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Le groupe État islamique revendique l'attentat d'Istanbul du Nouvel An

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L’attaque contre le club Reina, une discothèque branchée de la ville, a fait au moins 39 morts, dont une Franco-Tunisienne, le soir du réveillon. Le tueur était toujours en fuite ce lundi matin.

VIDÉOS – L’attaque contre le club Reina, une discothèque branchée de la ville, a fait au moins 39 morts, dont une Franco-Tunisienne, le soir du réveillon. Le tueur était toujours en fuite ce lundi matin.

Istanbul

Plus de 36 heures après le carnage, le groupe terroriste État islamique a revendiqué lundi matin l’attentat survenu à Istanbul dans la nuit du Nouvel An. «Dans la continuité des saintes opérations menées par l’Etat islamique contre le protecteur de la Croix, la Turquie, un soldat héroïque du califat a frappé une des discothèques les plus connues où les chrétiens célèbrent leur fête apostate», indique un communiqué, également rédigé en turc.

C’est la première fois que le groupe terroriste revendique un attentat en Turquie. Dimanche soir, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avait nié toute implication.

Sept minutes, entre 01  heure 15 et 01 heure 22, un soir de réveillon. C’est le temps qu’il aura fallu à un seul tireur pour tuer 39 personnes et en blesser 65  autres dans une discothèque d’Istanbul. Sa cible: le club Reina, situé entre une large avenue et les rives du Bosphore dans le quartier d’Ortaköy, à quelques centaines de mètres de l’endroit où se tenaient les célébrations officielles du Nouvel An.

Le club-bar-restaurant – l’un des plus grands de la ville, avec ses 3000  mètres carrés – est fréquenté chaque soir par plusieurs centaines de personnes, Turcs, touristes ou expatriés, anonymes et célébrités. Parmi les personnes tuées, on compte d’ailleurs une franco-tunisienne et au moins une quinzaine d’étrangers: d’Arabie saoudite, du Maroc, du Liban, de Libye. Les autorités turques ont très vite dénoncé un acte terroriste.

«Quand j’avançais, des gens piétinaient d’autres gens »

Sefa Boydas

Arrivé sur place en taxi, l’arme placée dans le coffre, l’assaillant a d’abord tiré sur un policier en faction devant l’établissement, puis sur un passant à l’entrée, avant d’utiliser son fusil automatique contre la foule qui réveillonnait à l’intérieur.

«Nous étions venus pour passer un bon moment aujourd’hui, mais tout s’est soudain transformé en chaos et en nuit d’horreur», a raconté à l’AFP Maximilien, un touriste italien qui faisait la queue à l’entrée quand l’assaillant s’est lancé dans son acte meurtrier.

Un serveur de la discothèque a raconté à la presse turque que les clients, «au nombre de 500 à 600 ce soir-là», s’étaient couchés à terre dans la panique, certains parvenant – comme lui – à se réfugier au sous-sol. «On s’amusait. D’un coup, les gens ont commencé à courir. Mon mari s’est jeté sur moi, et les gens ont couru sur nous, a raconté Sinem Uyanik, une cliente dont l’époux a été blessé de trois balles dans le corps. Ça sentait la poudre. Je me suis évanouie», a-t-elle ajouté. «Quand j’avançais, des gens piétinaient d’autres gens», a témoigné Sefa Boydas, un footballeur professionnel qui se trouvait dans la boîte de nuit, décrivant la panique qui s’est emparée de la foule.

Piégées à l’intérieur de l’établissement, de très nombreuses personnes ont plongé dans le Bosphore pour échapper aux balles, avant d’être secourues par la police maritime. Promettant, comme après chaque nouvelle attaque, de «lutter jusqu’au bout contre le terrorisme», le président turc Recep Tayyip Erdogan a fustigé «ceux qui cherchent à déstabiliser notre pays, à créer le chaos et démoraliser notre nation en prenant pour cible des civils».

La piste du groupe EI privilégiée

Le récit de la tuerie du club Reina conserve des zones d’ombre. Le ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, a indiqué que le tueur avait changé d’habits entre son arrivée dans l’établissement et sa sortie, sans plus de précisions. Des témoins avaient affirmé qu’il portait un déguisement de père Noël, une information démentie par le premier ministre, Binali Yildirim. Une vidéo de surveillance tournée à l’extérieur, au début de l’attaque, montre en revanche un homme armé, vêtu d’un manteau ou d’un blouson de couleur sombre, tirer sur une personne qui s’effondre aussitôt devant les portes du club.

Les autorités ont interdit la diffusion d’images liées à l’attaque sur les réseaux sociaux, comme elles le font généralement après les attentats.

