[Del Valle] Libye : ceux qui annoncent la “fin” d'Haftar et la victoire du camp islamiste pro-turc ne se réjouissent-ils pas trop vite ?

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[Del Valle] Libye : ceux qui annoncent la “fin” d'Haftar et la victoire du camp islamiste pro-turc ne se réjouissent-ils pas trop vite ?

Le maréchal Khalifa Haftar, à la tête de l’Armée Nationale Libyenne, soutenu par le Parlement de Tobrouk (Est), contrôle 70 % du pays ainsi que les principaux puits de pétrole. Son rival, Fayez al-Sarraj, soutenu par le Parlement illégal de Tripoli, mais reconnu (bizarrement) par l’ONU (puis maintenu en vie par l’argent du Qatar, le soutien turc et les milices islamistes), ne contrôle quant à lui que 10 % du territoire libyen.

 

L’intensification de la présence militaire turque en Méditerranée et en Libye vise avant tout à établir un protectorat néo-ottoman en Libye qui, sous couvert de “défense” des musulmans et des “descendants d’Ottomans”, masque en fait une volonté de s’accaparer le pétrole libyen et le gaz de Méditerranée orientale, analyse Alexandre del Valle.

Le maréchal Khalifa Haftar, à la tête de l’Armée Nationale Libyenne, soutenu par le Parlement de Tobrouk (Est), contrôle 70 % du pays ainsi que les principaux puits de pétrole. Son rival, Fayez al-Sarraj, soutenu par le Parlement illégal de Tripoli, mais reconnu (bizarrement) par l’ONU (puis maintenu en vie par l’argent du Qatar, le soutien turc et les milices islamistes), ne contrôle quant à lui que 10 % du territoire libyen. De ce fait, l’idée diffusée par maints médias occidentaux selon laquelle Haftar serait “fini”, que le renforcement de la présence militaire turque (aidée de proxys islamistes et jihadistes exfiltrés de Syrie) va lui faire “perdre bientôt” la place ultra-stratégique de Syrte, et qu’il va donc “perdre la guerre” en raison du “lâchage” de ses parrains égyptien, russe, émiratis “déçus” de ses revers récents, ne correspond pas du tout à la réalité. Affirmer également qu’il aurait été désavoué par le Parlement de Tobrouk et par son président, Aguila Saleh, sous prétexte qu’il aurait rejeté l’accord de cessez-le-feu (consacrant sa “défaite”), conclu le 17 aout dernier par ce dernier avec le président du conseil, Fayez al-Sarraj, ce qui aurait contrarié ses soutiens égyptiens, ne reflète pas ce qui se passe sur le terrain. Certes, Khalifa Haftar a échoué, au printemps dernier, à s’emparer de la capitale, Tripoli, où les forces islamistes qui protègent Sarraj, appuyées par des légions jihadistes, ont bénéficié d’armements turcs (notamment des drones). L’armée turque s’apprêterait ainsi à prendre Syrte après avoir acquis une “supériorité” aérienne et navale. En réalité, les Émirats arabes unis, l’Egypte et la Russie défendent plus que jamais l’ANL et ne comptent aucunement laisser la Turquie régner sur le ciel libyen, pas plus qu’ils ne restent passifs face à l’afflux de jihadistes pro-turcs venus de Syrie. Et le fait que les Émirats, la France, la Russie et surtout l’Egypte aient soutenu le cessez le feu (précaire) et le plan d’accord inter libyen prévoyant des élections libres pour mars 2012 ne signifie aucunement qu’ils soutiennent la revendication irréaliste du camp Sarraj de “démilitariser” unilatéralement Syrte, à laquelle il est logique que Haftar s’oppose. Pourquoi? Parce qu’après l’échec de l’offensive sur Tripoli au printemps dernier, les troupes d’Haftar se sont repliées vers Syrte (ville natale de Kadhafi à 450 km à l’est de Tripoli), verrou stratégique sur le chemin des principaux sites pétroliers du pays et sur la base aérienne militaire d’al-Joufra, qui scelle la ligne de front à mi-chemin entre Tripoli (camp Sarraj) et Benghazi (bastion de Haftar). Syrte est également un ancien fief de l’Etat islamique et ne peut en aucun cas être désarmée sans garantie et donc risquée d’être offerte à l’armée Turque et à ses proxys jihadistes.

