Diner du C.R.I.F: Être ou ne pas être, telle est la question !

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Diner du C.R.I.F: Être ou ne pas être, telle est la question !


« “Cette question est celle de tous les révoltés : vaut-il mieux mourir debout, ou vivre à genoux ?.” »

Chaque année, à la même époque, la question revient de manière récurrente : le dîner du C.R.I.F est-il utile, inutile ou nuisible ? Chaque année, les membres de la communauté se déchirent sur le sujet comme naguère les byzantins se querellaient sur le sexe des anges. 

Souvenons-nous ! A Byzance, la querelle sur le sexe des anges faisait rage et le clergé de Byzance en débattait encore farouchement en mai 1453, alors que la menace grondait et  alors même que les armées du sultan ottoman Mehmet II escaladaient les remparts de la ville et allaient s’emparer de l’Empire Romain d’Orient pour le détruire.

Il y a, là,  une grande similitude avec la présente situation des Juifs de France. Alors que leur situation est devenue particulièrement alarmante et délicate, alors que la  menace  gronde au cœur de la République et que, régulièrement, des juifs tombent sous les balles de fanatiques antisémites, les Juifs se querellent sur l’utilité d’un dîner !

Même si, en entrant dans ce débat, on contribue à cette querelle inutile sur «le sexe des anges», nous allons tenter de présenter les points de vue des uns et des autres et  tenter d’avancer dans ce débat récurrent. A la veille du 32ème diner du C.R.I.F,  nous avons décidé de vous soumettre  les points de vue des uns et des autres afin que vous puissiez vous faire une idée par vous-même, ce que nous  faisons  dans  notre quotidienne du 21 février.

Mais,  nous ne pouvions pas vous présenter ces prises de position, sans vous soumettre la nôtre et vous exposer notre analyse sur ce sujet épineux.

C’est donc ce que nous faisons ce jour !  Et,comme à l’accoutumée, nous tenterons de vous présenter une position aussi objective que possible, à supposer même que l’objectivité soit possible en la matière.

Ainsi, notre position est soumise à votre sagacité au même titre que celles des autres intervenants. Notre seul but est, et reste, de vous présenter des points de vue contradictoires afin de vous permettre de vous faire une idée par vous-mêmes !

Certains, dans leur analyse, ont tendance à  vouloir mélanger deux éléments, pourtant bien distincts: la représentativité du C.R.I.F, d’une part,  et le sens et la portée de ce dîner, et surtout de son utilité, d’autre part.

Nous ne nous étendrons pas sur la première de ces questions, nous en avons déjà largement débattu dans ces colonnes; par contre, dans le contexte actuel, il est impératif de réfléchir sur l’éventuel impact de ce dîner tant sur la communauté juive de France que sur la population non-juive de notre pays.

Comme nous l’avons dit plus haut, de nombreux opposants à ce dîner sont, de fait , des opposants à la nature même du C.R.I.F. Leur opinion est donc biaisée. C’est ainsi que nous avons eu droit à des articles au vitriol soi-disant contre ce dîner alors qu’en fait,   c’était bien le C.R.I.F qui était visé. Tel était le sens des articles d’Esther Benbassa dans Libération, de Jean Daniel dans l’Obs, de Edwy Plenel dans Mediapart, et de bien d’autres…encore plus virulents ! Si virulents, pourrait-on dire qu’ils en sont insignifiants !

D’autres, responsables communautaires, comme Philippe Karsenty, s’interrogent, eux,  sur la représentativité même du C.R.I.F et donc sur le sens démesuré de ce dîner. En effet, Philippe Karsenty, adjoint au maire de Neuilly et figure connue au sein de la communauté juive, affirme quant à lui qu’il ne se rend plus au dîner au Crif depuis plusieurs années. «Le Crif ne réprésente plus personne, et son fonctionnement n’est pas démocratique», déclare-t-il au Figaro. «Le Crif a cessé d’être le représentant des juifs auprès des politiques, pour devenir le représentant des politiques auprès des juifs. Je trouve pathétique ce défilé d’élus, qui ne veulent pas qu’on leur reproche de ne pas y être allés. Je préfère saluer le courage de François Bayrou», explique-t-il.

Pour d’autres encore, comme Alain Finkielkraut, que nul ne peut soupçonner d’hostilité envers le C.R.I.F,  ils s’interrogent sur l’impact de ce dîner et de ses conséquences sur la Communauté juive de France, et pire encore, de l’impact de ce dîner sur l’image et la perception des Juifs en France. Cette interrogation d’Alain Finkielkraut est pertinente, judicieuse et mérite toute notre attention.

Voilà ce que disait, en 2005, Alain Finkielkraut sur le dîner annuel du CRIF : « Le pavillon d’Ermenonville (depuis la réception a lieu à l’hôtel Pullman Montparnasse) est une merveilleuse salle de Bar Mitsva. Voir cet endroit transformé annuellement en une espèce de tribunal dînatoire où les membres du gouvernement français comparaissent devant un procureur communautaire, cela me met très mal à l’aise. Les Juifs ont donné trop longtemps un magnifique exemple de participation à la vie nationale politique et culturelle, et je n’aime pas qu’ils deviennent le fer de lance de la transformation de la République en mosaïques de communautés râleuses.Tous les points soulevés par le président du CRIF sont importants. L’antisémitisme doit être combattu. Il y a aussi des zones grises dans la politique étrangère française. Nous en avons suffisamment parlé ici même. Mais tout cela doit être traité autrement qu’en extériorité et sous la forme de procès. Pourquoi pas demain, le dîner de la communauté musulmane, le dîner gay et lesbien, le dîner des lycéens, le dîner des motards, le dîner des teuffeurs, chacun avec ses griefs et ses impatiences ? » Alain Finkielkraut, L’Arche (le mensuel du judaïsme français) n°563-564, mars-avril 2005, p. 19-21. Régulièrement invité au dîner annuel du CRIF, Alain Finkielkraut répugne toujours à s’y rendre qualifiant cette cérémonie de « grotesque ».

A l’opposé, d’autres,  comme Jean Corcos, défendent avec fougue ce rituel lié au dîner, qui a été mis en place depuis 1985,  pour affirmer que « Au départ confidentiel, (le dîner) a su prendre de l’importance avec le temps jusqu’à s’imposer comme un évènement quasi incontournable des politiques. L’ambition est clairement affichée : il s’agit, comme depuis la création du Crif, en 1943, de porter la voix politique des Juifs de France et d’instaurer un dialogue avec les pouvoirs publics. »

Mais les Juifs de France ont-ils vocation à porter une «voix politique» autre que celle des citoyens de la République française ?

Certes, les juifs sont confrontés à des problèmes spécifiques qui induisent des réponses particulières et sensibles: abattage rituel, mariages, divorces, circoncisions, enterrements, synagogues, cacherout,… mais également antisémitisme ou son corollaire l’antisionisme. Mais ces problématiques là ne sont-elles pas du ressort du  Consistoire ?

Mais, nous dira-t-on, à juste titre,  il existe en France de très nombreux Juifs laïques alors que le Consistoire est cultuel et représente donc les religieux et ne peut engager qu’eux ! Exact ! Mais  pour ces laïques là les problématiques politiques ne sont-elles pas alors, exactement  les mêmes que celles qui interpellent  tous les autres citoyens de la République ?

C’est là toute l’ambiguïté de la situation et c’est cette ambiguïté qu’il faut tenter de lever !

Alors, au vu de ces éléments, on peut se poser la question suivante:  ce dîner c’est quoi au juste ?

L’expression d’un lobby ? Mais alors, quel serait l’objet de ce lobby ? Celui de défendre la situation des Juifs en France et les protéger de l’antisémitisme ? Mais n’est-ce pas là le rôle des autorités de la République voire de tous les citoyens de ce pays ?   Ou l’objet de ce lobby serait-il celui de défendre la politique israélienne au même titre que le fait l’A.I.P.A.C aux États-Unis ? Mais n’est-ce pas  là le rôle de l’Ambassade d’Israël ou d’associations dont c’est justement  l’objet social ?

De surcroît, il ne faut pas oublier pas que la France n’a pas les mêmes fondements que les États-Unis, et que les lobbys, institutionnalisés aux États-Unis, ne sont pas les bienvenus dans notre pays ! De surcroît, nous poursuivons régulièrement devant les tribunaux , et à juste titre, tous ceux qui prétendent qu’il existe un lobby juif en France qui est puissant et influent , alors est-il judicieux d’agir en donnant corps aux propos fallacieux de ceux que nous poursuivons ?

Enfin, face au  contexte économique et social extrêmement difficile que traversent les français, face à la montée fulgurante de l’antisémitisme en France et à la progression des clichés antisémites dans notre pays, est-il de bon aloi de donner prise à ces clichés ?

En effet, le prix très élevé de la participation à ce dîner donne prise à la confusion des esprits sur le rapport des Juifs avec l’argent et la venue massive des membres du gouvernement donne prise à la confusion des esprits sur le pouvoir d’influence des juifs sur nos gouvernants. Est-ce cela notre objectif et cet amalgame n’est-il pas là le premier du danger qui nous guette ?