Selon le chef du gouvernement, le tireur non identifié a abandonné son arme avant de quitter les lieux «en profitant de la confusion». Ce lundi, il était toujours activement recherché par la police turque, qui est aussi en quête d’éventuels complices. «Il y a plusieurs possibilités pour l’identité du tueur, nos services de renseignement et notre police travaillent en collaboration», a dit le premier ministre, Binali Yildirim.

Dimanche soir, les enquêteurs avaient privilégié la piste du groupe État islamique (EI ou Daech, son acronyme arabe) sans écarter celle d’un autre groupe terroriste. Les médias locaux ont immédiatement comparé la fusillade du club Reina aux attentats de l’EI contre le Bataclan en France en novembre 2015, et contre un night-club gay d’Orlando aux États-Unis en juin 2016.

«Nos forces avaient pris des mesures partout à l’occasion du Nouvel An. Les mesures les plus lourdes concernaient Istanbul. »

Süleyman Soylu, ministre de l’Intérieur turc

Le pays – et sa capitale économique, Istanbul – est depuis près d’un an et demi la cible d’une série d’attaques attribuées à l’organisation djihadiste. Un groupe de touristes à Sultanahmet en janvier, un autre en mars près de la place Taksim, l’aéroport international Atatürk en juin: les attentats liés à Daech ont tué en 2016 plus de 60 personnes dans la mégapole stambouliote.

Redoutant notamment un attentat-suicide ou une attaque au camion – sur le modèle des attentats de Nice et Berlin, récemment – toutes les routes menant à la célèbre place Taksim et à l’avenue Istiklal avaient été fermées à la circulation pendant la nuit du réveillon. Plus de 17.000 policiers étaient déployés dans la mégapole stambouliote, chargés de surveiller en particulier ses transports, ses places et ses lieux de divertissement.

Comme à l’ordinaire en cette soirée festive, plusieurs policiers étaient déguisés en père Noël, vendeurs de marrons ou cireurs de chaussures, en vigilance maximale après des alertes sérieuses liées au risque terroriste. Un peu plus tôt dans la journée de samedi, les autorités avaient annoncé l’arrestation de huit membres présumés de l’EI à Ankara. Ils étaient soupçonnés de préparer une attaque imminente contre la capitale.

Interrogé sur ces menaces, le ministre de l’Intérieur, Süleyman Soylu, a souligné que «ce type de renseignement nous parvient en permanence (…) que ce soit de services de renseignement étrangers ou de nos propres services de renseignement, concernant Daech, le PKK ou le DHKP-C (groupe terroriste d’extrême gauche).» Et le ministre d’ajouter: «Ces renseignements peuvent être liés à un nom précis ou à un événement qui pourrait se produire à tel endroit. Nos forces avaient pris des mesures partout à l’occasion du Nouvel An. Les mesures les plus lourdes concernaient Istanbul.»


Une Franco-Tunisienne tuée avec son époux

Une Franco-tunisienne a été tuée avec son époux tunisien dans l’attentat d’Istanbul, a annoncé dimanche le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

Le ministère tunisien des Affaires étrangères avait auparavant affirmé que deux de ses ressortissants, un homme d’affaires et son épouse, avaient trouvé la mort dans l’attaque, sans préciser si la femme avait la double nationalité française et tunisienne.

Quatre ressortissants français ont par ailleurs été blessés dans l’attentat, selon le Quai d’Orsay. Le parquet de Paris a annoncé dimanche l’ouverture d’une enquête préliminaire, du fait de la présence de Français parmi les victimes.

L’enquête, pour assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, a été confiée à la SDAT (Sous-direction antiterroriste) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). La procédure est classique en cas d’attentats perpétrés à l’étranger et faisant des morts ou des blessés français. Elle fournit un cadre juridique, notamment pour permettre d’éventuelles poursuites en France contre les auteurs de l’acte. L’ouverture prochaine d’une information judiciaire offrira par ailleurs aux victimes et à leur famille la possibilité de se constituer partie civile pour faire valoir leur préjudice devant la justice française.

Dimanche, un communiqué de l’Élysée a précisé que «le président de la République dénonce avec force et indignation l’acte terroriste qui a provoqué la mort d’au moins 39 personnes dans une discothèque à Istanbul lors de la soirée du Nouvel An. La France exprime sa solidarité avec la Turquie dans cette épreuve et poursuivra impitoyablement la lutte contre ce fléau avec ses alliés».

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Source :©  Le Figaro Premium – Le groupe État islamique revendique l’attentat d’Istanbul du Nouvel An

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