe de tout. Selon le communiqué de la Mairie.

Pour me calmer, je vais me recueillir sur la tombe de Lévinas. Carpentras. 1990. Sarre-Union. 2015. Sarre-Union. L’Europe avait découvert ce nom en ce jour funeste où 250 tombes avaient été saccagées.

Revoilà mes irréductibles : comme moi, ils s’interrogent. Un camion à destruction sélective ? C’est que parmi ces 13 tombes, certaines étaient protégées par des troncs d arbre ?

Revoilà un pessimiste. Je n’y peux rien si c’est un ashkénaze et s’il dit tout de go : Quand malheureusement on retuera des Juifs, on dira qu’ils se sont suicidés. Il ajoute qu’il aurait fallu des grues pour soulever des poids pareils.

Sur Judaïques FM, un billet d’humeur du 26 mars nous parle d’un camion qui aurait emporté sur son passage 13 tombes juives. Moi je’ dis que c’est ballot tout de même. Mais l’auteur du billet, il se félicite que heureusement les théories complotistes furent stoppées par un communiqué du SPCJ[1], et il nous engage tous à ne parler que des faits et à nous éloigner des spéculations qui déshonorent ceux qui les propagent et en font les pantins de la fachosphère.

Goguenard, celui-là lui répond : Ouais… Et si on vous monte dans un train, ça sera pour aller bosser, ne vous inquiétez pas.

Regardez les photos : aucune tombe cassée. Juste renversées. Mais si le Consistoire de Paris et le CRIF nous répètent que tout cela n’est que le fait d’un accident.

Certains se ressaisissent: ils ne veulent pas tomber dans la parano. Mais tous ceux qui se sont déplacés n’arrivent pas à la croire, la thèse de l’accident. Hier lundi, soit une semaine après les faits, une photo officielle nous montre cette fois le camion. Vous savez, le camion fou. Eh bien vous savez quoi, qu’il se fût agi d’un accident ou d’une profanation, voire des deux, l’une ayant suivi le premier, il reste dans l’air quelque chose. Non, pas quelque chose de Tenessee. Juste un relent de conspiration. Comment tu dirais, Anne Roumanof ? Qu’on ne nous dit pas tout ? Bande de paranos, va !

https://www.facebook.com/brigitte.moatti/videos/10212800744673475/

Sarah Cattan

[1] Service de protection de la communauté juive.

Source : Sarah Cattan : Pantin carré 48, accident… | Tribune Juive

One Response to "Sarah Cattan : Pantin carré 48, accident…"

  1. Raymond MELKI   1 avril 2017 at 9 h 50 min

    Ne serait ce qu’en visionnant la photo du titre de cet article, il est démontré qu’il est impossible, au vu du nombre de monuments brisés et déplacés ,que ce soit un heurt par un camion. Même si c’était le cas, le conducteur aurait du s’y reprendre a plusieurs reprises pour arriver à ce résultat. La thése de l’accident n’a aucune teneur, il s’agit sans aucun doute d’une profanation.

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