Voilà les questions induites par ce dîner, et auxquelles nous avons obligation de réfléchir même s’il est difficile d’y répondre !

Alors, oui, Alain Finkielkraut a raison: il ne faut surtout pas donner à cette rencontre républicaine, l’image d’un «tribunal dînatoire», il faut absolument éviter de prêter le flanc à la plus violente des critiques antisémites qui consisterait à laisser supposer que les Juifs contrôlent le pouvoir et il faut tordre le cou à l’idée que «les Juifs ont de l’argent», préjugé qui a été un des moteurs terribles du  meurtre barbare d’Ilan Halimi.  Alors que toutes ces assertions sont fausses, il serait désastreux que le dîner du C.R.I.F puisse les faire apparaître comme vraies !

Les Juifs qui font la queue au Restos du Cœur ou dans les épiceries sociales, ceux qui souffrent dans les cités, ceux qui ont du mal à boucler leur fin de mois et font appel aux aides sociales juives ou non-juives, tous ceux-là sont à l’opposé de ces clichés et  ce sont eux qui sont en première ligne face à l’antisémitisme. Et, pourtant, ils ne seront jamais invités à ce fameux dîner qui est, par son prix, hors de leur portée !

De même, il est dangereux de laisser croire, dans l’imaginaire populaire, amplifié par des médias hostiles, que nos gouvernants viennent à Canossa lors de ce dîner, et qu’ainsi les juifs de France feraient la démonstration de leur emprise sur le pouvoir qui se traînerait à leurs pieds; certes, cela est faux ! Totalement faux ! Mais, cela n’empêchera pas les antisémites de tous bords de se saisir de l’évènement pour étayer leur thèse et de s’en donner à cœur joie, comme on le voit dès aujourd’hui dans leurs blogs ! Et cela, alors que la réalité est toute autre et que  depuis 1985 les représentants de la République nous ont largement démontré le contraire à quelques exceptions près !

Alors, face à tous ces inconvénients majeurs qu’avons-nous en contrepartie ? Quelles retombées positives pourrait-on mettre dans la balance pour justifier ce dîner ? C’est là toute la question ? L’enjeu en vaut-il la chandelle ? C’est à vous de répondre !

Dans ces conditions, quels sont les atouts de ce dîner ? Que peut-on mettre à l’actif de ce dîner ? Une Collecte de fonds au profit d’œuvres humanitaires, ce qui était l’objet originel de ce dîner ? Il y a belle lurette que ce dîner ne rapporte plus rien et est même déficitaire du fait que tous les invités ne paient pas leurs repas!

Une rencontre républicaine entre la communauté juive de France et les représentants des corps constitués de l’État ? Donner l’impression que les juifs de France sont écoutés et les rassurer ? Peut-être ! Mais est-ce que les Juifs de France doivent faire valoir un privilège et déclencher des jalousies mortifères ? Est-ce que ces avantages fantasmés peuvent compenser tous les inconvénients ? Cela loin d’être sûr ! Et c’est même peu probable !

D’autant plus, que le Consistoire organise, à l’occasion du Nouvel An juif, une rencontre similaire, en présence des autorités,  dans un lieu populaire ouvert à tous, sans participation financière, au sein d’une Grande Synagogue, symbole du judaïsme de France. Ces rencontres, en présence de la seule institution républicaine représentative des juifs de France depuis deux siècles, sont tout aussi fortes sans donner le flanc aux critiques précédentes !

Alors, bien sûr, il y a tous ceux qui se sentent flattés d’y être, ceux qui donneraient cher ( et paient cher) pour être assis aux côtés d’une personnalité ou de pouvoir serrer la main d’un ministre ou d’un député, comme naguère tout bourgeois était fier d’être invité à la Cour ! Ils sont si imprégnés de ce désir qu’ils n’arrivent même plus à imaginer que d’autres soient insensibles à ces courtisaneries ! Or, ce sont eux qui permettent de financer globalement ce dîner ( même s’il est souvent déficitaire).

Quant à ceux qui viennent pour échanger réellement et concrètement, ils n’ont pas besoin de ce dîner car ils ont tous les moyens de rencontrer discrètement et efficacement les autorités.

Alors, oui, il faudrait réfléchir sereinement à l’utilité de ce «dîner», sans animosités et sans arrières-pensées, dans le seul intérêt des Juifs de France et de l’unité républicaine. Il ne faudrait pas que les frilosités des uns et des autres empêchent de réfléchir à la question: frilosités des responsables politiques dont aucun n’osera prendre l’initiative de cesser d’assister à ce dîner, et frilosités des responsables du C.R.I.F dont aucun n’osera prendre la responsabilité de suspendre ce dîner ! Mais peut-être que le nouveau Président du C.R.I.F  aura le courage de se poser la question avant que ce soit des tiers qui répondent à sa place !

Alors, ce dîner du C.R.I.F, doit-il  être ou ne pas être, telle est la question à laquelle nous vous suggérons de réfléchir, en toute sérénité !

Mais, vous l’aurez compris, pour nous la réponse est claire !

Richard C. ABITBOL
Président

 

 




ÉDITO – Le naufrage des démocraties !

 

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Le naufrage des démocraties !

  

Le radeau de la Méduse. Peinture de Theodore Gericault, 1819. Musee du Louvre. (Aisa/Leemage.)

«  “Comme toute comparaison originale doit forcément, à la longue se banaliser, n’en jamais faire.”  »

Jules Renard

Le 29 mai 2005, les Français rejetaient largement par référendum le projet de traité constitutionnel européen. Avec 54.67 % des votes, le « non » entraînait l’Union européenne dans une crise majeure. Or, deux ans plus tard, en 2007, Nicolas Sarkozy faisait ratifier le traité de Lisbonne, peu ou prou identique, par voie parlementaire.

Pour la première fois peut-être, le référendum de 2005 mettait en lumière un point de fracture net entre « les élites » et « le peuple ». Les classes sociales supérieures et retraités votaient largement en faveur du « oui », à l’inverse des classes populaires, majoritairement opposées au texte. (62 % des cadres supérieurs et des professions libérales votèrent « oui » contre seulement 26 % des ouvriers et 38 % des employés).

Cette décision initiait un point de fracture structurel entre élite et peuple !

Et depuis, les démocraties ont  été le théâtre d’une descente aux enfers lente et continue, en France et en Europe.

Cette dérive était la rançon attendue d’une rancœur envers les dirigeants  ainsi que le symptôme d’une rupture fondamentale avec l’acception de la nature même de la notion de démocratie !

« Beaucoup d’éditorialistes, de responsables politiques, disaient sur les plateaux « les textes sont trop compliqués, il faut nous écouter ». Les gens modestes ont eu l’impression d’être exclus du débat. Mais ils ont cherché à comprendre, et plus ils comprenaient, plus ils voulaient s’y opposer», se souvient la communiste Marie-Georges Buffet.

Le vote symbolisait aussi le basculement des classes moyennes. 62 % s’opposaient au traité contre 53 % en 1992 pour celui de Maastricht. « 2005 est le moment où se matérialise le déplacement électoral vers le vote de protestation des classes moyennes, inquiètes de la crise économique qui s’installe et du risque de déclassement social qui en découle », précise au Monde Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion publique à l’Ifop. « Un basculement qui s’est confirmé peu ou prou de scrutin en scrutin depuis douze ans ».

Les conséquences de l’éclatement politique du «non»

Aucun camp politique n’a su faire fructifier politiquement la victoire, déjà éclectique, du «non». Au PS, ses rares partisans sont finalement rentrés dans le rang. Laurent Fabius, Bernard Cazeneuve, Arnaud Montebourg et Christiane Taubira, étaient présents dans le gouvernement Ayrault en 2012. Plus à gauche, l’union espérée des forces radicales pour la présidentielle a finalement volé en éclats.

« Au lendemain de la victoire, on a essayé de continuer à travailler ensemble pour la candidature de 2007 avec le collectif des antilibéraux. Mais la démarche s’est fracassée sur la logique présidentielle », reconnaît Marie-Georges Buffet. L’ancienne secrétaire du PCF se présentera finalement, tout comme José Bové et Olivier Besancenot. « Chacun voulait avoir son candidat, son moment politique, placer ses idées, et on a eu du mal à rebondir, jusqu’au Front de Gauche», ajoute l’ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports.

Et c’est peut-être le Front National qui a su capter le mieux le refus européen, arrivant même en tête des élections européennes en mai 2014 avec 25 % des voix.

La conséquence: une montée du rejet européen

Le vote de 2005 a été un choc pour les partisans de l’Union Européenne. Une décennie plus tard, le soutien à l’UE a baissé de plus de 15 points, passant de 67 % à 51 %, selon un sondage de l’Institut CSA en mai 2014. « Le référendum a marqué une coupure. Les gens ont voté, et il y a eu un refus face à la décision du peuple. Un découragement s’est installé », explique Marie-Georges Buffet.