 

Présence militaire turque accrue

 

Le 17 aout dernier, un accord turco-libyen a été conclu pour intensifier et officialiser l’installation de forces turques en Libye et pour la formation des troupes libyennes pro-Sarraj par des “conseillers militaires” turcs. Les bases militaires d’Al-Wakiya et les ports de Tripoli, Misrata et Al-Quds sont ainsi ouverts aux forces d’Ankara et à leurs proxys jihadistes. C’est dans ce contexte qu’ont été repérées le 13 aout dernier des frégates turques de classe G puis trois patrouilles de bateaux militaires LNA postés près de Syrte. L’envoi de conseillers militaires turcs a permis aux forces de Tripoli au GNA de prendre le contrôle de plusieurs villes côtières à l’ouest de la capitale. Et le 17 mai 2020, les milices affiliées au GNA ont ainsi arraché la base d’Al-Watiyah à l’ANL de Haftar qui la tenait depuis 2014. Depuis, l’ANL s’est redéployée à Syrte, Joufra et Ras Lanouf. Al-Watiyah revêt un intérêt stratégique pour Ankara dans la perspective d’une attaque aérienne contre Syrte. Les fréquents vols entre la Turquie et les bases d’Al-Watiyah et Misrata, ainsi que l’apparition de systèmes de défense anti-aérienne attestent de la présence militaire croissante de la Turquie. Depuis mai 2020, Ankara a déployé des frégates et tiré des missiles contre des drones de l’ANL. Ses F-16 turcs patrouillent en Méditerranée près des côtes libyennes, et elle accroit son contrôle sur les flux de migrants clandestins transitant par la Libye, ce qui accroit sa capacité de pression et de chantage financier sur les pays de l’UE.

 
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Soutien d’Ankara aux Frères musulmans et au jihadisme

