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Juifs, chrétiens et musulmans: l’Espagne médiévale ne fut pas l’éden multiculturel qu’on croit

« Averroes (ou Ibn Rochd de Cordoue) philosophe, theologien rationaliste islamique, juriste, mathematicien et medecin musulman andalou (vers 1126-1198) faisant amende honorable a la porte de la mosquee de Fez, vers 1195 » (Ibn Rushd (Averroes) Andalusian Muslim polymath, a master of Aristotelian philosophy, Islamic philosophy, Islamic theology, Maliki law and jurisprudence, logic, psychology, politics and Andalusian classical music theory begs pardon at the door of mosque of fez, Morocco, ca 1195) Gravure tiree de « La-vie-des-savants-illustres » de Louis Figuier, 1866 Collection privee ©Isadora/Leemage


Professeur de littérature arabe et historien, Serafin Fanjul vient de publier une somme magistrale, Al-Andalus. L’invention d’un mythe (L’Artilleur, 2017). En développant une réflexion poussée sur l’identité nationale espagnole, il bat en brèche le mythe d’un paradis multiculturel mis en place par les huit siècles de domination musulmane. Loin d’une symbiose entre chrétiens, juifs et musulmans, Al-Andalus formait une société foncièrement inégalitaire, guerroyant contre les royaumes chrétiens du Nord, soumettant les minorités en son sein. Entretien (2/2)


Retrouvez ici la première partie de cet entretien

Causeur. Dans votre essai Al-Andalus. L’invention d’un mythe (L’Artilleur, 2017), vous déconstruisez l’image idyllique de l’Espagne musulmane que certains intellectuels espagnols ont construite a posteriori. En comparant certaines périodes d’Al-Andalus à l’Afrique du Sud sous l’Apartheid, ne commettez-vous pas un anachronisme ?

Serafin Fanjul. Je n’établis pas un parallèle entre al-Andalus et l’apartheid sud-africain, je dis seulement qu’il y a une certaine similitude entre les deux. Et en vérité, cette similitude existe en raison de la séparation des communautés religieuses et raciales, des droits très supérieurs accordés aux musulmans et au-contraire des statuts inférieurs qu’avaient les membres des deux autres communautés. Il y avait aussi entre les musulmans des différences de degré de noblesse et de prééminence selon leur appartenance au groupe des berbères, des muladis (les chrétiens d’origine hispanique convertis à l’islam), des arabes « baladis » (les premiers à avoir pénétré dans la péninsule, en 711) et des arabes commandés par Baldj, arrivés en 740.

Dans al-Andalus, les personnes n’avaient de valeur et n’étaient des sujets de droit qu’en tant que membres d’une communauté et non pas en tant qu’individus. La pierre de touche était évidemment les mariages mixtes. Il était impossible pour une musulmane de se marier avec un chrétien ou un juif, et il était même difficile pour une femme « arabe  d’origine » de se marier avec un muladi (un chrétien converti à l’islam) en vertu du concept de Kafa’a (proportionnalité), et dans la mesure ou celle-ci était considérée comme ayant un sang de niveau supérieur. Quand la domination politique et militaire a été inversée et que les musulmans sont devenus minoritaires, la situation a été maintenue mais cette fois au détriment de ces derniers.

Les textes écrits dans al-Andalus abondent en allusions discriminatoires et insultantes contre les chrétiens et les juifs. Ces derniers se sont matérialisées, pour ne citer que quelques exemples,  par la persécution antichrétienne du IXe siècle à Cordoue, par le pogrom de 1066 à Grenade, par les déportations de juifs au Maroc au XIIe siècle, ou par les fuites massives de chrétiens et de juifs vers l’Espagne chrétienne dès le IXe siècle.

Vous décrivez un choc des civilisations et d’un état de guerre quasi-permanents entre chrétiens, juifs et musulmans…

La première fois que j’ai lu l’expression « choc des civilisations » ce n’est pas sous la plume d’Huntington, mais dans l’œuvre majeure de Fernand Braudel La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, dont la publication remonte à 1949. Je crois interpréter correctement Braudel en affirmant pour ma part, en accord avec lui, que la langue nous égare en suggérant derrière le syntagme « choc des civilisations » l’idée de grandes confrontations guerrières. Il ne s’agit pas du tout de cela, mais plutôt de confrontations quotidiennes à petite échelle, réitératives, dans la vie courante, entre des cosmogonies différentes, des notions de base, des conceptions du monde dissemblables, des morales civiques ou sexuelles, des concepts politiques élémentaires, mais qui sont déterminants dans la relation des êtres humains avec le pouvoir : la soumission totale ou l’exercice de droits et la conscience de posséder des droits. Et cela sans entrer dans des questions plus concrètes comme la position de la femme ou celle des minorités religieuses, qui heureusement ont été depuis longtemps dépassées en Europe, alors que dans les pays musulmans elles demeurent intactes ou suscitent des convulsions graves lorsqu’elles sont débattues.

A lire aussi: « Serafin Fanjul: « La Catalogne a été économiquement favorisée par l’Etat espagnol »

Je n’ai jamais écrit qu’il y avait un état de guerre permanent dans la péninsule ibérique médiévale entre deux blocs antagoniques et irréductibles. Et cela parce que je sais parfaitement que cela n’a pas été le cas jusqu’à ce que la Reconquête se consolide comme grand projet national au XIIe et XIIIe siècles. Je sais aussi, bien sûr, qu’il y a encore eu par la suite des alliances croisées avec des royaumes de taïfas musulmans, des interventions de troupes chrétiennes (même franques) ou musulmanes contre des princes chrétiens comme cela avait été le cas depuis le IXe siècle.

Le monde d’Averroès et Maimonide était-il si apocalyptique ?

Je ne crois pas qu’il soit très heureux de citer Averroès et Maïmonide comme deux exemples de liberté de pensée et de confraternité des communautés dans al-Andalus. Averroès était un néoplatonicien qui a été persécuté en tant que libre penseur par les Almohades. Quant au juif Maïmonide, il a été obligé de s’islamiser. Exilé au Maroc avec sa famille, il est allé ensuite en Égypte où il est retourné au judaïsme. Découvert et dénoncé par un habitant d’al-Andalus, il a été accusé d’apostasie et n’a pu finalement sauver sa vie que grâce à l’intervention du cadi Ayyad. Maïmonide expose bien sa position et son état d’esprit à l’égard des chrétiens et des musulmans dans son  Épitre au Yémen.

Comment en arrivez-vous à justifier politiquement l’expulsion des juifs et des morisques (maures convertis au christianisme) de l’Espagne chrétienne ?

J’essaie seulement d’expliquer ces événements. Nous ne pouvons pas nous limiter à voir les événements du passé comme bons ou mauvais, alors qu’ils sont tout simplement irréversibles. La seule chose que nous puissions faire, c’est de nous en rapprocher le plus honnêtement possible pour essayer de les comprendre. Et dans le cas ou notre bonne foi et notre volonté régénératrice sont sincères, il nous faut essayer de ne pas les répéter.

C’est malheureusement toute l’Europe médiévale qui s’est appliquée à marginaliser et persécuter les juifs, avec de fréquents massacres et des mises à sac de quartiers juifs. Dans l’Espagne chrétienne, ce mouvement s’est produit plus tard. Si en 1212 les troupes castillanes d’Alphonse VIII ont protégé les juifs de Tolède contre les francs venus à cette occasion, en revanche, en 1348 et 1391, la situation était radicalement différente. Il y a eu alors une grande quantité de morts, d’exactions et de conversions forcées. Les juifs convertis au christianisme et ceux qui avaient maintenu leur foi, après les tentatives de conversion massive des années 1408-1415, ont cependant coexisté tout au long du XVe siècle. Au début, les Rois catholiques ont essayé de faire en sorte que les juifs et les mudéjares (musulmans) demeurent sur les lieux où ils vivaient et conservent leurs fonctions. Ils dépendaient directement du roi, payaient un impôt spécial de capitation et recevaient en échange une protection face a la société, mais toujours avec l’idée qu’à long terme on parviendrait à les convertir. Au XIIe et XIIIe siècles les communautés juives de l’Espagne chrétienne avaient augmenté considérablement alors que celles d’al-Andalus en étaient venues à disparaitre en raison de l’action des Almohades. A la même époque, la persécution des juifs redoublait en Europe. Cette attitude générale a fini par atteindre l’Espagne, stimulée par le fait que quelques juifs se livraient à l’usure et participaient au recouvrement des impôts, motifs qui irritaient les populations exploitées les plus pauvres et les incitaient à des réactions aussi brutales que totalement injustes. Jean Ier, en 1390, et Isabelle Ière, en 1477, avaient dû freiner les ardeurs belliqueuses des membres les plus exaltés du clergé.