« Le vote de 2005 a cassé la dynamique de la construction européenne », reconnaît Fabien Chevalier, de Sauvons l’Europe. Pour ce partisan du oui, « l’Europe ne montre plus son utilité au quotidien. C’est une histoire d’amour déçu. Les Européens se font concurrence entre eux. On le voit avec le dumping fiscal irlandais, ou les décisions anglaises pour refuser toute avancée dans le domaine social. L’Europe tient le rôle du méchant flic, qui fait respecter les règles adoptées par les États. Il ne faut pas s’étonner que les gens ne s’y intéressent plus ».

Le référendum constitutionnel irlandais

A peine un an après la décision de Nicolas Sarkozy de faire ratifier le traité de Lisbonne par voie parlementaire malgré la décision contraire du peuple français, l’Irlande organise un référendum, le , avec pour objet la ratification du Traité de Lisbonne.  Bis repetita, la ratification est rejetée par 53,4 % des voix contre 46,6 %.

Mécontent du résultat, le gouvernement irlandais fait revoter le peuple irlandais le 2 octobre 2009 qui cette fois vote OUI à 67% !

C’était le début du principe antidémocratique de refaire le vote lorsque l’issu de celui-ci ne convient pas à ceux que l’on appelle « les élites ».

Nous sommes alors embourbés dans la crise des « subprimes » qui contribue à décrédibiliser et à affaiblir un peu plus nos démocraties .

La crise grecque

C’est dans ce contexte que surgit la crise grecque !

Depuis la découverte des comptes publics maquillés en 2009, la Grèce est soumise à une crise économique et financière sans précédent. Le pays est soumis à de  multiples plans d’austérité, d’aides internationales et de bouleversements politiques.

La zone euro était soumise à un véritable tremblement de terre, et s’inquiétait sérieusement pour sa cohésion ainsi que pour le sort de la Grèce.
Appelés à se prononcer sur le plan d’aide international, les Grecs l’ont rejeté en juillet à plus de 61 %.
Alors même que le peuple grecque rejetait l’accord proposé par le FMI, à la demande express du Premier Ministres, Alexis  Tsipras, celui-ci ne respecte pas la volonté du peuple .
“J’assume toutes mes responsabilités, concernant les erreurs que j’ai faites et concernant le fait d’avoir signé un texte auquel je ne crois pas. Je l’ai signé pour éviter un désastre pour le pays”, déclare le Premier ministre dans cet interview. “La douloureuse vérité, c’est que cette seule issue nous a été imposée.”
Plusieurs consultations se suivent, et malgré la décision récurrente du peuple, la volonté de celui-ci n’est pas respectée alors même que le pays est dirigé par celui qui était censé incarné la volonté révolutionnaire du peuple !
Dans ces conditions, comment s’étonner de l’amertume des peuples et du peu de confiance envers les politiques.

La crise anglaise: le Brexit

2016, David Cameron, Premier Ministre britannique, pour plaire aux eurosceptiques de son camp, décide de mettre à exécution sa promesse électorale: faire voter le peuple britannique, par référendum, sur la sortie de l’Union Européenne !

Tout était organisé pour que Brexit soit rejeté ! La plupart des responsables politiques conservateurs comme travaillistes militent pour le STAY ( contre le Brexit), les médias s’en donnent à cœur joie et les sondages accompagnent le mouvement !

Hélas ! En tous cas pour tous ceux qui étaient certains du résultat , 52% des britanniques votent pour le Brexit qui l’emporte donc !

Dès le lendemain, un délire médiatique se répand en Grande-Bretagne, en Europe, dans le reste du Monde et notamment en France pour dépeindre ce résultat comme celui d’un inconscient collectif !

Non ! Ce n’est pas possible ! Le peuple ne peut pas se tromper à ce point ! Les britanniques se sont plus à se faire peur ! Ils regrettent certainement ! D’ailleurs de nouveaux sondages ( les même qui s’étaient si lourdement trompés 24 heures auparavant) montrent que les britanniques regrettent !

Il faut donc revoter !

Des manifestations ont lieu ! Le résultat de ce suffrage ne peut pas les les concerner …!

Pour la première fois, dans une grande démocratie, on refuse de reconnaitre le résultat des urnes !

C’est là une dérive très grave et le commencement du naufrage des nations dites démocratiques !

C’était là le premier épisode massif de cette dérive !

L’élection de Donald Trump

Arrive l’élection américaine !

D’abord les primaires. On insulte comme jamais un candidat que l’on présente comme indigne. Les médias se liguent contre lui: il n’est pas du sérail.

Tous les pronostics convergent ! Il ne peut pas gagner ! Trop vulgaire, trop insolent, trop indépendant ! D’ailleurs les sondages des très indépendants CNN et New-York Times le confirment !!! Mais pas ceux de Rasmussen et LA TIMES ! Ils sont certainement à la solde de Trump !

Trump gagne les primaires et largement !

C’est la base républicaine qui serait décalée mais Trump ne peut pas gagner, il ne gagnera pas !

La mobilisation de «tout ce qui compte» en faveur de Clinton ne laisse aucune chance à Trump !

Mais «tout ce qui ne compte pas » a fait la différence et Trump est élu !

Dès le lendemain on affirme que les grands électeurs se rebelleront et qu’ils ne voteront pas pour Trump ! On mobilise dans la rue ! On mobilise pour écrire aux grands électeurs et les menacer !

Voilà à quoi ressemble la plus grande démocratie au Monde au lendemain de cette élection.

Le Président sur le départ prend toute une série de décision pour mettre en difficulté le Président élu !

Celui-ci est inculte et méprisable ! Les médias l’insultent en direct ! Et les foules se mobilisent pour que l’on revote !

France: les élections présidentielles de 2017

Enfin, la France se prépare à élire son nouveau Président !

Idée géniale de cette cuvée: les primaires ! On remet ainsi la désignation du représentant de chaque camp entre les mains des ennemis de celui-ci. La gauche vient voter pour désigner le représentant de la droite et le Front de Gauche (représenté par ailleurs) vient faire la loi chez les socialistes !

Résultat un cafouillage sans précédent !

Mais la démocratie sent bon: on manifeste pour empêcher tel ou tel candidat de s’exprimer ! On menace de ne pas respecter le résultat des urnes s’il n’est pas conforme aux espérances: mais aux espérances de qui ?

Tout cela ne présage rien de bon

Tout cela ne présage rien de bon ! Ainsi voilà 10 ans que s’est installé dans nos démocraties le sens de la contestation. Mais de quelle contestation s’agit-il ? De la contestation du résultat des urnes !

Certains commencent à rêver d’un vote censitaire, d’autres pensent à une qualification pour le vote , bientôt un QI de 150 nécessaire pour voter ? Mais cela suffira-t-il ?

Décidément, nos démocraties sont en plein naufrage. Nous nous installons dans une guerre civile des idées.

Mais attention ! Quand on ne respecte plus le résultat des urnes, c’est dans la rue que l’on s’exprime ! Et c’est déjà un peu le cas !

Alors de grâce, sachons raison garder, et respectons le suffrage de nos concitoyens ! Respectons le suffrage même s’il ne va pas dans le sens de notre souhait, en attendant une revanche électorale au tour d’après !

Il faut débattre, avec férocité si nécessaire, mais débattre n’est pas combattre !

Revenons au principe de l’Agora, de la démocratie originelle et rendons le pouvoir au peuple en respectant ses décisions.

Toute autre position serait génératrice de conflits graves et destructeurs !

Sachons Raison Garder et sachons respecter le peuple !

Richard C. ABITBOL
Président

 




Santé: ce que proposent Mélenchon, Hamon, Macron, Le Pen et Fillon

Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen affronteront François Fillon, critiqué il y a quelques mois sur son programme de santé.

La santé sera l’un des enjeux de l’élection présidentielle de 2017. Le Figaro passe en revue les principales mesures que souhaitent prendre les candidats dans ce domaine.

● Mélenchon: «la santé pour tous»

Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise.
Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise. – Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Sans surprise, Jean-Luc Mélenchon propose la réforme de la santé la plus… radicale. «Le système français a longtemps été le meilleur au monde, rappelle le candidat de La France insoumise. Mais aujourd’hui, l’austérité et la marchandisation ont entamé sa dislocation.» Avant de s’interroger: «Combien de déserts médicaux où il est impossible de trouver un généraliste, un ophtalmo, un gynécologue, dans les zones rurales mais aussi dans les grandes villes? Combien d’heures d’attente aux urgences malgré le dévouement des personnels?»

En réponse, Mélenchon entend investir 7 milliards d’euros et promet de «rembourser à 100 % les soins de santé prescrits, dont les soins et appareils dentaires, optiques et auditifs, faire baisser les tarifs des lunettes et appareils auditifs», en intégrant les mutuelles à l’Assurance-maladie. Il fera un «plan zéro déserts médicaux», en créant un corps de 10.000 médecins généralistes fonctionnaires «pour pallier l’insuffisance de médecins dans certaines zones». Il jure d’«abolir les dépassements d’honoraires, renforcer le paiement au forfait, créer des centres de santé pratiquant le tiers payant». À l’hôpital, il recrutera 52.000 soignants pour «reconstruire le service public hospitalier, revenir sur la tarification à l’acte et les suppressions de lits et de personnels». Mélenchon président, la France ressemblera à Cuba en matière de santé, le soleil en moins…

● Hamon: pour un «droit à la santé universel»

Benoît Hamon, vainqueur de la primaire de la gauche.
Benoît Hamon, vainqueur de la primaire de la gauche. – Crédits photo : ImageForum/Hans Lucas

Rien de bien révolutionnaire. Comme son concurrent de l’aile gauche Jean-Luc Mélenchon, le socialiste Benoît Hamon fait de la lutte contre les déserts médicaux une priorité de son programme. D’inspiration écologique, le projet de l’ex-ministre de l’Éducation nationale prévoit l’interdiction des pesticides dangereux et des perturbateurs endocriniens, «pour prévenir les effets nocifs de ces substances sur la santé de nos enfants». Hamon reprend à son compte la promesse de Hollande de 2012 de créer un «droit à une aide médicale pour mourir dans la dignité pour toutes les personnes atteintes d’une maladie incurable» – autrement dit, la légalisation de l’euthanasie.

