Entre casse sociale et pacte social, il va falloir choisir !

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Entre casse sociale et pacte social, il va falloir choisir !

Depuis plus d’un mois maintenant la France est traversée par une crise inégalée depuis 1968: crise économique, sociale, morale et politique ! Cette crise que ni les politiques, ni les syndicats, ni les sociologues, ni même les médias n’ont vu venir a un nom : les Gilets Jaunes !

 

 

Depuis un mois, nous constatons une mobilisation sans précédent dans les territoires.

 

Partout en France, sur les routes et les rond-points, des français par milliers se mobilisent et protestent pour exiger plus de justice sociale et plus de démocratie. Ils ne sont encadrés ni par les syndicats, ni par les partis politiques et convergent d’horizons fort divers tant du point de vue politique que sociologique. Ils sont agriculteurs, artisans, salariés, fonctionnaires, retraités, petits entrepreneurs, ils viennent de la droite, de la gauche et du centre, et, tous revendiquent de nombreuses mesures sociales et politiques. Cependant, il émerge de toutes ces revendications quelques demandes communes: baisse des taxes (notamment sur les énergies), gain de pouvoir d’achat et volonté d’établir une une véritable démocratie représentative.

 

Phénomène unique, ce mouvement des Gilets Jaunes est caractérisé par le fait que tous ces français ont un profond sentiment de n’être représentés ni par leurs élus, ni par leurs syndicats, ni même par les divers corps constitués. De ce fait, le dialogue avec les autorités est loin d’être aisé.

 

Loin d’être une manifestation de mécontentement ou d’une jacquerie, leur mobilisation est une véritable insurrection contre la casse sociale qui frappe notre pays depuis plus de quarante ans.

 

Mais comment appréhender et caractériser cette casse sociale qu’ils dénoncent ?

 

 

Cette casse sociale, c’est un système qui a produit un taux de chômage de plus de 10%, avec un ratio de près de 20% chez les jeunes. Chômage de masse, qui au fil du temps, est apparu comme un mal inéluctable, alors même que nos amis danois, anglais, allemands, autrichiens, etc. ont, eux, retrouvé le chemin du plein-emploi . Alors, se demandent-ils, pourquoi, nous, en serions-nous incapables ?

 

Ce chômage est un drame qui plonge des millions de français dans l’assistance et le désarroi avec un sentiment profond d’être des citoyens de seconde zone, des citoyens assistés et pire des citoyens imprégnés du terrible sentiment d’être inutiles à la bonne marche de la société.

 

Au fil des années, les rancœurs accumulées, les drames familiaux et sociaux, les difficultés économiques, les souffrances et le sentiment de déclassement ont creusé des fractures sociales de plus en plus profondes. Fractures sociales, déjà dénoncées par Jacques Chirac en 1995 !

 

La casse sociale, ce sont aussi ces 150 000 jeunes qui sortent chaque année de leurs études sans diplôme, sans que leurs talents n’aient été détectés. Ces jeunes, souvent sans espoir, qui peinent à prendre leur envol et à trouver leur place dans une société où la soif de consommation est à la fois boulimique et hors d’atteinte pour eux. Une société où le paraître tyrannique crient le vide d’une société qui voudrait les « endormir » à coup de subventions et en fabriquant toutes sortes de dépendances et de mirages !

 

La casse sociale, c’est la paralysie causée par une bureaucratie qui s’est immiscée de plus en plus dans les entreprises tant publiques que privées. Et qui, à force de lourdeurs, de lenteurs, de méconnaissance de la vie économique freine les innovations et les évolutions au risque de mettre en péril le développement et parfois même la survie d’entreprises.Toutes ces entraves rendent encore plus difficile toute velléité d’entreprendre et contribuent à la paupérisation des artisans et petits entrepreneurs.

 

La casse sociale couve aussi dans le déficit de la Sécurité sociale et la dette de la France qui procèdent d’une mentalité centrée sur le court terme, évacuant sa responsabilité vis-à-vis de l’avenir.

 

La casse sociale, ce sont ces agriculteurs, artisans, salariés, fonctionnaires, retraités, petits entrepreneurs, avec leurs Gilets Jaunes qui crient leur souffrance de ne pouvoir vivre de leur travail, qui vivent l’humiliation de travailler mais de ne pouvoir subvenir aux besoins de leurs enfants, qui craignent de voir leurs enfants vivre encore moins bien qu’eux !

 

La casse sociale c’est enfin la fissuration de la société, son éclatement entre communautés qui vivent côte à côte, voire, comme le dit Gérard Colomb, face à face.

 

La casse sociale c’est quand les français ne font plus peuple, quand les français ne partagent plus ce qu’ils ont en commun, quand les français ne voient plus de projet commun, quand le chemin vers l’espoir n’est plus tracé, quand le «récit national» ne fait plus sens et que ce récit ne parle plus à la jeunesse de notre pays !

 

Mais plus que cela, la casse sociale ce sont ces agriculteurs, artisans, salariés, fonctionnaires, retraités, petits entrepreneurs qui se sentent méprisés et ringardisés par ceux qui se prennent pour les élites ! C’est aussi le fait d’être désignés comme des «gueux qui ne sont rien » !