Quelle était la situation des sujets juifs du royaume catholique de Castille ?

À  la veille de l’expulsion de 1492, il y avait  environ cent mille juifs dans la couronne de Castille et une vingtaine de mille en Aragon. Une minorité était riche, mais la majorité ne l’était pas (il s’agissait d’agriculteurs, d’éleveurs, d’horticulteurs, d’artisans du textile, du cuir et des métaux). La protection dans les terres des seigneurs de la noblesse était plus directe et plus efficace que celle du domaine royal. Les juifs y exerçaient des professions libérales comme la médecine en dépit des interdits. Parmi les juifs proches des Rois catholiques il y avait notamment Abraham Seneor, grand rabbin de Castille, Mayr Melamed, Isaac Abravanel, Abraham et Vidal Bienveniste. L’attitude des Rois catholiques n’était pas antijuive mais elle ne contribua pas non plus à éliminer l’hostilité populaire ni à contredire les arguments doctrinaux contre les juifs. Le plus grand connaisseur actuel de l’Espagne des Rois catholiques, Miguel Ángel Ladero Quesada, écarte les motifs économiques pour expliquer l’expulsion (qui était en fait plutôt préjudiciable pour les revenus de la Couronne). Il  l’attribue plutôt à la volonté de résoudre le problème des convertis judaïsant, problème qui avait déjà justifié l’établissement de la nouvelle inquisition en 1478. On croyait alors que les juifs, par leur seule présence et en raison des liens familiaux qui les unissaient avec de nombreux convertis, contribuaient à empêcher l’assimilation ou l’absorption. D’autre part, comme les juifs n’étaient pas chrétiens, ils ne pouvaient pas faire l’objet d’enquêtes de la part de l’Inquisition. Le climat d’euphorie de la chrétienté triomphante après la prise de Grenade en 1492, aida les inquisiteurs à convaincre les Rois catholiques de la nécessité de l’expulsion. D’autant qu’à cette époque de plein affermissement du pouvoir royal, une idée se répandait de plus en plus: celle selon laquelle seule l’homogénéité de la foi pouvait garantir la cohésion du corps social, indispensable au bon fonctionnement de la monarchie. Nous savons aujourd’hui que ces idées étaient injustes et erronées, mais elles avaient alors cours dans toute l’Europe. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler l’antisémitisme féroce de Luther, la persécution des huguenots, des protestants en Espagne, en Italie et en France, ou des catholiques dans les différents pays d’Europe du nord au cours des siècles suivants.

Quant aux musulmans, je crois savoir qu’ils n’ont pas été épargnés par l’Espagne catholique…

La politique de la Couronne envers les musulmans a été erratique et souvent contradictoire. Les mudéjares (musulmans sous la domination des chrétiens) avaient subsisté depuis le XIIIe siècle bien qu’en nombre décroissant. L’expulsion comme châtiment pour rébellion (1264) à Niebla et Murcie, l’exil volontaire pour ne pas être soumis au pouvoir chrétien et l’attraction qu’exerçait le royaume de Grenade, avaient finalement vidé l’Andalousie occidentale de ses musulmans. Après la prise de Grenade, les mudéjares ont été autorisés à émigrer ou à rester en conservant leur religion, mais en 1498 les pressions pour qu’ils se convertissent ont été tellement fortes qu’elles ont provoqué la rébellion des Alpujarras (1499-1502) avec pour conséquence le décret de baptême forcé ou l’expulsion. La fuite volontaire et clandestine de morisques s’est ensuite accrue en raison des fatwas et des exhortations des jurisconsultes musulmans (al-Wansharisi, ibn Yuma’a) qui condamnaient la permanence en territoire chrétien pour ne pas s’exposer au danger de perdre la foi et de finir christianisé. En 1526, une nouvelle rébellion de morisques (crypto-musulmans officiellement chrétiens) a éclaté dans la Sierra d’Espadan et l’explosion finale, le grand soulèvement de Grenade, Almeria et Malaga, s’est produit en 1568. Dès le début du XVIe siècle, il a été interdit aux morisques de quitter l’Espagne en raison des effets négatifs que cela pouvait avoir sur les caisses de la Couronne. Il leur a été également interdit de s’approcher des côtes à moins de dix kilomètres pour éviter leur fuite ou les empêcher de collaborer activement avec les pirates barbaresques et turcs qui dévastaient le littoral espagnol.

Et la population catholique, était-elle aussi hostile que la Couronne aux ex-musulmans devenus morisques ?

L’hostilité de la population chrétienne à l’égard des morisques n’a fait qu’augmenter au cours des événements. Elle a culminé avec la prise de conscience de leur refus de s’intégrer dans la société majoritaire. A nouveau, le peuple et le bas clergé ont exacerbé leur antipathie pour les morisques, ce qui en retour a renforcé la haine et le rejet par ces derniers de la majorité dominante, un cercle vicieux qui ne pouvait être rompu que par le maillon le plus faible, en dépit des opinions contraires des autorités politiques les plus hautes, de la noblesse de certaines régions (qui avait des travailleurs morisques comme en Aragon et à Valence), voire du roi lui-même. Entre 1609 et 1614, environ trois cent mille morisques qui ont quitté l’Espagne surtout en direction du nord de l’Afrique.

Source :© Juifs, chrétiens et musulmans: l’Espagne médiévale ne fut pas l’éden multiculturel qu’on croit – Causeur




Sarah Halimi ou le scandaleux silence français, par Sarah Cattan

Je reviens vous parler de Sarah. Plus de 7 mois que ce médecin fut assassiné en plein Paris. Parce qu’elle était juive. Seulement parce qu’elle était juive. Le temps judiciaire, me rétorquerez-vous…

Je reviens vous parler de Sarah. Plus de 7 mois que ce médecin fut assassiné en plein Paris. Parce qu’elle était juive. Seulement parce qu’elle était juive.

Le temps judiciaire, me rétorquerez-vous. Tant il est exact que cette notion devrait être la réponse à tout, elle qui donna lieu à débats tant au sein de l’institution qu’en dehors d’elle. Des débats qui s’inscrivirent dans le cadre d’une réflexion plus générale sur la qualité et l’efficacité de la justice. Qui abordèrent donc les lenteurs de la justice, ce thème récurrent dont les magistrats se saisirent dès le début du XIXe siècle, un procureur de la République parlant alors de contenir le temps de la justice pénale dans le respect du délai raisonnable, et cette notion de délai raisonnable renvoyant désormais à l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme, le droit à la célérité étant désormais clairement reconnu comme un droit de l’homme.

Je vous épargnerai les durées moyennes de l’instruction, toutes affaires terminées, devant les cours d’assises de premier ressort, ce délai moyen entre l’infraction et le jugement étant de plus de  50 mois : je sais vos arguments, vous, juristes, qui allez me parler durée de la phase de l’enquête de police, complexité de l’affaire, nécessité qu’il se soit écoulé un temps suffisant entre l’assignation et l’audience pour que la partie assignée ait pu préparer sa défense, tous ces paramètres qui font que la mesure du raisonnable est in fine très relative.

Je sais encore que l’on m’opposera qu’en matière pénale, il peut être de bonne justice que d’attendre que retombent les passions, après un événement dramatique. Et souvent l’on ajoute la nécessité que s’apaisent les pressions médiatiques.

Mais quoi ? Les avez-vous entendues, vous, les dites pressions médiatiques, l’avez-vous entendue en l’affaire la pression de la rue qui aurait crié qu’il était a-normal qu’une femme en 2017 ait pu être tuée en plein Paris parce qu’elle était juive, et seulement parce qu’elle était juive.

Je veux interroger ici la juge d’instruction chargée du dossier Sarah Halimi. Lui demander ce qu’elle fait, elle,  de la distinction établie par la Cour européenne des droits de l’homme quant au délai raisonnable en fonction du type d’affaire.

Est-il illégitime de l’interroger : Madame le Juge traite-t-elle les dossiers selon leur ordre d’arrivée ou en fonction de leur degré d’urgence. Je m’en réfère à la formule de Mireille Delmas-Marty, la rythmologie de la procédure pénale. On me dit que votre office, Madame le juge, est de veiller au respect du délai dit raisonnable. Mais on m’explique que les pouvoirs qui vous sont conférés vous donnent la main sur le déroulement de la procédure et donc sur sa durée, que vous, Madame, influez sur le rythme du procès en ayant seule le pouvoir d’imposer des délais pour la production de pièces ou pour le dépôt de conclusions.

