Daniel Knoll : « Au fond, l’histoire de ma famille est celle de toutes les familles juives »

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Daniel Knoll : « Au fond, l’histoire de ma famille est celle de toutes les familles juives »

Mireille Knoll a vécu dans le même immeuble du 11e arrondissement de Paris pendant cinquante ans. En juillet 1942, Mireille, 10 ans, son frère et sa mère sautent dans un bus pour échapper à la rafle du Vel’ d’Hiv.

De l’histoire de sa mère, Daniel Knoll n’a gardé qu’une feuille manuscrite sur laquelle il était parvenu, il y a seulement quelques mois, à arracher quelques souvenirs à cette vieille dame qui ne parlait que rarement de la Shoah. « Mais au fond, cette histoire est celle de toutes les familles juives », lâche-t-il ému, dans son salon de banlieue parisienne.

Elle débute le jour de la naissance de Mireille, le 28 décembre 1932, à Paris, où Emilio Kerbel et Sarah Sinkel, ses parents, sont arrivés, fuyant chacun la montée de l’antisémitisme et les pogroms dans leur pays d’origine respectif. Le père est né à Odessa, dans l’actuelle Ukraine, la mère est originaire de Varsovie (Pologne), mais elle a fait un détour par le Brésil, où elle a obtenu la nationalité brésilienne.

Dans la capitale française, en ce début des années 1930, de nombreux juifs se sont installés comme eux dans le Marais et c’est dans un atelier de couture que le couple s’est rencontré, en 1923, avant d’habiter rue de Turenne. Jusque-là bûcheron, puis ouvrier dans l’industrie du caoutchouc, le père a installé une petite fabrique d’imperméables dans le 2e arrondissement voisin, rue d’Aboukir, quand la guerre et l’Occupation viennent menacer la vie des juifs français et étrangers.

Passeport brésilien

Dès 1940, le couple a pris la décision d’envoyer sa fille Mireille et son frère à la campagne, mais Emilio Kerbel a été fait prisonnier et déporté au camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques. Désormais, ils n’ont plus de doute sur le danger qui pèse sur les juifs. C’est cette intuition du péril imminent qui va sauver la famille de la rafle du Vél’ d’Hiv, en juillet 1942.

Ce jour-là, après avoir vu des policiers arrêter des dizaines de familles, la mère de Mireille prend ses deux enfants et le trio réussit à sauter dans un bus pour Montauban. En arrivant à la ligne de démarcation, la famille s’en sort miraculeusement grâce au passeport brésilien de la mère. Par chance, le père est libéré quelque temps plus tard.

La famille Kerbel passe au Portugal, à Lisbonne où elle vit un an avant de rejoindre pour six mois un camp de réfugiés. Jusqu’à ce que l’antenne locale de l’American Jewish Joint Distribution Committee leur propose d’émigrer au Brésil, au Canada ou en Palestine. Ils choisissent l’Amérique du Nord, et y seront transférés neuf mois avant la libération de Paris, en 1944.

Ils n’y resteront cependant que trois ans et demi, pressés de revenir en France. A leur retour dans la capitale, comme pour beaucoup de familles juives, l’atelier d’imperméables a été saisi, et le gardien de leur immeuble s’est installé dans leur appartement. Il faudra un procès pour les récupérer.

Mireille, qui travaille dans un atelier de couture du Marais y rencontre alors son mari. Kurt Knoll est un ancien déporté. Il vient de passer près de quatre ans dans les cuisines d’Auschwitz et est resté traumatisé par la « marche de la mort » entreprise avec des dizaines de milliers de déportés lors de l’évacuation du camp, en 1945. Le couple se marie à Paris en 1949 et déménage bientôt dans le HLM du 11e arrondissement, où Mireille Knoll a été assassinée le 23 mars.

Kurt Knoll devient représentant en vin français qu’il part vendre en Allemagne. A la maison, les Knoll parlent yiddish, mais jamais n’évoquent la Shoah. « Un jour, mon père a vu La liste de Schindler, le film de Steven Spielberg, raconte son fils Daniel. Il s’est contenté de confier qu’il trouvait que c’était très en deçà de la réalité. »

Lire aussi :   Dans l’immeuble de Mireille Knoll, les fantômes de la tranquillité perdue

Source:©  Daniel Knoll : « Au fond, l’histoire de ma famille est celle de toutes les familles juives »

3 Responses to "Daniel Knoll : « Au fond, l’histoire de ma famille est celle de toutes les familles juives »"

  1. Alain Benhaim
    Alain Benhaim   6 avril 2018 at 20 h 10 min

    OUI ET NON !!!!!!!!!

    Répondre
  2. Alain Benhaim
    Alain Benhaim   6 avril 2018 at 20 h 10 min

    OUI ET NON !!!!!!!!!

    Répondre
  3. Alain Benhaim
    Alain Benhaim   6 avril 2018 at 20 h 10 min

    OUI ET NON !!!!!!!!!

    Répondre

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