Très engagé sur la thématique du travail, le député veut faire reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle, proposition de loi qu’il avait déjà défendue à l’Assemblée nationale. Le socialiste entend aussi rouvrir des centres d’accueil du Planning familial, notamment dans les milieux ruraux. Hamon défend un «droit à la santé universel», en modifiant la répartition des 8 milliards d’euros d’aides à l’accès aux complémentaires santé et veut faire de son revenu universel d’existence un nouveau pilier de la protection sociale. Enfin, le candidat, favorable à la légalisation du cannabis, veut utiliser les 568 millions d’euros utilisés pour la répression de la consommation de cannabis à des fins de prévention et d’information.

● Macron: optique, audition et soins dentaires pris à 100%

Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron. – Crédits photo : BORIS HORVAT/AFP

Pour l’heure, Emmanuel Macron n’a dévoilé que cinq propositions sur la santé. Elles se fondent sur un «quadruple constat» que le leader d’En marche! avait exposé lors d’un meeting à Nevers au début de l’année: «Le développement des maladies chroniques, l’explosion des inégalités de santé, le vieillissement de la population et les lacunes en matière de prévention».Pour répondre à ces enjeux, Emmanuel Macron propose d’abord de mettre en place un «service sanitaire» de trois mois pour que les étudiants en médecine viennent aider les associations, les infirmières scolaires et les services de santé au travail dans les zones défavorisées.

Côté sécurité sociale, il assure que «pas un seul soin utile ne sera déremboursé».Le remboursement des soins d’optique, d’audition et dentaires sera même pris en charge à 100%. «Des millions de Français qui en étaient privés pourront ainsi accéder à ces biens de santé», explique-t-il. Emmanuel Macron promet aussi le retour de la prise en chargeà 100% des «50.000 patients par an qui ont une forme sévère d’hypertension artérielle». Il veut enfin généraliser la vente de médicaments à l’unité, même si, il le reconnaît, «cela demandera une adaptation importante pour les industriels et les pharmaciens».

● Le Pen: pérenniser la sécurité sociale

Marine Le Pen.
Marine Le Pen. – Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Parmi ses 144 engagements présidentiels, Marine Le Pen soutient neuf mesures de protection «à 100%» de la santé des Français. Sous le titre «Une France juste», la présidente du Front national promet de garantir la Sécurité sociale pour tous les Français, le remboursement de l’ensemble des risques pris en charge par l’assurance-maladie et la création d’un cinquième risque «dépendance». Elle prône également le relèvement du numerus clausus d’accès aux études de santé et la lutte contre les déserts médicaux (via des stages d’internat localisés, des déductions de charges pour les médecins retraités et le développement de maisons de santé). En maintenant «au maximum» les hôpitaux de proximité, elle veut augmenter les effectifs de la fonction publique hospitalière et protéger la complémentarité du double système de santé publique et libéral.

Pour financer la Sécurité sociale, elle envisage des «économies durables» en misant, notamment, sur la simplification de l’administration, la lutte contre «la gabegie», l’investissement dans de nouveaux outils numériques et les start-up françaises, la suppression de l’aide médicale d’État aux clandestins et la création d’une carte Vitale biométrique pour lutter contre la fraude.

● Fillon: 20 milliards d’euros de coupes

François Fillon, candidat LR.
François Fillon, candidat LR. – Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

S’il souhaite réaliser 20 milliards d’économies, le candidat Les Républicains propose aussi de créer un certain nombre de mesures: prise en charge à 100% par la Sécu des lunettes pour les enfants, renforcement de l’aide à la complémentaire santé (ACS) pour les retraités modestes, lancement d’un grand plan prévention, généralisation d’une «consultation prévention» tous les deux ans pour tous les Français…

» Toutes les propositions de François Fillon

Source :©  Le Figaro Premium – Santé: ce que proposent Mélenchon, Hamon, Macron, Le Pen et Fillon




Non, merci! Oxford University shuns plans for a French campus. Fake news from BFMTV

Oxford University has refuted claims that it could launch its first overseas campus amid Brexit pressures.

Oxford University has refuted claims that it could soon break with its centuries-old tradition and launch its first overseas campus in a bid to hedge against Brexit pressures.

The British university, which is currently ranked number one in the world, told CNBC Monday that it had received several « constructive and helpful proposals » from colleagues since the Brexit vote, but added « we are not, however, pursuing the model of a campus overseas ».

The response follows media reports over the weekend that the university was in talks with French officials about the prospect of creating a so-called ‘Oxford-sur-Seine’ in Paris.

The Universite of Paris Seine, a network of ten French universities, last week launched an open call for British universities to apply for a satellite office in the capital as part of its wider expansion plans.

It comes amid France’s on-going charm offensive on Britain, aimed at luring business across the Channel following the U.K.’s vote to leave the EU.

The Universite of Paris Seine hopes to attract British higher education institutions with the promise of security of funding and EU research collaboration at a time when Britain stands to lose EU funding once it repeals its membership of the 28-country bloc.

It is estimated that British Universities currently receive about £1.2 billion ($1.5 billion) a year from the EU in research funding, as well as gaining access to international networks of researchers, according to research by Times Higher Education.

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« British universities today seek to preserve the relations built with their partners in Europe. It is for this reason that we have chosen to act very concretely in order to offer them the possibility to pursue their development alongside us. » explained Jean-Michel Blanquer, the former director-general of the French ministry for education and incumbent President of ESSEC Business School, part of the Universite of Paris Seine network.

The University of Oxford currently participates in several international research alliances with other leading universities, but it does not have a campus outside of the U.K.

It informed CNBC that this is not set to change in light of the new proposals.

The plans have, however, received a warmer reception from other U.K. institutions, with the University of Warwick currently in discussions with French officials.

A spokesperson for the University told CNBC: « Last week we were delighted to be able to host a significant delegation from the leadership of several Parisian universities, and to hear from them about their future plans to work together. We continue to be interested to hear how those plans evolve and how they might also involve partner universities from across Europe. »

British institutions have until July 14, 2017 to express their interest, at which point the program may be opened to other European institutions.

CNBC contacted several U.K. universities, however, at the time of writing, Cambridge University and the University of Manchester were the only institutions to respond.

A spokesperson for Cambridge University said: « The University currently has no plans to open a campus overseas, » adding « Cambridge remains highly committed to ensuring the mobility of students and staff, and to collaborating with our European and global research partners. »

The University of Manchester also said it had « no current plans to open a campus in France. »

The U.K. government were not available for comment.

The Universite of Paris Seine International Campus is set to begin construction in 2018, as the U.K.’s Brexit negotiations are underway.

Karen Gilchrist   Digital Reporter, CNBC.com

Source : © Non, merci! Oxford University shuns plans for a French campus




Gilles W. Goldnadel : «L’idéologie mortifère de la victimisation continue de frapper»

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Théo et les violences policières, Donald Trump en Israël, Emmanuel Macron et la colonisation… Gilles-William Goldnadel décrypte une «folle semaine» de «repentance» et de «politiquement correct».


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.


Il faut être géomètre pour percevoir le point de vue idéologique. Et pour appréhender la déraison du monde politique et médiatique, rien de mieux que la géométrie. Pour démontrer que tout n’est qu’une question d’angle de vue, gros plan sur la semaine passée.

L’idéologie médiatique aura ainsi à nouveau élargi l’observation focale sur la responsabilité des policiers dans l’affaire Théo. Pour faire bonne mesure, et alors que les deux dossiers n’ont rien de commun (ma dernière chronique) la responsabilité policière a été étendue à l’affaire Adama Traoré qui n’a strictement rien à voir. Peu importe, si cela peut accabler davantage la police française, accusée de tous les maux à commencer par un racisme endémique. Ici l’on voit bien l’effet de mode américain. De la même manière que le féminisme simpliste a traversé l’Atlantique, le mouvement Black Matters a fait des émules dans les banlieues sensibles au rap. Lundi dernier, le défenseur des droits, Jacques Toubon, était l’invité de la matinale de France Inter. Il a insisté sur le caractère excessif des contrôles d’identité dans les cités .

Il existait un angle mort que Trump a abordé : le refus systématique de la partie arabe palestinienne d’accepter Israël en tant qu’État et l’éducation à la haine de la jeunesse de Palestine.