Est-il permis de se demander l’usage que vous en faites, de ces pouvoirs, dans le dossier Sarah Halimi. De se demander si ce temps extra-ordinaire tient à votre stratégie, à votre tempérament, à vos convictions. S’il serait lié aux rapports que vous entretiendriez avec les autres acteurs du procès. Les avocats par exemple. Est-il interdit d’interroger sur les rapports entre le Ministère Public et la police. Sur ce que diable pourrait exiger de plus l’avocat de Traoré comme acte ou recherche qui seraient nécessaires à la manifestation de la vérité.

Madame la Juge, qu’en est-il de l’obligation déjà évoquée en 1823 par l’avocat général Lébé d’impartir une bonne et prompte justice. Dans la liste dressée par la CEPEJ[1], figuraient, entre autres critères, outre les  mesures contre les manœuvres dilatoires, la motivation des magistrats. Quoi ? Serait-il imaginable que votre motivation soit en cause. Vous à laquelle le Parquet a demandé dès le mercredi 20 septembre, au vu de l’expertise psychiatrique rendue début septembre et des premiers éléments de la commission rogatoire remis par les enquêteurs, de retenir le caractère antisémite de l’assassinat.

Nous sommes le 11 novembre et cette circonstance aggravante n’est toujours pas officielle. L’appartement de Sarah est sous scellé.  Un des avocats m’apprend que plus aucun membre de la famille de Sarah ne vit en France. De son frère à ses 3 enfants : la France a laissé partir la famille Halimi. Et on devrait trouver normal qu’une famille juive ait quitté son pays.

Tous les avocats en charge ici ont évoqué, depuis le début, de rapports particuliers entre eux et vous. Tous sans exception nous ont décrit un magistrat peu engageant. Qui traînerait  des pieds. Qui leur semblait mettre bien de la mauvaise volonté à tout ça. Tous ont parlé de ce sentiment de la déranger quand par hasard ils voulaient la rencontrer. Celui-là affirmant qu’elle ne les saluait pas. Qu’elle leur reprochait de trop l’ouvrir dans les media. Cet autre dénonçant un comportement a minima caractériel.

Celui-là expliquant, à titre d’exemple, qu’elle avait convoqué les 3 enfants au 30 novembre et décidé d’une deuxième date pour qu’ils assistent à la reconstitution des faits. Deux voyages aller-retour ? Lod-Paris-Lod? Voyage d’agrément. Ces décisions arbitraires amenant l’avocat à exiger dur comme fer que les deux convocations aient lieu concomitamment et que soient évités à ses clients deux déplacements, un bras de fer étant engagé avec ce juge qui affirme haut et fort qu’elle ne renverra pas.

Outre ceux qui à ce jour ignorent encore ce qui s’appellera à jamais l’affaire Sarah Halimi, cette femme, médecin, sortie de son lit, lynchée puis défenestrée, tout ça au rythme des sourates récitées par l’assassin et quasi en direct, en présence d’habitants de la résidence et surtout des 28 policiers accourus sur les lieux, il y a encore ceux qui n’y croient pas, à l’affaire. Tant elle fut l’objet d’un silence fracassant. Tant à une affaire extra-ordinaire les media réservèrent un traitement définitivement coupable. La taisant. Et pour certains d’entre eux, assurant le service minimum. En parlant et puis passant à autre chose. Et puis quitte à en parler, passant vite sur les faits et remettant en lice l’indécent débat : l’avait-il tuée parce qu’elle était juive. On voulait des preuves. On voulait vérifier. C’était peut-être un déséquilibré de plus. Qui sous l’emprise de la drogue vous défenestra une femme. Et manque de bol ça tomba sur Sarah Halimi. Et comble du hasard il était musulman et fréquentait de ci de là la mosquée Jean-Pierre Timbaud.

N’oubliez jamais :

4 avril : arrestation de l’assassin, interné au vu de son état psychiatrique jugé incompatible avec la garde à vue. Demande d’une expertise psychiatrique auprès de Daniel Zaguri.

22 mai : une partie civile demande que soit reconnue la circonstance aggravante à caractère antisémite, mais aussi la séquestration, les actes de torture et de barbarie.

10 juillet : audition du suspect par la juge d’instruction.

12 juillet : mise en examen de l’individu pour homicide volontaire et séquestration. Placement sous mandat de dépôt. Les avocats apprenant cela par hasard.

16 juillet : cérémonie de la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv : un Président qui demande à la justice de faire toute la clarté sur ce crime malgré les dénégations du meurtrier présumé.

29 aout : un expert qui demande un report pour rendre son expertise.

4 septembre : rendu du rapport d’expertise : En dépit de la réalité indiscutable du trouble mental aliénant, l’abolition du discernement ne peut être retenue du fait de la prise consciente et volontaire régulière du cannabis en très grande quantité. Le fait qu’elle la victime soit juive l’a immédiatement diabolisée et a amplifié le vécu délirant, a focalisé sur sa personne le principe diabolique qu’il fallait combattre et a provoqué le déferlement barbare dont elle a été la malheureuse victime. Autrement dit, le crime de Kobili Traoré est un acte délirant et antisémite.

20 septembre : au vu de la dite expertise, un Parquet qui demande à la juge chargée de l’enquête que le caractère antisémite soit retenu en cette affaire.

Nous sommes le 11 novembre. La presse nationale, ce matin encore, se pose la question de la résurgence de l’antisémitisme en France. Mais elle reste sans réponse, la lettre ouverte qu’Alexandra Laignel-Lavastine adressa le 25 mai[2] à Gérard Collomb, dénonçant cette France indigne où il était redevenu possible d’assassiner des Juifs sans que nos compatriotes ne s’en émeuvent outre mesure et fustigeant l’atmosphère déliquescente qui régnait au pays de Dieudonné. Elle reste lettre morte, la dénonciation par Gilles-William Goldnadel[3], de l’indifférence publique. Nous les avons vite oubliées, la question posée par le Times de Londres, qui titra que l’affaire fut étouffée à cause des élections législatives à venir, et celle de Frédérique Ries, cette députée belge au Parlement européen, qui interrogea le 1er juin le silence glaçant des autorités françaises. Restées sans réponses, la tribune d’Arnaud Benedetti, qui, analysant le silence médiatique, dénonçait comme suspect tout ce qui pouvait venir perturber le récit d’un monde enchanté, nonobstant parfois son évidence monstrueuse, et celle de l’éditorialiste Gérard Leclerc sur la radio catholique Notre-Dame.

Jugerez-vous donc de bon ton de choisir, comme l’ancien haut magistrat Philippe Bilger, de vous abstenir, aussi horrible que fût le meurtre ou même l’assassinat, vous abstenir au cas où le suspect mis en cause pût être déclaré irresponsable pénalement, ou parlerez-vous  vous aussi, comme un Claude Askolovitch[4], de cette vieille dame assassinée qui paniqua la communauté juive. Accepterez-vous de ne toujours rien savoir, 7 mois plus tard, du dysfonctionnement qui opéra cette nuit-là au sein de notre police. Trouvez-vous tous normal que nul débat ne s’emparât plus du sujet ? Que cette presse capable du pire et qui n’hésita pas à se compromettre en volant deux photos au sein du Tribunal, cette presse si prompte à l’enfreindre, le silence de mise, se taise, considérant que sans doute elle l’avait fait, le job, et désormais se satisfasse honteusement, elle aussi, du délai raisonnable.

[1] M. Fabri, Ph. Langbroek, 2003
[2] Atlantico.
[3] Figaro. 22 mai 2017.
[4] Slate. 7 avril 2017.

Sarah Cattan

Source : Sarah Halimi ou le scandaleux silence français, par Sarah Cattan | Tribune Juive




Un premier acte de résistance à Clichy-la-Garenne ? par Philippe Bilger

 

On peut analyser cette démarche des élus comme un premier acte de résistance contre non pas une « invasion » mais une occupation urbaine illicite mais aussi pour l’amorce d’un engrenage qui pourrait à terme devenir si intense, antagoniste et violent qu’il serait susceptible de déboucher sur une guerre civile multipliée.Renaud Camus a tort mais qu’on continue à se voiler les yeux et à faire preuve de faiblesse démagogique, et je crains qu’un jour on ne lui donne tristement raison.

