Dunkerque, Aubagne, Montpellier... Ces villes où les transports en commun sont gratuits

Home»Anciens1»Dunkerque, Aubagne, Montpellier… Ces villes où les transports en commun sont gratuits

Dunkerque, Aubagne, Montpellier... Ces villes où les transports en commun sont gratuits

Alors que Montpellier vient de rendre gratuit son réseau de transports en commun le week-end, d’autres villes s’y sont essayées ces dernières années. Avec plus ou moins de réussite.

C’est la mesure populaire par excellence. Le nouveau maire PS de Montpellier, élu en juin dernier, vient de mettre en place la gratuité dans les transports en commun de sa métropole le week-end. La mesure s’étendra par la suite à toute la semaine dans la commune qui deviendra de facto la plus grande ville de France à rendre gratuits ses transports en commun. Une bonne trentaine d’autres villes ont déjà passé le cap dans l’hexagone, dont quatre atteignent ou dépassent les 100.000 habitants. Si la mesure plaît logiquement aux habitants, son financement, lui, reste un sujet complexe.

Calais, Dunkerque, Aubagne et Niort sont les plus grandes villes à avoir rendu gratuit leur réseau de transports en commun.
Calais, Dunkerque, Aubagne et Niort sont les plus grandes villes à avoir rendu gratuit leur réseau de transports en commun. Observatoire des villes du transport gratuit

 

Dunkerque

 

Outre Montpellier, donc, la plus grande ville de France à avoir rendu gratuits ses transports en commun est Dunkerque. Dès septembre 2018, la commune du Nord a collé des stickers «bus 100% gratuit 7 jours sur 7» à tous ses autobus, et le succès a été immédiat : un an après sa mise en œuvre, la gratuité des transports a fait exploser la fréquentation du réseau de +85%, dont +125% le week-end.

 

« Il est lié à l’urgence sociale et climatique. Avec les bus gratuits, vous montrez aux gens qu’on peut adopter un comportement plus écologique sans les contraindre, tout en leur redonnant du pouvoir d’achat », expliquait au Figaro en mars dernier le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete. Et les résultats sont probants : d’après la mairie, 10% des Dunkerquois ont revendu leur voiture ou renoncé à en acheter une depuis la mise en place de la gratuité.

 

Niort

 

Autre grande ville à avoir rendu ses transports gratuits, depuis 2017 : Niort. Mais là, l’impact sur les passagers a été beaucoup plus mesuré. Ainsi la fréquentation n’avait augmenté deux ans après sa mise en place que de 20 à 30%, d’après Le Monde . Là où Dunkerque avait investi 65 millions d’euros en deux ans en parallèle de la mise en place de la gratuité, la ville de Niort a même réduit son offre de transports dans le même temps. C’est ce que regrettait le vice-président du Groupement des autorités responsables de transport (GART) Charles-Eric Lemaignen dans un rapport d’information du Sénat : « Niort, seule ville à avoir baissé l’offre en même temps qu’elle instaurait la gratuité, est de très loin la ville dans laquelle l’augmentation de la fréquentation du réseau de transport a été la plus faible. Le nombre d’usagers augmente toujours lors de la mise en place de la gratuité, mais s’il n’y a pas d’amélioration de l’offre, le taux de fréquentation rechute ensuite. »

 

Calais, Aubagne…

 

Tout près de Dunkerque, à Calais, le réseau de transports en commun est devenu gratuit en janvier 2020. Et tout de suite, la fréquentation a explosé de +70%. D’après BFMTV , l’agglomération avait prévu le coup en intensifiant le nombre de rotations et en investissant dans huit nouveaux bus hybrides.

 

Doyenne des grandes villes à avoir instauré la gratuité des transports, Aubagne. Depuis 2009, son réseau de bus et tramways est disponible sans débourser un centime pour tous les habitants des 12 communes du territoire. Et depuis 2008, le réseau a vu sa fréquentation augmenter de 230% sur les lignes régulières selon La Marseillaise. Environ 30 autres villes en France ont aujourd’hui rendu gratuits leurs transports en commun, parmi lesquelles Châteauroux, Libourne, Mayenne ou Gap.

 

Le financement en question

 

Mais tout le monde n’est pas favorable à la gratuité des transports en commun, à commencer par les associations d’usagers elles-mêmes. Ainsi la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) et l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) estimaient qu’il s’agit d’une «fausse bonne idée» car «ce qui est gratuit n’a pas de valeur». Citées par FranceInfo, les deux associations estiment que la gratuité «menace la qualité du service rendu aux voyageurs à terme» car celle-ci ne permettrait pas «d’absorber efficacement le rebond de fréquentation qu’elle suscite».

 

De plus, rendre les transports gratuits n’est pas sans coût. En général, les recettes des régies des réseaux de transport en commun sont divisées entre le versement transports – une taxe payée par les entreprises -, les ventes de tickets, les impôts locaux et les subventions des collectivités locales. Pour financer le manque à gagner de la partie «billetterie», la plupart des maires augmentent l’une des ressources principales des régies : le versement transports. Ainsi selon Le courrier des maires, cette taxe est par exemple passée de 1,05% à 1,55% à Dunkerque, de 0,5% à 0,55% à Châteauroux, et même de 0,6% à 1,8% à Aubagne. Certaines mairies décident également d’augmenter les impôts locaux ou d’abandonner des projets d’envergure. C’est le cas de Dunkerque qui a supprimé un projet de salle de sport et de spectacle Arena de 10.000 places, estimé à plus de 180 millions d’euros.

 

Globalement, dans les villes de taille moyenne comme Dunkerque ou Niort, la part des ventes de tickets s’établit entre 10 et 20% du total des recettes. «Les villes qui ont réussi à passer à la gratuité des transports sont celles où les recettes générées par la billetterie représentaient moins de 15% du coût du réseau», estime Jérôme Baloge, le maire de Niort auprès de FranceInfo. À Paris, où Anne Hidalgo étudie également la question de la gratuité des transports en commun depuis quelques années, la billetterie représente… 27% des coûts du réseau. Un manne qui semble indispensable à son bon fonctionnement.


 

Source:© Dunkerque, Aubagne, Montpellier… Ces villes où les transports en commun sont gratuits

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com
fr_FRFrançais
en_USEnglish fr_FRFrançais