Au Sénat, les élections ne devraient pas modifier les équilibres

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Au Sénat, les élections ne devraient pas modifier les équilibres
Le Sénat au grand complet lors de la déclaration de politique générale du nouveau premier ministre Jean Castex, le 16 juillet. BERTRAND GUAY/AFP

Malgré la perte de grandes mairies par LR et la percée verte, la droite devrait rester majoritaire.

La «vague verte» des municipales a beau avoir secoué les grandes villes, elle ne devrait pas submerger le Sénat. À l’approche des élections sénatoriales du 27 septembre, pendant lesquelles quelque 87.000 «grands électeurs» sont appelés à renouveler la moitié de l’hémicycle, les partis se préparent à une grande stabilité. «La Haute Assemblée est un paquebot, il faut une grosse tempête pour qu’il change de cap», relève un pilier de l’institution. Peu de sénateurs doutent de l’issue du scrutin: un Sénat toujours à droite – sa couleur politique depuis 1958, à l’exception de l’éphémère majorité socialiste, entre 2011 et 2014 – et une reconduction à sa tête de son président, Gérard Larcher.

● LR et ses alliés espèrent consolider leur majorité

La perte de Marseille et Bordeaux aux municipales ne semble pas les inquiéter: Les Républicains s’apprêtent à retrouver les équilibres actuels dans le Sénat renouvelé. Selon les projections de sénateurs LR, le groupe, qui voit une majorité de ses sièges remis en jeu (79 sur 144), devrait compter 140 à 150 sièges à l’issue du scrutin. Une «consolidation» sur laquelle compte le président des sénateurs LR, Bruno Retailleau, pour continuer d’incarner un «contre-pouvoir» face à la majorité macroniste de l’Assemblée nationale. Ses alliés de l’Union centriste, groupe de centre droit fortement renouvelable (25 élus sur 51), s’attendent aussi à un statu quo, dans le sillage de la «confiance» affichée par leur président, Hervé Marseille.

● Les Verts cherchent à recréer un groupe

Aujourd’hui réduits à quatre sénateurs, dispersés dans différents groupes de gauche, les Verts entendent faire fructifier la «vague verte» observée dans les grandes villes. Leur objectif: dépasser la barre de 10 sénateurs pour ressusciter un groupe sénatorial disparu en 2017. Confiante, la sénatrice écologiste de Paris, Esther Benbassa, table sur «12 à 15 sénateurs». Mais la direction du mouvement écologiste se veut plus prudente, d’autant qu’un accord avec le Parti socialiste (PS) n’a pas abouti. Ce qui n’empêche pas certains accords locaux de circonstance, comme dans le Rhône. Le département pourrait rapporter deux sièges aux écologistes, qui ciblent aussi les Bouches-du-Rhône et le Bas-Rhin. Là où ils ont réalisé de hauts scores, en s’emparant de Lyon, Marseille et Strasbourg.

● LREM entend contenir les effets de sa débâcle

Après l’échec de La République en marche (LREM) aux municipales, les dix sénateurs macronistes renouvelables (sur 23 élus) se savent exposés. «C’est raide, je visite douze communes par jour», concède le président du groupe, François Patriat, en pleine campagne pour sa réélection en Côte-d’Or. «Le groupe sera au minimum stable, au maximum en progression», prédit-il. Neuf des sénateurs macronistes sortants, dont François Patriat, s’étaient présentés sous la bannière socialiste lors des sénatoriales de 2014. Ils veulent croire que la candidature, dans l’Eure, du ministre des Outre-mers Sébastien Lecornu créera une dynamique à leur profit.

Le groupe sera au minimum stable, au maximum en progression.

François Patriat

● Le PS veut rester la deuxième force politique

L’ambition des socialistes est claire: rester la deuxième force politique du Sénat. «Nous sommes 71 aujourd’hui, nous resterons à ce niveau», prévoit le président des sénateurs PS, Patrick Kanner, qui ne s’inquiète pas du sort des 37 sièges renouvelables. Lors des municipales, les socialistes ont réussi à préserver un solide ancrage territorial, en conservant Lille et en conquérant Montpellier. S’ils ne sont pas parvenus à conclure un accord national avec les Verts, ils ont réussi à s’asseoir autour de la table avec le Parti communiste (PCF). Avec seulement 3 sénateurs renouvelables sur 17, ces derniers devraient conserver leur groupe. L’élection à haut risque sera pour eux le scrutin sénatorial de 2023. De l’autre côté de l’hémicycle, le Rassemblement national (RN) anticipe la perte de son sénateur sortant, Stéphane Ravier, qui a perdu sa mairie du 7e secteur de Marseille.


87.000 grands électeurs appelés à voter

Les votants aux élections municipales et intercommunales de mars et juin n’ont pas seulement choisi leurs élus locaux.

Ils ont aussi désigné, indirectement, les sénateurs qui rejoindront le 27 septembre prochain, pour six ans, la chambre des collectivités territoriales.

La quasi-totalité (environ 95 %) des 87.000 grands électeurs appelés aux urnes – le vote est obligatoire – proviennent de conseils municipaux. Les parlementaires (sénateurs élus en 2014 et députés élus en 2017) ainsi que les conseillers régionaux et départementaux investis en 2015 sont aussi appelés à voter. Seulement près de la moitié des sièges de sénateurs seront remis en jeu, soit 172 sièges sur 348. Sont concernés 63 départements et collectivités d’outre-mer. Plus un département est peuplé, plus il envoie d’élus au Sénat. Si un à deux sièges sont remis en jeu, les élus sont désignés au mode de scrutin majoritaire, uninominal à deux tours. Si au moins trois sièges sont renouvelés, les sénateurs sont élus selon un mode de scrutin proportionnel, de liste. Les candidats aux élections sénatoriales ont jusqu’au 11 septembre pour déposer leur candidature.



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