Les proxys islamistes pro-turcs venus combattre l’ANL de Haftar depuis le théâtre syrien seraient entre 4500 et 5500 jihadistes exfiltrés vers le front ouest-libyen depuis début 2020 par Ankara. Les compagnies aériennes qui ont assuré ce transfert sont Afriqiyah Airways et Al-Ajniha, dont le propriétaire a fait partie d’Al-Qaïda en Irak: le libyen Abdelhakim Belhaj, devenu “gouverneur militaire de Tripoli” après la chute de Kadhafi en 2011. Belhaj fait le lien entre les Frères musulmans et le jihadisme international, en plus d’être un relai d’influence de la Turquie, où il séjourne régulièrement. Il s’est par ailleurs enrichi depuis la chute de Kadhafi avec le trafic de migrants, amassant ainsi une fortune de 2 milliards de dollars. L’armée turque assure plusieurs centres de sélection et d’entraînement de mercenaires islamistes destinés au jihad libyen depuis les bases turques de Syrie à Afrin (nord d’Alep) sous la supervision d’Al-Jabha al-Shamiyyah, à Qibariyah, ou des Brigades Al-Mu’tasim à Al-Mahmoudiyah ou Al-Shamel. Citons également les brigades “Sultan Murad” et Suleiman Shah, composées de Turkmènes syriens; les légions Suqour al-Sham (Faucons du Levant), intégrant aussi des jihadistes européens; ou encore Faylaq al-Sham (Légion du Levant, 4 000 hommes), affiliées aux Frères-musulmans égyptiens. Pour la petite histoire, rappelons qu’au début de la guerre civile syrienne, l’Armée syrienne libre avait été alimentée en sens inverse par le Groupe islamique combattant en Libye (GICL) du précité Belhaj. Le double jeu de la Turquie d’Erdogan qui se veut le défenseur du Gouvernement Sarraj “reconnu par l’ONU”, membre de l’OTAN et candidate à l’entrée dans l’UE, d’un côté, mais qui soutient l’islamisme international frériste ainsi que le jihadisme dans plusieurs zones, de l’autre, est patent. Ankara compose même avec des groupes liés à l’Etat islamique ou Al-Qaïda. Le nouveau chef de Daech est lui-même un Turkmène d’Irak, Amir Mohammed Said al-Salbi al-Mawla, alias Abou Omar al-Turkmani, ex-compagnon de cellule de l’ex-“calife” de DAECH, al-Baghdadi à la prison américaine de Bucca. Il a joué un rôle majeur dans l’extermination des Yézidis d’Irak, dans le trafic d’esclaves sexuelles yézidis aux côtés de proxys turkmènes jihadistes d’Ankara, puis dans la coopération entre les services turcs et Daech lorsque l’EI revendait son or noir syrien et irakien et du coton à la Turquie en échange d’appui logistique face aux Kurdes en Irak et en Syrie (2014 et 2016). Comme l’a révélé The Guardian, le frère aîné de ce nouveau “Calife serait lui-même réfugié en Turquie, à la tête d’un Front turkmène d’Irak. Ce front est une coalition de groupes islamistes turkmènes fondée en 1995 avec un appui d’Ankara. Jean-Yves Le Drian lui-même a affirmé qu’il est « vraisemblable que les forces jihadistes syriennes accompagnant les manoeuvres de la présence turque soient infiltrées par d’anciens responsables de groupes jihadistes qui soutenaient les Turcs à Idlib”. Il a ainsi justifié les positions françaises en faveur de Haftar dès 2015 par le fait que l’ANL a été « internationalement reconnue pour son combat contre Daesh » puis qu’elle est légitimée par le Parlement libyen légitime de Tobrouk, alertant qu’il « peut y avoir des résurgences de Daesh au sud de la Libye, voire à Derna ». Or les forces du maréchal Haftar ont combattu les jihadistes du sud (Sahel), tandis que la Turquie et le GNA ont scellé des pactes avec les tribus extrémistes, des jihadistes et des Frères Musulmans de tout le Maghreb, de Mauritanie, de Somalie et du Soudan. On sait d’ailleurs que si Daesh reprend du poil de la bête en Irak, c’est parce que l’EI est protégé par des forces turkmènes anti-Kurdes soutenues par Ankara…

Le camp Haftar/Émirats/Russie/Egypte ne laissera pas la Turquie prendre Syrte et la Libye Ankara ne devrait pas sous-estimer les forces qui sont déterminées à lui font barrage en Libye. Les Émirats, très proches de la France, parrainent plus que jamais l’adversaire de Sarraj (et donc des Turcs en Libye), le maréchal Haftar, ils financent son armée et lui font livrer quantité d’armes. Les Émirats disposent toujours d’un avantage aérien dû à leur accès aux bases égyptiennes et à la présence d’avions de combat russes déployés en soutien aux forces de Khalifa Haftar et du groupe russe Wagner. Ils vont même accroitre leur présence militaire pour empêcher le renforcement des capacités militaires turques à Al-Watiyah. Abu Dhabi fournit des drones Wing Loong de fabrication chinoise à l’ANL, qui les emploie depuis la base de Joufrah. Récemment, les Émiratis ont été à l’origine de frappes (Mirage 2000) contre la base turque d’Al Watiyah après que des avions de transport turcs aient acheminé des équipements depuis la Turquie. L’Egypte du Maréchal Al-Sissi, ennemi juré des Frères musulmans, est tout aussi déterminée à empêcher la Turquie d’offrir aux insurgés islamistes égyptiens une base-arrière en Libye. le président Al-Sissi a averti que toute avancée du GNA et des mercenaires turcs vers l’est de la Libye déclencherait une intervention militaire égyptienne. Le Caire aurait même posté près de Syrte et à la frontière libyenne des batteries de S 300 russes. Les forces d’Haftar équipées par les Émirats ont récemment abattu un drone turc. La Russie vient ainsi de déployer missiles anti-aériens dans les bases de Khalifa Haftar, et fournit à l’ANL avions de chasse, missiles antiaériens, mines et véhicules blindés, notamment via le groupe Wagner. D’après le Pentagone, des photos satellites auraient montré des avions de transport russes IL-76s, 14 avions de chasse et d’assaut Mig-29 et Su-24, des véhicules antiaériens SA-22 ainsi qu’un véhicule blindé résistant aux mines posté à Syrte et sur la base aérienne d’Al-Khadim (est du pays). Et d’après Forbes, la Russie aurait livré au camp Haftar, début août, une version modernisée des antimissiles S-400 près de la ville portuaire de Ras Lanouf, terminal-clef pour l’exportation du brut libyen.

