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L’ALLEMAGNE INVESTIT L’AFRIQUE

Bonjour
 
Je vous invite à me retrouver le mardi matin à 7h05 sur Radio J 94.8 FM pour ma chronique économique et financière. Deplus toute personne interessée par l’information économique sur l’Afrique, je vous invite à aller consulter le site
 
Merci
 
Dov ZERAH
 
MARDI 24 JANVIER 2017
Les relations entre l’Allemagne et l’Afrique ont été tardives et limitées. Il faut en effet attendre 1883 pour que l’Allemagne s’établisse dans le Sud-Ouest africain, l’actuelle Namibie, 1884 pour qu’elle colonise le Cameroun et le Togo, 1885 pour qu’elle occupe le Tanganyika, aujourd’hui partie continentale de la Tanzanie, et enfin le Rwanda-Urundi.
Ce retard par rapport aux Britanniques, Français, Espagnols, Portugais, Hollandais ou Belges s’explique par l’unification tardive de l’Allemagne. Mais une fois celle-ci proclamée le 18 janvier 1871 dans la galerie des glaces du palais de Versailles, le Chancelier Bismarck va ralentir le processus de constitution de l’empire colonial allemand.
Tout d’abord, le Chancelier de fer refuse d’imposer à la France défaite la confiscation des colonies françaises d’Afrique. Ensuite, il conditionne une politique impérialiste à deux exigences :
  • La constitution d’une flotte tant militaire que marchande susceptible de rivaliser avec la flotte du Royaume-Uni qui aurait pu mal accepter l’arrivée d’un nouveau venu sur le continent africain
  • « Le marchand doit procéder le soldat ». Le Chancelier doit composer avec une opinion publique peu favorable à une politique expansionniste, et ne veut pas mettre à contribution les finances impériales
En 1885, Bismarck va saisir l’opportunité de la demande portugaise de la tenue d’une conférence pour stabiliser le partage de l’Afrique centrale. C’est la conférence de Berlin. Faute de moyens militaires et navals suffisants, Bismarck défend les libertés du commerce et de l’entreprise dans la zone de l’Afrique centrale.
L’expansionnisme allemand va se trouver en conflit avec les intérêts français au Maroc. La guerre est évitée de peu. Le traité franco-allemand du 4 novembre 1911 met fin aux prétentions allemandes sur le Maroc en contrepartie de concessions territoriales en Afrique centrale.
La première guerre mondiale et le traité de Versailles vont clore les prétentions allemandes sur l’Afrique. Elle perd toutes ses colonies. La seconde guerre mondiale n’inversera pas la situation.
A la suite des indépendances, l’Allemagne développe son aide au développement aux pays africains.
Depuis quelques mois, l’Allemagne dépasse la seule coopération au développement, et montre de nombreux signes d’intérêt pour l’Afrique :
  • Les déplacements de responsables se multiplient, qu’il s’agisse du président fédéral, M. Joachim GAUCK, de la chancelière, Mme. Angela MERKEL, ou de ministres…
  • Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, l’Allemagne a déployé en 2016 650 militaires au Mali pour aider la Mission de l’ONU au Mali (MINUSMA) pour la stabilisation du pays. Elle a également fourni des capacités de renseignement et des moyens logistiques aux troupes françaises.
Même si le sujet de la situation sécuritaire dans la bande sahélo-soudanaise préoccupe de plus en plus en Allemagne, l’implication de la Bundeswehr à l’étranger se heurte traditionnellement à une forte hostilité de l’opinion publique allemande. Cette implication est d’autant plus symbolique qu’elle participe à la mission européenne de formation de l’armée malienne, dispose d’un hôpital de campagne à Koulikoro.
  • Un « plan Marshall pour l’Afrique » soutenu par le ministre allemand du Développement, M. Gerd Müller. Il faut saluer cette initiative allemande. Il faut espérer qu’elle soit reprise par les autres pays européens et la Commission européenne.
L’Europe doit aider l’Afrique. C’est son intérêt ! Je vous le disais la semaine dernière en préconisant La mise en place d’un partenariat stratégique avec l’Afrique sub-saharienne. Aider les pays d’Afrique est le seul moyen durable de ralentir les flux migratoires, sans sous-estimer la stimulation de notre croissance économique.
Que l’Allemagne le dise est cardinal. En effet, depuis 1972, l’Allemagne a un solde naturel négatif, c’est-à-dire que les décès sont plus nombreux que les naissances. Ne l’oublions pas : l’Allemagne a besoin des migrants, et cela explique sa politique sur le sujet. Les intérêts allemands sont différents de ceux de ses voisins.
Au-delà de ses intérêts, l’Allemagne a depuis le milieu des années cinquante fait appel à de la main d’œuvre extérieure ; d’abord celle de l’Allemagne de l’Est, ce qui a conduit à construire le Mur de Berlin, puis avec les Turcs qui représentent aujourd’hui près de 3 millions de personnes sur une population de 82 millions d’habitants. En 60 ans, les Allemands ont démontré une grande capacité d’intégration.
Néanmoins, ils cherchent aujourd’hui à promouvoir un plan de relance de l’économie africaine pour éradiquer le sous-développement, et ralentir les flux migratoires. Rappelons que selon l’Organisation internationale pour les migrations, l’OIM, près de 160 000 Africains ont traversé la Méditerranée en 2016.
Les points clés du plan allemand sont l’éducation, la jeunesse, le renforcement des économies et l’Etat de droit. Il conviendrait de rajouter la santé pour essayer de ralentir la croissance démographique, l’agriculture pour nourrir une population en forte croissance et l’électricité. Mais l’essentiel est que peut être un débat sur l’implication européenne dans le développement africain s’installe et conduise à des décisions fortes.
 
 


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