Cette comparaison m’apparaît choquante, offensante pour son premier terme et absurde pour le second. J’ajoute qu’aurait-elle même un semblant de vraisemblance, je m’efforcerais de combattre le risque de confondre la France en paix d’aujourd’hui avec la France vaincue sous la botte nazie.

Il n’empêche qu’un événement capital s’est produit à Clichy-la-Garenne le 10 novembre, vers 13 heures, aux abords de l’hôtel de ville.

Alors que les médias montent parfois en épingle de l’insignifiant ou du superficiel, j’ai été frappé de constater à quel point cette « première » dans notre histoire politique et sociale a été peu commentée, cette brèche dans notre aspiration au vivre ensemble malgré les différences culturelles et religieuses a été relativement passée sous silence.

Depuis le mois de mars de cette année, chaque vendredi, des centaines de musulmans investissent la voie publique en réclamant un lieu de culte. Après que, le 22 mars, l’Union des associations musulmanes de Clichy (UAMC) a été expulsée d’un lieu de culte dans le centre ville par l’ancienne municipalité, des médiations ont été tentées dont aucune n’a abouti. Le maire LR Rémi Muzeau a proposé un nouveau lieu de prière à un quart d’heure du centre. Le président de l’UAMC l’a refusé, le jugeant « trop petit, trop excentré et indigne ».

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Alors que Mohamed Bechari, président de ce nouveau centre cultuel et culturel qu’il estime approprié et convenable, et dirigeant aussi la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), remercie au contraire le maire pour la mise en place d’une signalisation et d’un arrêt de bus (gratuit) juste en face de ce lieu.

Il est clair que l’UAMC ne cesse de tester la patience et la résistance de la municipalité en se permettant – depuis longtemps – d’installer des prières de rue qu’elle sait pourtant interdites.

Pour la première fois, le 10 novembre, à l’initiative de Valérie Pécresse, une soixantaine d’élus de la région parisienne, dont le maire, ont délibérément affronté, l’écharpe tricolore en bandoulière et chantant La Marseillaise, quelque 150 musulmans installant tapis et enceintes sur le trottoir (Le Figaro).

Cette lancinante et insupportable transgression relevant, pour sa solution, de l’Etat est laissée à la seule initiative et bonne volonté du maire de Clichy. Qui se heurte à une opposition musulmane de mauvaise foi.

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On peut analyser cette démarche des élus comme un premier acte de résistance contre non pas une « invasion » mais une occupation urbaine illicite mais aussi pour l’amorce d’un engrenage qui pourrait à terme devenir si intense, antagoniste et violent qu’il serait susceptible de déboucher sur une guerre civile multipliée.

La fin opportune d’une passivité ou le début dangereux d’une révolte ?

Renaud Camus a tort mais qu’on continue à se voiler les yeux et à faire preuve de faiblesse démagogique, et je crains qu’un jour on ne lui donne tristement raison.

Source : © Justice au Singulier: Un premier acte de résistance à Clichy-la-Garenne ?




Paris appelle Israël à laisser entrer des élus français qui veulent rencontrer des terroristes palestiniens

« Nous souhaitons que les parlementaires français aient accès à l’ensemble des interlocuteurs qu’ils veulent rencontrer, » a déclaré le Quai d’Orsay

La France a appelé mardi les autorités israéliennes à autoriser l’entrée sur leur territoire d’élus français disant vouloir rencontrer les terroristes palestiniens emprisonnés Marwan Barghouthi et Salah Hamouri.

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« De manière générale, nous souhaitons que les parlementaires français aient accès à l’ensemble des interlocuteurs qu’ils veulent rencontrer pour remplir leur mission d’information », a déclaré la porte-parole du Quai d’Orsay, Agnès Romatet-Espagne.

« Nous y sommes attentifs s’agissant d’Israël comme de tous les pays où les élus français se rendent », a-t-elle ajouté.

Le ministère israélien de la Sécurité publique de Gilad Erdan a annoncé lundi qu’il refuserait aux élus français l’entrée en Israël pour rencontrer « un fieffé meurtrier comme Barghouthi » et « inciter ainsi à soutenir le terrorisme ».

Israël a en effet annoncé lundi que le pays ne permettra pas l’entrée au sein de l’Etat juif d’un groupe de responsables français en raison de leurs initiatives de promotion du boycott du pays.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a annoncé dans un communiqué qu’il adoptera la recommandation émise par le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan de ne pas autoriser l’entrée des 20 participants du groupe, avec, parmi eux, des parlementaires et des maires français ainsi que des membres du Parlement européen.

Les autorités israéliennes recommandent donc par avance aux élus français « de ne pas prendre l’avion du tout ».

« Ce n’est pas la première fois que je refuse l’entrée à des militants du BDS », a indiqué Deri, « mais ce coup-ci, c’est une délégation de responsables européens qui viennent afin de travailler contre Israël, ce qui donne plus de poids [à cette décision].

Erdan a indiqué prôner une politique de lutte contre ceux qui soutiennent la campagne de boycott.

« Nous n’autoriserons pas l’accès au territoire à ceux qui appellent activement à s’en prendre à Israël, en particulier quand ils demandent à rencontrer et à conforter un fieffé meurtrier comme Barghouthi, incitant ainsi à soutenir le terrorisme », a indiqué le ministre israélien de la Sécurité publique Gilad Erdan dans un communiqué de ses services et du ministère de l’Intérieur.

« Nous parlons de leaders politiques qui soutiennent activement le boycott contre Israël et vont jusqu’à le promouvoir ».

Ce voyage d’élus communistes et du parti de la gauche radicale La France Insoumise, prévu du 18 au 23 novembre, vise à « alerter sur la situation des près de 6 000 prisonniers politiques palestiniens », ont indiqué les membres de cette délégation qui comprendra notamment le secrétaire national du PCF et sénateur Pierre Laurent, quatre députés LFI, Clémentine Autain, Danièle Obono, Muriel Ressiguier et Michel Larive et des élus locaux dont le maire PCF de Gennevilliers Patrice Leclerc, selon le site de l’Humanité.

Barghouthi est l’ancien chef de l’aile armée Tanzim du Fatah et a été condamné en Israël pour avoir fondé la brigade des martyrs d’Al-Aqsa, un autre groupe terroriste du Fatah. Il purge actuellement cinq peines de prison à vie dans un centre d’incarcération israélien pour avoir ourdi des attentats terroristes au cours de la Seconde intifada au début des années 2000.

Barghouthi est resté très actif au niveau politique derrière les barreaux, et est souvent désigné comme l’un des quelques successeurs probables du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Au mois d’avril, Barghouthi avait lancé une grève de la faim pour obtenir de meilleures conditions pour les prisonniers mais également, selon les experts, pour faire la démonstration de son pouvoir et de son autorité politiques.

Il est surnommé par ses sympathisants le « Mandela palestinien ».

La délégation cherchera aussi à rencontrer l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, en détention administrative en Israël depuis le 23 août car jugé coupable de tentative d’assassinat contre le rabbin Ovadia Yossef. Il est membre du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) que la France et l’Union européenne considèrent comme une organisation terroriste.

Le terroriste Salah Hamouri ex-FPLP a été arrêté par la police israélienne le 23 août pour appartenance à une organisation politique illégale (Crédit: capture d’écran Abachell Wikimedia Commons)

Salah Hamouri fait l’objet d’un ordre de détention administrative de six mois, confirmé le 22 octobre à la cour suprême de Jérusalem.

Dans un communiqué daté du 25 octobre 2017 le ministère des Affaires étrangères a demandé que « l’ensemble des droits de Salah Hamouri soient bien respectés ». La porte-parole a ajouté : « nous espérons sa libération. Nous demandons aussi que sa famille puisse lui rendre visite ».

Jugé trop peu engageant par les uns, ou synonyme de sympathie envers un terroriste pour les autres, le terme « espérer » a déçu les partisans de Salah Hamouri, et ses détracteurs, qui arguent qu’il n’a jamais renié les chefs d’accusations prononcés contre lui par un tribunal israélien : avoir participé à une tentative d’assassinat du rabbin Ovadia Yossef et appartenir au FPLP.

Ce sont les arguments que le député des Français de l’étranger Meyer Habib a opposé à Jean-Yves Le Drian en commission des Affaires étrangères le 26 octobre dernier.

