Pour Emmanuel Macron, l'état de grâce est déjà fini

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Si la majorité des sondés est encore satisfaite de son action, Emmanuel Macron connaît toutefois une chute très sérieuse.
Si la majorité des sondés est encore satisfaite de son action, Emmanuel Macron connaît toutefois une chute très sérieuse. – Crédits photo : GONZALO FUENTES/REUTERS

VIDÉOS – Le président est en forte baisse dans l’opinion. Il recule à la fois dans les électorats de droite et de gauche.

C’est la première alerte. Un avertissement sans frais. Si la majorité des sondés est encore satisfaite de son action, Emmanuel Macron connaît toutefois une chute très sérieuse, à la limite de la dégringolade. Selon le baromètre de l’exécutif réalisé entre lundi et samedi derniers par l’Ifop pour Le JDD, 54 % des Français sont satisfaits du président, soit une baisse de dix points en seulement un mois. Le chef de l’État dévisse chez les plus de 65 ans (- 11 points) et chez les fonctionnaires (- 18 points). Il décroche aussi bien dans l’électorat socialiste (- 12 points) que dans ceux de la droite et du MoDem (- 11 points et – 25 points). Autant dire que la lune de miel entre le président et les Français semble déjà terminée. «À la même époque, François Hollande était crédité de deux points de plus», rappelle le député PS du Val-de-Marne Luc Carvounas. Quant à Nicolas Sarkozy, il disposait de 66 % de popularité en juillet 2007 dans le même baromètre. Les deux présidents avaient ensuite chuté, sans pouvoir remonter la pente.

«C’est le moment où se forgent des traits d’image qui ont tendance par la suite à se cristalliser dans l’opinion publique»

Jérôme Sainte-Marie, président de PollingVox

Le premier été d’un chef de l’État est crucial: «C’est le moment où se forgent des traits d’image qui ont tendance par la suite à se cristalliser dans l’opinion publique», rappelle le président de la société d’étude et de conseil PollingVox Jérôme Sainte-Marie. Autour d’Emmanuel Macron, l’heure n’est toutefois pas à la panique. «Un président, on le sait bien, ne reste pas populaire éternellement. C’est le prix à payer pour réformer, estime Arnaud Leroy, membre du conseil d’administration de La République en marche et macroniste de la première heure. Il ne faut pas changer de cap, au gré des sondages. Les deux derniers quinquennats sont tombés dans ce piège. Les Français veulent de l’action et, d’une certaine façon, ils testent les politiques dans leur capacité à agir en réformateur.»

«Un président, on le sait bien, ne reste pas populaire éternellement. C’est le prix à payer pour réformer»

Arnaud Leroy, membre du conseil d’administration de La République en marche

Ces dernières semaines, le pouvoir a alterné les signaux d’une gouvernance toute-puissante (défilé du 14 Juillet avec Donald Trump) et celle des premiers flottements. À commencer par le zizgag du gouvernement en matière fiscale ou par la gestion, jugée autoritariste par beaucoup au sein même de la majorité, du cas du général Pierre de Villiers. L’ex-chef d’état-major des armées a claqué la porte, après son désaccord sur les 850 millions d’euros d’économies réclamés au ministère de la Défense.

Position surplombante

«Pendant la présidentielle, personne ne s’est intéressé aux programmes. On entre maintenant dans le dur, souligne le socialiste Luc Carvounas. Certes, Emmanuel Macron a donné une belle voix à la France à l’étranger et imprimé un élan au pays, mais la hausse de la CSG est un coup dur pour les retraités. Quant aux fonctionnaires, ils doivent subir le rétablissement du jour de carence et le gel du point d’indice. On retire également plusieurs millions d’euros aux associations qui défendent les droits de femmes. Enfin, il est demandé aux collectivités locales bien plus de sacrifices que prévu (13 milliards d’euros).» Le député de La France insoumise Alexis Corbière n’est pas en reste: «10 points de moins pour Macron: les Français se lassent de ces tours de prestidigitateur au service des plus riches», a-t-il écrit au cours du week-end sur Twitter.

«La bande dessinée, c’est bien. Mais les mots c’est bien aussi»

Un ministre

La réduction, limitée à 5 euros par mois, des APL, n’a pas manqué de faire réagir, à gauche. L’ancienne ministre du Logement Emmanuelle Cosse a tweeté: «Donc la première mesure en matière de logement du gouvernement Philippe aura été la baisse des APL. Affligeant. Et dévastateur pour les moins riches.» À Matignon, l’entourage du premier ministre insiste sur le choix d’une économie «la plus modérée possible», qui s’inscrit dans le cadre d’un «effort nécessaire» global.

Ces turbulences sondagières inciteront-elles Emmanuel Macron à faire la pédagogie de ses réformes, à sortir de sa position surplombante, reposant sur des images fortes (Macron en sous-marinier, Macron en habit de pilote, Macron en fauteuil roulant, et bientôt Macron avec la chanteuse Rihanna ou avec le chanteur Bono) pour accorder des interviews ou échanger avec les Français? «La bande dessinée, c’est bien. Mais les mots c’est bien aussi», glisse un ministre. Le chef du gouvernement, Édouard Philippe, qui perd huit points dans le baromètre Ifop, voit sa cote associée aux vicissitudes du président. Visiblement, le locataire de Matignon ne remplit pas un rôle de bouclier. Pour le couple exécutif, le plus dur commence.

Source :©  Le Figaro Premium – Pour Emmanuel Macron, l’état de grâce est déjà fini

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