 

Oui, ce mépris de castes, déplorable et destructeur, est un moteur de colères dont on ne soupçonne ni la force, ni l’ampleur !

 

Alors que faire pour mettre fin à cette colère et cette révolte ?

 

Soit assumer cette casse sociale et la briser par la force, ce qui impliquerait une brisure définitive au sein du peuple de France, soit renégocier un nouveau pacte social, non pas construit sur l’égalitarisme mais sur l’équité et la justice sociale.

 

Le pacte social fut conceptualisé par Jean-Jacques Rousseau qui l’a nommé «contrat social».

 

Rousseau établit qu’une organisation sociale « juste » repose sur un pacte garantissant l’égalité et la liberté entre tous les citoyens. Ce pacte est contracté entre tous les participants, c’est-à-dire l’ensemble exhaustif des citoyens.

 

Dans le pacte social, chacun renonce à sa liberté naturelle pour gagner une liberté civile.

 

La souveraineté populaire est le principe fondamental du contrat social, il est au cœur de son projet.

 

L’indivisibilité de cette souveraineté est un autre principe fondamental, par lequel il faut comprendre que le pouvoir du Souverain (Rousseau emploie ce terme pour désigner le peuple souverain) ne saurait être divisé et il ne peut s’en séparer par intérêt particulier, car l’intérêt particulier est contraire à la recherche de l’intérêt général, seul objectif du contrat social.

 

Ce contrat social, Rousseau le voit comme faisant suite à l’état de nature dans lequel règne le droit du plus fort. Pour lui, le droit du plus fort ne peut être un principe directeur d’une société car il est incompatible avec l’intérêt général, et donc avec le contrat social : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. »

 

La dissolution du contrat social, c’est le retour à l’état de nature, primitif, pré-social, « tyrannique et vain ».

 

Une société qui rompt son contrat social ne serait plus une société…elle ne ferait plus France !

 

Alors, Oui ! Quand les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres ! Quand le «peuple souverain» ne protège plus et ne prodigue plus l’espoir d’un mieux vivre, quand il ne fait plus en sorte que la plus grande précarité ne frappe pas le «petit peuple», celui des déclassés, des oubliés, des dénigrés, celui qui souffre et qui ne peut plus nourrir sa famille , quand les technocrates remplacent l’élan du cœur et de la passion, alors Oui, le «pacte social» est brisé et la porte est ouverte à toutes les colères!

 

Inutile de faire croire à l’égalité car elle n’existe pas ! L’handicapé ne sera jamais l’égal d’un non-handicapé, le non-diplômé n’aura jamais les avantages d’un diplômé, l’instruit ne sera jamais perçu comme celui qui ne l’est pas, le riche n’est pas l’égal du pauvre…Ces inégalités existent et il est utopique de croire qu’on pourra les gommer mais on peut les corriger en mettant l’accent sur l’équité !

 

Il est grand temps de refaire France, de redonner de l’Amour au peuple, de lui faire sentir la souffrance de tous quand certains souffrent !

 

Enfin, en tant que Confédération des Juifs de France et des Amis d’Israël, on ne peut pas finir sans évoquer les dérives de quelques responsables communautaires qui, pour des raisons que tout le monde connait, se sont mis à dénigrer, vilipender et cracher sur les Gilets Jaunes, sur cette souffrance qu’ils sont incapables de comprendre.

 

Le judaïsme a toujours été et reste une philosophie de l’amour et du partage. Au moment où l’on fête Noël et Hannouka, où l’on collecte des fonds en faveur des plus démunis de notre communauté ( Tsedaka) , comment pourrait-on être insensible à la souffrance et à la disette d’une partie de notre peuple ? Juif ou non-juifs, nous sommes tous solidaires et la souffrance d’une partie de notre peuple est notre souffrance.

 

Alors que ces dirigeants communautaires parlent en leur nom s’ils le désirent, qu’ils défendent l’indéfendable, mais de grâce qu’ils ne parlent pas au nom de notre peuple, au nom de notre communauté et des amis d’Israël, dont le cœur bat à l’unisson de tous nos compatriotes quel que soit leur religion ou leur origine et qui partagent le chemin de vie du peuple de France.

 

Solidaires nous sommes de tous ceux qui souffrent dans notre pays !

 

Oui, il est grand temps de refaire France, de redonner de l’Amour au peuple, de lui faire sentir que la souffrance de quelques uns est la souffrance de tous !

 

 

En cette veille de Noël et de Nouvelle Année, souhaitons à notre peuple santé, prospérité, souhaitons lui de vivre en paix tant à l’extérieur qu’à l’intérieur !

 

 

Souhaitons lui de vivre unis et paisibles en reconduisant notre Pacte Social dans l’intérêt bien compris de tous !

 

 

Souhaitons que nos gouvernants comprennent et intègrent dans leur gouvernance cette phrase d’un des plus grands DRH hollandais « Diriger sans imposer et non Imposer sans Diriger » afin que le projet France soit le projet de tous !

 

 

Et qu’ils se souviennent de cette phrase de Rousseau : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. »

 

 

Oui, entre casse sociale et pacte social, il va falloir choisir !

 

 

 

Richard C. ABITBOL
Président


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