‘Je l’ai interpellé sur la déclaration officielle scandaleuse du Quai d’Orsay hier en faveur de la libération du terroriste Salah Hamouri, cadre du FPLP, l’organisation responsable, entre autres, de l’attentat de la rue de Copernic en 1980, et qui avait projeté en 2005 d’assassiner le Grand Rabbin Ovadia Yossef ’, sans jamais exprimer par la suite le moindre regret » écrit le député sur la page de son compte Facebook.

Le ministre des Affaires étrangères lui a répondu qu’il assumait ce texte, qui appelle par ailleurs à connaître les raisons de la détention administrative de Salah Hamouri.

Meyer Habib (Crédit : Charlotte Guimbert)

« Salah Hamouri a été arrêté en mai 2005 après avoir été membre d’une cellule publique populaire qui prévoyait d’assassiner le rabbin Ovadia Yosef et de mener une attaque à la bombe à Jérusalem. Il a purgé une peine de prison jusqu’à décembre 2011, et a ensuite été libéré dans un accord d’échange de prisonniers, » avait expliqué le Shin Bet au Times of Israël par courriel, via le service de presse du Premier ministre. Il s’agissait de l’échange de prisonniers palestiniens contre Gilad Shalit.

Emprisonné en Israël entre 2005 et 2011 après avoir été jugé coupable de tentative d’assassinat contre le rav Ovadia Yossef, et pour appartenance à des organisations politiques illégales, Hamouri a été de nouveau arrêté le 23 août par la police israélienne.

« Après sa libération de prison, il est retourné travailler au sein de l’organisation terroriste du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et, malgré les avertissements qu’il a reçus des forces de sécurité, Hamouri a continué à opérer dans le cadre de l’organisation » explique le Shin Bet.

« À la lumière de cela, il a été arrêté ».

Source : Paris appelle Israël à laisser entrer des élus français qui veulent rencontrer des terroristes palestiniens




Le gouvernement israélien s’apprête à refouler sept élus français

Pierre Laurent et Clémentine Autain (ici en avril 2015) font partie des sept élus français déclarés persona non grata par Israël.

Pierre Laurent, Clémentine Autain, Patrick Le Hyaric ou encore Pascal Durand viennent d’être déclarés persona non grata. Ils devaient entamer ce week-end une visite en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Correspondant à Jérusalem

Le ministère israélien de la Sécurité intérieure a annoncé lundi vouloir interdire l’entrée de son territoire à sept élus français, dont le secrétaire national du PCF, qui prévoient d’atterrir ce week-end à Tel Aviv pour une visite de cinq jours en Israël et dans les Territoires palestiniens. Ils font partie d’une délégation de vingt parlementaires et élus locaux qui avait indiqué un peu plus tôt dans la journée vouloir, à l’occasion de ce déplacement, «alerter sur la situation des près de 6000 prisonniers politiques palestiniens».

» LIRE AUSSI – Salah Hamouri arrêté par l’armée israélienne

Certains membres de ce groupe d’élus issus du Parti communiste et de la France insoumise avaient annoncé leur intention de rencontrer Marwan Barghouti, haut cadre du Fatah incarcéré en Israël depuis une quinzaine d’années. Condamné à plusieurs peines de prison à perpétuité pour son implication dans la deuxième intifada, ce prisonnier de 58 ans est souvent présenté comme le plus populaire des dirigeants palestiniens.

» LIRE AUSSI – Il y a cent ans, la déclaration Balfour ouvrait la porte à la création d’Israël

Selon une source au ministère israélien de la Sécurité intérieure, «la décision de refouler ces sept élus a été prise après une enquête rapide du bureau des Affaires stratégiques». Cette structure est notamment chargée de surveiller les activités de la campagne internationale Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS). Les autorités israéliennes ne semblaient toutefois pas en mesure de préciser, lundi après-midi, sur quels critères précis cette «liste noire» a été dressée. «Il s’agit des éléments les plus provocateurs», se bornait à préciser le ministère de la Sécurité intérieure, qui assurait vouloir «éviter une déconvenue aux intéressés en les informant à l’avance du sort qui les attend.»

Interdits de rencontrer Salah Hamouri

La liste dressée par le gouvernement israélien sous l’ordre des ministres Gilan Erdan et Arye Déry, telle que communiquée au Figaro, comprend le secrétaire national du PCF Pierre Laurent, la députée (LFI) Clémentine Autain, les députés européens Pascal Durand (Verts/Alliance libre européenne) et Patrick Le Hyaric (PCF), ainsi que les maires (PCF) de Stains Azzedine Taibi, de Limay Éric Roulot et de Gennevilliers Patrice Leclerc.

D’après le ministère de la Sécurité intérieure, les treize autres élus qui prévoyaient de participer au voyage seront pour leur part admis sur le territoire israélien. Mais ils auront interdiction de rencontrer Marwan Barghouti ainsi que le détenu franco-palestinien Salah Hamouri, placé en détention administrative le 23 août, sans que ses défenseurs puissent avoir accès aux éléments réunis à son encontre. Le Quai d’Orsay s’est récemment dit «préoccupé» par sa situation, indiquant «espérer» sa remise en liberté.

Source : Le Figaro Premium – Le gouvernement israélien s’apprête à refouler sept élus français




Quel est l’impact des troubles politiques en Arabie saoudite et au Liban pour Israël ?

Le nouveau prince héritier de Ryad adopte une position plus ferme à l’égard de l’Iran – et certains responsables israéliens s’en réjouissent

 WASHINGTON (JTA) – Qui est MBS ? Pourquoi le Premier ministre libanais a-t-il démissionné – et pourquoi en Arabie saoudite ? Que fait le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en Arabie saoudite ? Où est Jared Kushner dans tout cela ?

Et qu’est-ce que tout cela signifie pour Israël ?

La semaine a été mouvementée au Moyen-Orient et, pour une fois, les deux faits révolutionnaires – qui n’en sont peut-être qu’un seul, mais nous y reviendrons – n’impliquent pas directement Israël.

Mohammed ben Salmane (ou MBS, son acronyme), le prince héritier saoudien récemment nommé, a placé un nombre de ses rivaux sous assignation à résidence de luxe, et Saad Hariri, le Premier ministre du Liban, a démissionné, disant que son pays n’est pas gérable tant que l’Iran s’ingérait dans ses affaires..

Mais évidemment, Israël est impliqué : Y-a-t-il des événements au Moyen-Orient qui n’impliquent pas Israël ?

Que s’est-il passé ? Partie I

Mohammed, 32 ans, a été nommé prince héritier par son père, le roi Salmane, en juin. Ce fut un bouleversement en soi, car la succession est un processus obscure et délicat visant à préserver l’équilibre parmi la confusion des descendants du fondateur du royaume, Abdulaziz. La déclaration de Salman que son fils lui succéderait a grandement secoué la famille.

Déjà ministre de la Défense depuis 2015, le prince héritier Mohammed s’est empressé de préciser qu’il était dirigeant (son père étant malade). En tant que prince héritier, il a placé son prédécesseur en résidence surveillée, a exprimé à plusieurs reprises son désir de moderniser le royaume et a tenu sa promesse lorsque son père a décrété que les femmes pourraient désormais conduire.

Ivanka Trump et Jared Kushner à la Cour royale saoudienne de Ryad, le 20 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Ce week-end, il a rassemblé 11 princes et d’autres douzaines de hauts fonctionnaires et les a placés en résidence surveillée, beaucoup au Ritz Carlton de Ryad. Officiellement, le père et le fils réprimaient la corruption.

Que s’est-il passé ? Partie II

Devinez qui d’autre était à Ryad ? Hariri, le Premier ministre libanais soutenu par l’Arabie saoudite. Ancien Premier ministre, il a dit qu’il démissionnait parce que l’Iran contrôle le pays à travers son allié, le Hezbollah, et qu’il craignait pour sa vie.

Le Hezbollah contrôle une milice terroriste qui éclipse l’armée libanaise. On pense généralement qu’il a tué en 2005 le père de Hariri, Rafik, qui était également Premier ministre.

Alors pourquoi s’arrêter maintenant ?

Il s’agit peut être de la même histoire.

Depuis qu’il est devenu ministre de la Défense en 2015, le prince héritier est à l’origine d’une tentative saoudienne agressive visant à réaffirmer sa domination dans la région face à un Iran de plus en plus autoritaire. Il conduit la guerre de l’Arabie saoudite avec les rebelles Houthi soutenus par l’Iran au Yémen. Sortir Hariri du Liban est un élément d’une stratégie plus large visant à maintenir l’Iran à l’écart.

Alors qu’il guide l’Arabie Saoudite vers des affrontements plus audacieux avec l’Iran dans la région, le prince héritier peut estimer qu’il a besoin de consolider son pouvoir à la maison.