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Le plus “légitime” n’est pas forcément celui que l’on croit

La différence entre tous les acteurs extérieurs militairement impliqués dans le chaos libyen (Émirats, Qatar, Turquie, Egypte, Russie, France), tous accusés de violer l’embargo, est de taille: depuis le printemps 2020, la Turquie d’Erdogan a pris fait et cause non seulement pour les milices des Frères musulmans de Misrata et Tripoli, mais elle s’appuie sur des jihadistes internationaux, comme on l’a vu plus haut. Le fait de défendre le régime de Tripoli a permis de conclure, le 27 novembre 2019, un ubuesque accord turco-libyen de délimitation des eaux souveraines qui donnerait près de 40 % de la Méditerranée orientale aux Turcs, au détriment des zones économiques exclusives (ZEE) de la Grèce et de la République de Chypre, par ailleurs menacées par des revendications d’îles égéennes par Ankara et par des forages turcs illégaux autour des îles grecques et du sud de Chypre, où la Turquie n’a aucun droit maritime. Ce néo-impérialiste prédateur d’Erdogan inquiète la plupart des pays arabes, la France, hélas seul pays de l’UE vigilent face à l’expansionnisme en Méditerranée, et bien sûr la Grèce et la République de Chypre. Ankara conteste depuis des années le tracé des frontières maritimes gréco-turques de 1923 et donc le traité de Lausanne, menaçant d’envahir des îles grecques si un nouveau partage des eaux territoriales à son avantage n’est pas mis en oeuvre. Cette revendication remet en cause le droit de la mer et les frontières internationalement reconnues entre la Turquie et ses voisins. En toute logique irrédentiste, la Turquie ne reconnaît pas la convention de Montego Bay sur le droit de la mer reconnu par tous les pays de l’Union européenne.

Face à l’activisme turc grandissant en Méditerranée orientale, Nicosie, Athènes et Le Caire tentent de constituer un front commun, tandis que la France, très isolée au sein des pays de l’UE et de l’OTAN, a renforcé momentanément sa présence militaire en Méditerranée orientale mi-aout dernier avec le déploiement de deux chasseurs Rafale en Crète et deux navires de guerre (frégate La Fayette et porte-hélicoptères Tonnerre, en route vers Beyrouth), en soutien à la Grèce et à Chypre, qui ont des accords de défense avec Paris. On se souvient qu’en juin dernier, les tensions étaient montées d’un cran lorsque le Président turc Recep Taiyyp Erdogan avait annoncé l’envoi d’un navire de recherche sismique, “Oruç Reis”, utilisé pour sonder des hydrocarbures, escorté qui plus est par 28 bâtiments militaires… La France est solidaire des de Chypre et de la Grèce qui dénoncent les forages illégaux turcs en mer Egée, au sud de Chypre (zones 7 et 8) et au large de la Crète, en violation totale du droit international maritime. Depuis 2019, les provocations militaires navales turques contre Chypre, contre les navires italiens de forage de l’ENI, contre la Grèce, et la Libye (au large de Syrte), visent à faire comprendre qu’une guerre ne sera évitée que si les frontières maritimes sont révisées au profit d’Ankara, une menace inacceptable à laquelle les pays de l’OTAN et de l’UE regretteront un jour de ne pas avoir répondu par plus de fermeté… C’est dans ce contexte très sismique qu’en juin dernier, la France a vivement réagi contre Ankara lorsque la marine turque a menacé un bâtiment de guerre français qui la suspectait de livrer des armes aux islamistes libyens. La France s’est officiellement insurgée le 17 juin contre son “allié” turc dans le cadre de l’Alliance atlantique (déclarée par Macron en “mort cérébrale”) en dénonçant une manœuvre «extrêmement agressive» de la Turquie contre l’une de ses frégates. Enfin, face aux accusations turques et qataries selon lesquelles la France, la Russie, les Émirats et l’Egypte soutiendraient un gouvernement non reconnu par l’ONU, Jean-Yves Le Drian a rappelé que Paris a soutenu Haftar dès 2015 car son armée l’ANL était « internationalement reconnue pour son combat contre Daesh » puis légitimée par le Parlement de Tobrouk, dernier et seul parlement élu dont la légalité a été reconnue par l’accord de Skhirat et la communauté internationale, à la différence de celui, illégal et périmé, de Tripoli soutenu par la Turquie et le Qatar.