J’en viens à la géométrie idéologique. L’angle n’était pas erroné, mais il était obtus. Un angle mort était soigneusement oublié par le défenseur désigné par F. Hollande, en l’espèce la délinquance dans les banlieues qui pourrit littéralement la vie de ses habitants, ainsi que le sort réservé aux policiers qu’on y envoie pour y servir de gibier.

La rencontre entre le Premier ministre israélien et le président Trump peut également servir d’exemple géométrique appliqué. La presse s’était déshabituée avec Obama. Pour une fois, Israël n’aura pas été admonesté. L’angle médiatique obtus est demeuré le même: focalisation sur la colonisation. Le point de vue n’était pas en lui-même erroné, car les implantations israéliennes dans les territoires disputés sont certainement un obstacle à un règlement négocié. Mais il existait jusqu’à présent un angle mort que le président américain a abordé avec son style si particulier: le refus systématique de la partie arabe palestinienne d’accepter Israël en tant qu’État du peuple juif et l’éducation à la haine de la jeunesse de Palestine.

On ne peut pas dire que la presse française ait élargi le focus à cet angle jusqu’à présent interdit, en dépit du changement intervenu à la Maison-Blanche et de son obligation théorique d’information.

Emmanuel Macron, le candidat préféré des modernes ou du moins de ceux qui aspirent à l’être, avait réussi à traverser les gouttes sans trop déguster. La Méditerranée aura été fatale.

Enfin, les déclarations en Algérie d’Emmanuel Macron donnent une bonne ouverture à notre géométrie. Jusqu’à présent, le candidat préféré des modernes ou du moins de ceux qui aspirent à l’être, avait réussi à traverser les gouttes sans trop déguster. La Méditerranée aura été fatale. Certes, ses déclarations sur l’inexistence d’une culture française avaient fait sourciller les patriotes les plus ombrageux. Il faut dire que la bourde n’était pas trop petite. Un ancien ministre de la culture en la personne de Jean-Jacques Aillagon fut mobilisé dans nos colonnes pour expliquer l’inexplicable. Il n’y avait pas d’artistes français mais des artistes d’origines diverses. Les mêmes qui nous expliquent que la France est un creuset nous disaient maintenant que Francis Lemarque, Mouloudji et Yves Montand qui ont chanté Paris mieux que n’importe quel titi, n’étaient que des artistes juif, kabyle, italien qui chantaient en français. C’est beau l’universalisme.

Mais c’est une chose de vouloir vanter les charmes de l’ Européisme ou du mondialisme-et le débat est légitime-c’en est une autre que d’avoir accepté d’abaisser son pays au détriment d’un autre.

Même les Européens les plus convaincus n’étaient pas tous prêts à entendre que la France s’était conduite comme l’Allemagne nazie à l’égard de l’Algérie. Car l’angle obtus est là: la focalisation obsessionnelle et maladive sur les seuls torts de la France à l’égard des musulmans d’Algérie. Et l’angle mort, soigneusement dissimulé, les crimes commis par le FLN au détriment des Français d’Algérie.

Emmanuel Macron navigue sans cesse entre cynisme naïf et candeur maline.

Pour avoir cédé à la pathologie mortifère de la révision de l’histoire sous l’angle déformé de la deuxième guerre mondiale.

Pour avoir proféré tout et son contraire, c’est-à-dire demander pardon tout en assurant refuser la repentance.

Pour avoir, en guise de regret, déclaré aux toulonnais «je vous ai compris!», de triste mémoire de Français d’Algérie, Emmanuel Macron aura navigué sans cesse entre cynisme naïf et candeur maline.

Il aura aussi fourni de nouveaux et mauvais arguments à certains jeunes de banlieue pour alimenter leur paranoïa violemment anti française.

C’est beaucoup pour un candidat précédé par sa réputation d’intelligence et de modernité.

Trois exemples qui montrent comment, selon l’angle d’attaque, l’idéologie focalise systématiquement sur ce qu’elle veut montrer et occulte soigneusement ce qui la dérange.

Mais à travers l’angle obtus, le géomètre expert peut décoder l’idéologie médiatique et politique inconsciente qui tient encore la règle et le compas: la mise en cause obsessionnelle et pathologique des crimes attribués aux seuls hommes d’Occident.

Les angles morts font encore des victimes qui s’ignorent .

 

 

Source :©  Le Figaro Premium – Gilles W. Goldnadel : «L’idéologie mortifère de la victimisation continue de frapper»




2017 : les parrainages pour Mélenchon gardés dans un coffre-fort du Parti communiste

 

Orange avec AFP, publié le dimanche 19 février 2017 à 11h35

ÉLECTION – Quand certains sont à la peine pour obtenir leurs parrainages, d’autres n’ont guère de difficultés à réunir les 500 signatures nécessaires pour être officiellement candidat à la présidentielle. Pour Jean-Luc Mélenchon, la course aux signatures est d’ores et déjà terminée.

Une bonne partie est gardée au chaud dans un coffre-fort du Parti communiste français (PCF).

Dès janvier, le chef de file de « La France insoumise » avait annoncé qu’il avait franchi la barre des 500 parrainages et pouvait donc prétendre se présenter au premier tour d’avril prochain. Mais en attendant leur dépôt auprès du Conseil constitutionnel, où sont conservées les signatures du futur candidat à l’élection présidentielle ? En lieu sûr, dans les locaux du Parti communiste, selon une information du Journal du dimanche (JDD).

L’hebdomadaire révèle que des dizaines de promesses de parrainage de maires seraient conservées en toute discrétion dans les locaux du PCF, place du Colonel-Fabien à Paris. Les papiers seraient précieusement stockés dans un coffre-fort, révèle le JDD.

ATTENDRE, « AU CAS OÙ »

Le PCF, qui fait campagne pour Jean-Luc Mélenchon, a donc choisi de garder dans son QG une partie des soutiens apportés à l’ex-socialiste. Les parrainages sont donc gardés au chaud « au cas où », comme l’a déclaré le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, au JDD. Pour quelle raison ? Les communistes préfèrent attendre de connaître la position de Jean-Luc Mélenchon quant à une potentielle union de la gauche, notamment avec Yannick Jadot et Benoît Hamon, candidats respectifs des écologistes et du Parti socialiste.

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Pour prétendre entrer dans la course à l’Élysée, les concurrents doivent chacun recueillir au minimum 500 signatures d’élus locaux, qui devront être transmis au Conseil constitutionnel avant le 17 mars à 18 heures. Pas de difficulté en perspective pour François Fillon, Benoît Hamon ou Marine Le Pen dans cette quête de parrainages. Le Front national avait déjà recueilli 424 signatures à la mi-février, selon un responsable du parti. Quant à l’écologiste Yannick Jadot, il a indiqué disposer pour l’heure de 463 parrainages.

D’autres, en revanche, sont à la peine, comme Nicolas Dupont-Aignan (« Debout la France »), qui « continue d’y consacrer du temps », selon son entourage. L’équipe de la candidate de Lutte ouvrière (LO), Nathalie Arthaud, se dit « confiante » et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste, ou NPA) a assuré avoir recueilli la moitié des parrainages nécessaires, début février.

PLUS DE TRANSPARENCE

La période officielle de parrainage débutera le 23 février. Depuis l’élection de 2012, des modifications conséquentes ont été apportées au processus. Le principal changement concerne la publication, désormais obligatoire, de la liste intégrale des élus ayant parrainé un candidat, et ce dans un souci de transparence. Les élus autorisés à parrainer sont les députés, sénateurs, eurodéputés, conseillers régionaux, conseillers départementaux, conseillers de Paris, maires, présidents de structures intercommunales et autres. Chaque élu ne peut fournir qu’un seul parrainage, même s’il exerce plusieurs mandats.

 

Source :©  2017 : les parrainages pour Mélenchon gardés dans un coffre-fort du Parti communiste sur Orange Actualités




“Les djihadistes méritent la peine de mort civile”

Causeur. Vous n’y allez pas de main morte dans votre dernier livre, Citoyenneté et loyauté (Kero, 2017) : déchéance de la nationalité infligée à tous les terroristes, prestation solennelle de serment républicain, peine de mort civile, etc. Votre fermeté nous réjouit mais, a-t-on juridiquement le droit de créer des apatrides ?

Yves Michaud. Evidemment ! La France a certes signé mais jamais ratifié la Convention de New York de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie. Le statut d’apatride est protecteur, mais il fait de vous un étranger, avec les droits d’un étranger, sans accès à la Sécurité sociale ni aux droits sociaux, un peu comme moi quand je vis en Espagne. Evidemment aussi, un apatride a des droits de résidence et de voyage mais il lui faut demander des documents de circulation spéciaux chaque fois renouvelables qui permettent sa surveillance. Aujourd’hui, certains continuent à toucher le RSA alors qu’ils sont à Raqqa ! Je ne vois pas non plus pourquoi aussi Salah Abdeslam garderait tous les bénéfices de la citoyenneté française comme l’aide juridictionnelle. Qu’il demande au Qatar ou au CCIF de lui payer un avocat …

Ne reconnaissez-vous pas un minimum de droits de l’homme, un noyau inaliénable assuré même aux pires spécimens de l’humanité ? Même les criminels de guerre nazis n’ont pas payé les honoraires de leurs avocats à Nuremberg…     

Si c’est juste une question d’avocats… Rappelons quand même que quelques-uns de ces criminels ont été pendus à la suite du procès de Nuremberg.

