À Bruxelles, Salah Abdeslam défie la justice

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À Bruxelles, Salah Abdeslam défie la justice

 

VIDÉO – À l’ouverture de son procès, le terroriste présumé a fustigé la «manière» dont sont traités les musulmans.

«Je n’ai pas peur de vous, je n’ai pas peur de vos alliés, de vos associés, je place ma confiance en Allah et c’est tout, je n’ai rien à ajouter.» Par la voix, juvénile et ferme, de Salah Abdeslam, le palais de justice de Bruxelles a pris lundi des airs de vidéo de propagande de l’État islamique. Et l’on ne pouvait s’empêcher de penser que le seul survivant des commandos du 13 novembre 2015, qui tient à rester assis face à ses juges, a parfaitement réussi son opération.

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Avant l’ouverture de son procès devant la 90e chambre correctionnelle du tribunal de Bruxelles pour une fusillade contre des policiers belges et français le 15 mars 2016, l’on se demandait si l’homme allait parler ou persister dans son silence. Il a finalement choisi une voie médiane. Sauf revirement spectaculaire, les victimes des attentats de Paris et Saint-Denis, comme ceux de Bruxelles, le 22 mars 2016, n’obtiendront aucune explication de lui. Sans même parler d’une esquisse de repentir. En revanche, c’est en parfait adepte de l’islam radical qu’Abdeslam a saisi la tribune qui lui était offerte non seulement pour plaider sa cause mais pour faire œuvre de propagandiste. Plaidoyer pro domo tout d’abord, qui prouve que le prévenu est parfaitement maître de lui, quand il déclare que son silence ne fait pas de lui «un criminel ou un coupable, c’est ma défense». Avant d’ajouter aussitôt: «Il y a des preuves dans cette affaire (la fusillade du 15 mars à Bruxelles au cours de laquelle quatre policiers ont été blessés), des preuves tangibles, scientifiques, j’aimerais que ce soit sur ça qu’on se base et qu’on ne se base pas, qu’on n’agisse pas pour satisfaire l’opinion publique.»

«Ce que je constate, c’est que les musulmans sont jugés, traités de la pire des manières, impitoyablement, il n’y a pas de présomption d’innocence»

Salah Abdeslam

L’une des questions centrales du procès en cours à Bruxelles est en effet de savoir qui, outre le djihadiste Mohamed Belkaïd abattu le 15 mars 2016, a tiré sur les policiers ce jour-là. Et Salah Abdeslam comme son avocat Me Sven Mary savent très bien qu’une expertise établit que l’ADN de son coprévenu dans ce dossier, le Tunisien Sofien Ayari, a été retrouvé sur la seconde arme utilisée contre les forces de l’ordre. Mais l’enfant de Molenbeek ne s’est pas contenté de se présenter en victime («Maintenant, jugez-moi, faites ce que vous voulez de moi, moi c’est en mon Seigneur que je place ma confiance»). Il a aussi tenté d’actionner le levier de la victimisation des musulmans en général en lançant au tribunal: «Ce que je constate, c’est que les musulmans sont jugés, traités de la pire des manières, impitoyablement, il n’y a pas de présomption d’innocence.» Remarque dont les habitués du palais et les automobilistes bruxellois, pâtissant des conditions de sécurité draconiennes, goûteront tout le sel. En fait de traitement impitoyable, les États français et belge ont tout mobilisé pour répondre à la volonté de l’intéressé de se présenter devant le tribunal. Avec en guise de réponse, ces considérations peu juridiques: «Je témoigne qu’il n’y a pas de divinité à part Allah, Mohammed est son serviteur et son messager.»

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Lundi, Salah Abdeslam n’aura toutefois pas réussi, totalement du moins, à ridiculiser la justice. Le public a en effet pu constater qu’en dépit du mutisme de certains, une audience pouvait éclairer les faits. Grâce notamment aux questions de la présidente Marie-France Keutgen, maîtrisant à la perfection l’art de la fausse naïveté et du détail qui assomme. Elle a notamment excellé dans l’interrogatoire du coprévenu d’Abdeslam, Sofien Ayari, visé par la France dans l’enquête sur le 13 novembre. L’homme a, il est vrai, démontré que s’il parlait, c’était bien souvent pour ne rien dire. Grand classique des procès d’islamistes où les suspects n’ont rien vu, rien fait et rien entendu. Pour Abdeslam et Ayari, la procureure fédérale, Kathleen Grosjean, a demandé vingt ans de détention assortis d’une peine de sûreté de treize ans, pour tentative d’assassinat dans un contexte terroriste.


Source:© À Bruxelles, Salah Abdeslam défie la justice

One Response to "À Bruxelles, Salah Abdeslam défie la justice"

  1. ricard   6 février 2018 at 16 h 34 min

    le droit au silence….Envoyez le au Maroc, pour “dialoguer” à bâtons rompus au sens propre du terme avec les flics de la sureté intérieure. On verra si il reste silencieux longtemps….Pauvre Belgique et pauvre France, on est bien parti avec des démocraties pareilles…

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