Expansionnisme turc tous azimuts

En fait, l’expansionnisme militaire turc en Libye, observé également en Irak (bombardement de places kurdes et soutien aux jihadistes turkmènes irakiens), en Syrie (massacres de Kurdes anti-Daesh dans le Nord et constitution d’un protectorat turc dans le nord-Ouest abritant 12000 jihadistes dont une majorité liés à Al-Qaïda.), à Chypre (occupée illégalement à 37 % depuis 1974 par l’armée turque qui envoie des milliers de colons annuellement pour submerger démographiquement les autochtones grecs) ou dans les Balkans (irrédentisme en Bosnie, Macédoine et Kosovo auprès des minorités turco-musulmanes), s’inscrit dans une double stratégie géo-éco-énergétique et irrédentiste qui, sous couvert de “défense des minorités turkmènes ou musulmanes en danger “, des “droits historiques turcs”, des Frères musulmans, ou de “lutte contre le terrorisme kurde”, vise à reconstituer tout bonnement un empire turco-ottoman et à faire en sorte que la Turquie redevienne – comme au temps de l’occupation de l’Europe orientale et des Pirateries barbaresques pro-turques – maîtresse de la Méditerranée. Avec à la clef ses immenses richesses de gaz maritime et le pétrole on-shore libyen, irakien et syrien, également convoités par Ankara.
En guise de conclusion

Revenons aux récentes manifestations de jeunes libyens révoltés contre le pouvoir de Tripoli et la corruption des dirigeants et des milices islamistes aux comportements mafieux. On sait maintenant que la décision d’Al-Sarraj de suspendre Fathi Bashagha, le ministre de l’Intérieur du GNA de Tripoli, officiellement en raison de son rôle dans la répression des manifestants, en réalité car il préparait (avec ses amis turcs) un coup d’Etat contre Sarraj et désapprouvait l’accord inter libyen refusé par Erdogan, montrent que le camp de l’Ouest, frériste et pro-turc, est plus encore divisé que celui de Haftar et de Tobrouk. En raison de l’intensification de la présence militaire d’Ankara et de sa stratégie d’acheminement en Libye de légions islamistes liés au terrorisme international, Tripoli a également perdu une partie de sa légitimité internationale. Et il n’est pas dit qu’en cas de renversement de Sarraj par les “durs” les plus pro-Turcs de Tripoli et Misrata, l’ONU continue à reconnaître le gouvernement de l’Ouest devenu une place-forte du jihadisme international et des Frères musulmans, comme jadis le Soudan de Hassan al-Tourabbi et de al-Béchir.

Source: ©[Del Valle] Libye : ceux qui annoncent la “fin” d’Haftar et la victoire du camp islamiste pro-turc ne se réjouissent-ils pas trop vite ?

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