De la « mort civile » à l’exécution physique, il y a un pas que vous franchissez allègrement. La peine de mort serait-elle la seule méthode de déradicalisation imparable à vos yeux ?

Je n’ai jamais été un adversaire de principe de la peine de mort parce que je considère un certain nombre de crimes comme absolument impardonnables. Que je sache, personne n’a jamais reproché à Israël d’avoir pendu Eichmann et dispersé ses cendres. Toute une tradition philosophique honorable estime qu’un individu ayant renoncé à son humanité peut mériter cette peine. Cela dit, je suis opposé à la peine de mort à cause des risques d’erreur judiciaire. Je suis donc partisan de la perpétuité réelle et d’une peine de “mort civile ”. Les prisons ne sont pas uniquement faites pour réhabiliter les gens, mais aussi pour les mettre hors d’état de nuire. Youssouf Fofana [Ndlr : « Chef du gang des Barbares » qui a séquestré et assassiné Ilan Halimi en janvier 2006.] ne devrait jamais sortir de prison et ne plus être citoyen non plus.

Passons des citoyens perdus pour la France aux jeunes pousses de la nation. En quoi consiste votre projet de service civique ?

Ce service de trois mois se concentrerait sur la transmission des principes de la République et l’évaluation d’un certain nombre compétences scolaires tels que la capacité linguistique. D’une manière générale, il s’agit de faire comprendre les enjeux d’une adhésion sérieuse à la République, en indiquant les sanctions en cas d’écart. Je préconise d’autres mesures en ce sens, comme le paiement de l’impôt par tous les citoyens afin qu’ils soient conscients d’appartenir à une société qui donne un certain nombre d’avantages. Ce me semble être une proposition de Mélenchon.

Mélenchon a partiellement révisé  ses positions en matière d’immigration, passant de l’angélisme à un républicanisme plus affirmé. De votre côté, vous ne prenez pas de gants pour contester la sacrosainte « tradition d’accueil » de la République…

La tradition d’accueil est indiscutable et elle fait partie du droit international depuis qu’il y a un “ droit des gens ”. Mais les choses se présentent très différemment quand nous sommes en présence de vagues migratoires massive. Tant que le Moyen-Orient et l’Afrique subsaharienne seront déstabilisés et miséreux, les vagues de migration continueront. Du coup, se posent plusieurs questions : dans quelle mesure les migrants sont-ils destinés à devenir citoyens ? Et s’ils ne sont pas citoyens, à quel titre sont-ils là ? Sont-ils des touristes, des mendiants, des vagabonds, des assistés ? On n’est plus du tout à la même échelle que lors des précédentes vagues de migrations. Derrière les migrations de masse, il y a d’ailleurs un tourisme très low cost et organisé : 1 200 000 personnes ne se déplacent pas d’Est en Ouest par l’opération du Saint Esprit !

Autre source d’immigration massive, en quelque sorte par auto-engendrement : le regroupement familial (66 000 arrivées en 2015). Souhaitez-vous le remettre en cause ?

Je ne comprends pas qu’on vive sur des slogans et des tabous en dépit du changement des conditions dans lesquels certains principes (aide médicale aux étrangers, droit d’asile, accueil des migrants…) ont été énoncés dans le passé. A sa création sous Giscard, le regroupement familial devait soulager les conditions d’existence et favoriser l’intégration des émigrés des ex-colonies qu’on avait fait venir pour des raisons économiques. Or, dès lors qu’on n’importe plus de la main d’œuvre immigrée, mais qu’on se trouve en face de migrants, pourquoi le regroupement familial devrait-il rester sacré ?

Peut-être parce que notre Etat de droit, Conseil Constitutionnel, en tête, nous y contraint. Au nom de quoi peut-on empêcher un citoyen français d’épouser un étranger et de vivre avec lui en France ?   

Le mariage n’est pas à proprement parler un regroupement familial. L’Etat de droit a dérivé depuis que les politiques se sont déchargés de beaucoup de choix sur des magistrats professionnels dont on ne connaît pas trop les conditions de nomination.  C’est vrai pour le Conseil Constitutionnel, qui a une composition partisane inacceptable, mais aussi pour la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la Cour Européenne de Justice et la Cour pénale internationale. Je demande un toilettage de l’Etat de droit pour restaurer un contrôle des citoyens sur leurs magistrats, y compris et surtout au niveau des instances internationales. Je pose juste la question : qui sait comment sont nommés et à quels titres les 47 magistrats de la Cour Européenne des droits de l’homme ?

Vous nous posez une colle ! Et l’indépendance de la justice, parbleu ?

La séparation des pouvoirs, c’est avant tout la distinction de l’exécutif et du législatif, pas l’indépendance de la justice ! C’est ce qui fait la différence selon Montesquieu entre l’Empire ottoman et une République. Montesquieu avait, en revanche, la plus grande réserve quant à l’indépendance absolue de la magistrature : il était magistrat et savait très bien à quel point les magistrats savent faire leurs affaires eux-mêmes.

Certes, nous vous suivrons sur ce point. Mais alors que la France vit une crise généralisée (économique, morale, identitaire), vous ramenez notre désarroi à une simple crise de la citoyenneté. Pourquoi ?

Sans sous-estimer aucun des aspects de cette crise multiforme, j’essaie d’identifier son noyau, dont la clé est le consensus des citoyens pour vivre ensemble et participer à la même communauté politique. Si ce noyau se défait, tous les autres aspects de la crise s’enchaînent sans remède possible. La question du corps politique, qu’on l’appelle Cité, Civitas (la « polis » grecque), République ou « commonwealth », est philosophiquement et ontologiquement première par rapport aux autres.  Sans accord de consensus sur le corps politique, il ne peut y avoir ni démocratie, ni juste répartition juste des richesses, ni quelque accord que ce soit sur la politique économique, fiscale, éducative, etc.

Autrement dit, vous tâchez de renouer le contrat social…

Mon livre est d’une certaine manière un contrat social. Quelle que soit leur diversité, toutes les doctrines du contrat social, de Hobbes à Rousseau en passant par Althusius, Spinoza et Locke, posent la même question : comment une communauté politique suscite et jouit de l’adhésion de ses citoyens ? Pratiquement toutes les révolutions, comme 1789, naissent d’une crise profonde de la communauté politique comme celle que nous traversons aujourd’hui. Ses symptômes vont des incivismes bénins (ne pas se sentir engagé par ses obligations politiques, s’abstenir aux élections) aux incivismes gravissimes que sont les fraudes fiscales organisées ou les actes terroristes. Ceux qui les commettent s’excluent eux-mêmes de la communauté politique. Je trouve extrêmement significatif que les djihadistes, avant de passer à l’acte, prêtent allégeance à l’État islamique et que beaucoup de fraudeurs fiscaux, y compris “ légaux ”, soient en réalité des apatrides vivant confortablement au Luxembourg ou en Belgique. Ça veut tout simplement dire qu’ils renoncent à ou dénoncent leur citoyenneté républicaine.

La crise de la communauté politique vire donc à la crise de l’appartenance nationale !

Non. À la différence d’Alain Finkielkraut, Pierre Manent et beaucoup d’autres, je pense que la référence à l’identité nationale comme base de la citoyenneté est aujourd’hui périmée. Pendant très longtemps, la citoyenneté n’a pas été liée à la nation et à la nationalité. La Révolution française a reposé sur le volontarisme politique, c’est-à-dire que la communauté politique repose sur l’adhésion volontaire et consciente des citoyens quelle que soit leur nation d’origine. Certes, on a ensuite traversé un très long épisode, de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à une grande partie du XXe siècle, où citoyenneté et nation se confondent. De nos jours, le mélange des populations, les migrations, et l’héritage postcolonial rendent quasiment impossible de reconstruire de gré ou de force une identité nationale dans notre société plurielle. Aussi, je préfère construire une identité uniquement civique. Demander l’adhésion des citoyens à un certain nombre de principes généraux se révèle beaucoup plus facile que d’obtenir leur croyance en un récit national uniforme. Un français d’origine malienne peut prêter serment à la République mais on ne va pas lui demander de jouer à Astérix !

Pourtant, Ernest Renan postule que la nation, ce « plébiscite de tous les jours » s’appuie aussi sur un héritage commun…

Je ne rejette pas l’héritage commun – mais c’est celui de tous les pays démocratiques européens : la croyance dans les principes de liberté, d’égalité et de solidarité face aux accidents de la vie. A mon sens, ces piliers suffisent à reconstruire la communauté. Si un Bachi-Bouzouk veut vivre dans la tradition républicaine de la Révolution, il en a tout à fait le droit –mais aussi les obligations.

Vous donnez le sentiment de négliger toute une dimension a-rationnelle de l’homme. Mais le citoyen n’est pas un individu hors-sol, tout citoyen a besoin d’un ancrage identitaire. N’avez-vous pas tendance à dégager tout ce qui n’entre pas dans votre schéma rationaliste ?

