Présidentielle américaine : Kamala Harris comme colistière, le choix d’une personnalité

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Présidentielle américaine : Kamala Harris comme colistière, le choix d’une personnalité
Les candidats démocrates, Joe Biden et Kamala Harris lors du troisème débat présidentiel, à Hourston (Texas), le 12 septembre. ROBYN BECK / AFP

L’ancienne procureure et sénatrice de Californie pourrait devenir à la fois la première femme, la première afro-américaine, et la première à pouvoir également revendiquer des origines asiatiques, à devenir vice-présidente des Etats-Unis.

La trajectoire n’est pas sans rappeler un précédent, celui de Barack Obama. Quatre ans seulement après ses débuts au Sénat des Etats-Unis, Kamala Harris va figurer sur un « ticket » comme candidate à la vice-présidence au côté de Joe Biden. Barack Obama avait été le troisième sénateur afro-américain élu au suffrage universel dans l’Etat de l’Illinois, un bastion démocrate. Kamala Harris a été la seconde en Californie, un autre Etat « bleu ». Il a été le premier président noir, elle pourrait devenir le 20 janvier 2021 à la fois la première femme, la première afro-américaine, et la première à pouvoir également revendiquer des origines asiatiques à s’installer à l’Observatoire naval de Washington, le lieu de résidence des vice-présidents des Etats-Unis

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Kamala Harris est en effet née à Oakland en 1964, d’une mère d’origine indienne et d’un père émigré de Jamaïque, l’un comme l’autre brillants universitaires. Après des études à Montréal, au Canada, où elle suit sa mère après le divorce de cette dernière, elle étudie la science politique à Washington, au sein de la Howard University, surnommée la « Black Harvard ». Puis retourne faire son droit à l’université de Californie d’où elle sort diplômée en 1989.

Une « juge rouge »

Elle enchaîne ensuite les postes de procureure, d’abord dans sa ville natale, Oakland, puis à San Francisco, en 2003, avant d’être élue procureure de Californie en 2011. Les républicains dénoncent une « juge rouge » et la présentent comme laxiste. Une partie de la gauche déplore le soutien aveugle qu’elle apporte à des membres controversés des forces de police et sa tiédeur face à des propositions de réforme de la justice.

Son ascension, pourtant, n’échappe pas à l’administration de Barack Obama. Son nom est d’ailleurs ponctuellement évoqué pour une éventuelle candidature à la Cour suprême des Etats-Unis. Elle refuse en 2014 le poste de ministre de la justice offert par le président démocrate après le départ d’Eric Holder.

En 2016, Kamala Harris quitte les rives du droit pour rejoindre celles de la politique. Elle est élue au Sénat, bénéficiant du soutien des principales figures californiennes. Elle s’y fait vite remarquer par sa pugnacité lors des auditions des personnalités choisies par Donald Trump pour son cabinet comme pour la Cour suprême. Incisive, elle multiplie les « répondez par oui ou par non » avec un débit de mitraillette qui comble l’aile gauche démocrate tout en alimentant les critiques des républicains. Ces derniers jugent en effet qu’elle instrumentalise ces auditions pour préparer en fait sa candidature à l’élection présidentielle.

Etiquette californienne

Kamala Harris se lance dans la bataille avec un atout. Elle est l’élue d’un Etat puissant en nombre de délégués pour la convention d’investiture et qui a avancé la date de ses primaires. Organisées traditionnellement alors que la course est déjà jouée, elles doivent se tenir au début du mois de mars 2020. Mais cette étiquette californienne présente également un revers car la carte électorale oblige les démocrates à reconquérir le terrain perdu dans le Midwest et les vieux Etats industriels de la « ceinture de rouille » (la Rust Belt), rétifs au progressisme de la côte pacifique.

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Après une entrée en fanfare, la sénatrice marque le pas, tardant notamment à éclaircir sa position sur son choix de couverture santé, une question alors centrale pour les démocrates, après avoir d’abord soutenu la formule universelle défendue par la gauche. Le 27 juin, à l’occasion du premier débat opposant les prétendants démocrates, Kamala Harris relance sa campagne en s’en prenant au favori, l’ancien vice-président Joe Biden. Elle l’attaque pour son opposition, dans les années 1970, à la pratique du busing visant à favoriser la mixité raciale en milieu scolaire en permettant à des élèves issus de quartiers défavorisés de suivre leurs cours dans d’autres établissements.

Cette offensive paie à court terme puisqu’elle est suivie d’un sursaut dans les intentions de vote de la sénatrice. Il est cependant de courte durée, nourrissant les interrogations sur sa capacité à prendre la mesure d’une campagne nationale. Elle se montre par ailleurs incapable d’attirer le vote afro-américain, déterminant dans de nombreux Etats du sud. En octobre, Kamala Harris se retrouve isolée en étant la seule à plaider pour une suspension du compte Twitter de Donald Trump, une revendication perçue comme accessoire.

Les questions raciales

Dès lors, ses ambitions faseyent, en dépit de prestations honorables lors des débats suivants et de collectes de fonds convenables. La décision de concentrer toutes ses forces dans l’Iowa, le premier Etat à se prononcer, est sans effet sur l’érosion de ses intentions de vote. Elle renonce le 3 décembre et se replie au Sénat. Elle assiste en mars à l’incroyable come-back de Joe Biden, largement distancé lors des premières étapes de la course des primaires. Elle lui apporte son soutien et fait campagne avec lui dans le Michigan, un rendez-vous déterminant dans le duel qui oppose désormais l’ancien vice-président au sénateur indépendant du Vermont Bernie Sanders.

Lorsque Joe Biden, triomphateur, annonce son intention de nommer une femme comme vice-présidente, son nom revient en première ligne. La mort de George Floyd, étouffé par le genou d’un policier blanc à Minneapolis, le 25 mai, joue également en sa faveur en rappelant l’importance des questions raciales, en dépit de son passé contrasté de procureure.

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Le choix de Kamala Harris est pourtant celui d’une personnalité plus que d’une identité, tant les siennes sont multiples. Son centrisme et son pragmatisme ne l’ont pas aidée lors de la bataille des primaires, tant ce créneau était encombré, à commencer par Joe Biden. Ils lui ont pourtant permis de prendre une revanche éclatante, au côté d’un candidat de 77 ans, à condition cependant de l’emporter en novembre.

Source: © Présidentielle américaine : Kamala Harris comme colistière, le choix d’une personnalité

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One Response to "Présidentielle américaine : Kamala Harris comme colistière, le choix d’une personnalité"

  1. Chesnel   12 August 2020 at 21 h 49 min

    Gilles Paris a montré son incompétence quand il traitait d’Israël sur le Monde.
    Voici ce qu’American Thinker dit de Kamala Harris (traduction Dreuz):

    La Sénatrice Kamala Harris, est une procureure véreuse qui a couché avec le parrain du pouvoir en Californie, Willie Brown, pour se hisser au sommet de sa profession. Elle a accusé Biden d’être raciste pendant les débats et n’a obtenu aucun vote lorsqu’elle a fait campagne dans l’Iowa.

    Son sourire faux n’a pas trompé les habitants du Midwest qui l’ont rejetée avant même qu’elle ait pu se présenter aux élections primaires, ce qui signifie qu’elle n’apporterait rien au parti, peut-être même pas la Californie. Pire encore pour Joe, elle a l’air affamé de pouvoir, elle est soupçonnée, probablement de façon réaliste, de chercher à obtenir le poste de Joe.

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