« MBS a adopté une approche très affirmée à l’égard de la politique étrangère saoudienne », a déclaré Tamara Cofman Wittes, chercheur principal au Center for Middle East Policy de la Brookings Institution. « Cela se passe simultanément avec ses efforts pour consolider le contrôle interne. »

Alors, l’Arabie saoudite affronte l’Iran – c’est bon pour Israël, n’est-ce pas ?

Le gouvernement israélien semble le penser. Ron Dermer, son ambassadeur à Washington, a déclaré lundi au Conseil américain israélien qu’il était « plus optimiste maintenant parce que je vois un changement dans la région ».

Dermer ne faisait pas directement référence aux événements du week-end mais à des changements plus larges. Néanmoins, il était significatif qu’il ait livré ce qui est devenu un message familier du Premier ministre Benjamin Netanyahu après la démission de Hariri et la purge au royaume de Ryad.

De gauche à droite : Yaakov Nagel, conseiller à la sécurité nationale, Eliezer Toledano, attaché militaire du Premier ministre, Yoav Horovitz, directeur de cabinet du Premier ministre, Ron Dermer, ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Blair House de Washington, D.C., le 13 février 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)

« Les gouvernements arabes ne sont pas là où ils étaient il y a cinq ans, ni il y a 10 ou 15 ans, parce qu’ils considèrent que nos intérêts sont alignés sur les leurs », a déclaré Dermer cité par le Jewish Insider. « Beaucoup de choses se passent sous la surface, beaucoup de choses remarquables. »

La Dixième chaîne israélienne a rapporté aux diplomates un communiqué du ministère israélien des Affaires étrangères qui énumérait les points de discussion pro-saoudiens sur la démission de Hariri et sur l’intervention du royaume au Yémen.

Jonathan Schanzer, vice-président de la Fondation pour la défense des démocraties, a déclaré que le gouvernement Netanyahu saisissait une opportunité évidente.

La démission de Hariri « est juste un indicateur de plus d’une architecture régionale possible qui pourrait être construite entre les Etats sunnites et Israël », a-t-il dit. « Si MBS parvient à créer une Arabie saoudite moderne, on peut imaginer une Arabie saoudite quelque part où Israël et l’Arabie saoudite pourraient avoir des liens ouverts. »

Schanzer a averti, cependant, « mais nous sommes dans les premiers temps. »

Nimrod Novik, un ancien négociateur de paix israélien, a déclaré que l’invocation soudaine d’Abbas par l’Arabie saoudite était un autre signe positif signalant la position modératrice du prince héritier Mohammed.

Novik, qui est maintenant membre d’Israël du Forum politique israélien, a déclaré qu’il était significatif que la convocation intervienne une semaine après une visite tranquille en Arabie Saoudite de Kushner, gendre et conseiller principal du président Donald Trump. L’administration Trump veut qu’Abbas réaffirme le contrôle de la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas.

L’Arabie Saoudite, qui travaille avec d’autres modérés sunnites en Egypte, aux Emirats Arabes Unis et en Jordanie, demande à Abbas de prendre les risques nécessaires en lui offrant un « gilet pare-balles », comme l’a dit Novik, offrir seulement un soutien qualifié pour les mouvements de paix israélo-palestiniens.

« J’aurais aimé être une mouche sur le mur » à Ryad, a-t-il dit.

Ne nous emballons pas

Il y a beaucoup de risques pour Israël dans le récent bouleversement.

Daniel Shapiro, un ancien ambassadeur des Etats-Unis à l’Institut d’études de sécurité nationale en Israël, a déclaré qu’Israël devrait se méfier d’une guerre avec le Hezbollah, une attaque qui porterait atteinte au Hezbollah, un objectif clé du prince héritier Mohammed, mais qui coûterait peu à l’Arabie Saoudite et à Israël.

« Israël et l’Arabie saoudite peuvent être stratégiquement alignés » en cherchant à contenir l’Iran, a déclaré Shapiro, « mais ils ne sont pas tactiquement alignés ».

Daniel Shapiro, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, parlant à l’Institut d’études de sécurité nationale à Tel Aviv, le 9 novembre 2016 (Crédit : Andrew Tobin / JTA)

« Cela pourrait accélérer la confrontation que le Hezbollah veut déjà avec Israël parce que [la guerre avec Israël] serait un événement unificateur » pour les Libanais, a dit Shapiro.

Lori Plotkin Boghardt, chercheuse sur le Golfe Persique à l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, a déclaré que les Saoudiens pourraient être en train de se coordonner avec Israël dans les coulisses, mais il n’y a pas encore de raisons de rendre la relation ouverte. son collègue Simon Henderson, se joignant à elle dans une conférence téléphonique pour les journalistes, a déclaré qu’il restait beaucoup de raisons pour garder cette relation privée, l’opinion populaire surtout, notant l’accueil hostile des athlètes israéliens lors d’une compétition de judo à Abu Dhabi.

« C’est une indication de la difficulté de vendre une politique pro-israélienne à ces personnes », a-t-il déclaré.

Qu’en est-il de Jared ?

M. Kushner a déclaré que sa visite en Arabie Saoudite avait simplement pour but de faire avancer la paix israélo-palestinienne. Jason Greenblatt l’accompagnait à Ryad, dont la mission est de négocier la paix. Greenblatt continua vers Israël et les zones palestiniennes.

L’Iran préfère voir une conspiration. Javad Zarif, son ministre des Affaires étrangères, a déclaré sur Twitter que la visite de Kushner « a conduit à la démission bizarre d’Hariri à l’étranger ».

C’était aussi le bourdonnement à Washington.

David Ignatius, chroniqueur du Washington Post connu pour ses sources profondes dans la communauté du renseignement américain, a écrit après les événements de Riyad que « ce n’est probablement pas un hasard si le mois dernier, Jared Kushner, conseiller principal et gendre de Trump, a visité personnellement à Ryad. On dit que les deux princes sont restés debout jusqu’à quatre heures du soir, échangeant des histoires et planifiant leur stratégie. »

Trump a peut-être stimulé les théories de la conspiration lundi soir quand il a tweeté son soutien à la répression du prince héritier Mohammed.

« J’ai une grande confiance dans le roi Salman et le prince héritier d’Arabie Saoudite, ils savent exactement ce qu’ils font », a-t-il déclaré sur Twitter.

Brookings Institution’s Wittes a déclaré que MBS ne faisait rien d’autre que Kushner ou que quelqu’un d’autre dans l’administration Trump, mais remplissait plutôt un vide créé par ce qui semblait parfois être une politique étrangère américaine sans direction.

« Le gouvernement américain ne met rien sur la table », a-t-elle déclaré. « En l’absence de cela, ce que vous voyez, c’est qu’Israël et l’Arabie Saoudite essaient d’attirer les Etats-Unis dans la région. »

 

Source : Quel est l’impact des troubles politiques en Arabie saoudite et au Liban pour Israël ? | The Times of Israël




Un haut-responsable de l’AP affirme qu’il n’y a ni plan de paix américain ni ultimatum saoudien

Ryad aurait ordonné à Abbas d’accepter une proposition de paix de l’administration américaine ou de démissionner

Un responsable palestinien a démenti un article selon lequel le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aurait reçu l’ordre de l’Arabie saoudite d’accepter l’accord de paix au Moyen Orient conçu par l’administration Trump, ou bien de démissionner.

Ce haut-responsable, qui faisait partie de la délégation palestinienne dépêchée pour rencontrer le roi saoudien Salmane et le prince héritier Mohammed ben Salmane la semaine dernière, a déclaré qu’aucune proposition de paix n’avait été soumise par les États-Unis, affirmant que le reportage était faux.

« Il n’y a aucune proposition de paix de la part des États-Unis pour le moment », a-t-il assuré au Times of Israel.

La semaine dernière Abbas a été convoqué à Ryad par le prince héritier. Le responsable a déclaré qu’ils ont discuté des initiatives de paix américaines et de la réconciliation intra-palestinienne.

La Dixième chaîne israélienne avait déclaré dimanche que les Saoudiens avaient dit d’ « accepter le plan de paix de Trump ou de démissionner ».

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas rencontre le roi saoudien Salmane à Riyad, le 7 novembre 2017. (Crédit : Thaer Ghanaim / Wafa)

Le reportage indiquait également qu’Abbas avait reçu l’ordre de se tenir à distance de toute influence iranienne.