C’est un argument que j’avais envisagé sérieusement dans mon essai sur le mérite1 lorsque j’analysais les principes de justice de John Rawls. A l’époque où j’avais écrit ce livre en 2009, je pensais que Rawls et les kantiens ne tenaient pas assez compte de l’épaisseur humaine, de la dimension culturelle, des passions, des émotions, etc. Mais dans nos sociétés composites, si on prend en compte toute cette dimension affective, on tombe sur deux écueils : le communautarisme ou le dissensus absolu. Hélas, je ne peux trouver aucun terrain d’entente affectif avec quelqu’un qui croit en la toute-puissance de Dieu. La seule chose que je lui demande, c’est de garder sa croyance en Dieu pour lui mais d’admettre en tant que citoyen des principes tels que la liberté de religion et la liberté d’apostasie.

En tant que rousseauiste, vous exprimez parfois une conception plus épaisse de la citoyenneté qui frise parfois la religion civile. Ainsi, vous regrettez certaines pratiques anciennes de bannissement des citoyens ayant trahi la communauté…

Rousseau prône une religion civile qui est la religion de l’adhésion au contrat social. L’auteur de l’Emile croit que l’homme étant fondamentalement un animal religieux, il a besoin de cette religion. Là-dessus, j’ai un point de vue plutôt voltairien qui consiste à voir dans l’homme un animal utilitariste qui sait calculer ses intérêts. L’appartenance à une communauté politique qui vous assure un certain nombre de droits se mérite et implique une certaine loyauté – et elle a des avantages bien nets. Dès lors qu’il se montre déloyal, il est tout à fait légitime de priver un citoyen des avantages de la communauté par un système de sanctions graduelles. Et je ne pense pas qu’aux terroristes, mais aussi aux exilés fiscaux.

E. Lévy et D. Boughezala

Source :©  “Les djihadistes méritent la peine de mort civile” | Causeur




La bonne conscience des people contre les violences policières

La bonne conscience des people contre les violences policières

Patrick Bruel, Anne Roumanoff, Youssoupha font partie des artistes qui ont signé la pétition de Libération contre les violences policières. Crédits Photo: Abaca

FIGAROVOX/TRIBUNE – Des artistes dénoncent les violences policières dans Libération. Pour Eloïse Lenesley, les people sont trop éloignés des réalités quotidiennes du peuple pour s’émouvoir de la déliquescence du cadre de vie de nombre de Français.


Eloïse Lenesley est journaliste. Elle collabore notamment à Causeur.


La société du spectacle – ou plutôt des people, comme il convient de la désigner aujourd’hui -, est bien étrange et pétrie de contradictions. Dans une pétition publiée le 14 février par Libération, quelques dizaines d’artistes émus à juste titre par l’affaire Théo s’insurgent contre les violences policières et y vont de leurs petites exigences: ils réclament notamment «que le vouvoiement soit systématiquement employé lors des contrôles», que «soit instauré le récépissé pour lutter contre le contrôle au faciès ainsi que des caméras-piétons sur les agents», «de meilleures formations pour nos jeunes policiers, et le retour de la police de proximité», «qu’un comité d’éthique soit mis en place et que les sanctions soient sans appel quand des policiers ont des comportements racistes et violents», mais aussi «une vigilance accrue lors des recrutements car les policiers racistes qui posent problème [sont] le plus souvent, de jeunes militants issus d’un parti politique bien connu». On garde le meilleur pour la fin: «que soient abandonnées les dispositions qui assouplissent le régime juridique de l’usage des armes». Bref, «notre police doit être exemplaire !», concluent-ils. On espère ardemment qu’ils apporteront leur obole au financement de ce coûteux programme, dont ils imaginent avec une touchante naïveté qu’il va permettre de «retrouver une République juste et apaisée».

On visualise déjà la scène entre le flic de banlieue, usé d’arrêter des voyous relâchés illico par la justice, qui tombe sur un dealer au coin d’une rue blafarde égayée de luxuriants tags bigarrés.

On visualise déjà la scène entre le flic de banlieue, prématurément usé de sillonner des quartiers «sensibles» et d’arrêter des voyous relâchés illico par la justice, qui tombe sur un dealer au coin d’une rue blafarde égayée de luxuriants tags bigarrés:

– «Bonjour Monsieur, pourriez-vous avoir l’obligeance de me présenter vos papiers, je vous prie?
Ferme ta gueule, toi, j’ai mon récépissé!
Parfait! Dans ce cas, passez une agréable fin de journée!».

Mais ne nous y trompons pas: nos artistes condamnent aussi «avec force les casseurs et les voyous», histoire de nous faire croire qu’ils se sentent un tantinet concernés par la banalisation des guérillas urbaines et des agressions croissantes commises à l’encontre des policiers, des pompiers, des enseignants, des conducteurs de bus, du corps médical et des citoyens lambda. Pas au point, toutefois, de signer des pétitions pour ça, ni même pour protester contre l’impunité des violeurs en général, dont on rappelle au passage que seuls 1% écopent d’une condamnation en cour d’assise. Et là où on ne pige vraiment plus rien, c’est qu’on se souvient vaguement que cette société du spectacle, des people, du showbiz, de la jet set, qui se veut si soucieuse d’égalité, de respect des droits, d’équité, avait signé, voici sept ans, la pétition d’un certain BHL (le bienfaiteur de l’humanité libertine) afin de soustraire à la justice américaine un prestigieux cinéaste poursuivi pour une vieille «affaire de mœurs» (novlangue médiatique pour «viol sur mineure»). Aujourd’hui âgé de 83 ans, Roman Polanski devait présider la cérémonie des César le 24 février prochain. Mais face à la polémique, il a préféré renoncer. Preuve du décalage abyssal entre l’opinion publique et les castes intello-bobo-culturelles, qui s’affranchissent volontiers des beaux principes qu’elles entendent imposer au commun des mortels. Égaux en droits ou ego à gauche, il faut choisir.

Le peuple n’est pas indifférent au sort de Théo. Mais il supporte encore moins la déliquescence d’un cadre de vie que des forces de l’ordre débordées ne parviennent plus à pacifier.

Et elle s’y connaît en revendications, la société des people: tribunes et mobilisations en faveur des migrants de Calais ou d’un meilleur accueil des «réfugiés» débarquant à Paris ; appels au barrage contre le FN pendant les régionales ; et cerise sur le gâteau (on ne vous dira pas lequel), pétition contre le Hollande-bashing. Mais il se trouve que sa perception de la réalité est de moins en moins en phase avec celle du peuple, qui se coltine au quotidien les conséquences de cet humanisme mondain. Le peuple n’est pas indifférent au sort de Théo, aux agissements de certaines «brebis galeuses» de la police. Mais il supporte encore moins la déliquescence d’un cadre de vie que des forces de l’ordre débordées ne parviennent plus à pacifier. Ce ne sont pas les people qui subissent les méfaits de campements sauvages de clandestins ni l’insécurité des périphéries, où l’on règle parfois ses comptes à la Kalash’. «C’est une tribune de bobos, de gens qui ne connaissent pas la réalité du terrain, parce qu’aujourd’hui les seuls qui pénètrent dans ces cités, ce ne sont pas les artistes, mais les policiers», réagit Patrice Ribeiro, du syndicat Synergie-Officiers.

Mercredi soir, des émeutes ont éclaté à Paris dans le quartier de Barbès, scène de feux de poubelle, de jets de projectiles et d’affrontements avec les autorités. Parmi les manifestants, les inévitables groupuscules d’extrême gauche, antifas et anars, toujours fidèles au poste dès qu’il s’agit de défouler leur hargne. Si les insurrections gagnent les beaux quartiers, un peu plus à l’ouest ou au centre de la capitale, alors nous guetterons avec intérêt la réaction des people. Nous verrons s’ils sont toujours aussi persuadés que l’urgence est aux formules de politesse, aux récépissés de contrôles d’identité, aux comités d’éthique et au désarmement des flics pour «retrouver une République juste et apaisée».

 

 

Source : © Le Figaro Premium – La bonne conscience des people contre les violences policières




Shock as Jewish leaders meet French far-right

 

For the first time ever, last week a French Jewish organisation met representatives of the National Front.

In doing so, the leaders of the Confederation of French Jews and Friends of Israel (CJFAI) broke a Jewish community rule: never talk to the far-right.

The association, created six years ago, met the National Front’s Vice President, Louis Aliot, and the party’s representative in Parliament, Gilbert Collard, sending shock waves through the wider community.

On Wednesday night, the main Jewish umbrella association, the Council of Jewish Institutions in France (Crif), denounced the move.

“This meeting is morally shocking and politically irresponsible,” said Crif in a statement. “It’s an attempt by the National Front to exploit French Jews.”

French Jewish organisations and media believe the traditionally antisemitic party is reaching out to Jews as part of a long-standing strategy to appear more moderate and, by doing so, become more electable.

“Jews feel strongly that the National Front should be kept at a distance because they know that isolating the party benefits the nation and French Jews as well,” said Crif president Francis Kalifat.

The CJFAI believes, on the contrary, it should talk to all parties.

