Présidentielle 2022 : pas à pas, les formations de gauche veulent unir leurs forces

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Si l’idée d’un «contrat de gouvernement» fait son chemin entre socialistes et écologistes, la perspective d’une candidature commune reste encore lointaine.

«Nous allons essayer de créer une immunité collective pour 2022 !», lance l’écologiste Yannick Jadot en arrivant dans la salle. Autour de la table, les 21 participants, masqués et espacés d’un mètre, sourient. «Il faut qu’on s’embrasse alors», réplique Raphaël Glucksmann, son collègue au Parlement européen. À l’extérieur, une cinquantaine de journalistes et photographes font le pied de grue en attendant l’issue de la réunion, organisée dans un hôtel au bord du canal de la Villette. L’ambition affichée par l’organisateur Yannick Jadot était grande : trouver un début d’accord pour une candidature commune à la présidentielle de 2022. Seul moyen selon lui d’empêcher le match retour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, alors que les personnalités de gauche testées ne dépassent pas pour l’instant les 15% d’intentions de vote dans les sondages.

Pas de fumée blanche

Rapidement, la question d’une candidature commune, prématurée pour certains, est évincée. Les écologistes ont notamment rappelé qu’ils avaient une primaire, organisée en septembre, et ont demandé le respect de ce calendrier. Chez les Verts, nombreux soupçonnaient Yannick Jadot – qui ne cache pas ses ambitions présidentielles – de se servir de ce rendez-vous pour essayer d’accélérer le tempo et éviter de se frotter au scrutin interne. Un de ses concurrents, Éric Piolle, a d’ailleurs quitté la salle à la moitié de la réunion. «J’ai un train à prendre. Je ne suis pas parisien moi. Je dois rencontrer des jeunes de quartiers populaires. Vous mettrez ma tête sur la photo de famille», glisse-t-il à la sortie. Le maire EELV de Grenoble l’assure toutefois : «La gauche n’a jamais été aussi proche sur le fond».

Un peu plus de trois heures plus tard, les représentants réapparaissent. Pas de fumée blanche : aucun candidat n’a été désigné. Sans surprise. «Ce n’est pas possible de se mettre d’accord comme ça sur un nom, en une matinée», souligne, lucide, Benoît Hamon, l’ancien candidat PS à la présidentielle. Une idée fait surface : celle d’un «contrat de gouvernement» à bâtir dans les prochains mois. «Nous devons proposer une coalition commune cet automne. Nous avons besoin de construire cette offre politique. Nous allons y travailler», approuve Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, également intéressée par 2022.

Sans les Insoumis

Là encore sans surprise, l’idée ne convainc pas les Insoumis, représentés par le député Éric Coquerel. Selon lui, les divergences programmatiques, comme sur les questions européennes ou sur une hypothétique VIe République, restent trop importantes pour sceller un accord. Il se réjouit toutefois d’avoir été rejoint sur «le pacte de non-agression» entre forces de gauche, réclamé par LFI. Mais pour le reste… «Parler dès maintenant d’un accord de gouvernement, c’est vraiment mettre la charrue avant les bœufs…», souffle-t-il. «LFI et le PCF auront leur candidat. C’est respectable. Mais ça ne doit pas empêcher les autres d’avancer», souligne Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. Hors micro, certains socialistes se disent persuadés que Jean-Luc Mélenchon, absent samedi à cause de son voyage en Amérique du Sud, finira par rejoindre la dynamique. «Les Insoumis sentent bien qu’il se passe quelque chose, qu’une union va se faire. Ils deviennent fébriles», assure une cadre du parti de la rose.

Chez les écologistes, Julien Bayou, le secrétaire national, s’est lui aussi réjoui de la réunion, jugée prometteuse pour l’avenir. Le chef des Verts rappelle toutefois que la primaire du «pôle écologiste» prévue en septembre n’est pas négociable, et que le rassemblement s’opérera ensuite. «Nous respecterons le calendrier de chacun», a d’ailleurs affirmé Anne Hidalgo. L’organisateur Yannick Jadot préférerait lui aller plus vite et évoque déjà une prochaine réunion fin mai. Elle sera cette fois organisée par les partis, et ouverte à des collectifs citoyens. «Nous nous retrouverons pour avancer, pour préparer cette candidature commune», a promis l’eurodéputé EELV. Par quel processus de désignation ? Il balaie : «Ce n’est pas un sujet simple. Il faudra trouver les moyens. On va tous se mettre autour d’une table pour en discuter», assure-t-il, sans même dire un mot sur la fameuse primaire de sa famille politique…

Pour le choix du «candidat commun», les socialistes assurent de leur côté avoir des idées de désignation, autre qu’une primaire classique. Pour l’instant, ils préfèrent ne rien dévoiler. En attendant, devant les caméras, Olivier Faure se montre plus que confiant. Il annonce : «Oui, dans un an, il y aura pour les écologistes et pour les socialistes un candidat et un projet commun». Après les paroles, place aux actes.

Source: © Présidentielle 2022 : pas à pas, les formations de gauche veulent unir leurs forces

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