Les autorités saoudiennes, selon le reportage, aurait affirmé leur mécontentement face aux images du cadre du Hamas Saleh al-Arouri en visite à Téhéran en octobre. Arouri était le signataire du Hamas pour l’accord de réconciliation conclu avec le Fatah d’Abbas au Caire.

Cependant, le responsable de l’AP a affirmé lundi que la question des relations entre le Hamas et l’Iran et le Hezbollah, milice terroriste libanaise soutenue par l’Iran, « n’a pas été abordée » avec les dirigeants saoudiens.

Le responsable n’a en revanche pas dit si les Saoudiens « soutenaient pleinement » les positions d’Abbas en ce qui concerne le processus de paix, ainsi que la position du chef de l’AP sur la réconciliation palestinienne.

Le cadre du Hamas Saleh al-Arouri, deuxième à droite, rencontre le responsable iranien Hossein Amir Abdollahian, à droite, et d’autres hautes personnalités du Hamas au Liban, le 1er août 2017 (Autorisation)

Dans le cadre de l’accord conclu avec le groupe terroriste du Hams, le Fatah, qui contrôle l’AP, reprendra le contrôle gouvernemental de la bande de Gaza.

Abbas demande à reprendre la totalité du contrôle de la sécurité de l’enclave, mais le Hamas a déclaré qu’il ne déposerait pas les armes. L’Iran a déclaré qu’il continuerait à soutenir la branche armée du Hamas.

L’Arabie saoudite sunnite a joué du muscle contre l’Iran chiite.

La semaine dernière, le Premier ministre libanais Saad Hariri s’est présenté à Ryad pour annoncer sa démission à la télévision saoudienne. Des rumeurs ont circulé, indiquant qu’il serait détenu à Ryad contre son gré.

Dimanche soir, Hariri a donné sa première interview télévisée, attaquant l’Iran et son allié du Hezbollah, et a affirmé qu’il reviendrait au Liban incessamment sous peu pour soumettre officiellement sa démission au président libanais Michel Aoun.

Le New York Times a annoncé dimanche que l’administration Trump a commencé à rédiger une proposition de paix au conflit israélo-palestinien, sur la base de la solution à 2 états.

Un responsable à la Maison Blanche a déclaré que ce projet tentera de régler les questions les plus controversées, notamment le statut de Jérusalem et les implantations en Cisjordanie.

Sue Surkes a contribué à cet article.


 

 

 


Source :©  Un haut-responsable de l’AP affirme qu’il n’y a ni plan de paix américain ni ultimatum saoudien | The Times of Israël




Juppé-Wauquiez : deux visions irréconciliables de l’Europe

Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et Alain Juppé maire de Bordeaux

LE SCAN POLITIQUE – La proximité affichée par Alain Juppé avec la politique pro-européenne portée par Emmanuel Macron tranche avec les positions eurosceptiques développées par le candidat à la présidence des Républicains.

Les positions sur l’Europe, nouvelle ligne de fracture à droite? C’est ce qui semble se profiler à deux ans des prochaines européennes tant les visions sur l’avenir de l’Union semblent divergentes au sein des Républicains. Ce vendredi, Alain Juppé s’est dit en phase avec le discours d’Emmanuel Macron sur l’Europe, livré à la Sorbonne en septembre dernier. Cette proximité contraste avec les nettes distances prises par Laurent Wauquiez sur le sujet. Le favori de la course à la présidence de LR assume des positions eurosceptiques, un virage amorcé à partir de 2014 dans son livre Europe: il faut tout changer paru aux éditions Odile Jacob. Retour sur les lignes de divergences qui divisent ces deux droites.

● La proximité avec la vision macroniste de l’Europe

Le premier et plus évident point de divergences entre les lignes Wauquiez et Juppé sur l’Europe reste le rapport aux positions portées par la majorité. Emmanuel Macron met en œuvre la plupart des positions européennes sur lesquelles Alain Juppé avait insisté lors de la primaire de la droite. Le maire de Bordeaux ne voit logiquement pas «d’incompatibilité» entre sa vision et celle du président. Adversaire intransigeant du macronisme, à l’heure où une partie de la droite se dit sensible à l’aventure des «Constructifs», Laurent Wauquiez a pris des positions inverses, dimanche, sur France 3. «Nous ne partageons pas la même vision de l’Union Européenne que Macron». Parmi les divergences avancées, la perspective ouverte par Macron de voir l’Europe s’étendre aux Balkans: «l’élargissement a tué l’Europe», tranche Wauquiez.

● L’avancée vers une Europe fédérale

«Je défends le schéma d’une confédération d’États-nations. Aujourd’hui, on assiste à la faillite du fédéralisme européen», affirmait Laurent Wauquiez dans les colonnes de Libération en juin 2016. À l’inverse, Alain Juppé est l’un des rares responsables politiques de droite à soutenir l’idée d’un fédéralisme, malgré l’échec du référendum de 2005 et la mauvaise presse des questions européennes dans l’opinion publique. Sur France 2, en septembre 2011, le maire de Bordeaux s’est par exemple prononcé en faveur d’une «véritable fédération européenne». En 2016, il a cependant convenu qu’il fallait dire «stop» à l’élargissement de l’UE, au sujet de la Turquie notamment.

● Les enseignements du Brexit

Au sujet du Brexit de juin 2016, Wauquiez et Juppé s’accordent sur un point: le même scrutin organisé en France donnerait le même résultat. Mais leurs réactions à ce séisme sont différentes. Le maire de Bordeaux souhaite relancer «le moteur» franco-allemand et redynamiser le projet européen sur des nouvelles convergences «pour l’innovation, pour l’investissement et pour la croissance». Laurent Wauquiez fait un tout autre diagnostic: «L’Europe mécontente les peuples. Tout le monde le sait. Mais la classe politique actuelle, avec sa profonde médiocrité, n’a rien fait pour que ça change. Après le Brexit, on ne peut plus se cacher et nier cette réalité: l’Europe ne marche plus. Il est temps de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière. Après le Brexit, on ne va plus pouvoir faire semblant de croire que tous les pays européens veulent la même chose».

● Le périmètre de l’Union

Laurent Wauquiez voudrait démanteler l’Union à 28 pays et revenir à un noyau dur de pays fondateurs. «On a fait semblant de croire qu’on était du même avis et que l’on pouvait avancer», accuse-t-il en juin 2016. Deux ans plus tôt, dans son livre Europe: il faut tout changer, Laurent Wauquiez évoquait même une Europe des six. «Impensable», avait alors tranché Alain Juppé, dans un entretien au Monde . «En revanche, je suis favorable à une Europe à deux vitesses: la zone euro, qui doit être le noyau dur et dans laquelle il faut encore plus d’intégration, notamment une plus grande harmonisation fiscale, et une Europe des vingt-huit plus souple», avait encore expliqué l’ancien premier ministre.

● La survie de Schengen

Autre point de divergence notable entre les deux hommes, l’avenir de l’espace Schengen. En février 2016 depuis Bruxelles, Juppé constate que «Schengen, dans son état actuel, est un échec», mais il plaide pour le renforcement du dispositif de contrôle aux frontières extérieures de l’Europe, pour sauver l’espace de circulation. «Si nous n’y parvenons pas, nous nous condamnons à la régression historique que constitue le rétablissement des contrôles aux frontières internes», avait prévenu l’ancien ministre des Affaires étrangères, avant de souligner: «Comment imaginer qu’après 60 ans de construction européenne on voie réapparaître des contrôles aux frontières entre la France et l’Allemagne, par exemple». Laurent Wauquiez, lui, n’est pas du tout de cet avis, et souhaite purement et simplement «sortir de Schengen tout de suite», et le démantèlement du dispositif.

● Le rôle de la Commission européenne

Juncker et Juppé en février 2016
Juncker et Juppé en février 2016 – Crédits photo : THIERRY CHARLIER/AFP

 

Enfin, dans l’idée de réformer le projet européen de pied en cap, Laurent Wauquiez soutient, en juin 2016 sur BFM, qu’il «faut supprimer la Commission européenne, parce qu’on ne peut plus laisser l’initiative législative à une structure administrative». Là encore, la position d’Alain Juppé est différente. Ses positions ont régulièrement été qualifiée de «Junckeriennes», du nom du président de la Commission européenne, tant elles sont proches de la feuille de route assumée par le Luxembourgeois. Juppé plaide, au contraire de Laurent Wauquiez, pour un renforcement des pouvoirs et prérogatives de la Commission et une clarification de ses mandats et missions, une position notamment développée au moment des débats sur le traité transatlantique (Tafta).