“I’m anything but a National Front supporter but we have to see the obvious: this party is backed by a third of the French population and it will get more MPs in coming elections,” CJFAI chief Richard Abitbol told the JC.

“The National Front has two main trends: one is led by Marine Le Pen, Louis Aliot and Gilbert Collard; the other is more radical and led by Bruno Gollnisch. Do you want the more moderate branch to prevail or the other? I’d rather eliminate the fascists,” said Mr Abitbol.

Under Ms Le Pen, the party is stronger than ever and as other presidential candidates struggle, voters have started to pay attention to the NF manifesto.

Ominously for the Jewish community, however, Ms Le Pen recently proposed blocking dual citizenship for anyone whose second nationality is not European — a major issue for dual French-Israeli citizens — and banning the Islamic veil and kippah in public.

Asked on French TV whether big crosses would also be banned in public, Ms Le Pen said: “Big crosses don’t exist. I’m not going to invent them.” She then mixed up religious symbols, saying, “Small kippahs are accepted, I mean small Jewish crosses, I mean Jewish stars.”

Regarding the ban on holding a second, non-European passport, Ms Le Pen was questioned specifically about Israelis. “Are you telling French Jews they should renounce their dual citizenship?” asked journalist Lea Salame.

“Israel is not a European country. I think that even Israel agrees with that,” answered Ms Le Pen. “Israelis will be treated like everyone else.”

Several Jews said they were offended by the journalist’s insinuation that French Jews automatically have Israeli citizenship.

 

Source :©  Shock as Jewish leaders meet French far-right – The Jewish Chronicle




ÉDITO – – Pourquoi nous avons décidé d’inviter tous les candidats à la présidentielle, sans exception !

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Pourquoi nous avons décidé d’inviter tous les candidats à la présidentielle, sans exception !

  

« Ne nous permettons pas de juger ce que nous ne pouvons apprécier ni comprendre. »

Pierre-Claude-Victor Boiste / Dictionnaire universel (1800)

Dans le cadre de la campagne pour les élections présidentielles de 2017, la Confédération des Juifs de France et des Amis d’Israël (C.J.F.A.I) a décidé de recevoir et questionner tous les candidats à l’élection présidentielle (ou leurs représentants). Tous, sans exception.

Nous savons qu’une telle position indisposera certains au vu des positions politiques de certains de nos invités. Aussi, ce n’est qu’après de nombreux débats et de longues délibérations que notre Bureau a tranché en faveur de cette décision.

Nous sommes conscients que cette décision nécessite des explications que nous vous soumettons ci-dessous.

En ces temps difficiles, notre démocratie est mise à mal et nos concitoyens ont perdu confiance tant envers les politiques qu’envers les médias. Cependant, l’élection présidentielle est un temps essentiel dans notre processus démocratique et nécessite une information de nos concitoyens, la plus complète possible.

Au vu de ces méfiances, nous avons opté pour l’information directe, face à face !

Aujourd’hui, au moins six candidats se sont déclarés: Benoit Hamon, François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan .

Nous rappelons que nos rencontres n’impliquent, en aucune manière, un engagement quelconque, de près ou de loin, dans le sens des idées défendues par nos invités.

Cependant notre mouvement a pour mission de comprendre et décrypter les programmes, idéologies et objectifs de tous les partis représentés au sein des institutions françaises.

C’est donc dans ce contexte, et après de longues et nombreuses délibérations de notre Bureau, que nous avons décidé d’auditionner et de recevoir tous les représentants des candidats à l’élection présidentielle de 2017.

Trois de ces candidats posent problème à la communauté juive de France: Marine Le Pen de par l’origine de son parti et surtout en raison des dérapages de son père,  Jean-Luc Mélenchon de par ses positions très anti-israéliennes et Benoit Hamon qui a profondément choqué, non seulement par ses positions anti-israéliennes mais également par ses positions plus qu’ambiguës lors des manifestations de Juillet 2014 où son porte-parole s’est fait remarquer par sa participation à des manifestations qui ont dérapé à un « presque pogrom » !

Cependant, nous ne pouvons, ni ne voulons condamner les positions des uns et des autres sans obtenir des réponses claires à nos questionnements. Ces entretiens seront donc menés de manière intransigeante et directe mais dans le respect du à chacun.

Depuis longtemps, Jean-Luc Mélenchon, adoubé par les communistes, a pris des postures anti-israéliennes, a supporté le boycott (B.D.S) et s’est félicité des honneurs faits à des terroristes ( faits citoyens d’honneur par des Maires communistes). Candidat de l’extrême-gauche, il est cependant laïc ! Il nous pose problème !

Quant à Benoit Hamon, il pose un sérieux problème tant par ses positions anti-israéliennes ( il a été le seul à poser la reconnaissance unilatérale de l’État Palestinien lors des débats de la primaire) que par ses positions sur la laïcité. De surcroit, son porte-parole, Alexis Bachelay, proche du C.C.I.F, a fait des déclarations intolérables et susceptibles d’être taxées d’antisémitisme. Il a participé aux manifestations de Juillet 2014 qui ont indigné la communauté juive de France. Il nous pose problème !

Enfin, l’invitation du candidat du Front National posait un questionnement tout particulier car ce mouvement n’a jamais rencontré des représentants de la communauté juive sur le territoire français. Il nous pose donc un problème tout particulier !

Pourtant, déjà, il y a 6 ans, quelques mois après la nomination de Marine Le Pen à la tête du Front National, Radio J avait décidé de l’inviter et de débattre avec elle le 13 Mars 2011. Frédéric Haziza, journaliste politique à Radio J, avait déclaré «L’invitation est venue après ses déclarations au ‘Point’, où elle qualifiait la Shoah de ‘summum de la barbarie’». Et, il ajoute:  «Ce que je voulais savoir avant tout, c’est: son évolution est-elle une posture opportuniste ou bien s’agit-il d’un réel aggiornamento à la Gianfranco Fini ?». Cependant, suite à différentes pression, la radio avait annulé son invitation.

Depuis, de nombreux changements se sont produits au Front National et notamment «l’épuration» de nombreux antisémites au sein de l’organisation, l’éviction de Jean-Marie Le Pen,  les différentes déclarations de Marine Le Pen et ses multiples condamnations de toute dérive antisémite. D’ailleurs, Roger Cuckierman, Président du CRIF, l’avait bien compris quand il a déclaré en 2014 que « Marine Le Pen est irréprochable » concernant l’antisémitisme.

Cependant de nombreuses interrogations restent pendantes et des personnalités peu recommandables continuent à occuper les bancs de ce parti.

Dans ce contexte, pour reprendre les termes de Frédéric Haziza, il nous importait de savoir si l’évolution de Marine Le Pen (qui représente près d’un tiers des français) est une posture opportuniste ou bien s’il s’agissait d’un réel aggiornamento à la Gianfranco Fini ?

Certains ont voulu faire pression pour que nous annulions l’invitation des représentants de Marine Le Pen.  Or, si nous avions cédé à ces pressions, et au vu des positions de Jean-Luc Mélenchon et de Benoit Hamon, nous aurions du annuler nos invitations à leur égard de ces trois. candidats.  Nous avons préféré maintenir les trois invitations.

Nous rappelons que notre mouvement regroupe une vingtaine d’associations et près de 40.000 adhérents directs ( dont plus des deux tiers ne sont pas juifs) qui sont présents sur tout le territoire national ( métropole et DOM/TOM). Notre organisation est souveraine et n’a de comptes à rendre qu’à ses adhérents.

Notre combat contre l’antisémitisme et le racisme ainsi que  celui de nos membres est inégalé à ce jour. Beaucoup de nos associations sont le fleuron de la lutte contre l’antisémitisme et le racisme.

Nous n’avons donc aucune leçon à recevoir de ce côté-là.

En conséquence, nous agissons dans le seul intérêt de nos membres et des démocrates français, juifs et non juifs, en tentant de rassembler et transmettre l’information la plus objective possible.

Nous la devons en éclairant nos concitoyens sur ceux qui prétendent ou aspirent à la plus haute représentation nationale, et ce,  sans biaiser ce processus par des conceptions personnelles ou subjectives.

Toutes les sensibilités politiques seront donc appelées à s’exprimer et à s’expliquer devant nous.

Cela se fera donc autour d’un petit-déjeuner en présence des membres du  Bureau du C.J.F.A.I élargi à quelques invités qui pourront interpeller nos intervenants sans tabous.

Afin de mieux appréhender ces rencontres et de les rendre plus efficaces, il a été décidé de les faire précéder d’une interview écrite de l’invité, ce qui permettra de mieux cibler les questions lors du petit-déjeuner. Interview qui sera publiée sur notre site et dans notre Newsletter.

Nous rappelons que le but de ces rencontres est de mieux connaître les candidats, leur personnalité,  leur programme et éventuellement leur idéologie.

Le panel, représenté tant par les membres du Bureau que par nos invités, permettra d’interpeller nos intervenants sur des sujets concrets et divers dans les domaines économique, social, politique et international.

Pour toutes les raisons ci-dessus citées,nous pensons avoir fait le bon choix!

 

Richard C. ABITBOL
Président