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À Barcelone, des centaines de milliers de Catalans réclament la liberté des «prisonniers politiques»

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Samedi, à Barcelone, la manifestation des indépendantistes a réuni environ 750.000 participants

De notre envoyé spécial à Barcelone

En ce samedi 11 novembre, 750.000 manifestants, selon la police, s’étaient donné rendez-vous sur la Carrer Marina à Barcelone pour appeler à la libération des «prisonniers politiques»: huit ministres de l’ex gouvernement catalan destitué et les deux présidents des associations Omnium et Assemblée nationale catalane (ANC) qui organisaient la manifestation. Tout a été fait pour mettre en scène «la répression brutale» de la part du gouvernement espagnol: les familles des politiques incarcérés avaient été placées en tête de cortège. Elles ont ensuite lu des messages de leurs proches, souvent adressés à la foule tout acquise à la cause indépendantiste catalane.

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Des messages vidéo enregistrés de l’ex-président Carles Puigdemont, désormais en exil, et des quatre ministres qui l’accompagnent dans la capitale belge, ont été diffusés sur grand écran. «Les peuples ont le droit de décider de leur futur à travers les urnes, a affirmé Carles Puigdemont. De Bruxelles j’entends vos cris!». L’intervention du conseiller à la santé, Antonio Comin, est celle qui a le plus touché la foule: «Nous sommes fiers de vous, malgré la colère et la tristesse. À bientôt à Barcelone.»

Dès le début de la manifestation à 17 heures, la foule avait comblé les 2,5 kilomètres de la longue et large Carrer Marina dans une ambiance bon enfant. Beaucoup de parents étaient venus en famille avec leurs enfants, voire même de très jeunes bébés dans des poussettes. Cette ambiance familiale n’empêchait pas les manifestants de siffler chaque fois que l’hélicoptère de la police les survolait. La police, peu visible, ne portait aucune protection, les manifestations indépendantistes n’ayant jamais déclenché de violences. «C’est notre ligne rouge: pas de violence» nous avait rappelé avant la manifestation le vice-président de l’Assemblée nationale catalane, Agusti Alcoberro.

 

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«J’en ai marre des fascistes de Madrid»

«Je suis venue parce que je la veux, l’indépendance, et que j’en ai marre des fascistes de Madrid, affirme Alicia, 18 ans. Mes parents me disent que je suis influencée par mes professeurs qu’ils accusent d’être tous indépendantistes et de nous endoctriner. Mais c’est faux! J’ai mon libre arbitre.» Le principal slogan lancé par la foule était «Liberté» pour ceux qu’elle considère comme des prisonniers politiques. «Moi je suis écœurée par l’attitude fasciste du gouvernement de Madrid, se désole Maria, 66 ans. Je n’ai pas l’habitude de venir manifester, mais quand on voit ce qu’ils font, on ne peut pas ne pas réagir.»

Un orchestre d’une trentaine de violoncelles a joué entre les interventions qui se sont conclues par les discours du vice-président d’Omnium, Marcel Mauri, et de l’ANC, Agusti Alcoberro. «Souriez, la répression ne peut pas vaincre la démocratie, a clamé le premier, vous n’êtes pas seuls!» en n’oubliant pas le «No pasaran» qui a été largement repris par la foule. Agusti Alcoberro a, lui, affirmé la détermination des indépendantistes qui «resteront mobilisés tant qu’il restera un prisonnier politique».

Prochain rendez-vous: le 21 décembre pour les élections régionales. Un test important qui permettra de mesurer l’effet de l’attitude inflexible de Madrid sur le vote indépendantiste.


Source : Le Figaro Premium – À Barcelone, des centaines de milliers de Catalans réclament la liberté des «prisonniers politiques»

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