 


Source :© Le Figaro Premium – Juppé-Wauquiez : deux visions irréconciliables de l’Europe




Hollande défend le secrétariat d’État à l’aide aux victimes supprimé par Macron

LE SCAN POLITIQUE – L’ancien président de la République a vanté la création du secrétariat d’État chargé de l’aide aux victimes mis en place après les attentats de 2015. Sa suppression annoncée par Emmanuel Macron l’été dernier suscite toujours des critiques.

La création d’un secrétariat d’État chargé de l’aide aux victimes moins de trois mois après les attentats de Paris du 13 novembre 2015 avait été perçue comme un geste fort de François Hollande. Finalement, le dispositif aura eu une courte vie. Arrivé à l’Elysée, Emmanuel Macron a fait le choix de ne pas le reconduire. Invité sur France 2 dimanche, l’ancien chef d’État a tenu à défendre la création de ce portefeuille gouvernemental. «Il fallait qu’on puisse coordonner, accueillir, informer et puis aussi faire changer un certain nombre de procédures», a-t-il affirmé dans l’émission Vivement Dimanche où il était invité pour promouvoir le livre de la journaliste et rescapée du Bataclan, Caroline Langlade, dont il a signé la préface.

Pour François Hollande, le secrétariat d’État chargé de l’aide aux victimes a aussi permis de mettre en place «des soins physiques quand c’était nécessaire et des soins psychologiques. Même quand on n’a pas été blessé dans sa chair, on l’est dans son cerveau, dans son esprit. Il était donc légitime que l’on puisse accompagner ces personnes et assez longtemps.» Sa suppression moins de deux ans plus tard par Emmanuel Macron arrive-t-elle donc trop vite? «Dans les compositions du gouvernement, ça peut changer, moi je voulais traiter l’urgence», a balayé François Hollande, prenant le soin d’éviter toute polémique.

Une déléguée interministérielle a remplacé la secrétaire d’État

En revanche, la disparition du secrétariat d’État passe mal du côté des victimes. Beaucoup regrettent désormais un manque d’accompagnement de l’État. «On avait au moins un interlocuteur avec le secrétariat d’État aux victimes. Là, on n’en a plus. (…) Deux ans après, si on ne relance pas, on est oubliés», regrettait amer un rescapé du Bataclan lundi sur France Info. Présent lundi matin devant la salle de spectacle parisienne pour un moment de recueillement en présence d’Emmanuel Macron, il a expliqué ne pas vouloir saluer le chef de l’État: 0«Je n’ai pas envie de lui serrer la main».

En actant la suppression du secrétariat d’État lors de la cérémonie d’hommage aux victimes de l’attentat de Nice le 14 juillet dernier, Emmanuel Macron avait toutefois assuré que «tout serait maintenu» dans l’aide aux victimes. Le chef de l’État avait alors nommé Élisabeth Pelsez, ancienne conseillère au ministère de la justice, comme déléguée interministérielle en charge de ces questions. Pas suffisant à en croire les victimes du 13 novembre.

Source :© Le Figaro Premium – Hollande défend le secrétariat d’État à l’aide aux victimes supprimé par Macron




Un séisme fait au moins 420 morts en Irak et en Iran

VIDÉO – Le tremblement de terre de magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter a également fait dimanche soir des milliers de blessés. Il s’agit du séisme le plus meurtrier de l’année dans le monde.

Le bilan du séisme de magnitude 7,3 qui a touché dimanche soir le nord-est de l’Irak et des régions frontalières en Iran et en Turquie ne cesse de s’alourdir. Au moins 421 personnes ont été tuées et plus de 7000 blessées, selon un nouveau décompte donné ce lundi. L’essentiel des victimes était dénombré en Iran. C’est le séisme le plus meurtrier depuis le début de l’année 2017 mais pas le plus puissant, qui reste celui du 8 septembre au Mexique, d’une magnitude 8,2.

Après avoir placé initialement l’épicentre du séisme du côté irakien de la frontière, l’institut géologique national américain (USGS) le plaçait lundi -tout comme son homologue iranien- en Iran, tout près de la frontière, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sar-e Pol-e Zaham, la ville la plus touchée par le sinistre, avec plus de 280 morts.

Selon l’Institut de géophysique de l’Université de Téhéran, le séisme a été suivi par plus de 150 secousses, dont une vingtaine d’une magnitude supérieure à 4, avec un maximum de 4,7 sur l’échelle de Richter. Les médias publics ont appelé la population au calme. «La situation est sous contrôle dans les zones frappées par le tremblement de terre», a assuré la télévision d’État.

En Iran, au moins 413 morts et 7370 blessés ont été recensés, selon un bilan lundi soir. Les personnes décédées sont toutes originaires de la province de Kermanshah, située à la frontière de l’Irak. «Nous sommes en train d’installer trois camps d’urgence» dans cette zone, a déclaré à la télévision d’État le gouverneur adjoint de Kermanshah. D’après l’agence officielle Irna, une trentaine d’équipes de secouristes du Croissant-Rouge iranien ont été envoyées dans l’ouest de l’Iran. Tandis que des centaines d’ambulances et des dizaines d’hélicoptères de l’armée ont été mobilisées pour les opérations de secours notamment dans les zones rurales. 200 blessés ont été évacués vers Téhéran par avion pour y être hospitalisés.

C'est en Iran que le séisme a été le plus meurtrier, et notamment dans la province du Kermanshah.
C’est en Iran que le séisme a été le plus meurtrier, et notamment dans la province du Kermanshah. – Crédits photo : FARZAD MENATI/AFP

En Irak, le séisme a été fortement ressenti à Bagdad et dans de nombreuses provinces. Le dernier bilan officiel du drame fait état d’une dizaine de morts et 336 blessés. À Darbandikhan, localité la plus touchée du côté irakien, les autorités ont appelé les habitants de la zone sud de la ville à quitter les environs, redoutant qu’un barrage n’ait été touché. «On n’avait pas vu ça ici depuis un siècle au moins», a affirmé à l’AFP un responsable local.

Plus de 7000 personnes ont été blessées lors du tremblement de terre.
Plus de 7000 personnes ont été blessées lors du tremblement de terre. – Crédits photo : FARZAD MENATI/AFP

La secousse a également été ressentie dans le sud-est de la Turquie. Selon les autorités ni dégâts ni victimes n’ont été enregistrés.

Écoles fermées et routes coupées

Des tentes, des couvertures, des produits alimentaires et de l’eau ont été distribués aux populations des différentes villes iraniennes, qui ont passé la nuit à la belle étoile. Interrogé par la télévision d’État, Pir Hossein Koolivand, le chef du Service national d’urgence iranien, a déclaré qu’il était «difficile d’envoyer des équipes de secours dans certains villages car les routes ont été coupées à cause de glissements de terrains».

Les vidéos ou photos diffusées par les médias iraniens montrent que plusieurs ensembles d’immeubles d’habitation de construction récente ont plutôt bien résisté. En revanche, les maisons basses ont subi d’importants dégâts. À Sar-e Pol-e Zahab, la ville la plus touchée par le sinistre, l’hôpital et la moitié des écoles du comté ont été endommagées. Dans le comté voisin de Dalahoo, nombre de villages ont été détruits à 100%, selon le préfet local cité par l’agence Tasnim.

Dans plusieurs provinces touchées par le tremblement de terre, les autorités ont appelé les habitants à dormir à l’extérieur des maisons et à se déplacer par précaution. Certaines villes sont privées d’électricité en raison du séisme. Les écoles devaient rester fermées lundi en Iran notamment celles de Kermanshah, où trois jours de deuil ont été décrétés.

L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Russie la Syrie et l’ONU ont présenté leurs condoléances. Berlin et les Nations unies ont proposé leur aide en cas de besoin.

Les secours ont conseillé à des familles de dormir dehors à cause du risque d'effondrement.
Les secours ont conseillé à des familles de dormir dehors à cause du risque d’effondrement. – Crédits photo : POURIA PAKIZEH/AFP

Par le passé, l’Iran a déjà plusieurs fois été touché par de violents séismes. En décembre 2003, une secousse avait anéanti la ville historique de Bam en Iran où au moins 31.000 personnes avaient été tuées. En avril 2013, l’Iran avait subi à quelques jours d’intervalle deux séismes de magnitude 6,4 puis 7,7, la plus forte secousse depuis 1957 dans ce pays.

Source : © Le Figaro Premium – Un séisme fait au moins 420 morts en Irak et en Iran