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Une Nouvelle Ere Trump au Moyen Orient ?

 

Par Albert Soued, journaliste et écrivain, http://symbole.chez.com pour www.nuitdorient.com

14 juillet 2017

 

Si l’Occident cherche vraiment à pacifier le Moyen Orient et à y devenir plus crédible, il devrait abandonner ses illusions et ne plus prendre ses désirs pour la réalité. Il devrait réfléchir aux faits suivants qu’il est difficile d’esquiver trop longtemps.

Israël et son environnement arabe

Israël renait de son exil par la déclaration Balfour de 1917 qui lui a restitué un territoire, perdu il y a 20 siècles au Moyen Orient. Ce territoire quasi-désertique abritait un petit nombre de juifs, d’arabes et de bédouins nomades. (voir www.nuitdorient.com/n722.htm )

La déclaration Balfour sera fêtée cette année par la Grande Bretagne. Elle a été concrétisée par les accords de San Remo de 1920, puis par la décision de l’Onu en 1947. Celle-ci crée en Palestine mandataire, gérée par la Grande Bretagne pendant 30 ans, 2 états, l’un juif, l’autre arabe. Refusant la résolution de l’Onu, 5 Etats arabes entrent en guerre contre le nouvel état israélien, sans succès. L’armistice imposé par l’Onu en 1949 fige des lignes séparant Juifs et Arabes. L’Egypte occupe et gère une bande de territoire près de ses frontières, Gaza. La Jordanie occupe et gère la Cisjordanie (Judée-Samarie pour les Juifs). Et personne ne parle d’une Palestine arabe.

Devant une provocation par l’Egypte de Nasser en juin 1967, bloquant le détroit de Tiran en mer Rouge, Israël mène une guerre préventive de 6 jours et défait 4 armées arabes, occupant toute la Palestine mandataire, le Sinaï et le Golan. Un traité de paix est signé en 1979 avec l’Egypte qui récupère tout le Sinaï et renonce à la bande de Gaza. Un autre traité de paix est signé en 1994 avec la Jordanie qui renonce à la Cisjordanie.

 

Depuis 1917 jusqu’en 1964, le mot Palestine désigne un territoire juif destiné aux Juifs, et le terme « palestinien » désigne un juif de Palestine, et non un arabe, appelé syrien, égyptien ou simplement arabe.

Les Arabes n’ont jamais voulu créer un état arabe du nom de Palestine. De plus la lettre P n’existe pas dans le langage arabe, donc pas de « Palestine »(1).

En 1964, Yasser Arafat, un égyptien, crée l’Organisation de Libération de la Palestine ou OLP, revendiquant toute la Palestine mandataire pour y loger ½ million d’arabes partis se réfugier dans les états arabes voisins, et un autre ½ million habitant les lieux, et souvent installé là où les juifs offraient des activités rémunératrices. Arafat a ainsi créé de toutes pièces une nouvelle identité arabe fictive qui revendique jusqu’à ce jour toute la Palestine mandataire, avec l’aide des états arabes et de certains pays occidentaux. Ainsi, à travers cette nouvelle fiction nationale arabe, les Arabes peuvent revendiquer tout le territoire qu’ils n’ont pu jamais obtenir au bout de 3 guerres successives (1948/9-1967-1973). Dans la charte de l’OLP, Israël n’a aucune existence ! (voir www.nuitdorient.com/n726.htm )

En fait, l’Islam ne peut tolérer un état juif en son sein. Il tolèrera une communauté juive payant tribut, au sein d’un nouvel état arabe, mais pas une nation juive.

Et depuis 70 ans, l’échafaudage de divers plans avec 2 états, semble illusoire sinon irréaliste, car aucun dirigeant dit « palestinien » n’acceptera de signer un document de partage et de paix avec un état juif. Il sera assassiné comme le fut Sadate en 1981. Si Hussein de Jordanie y a échappé, c’est qu’il est un hashémite, descendant du prophète, exempté de la mort (voir www.nuitdorient.com/n742.htm ).

Or il se trouve qu’en près de 70 ans, l’état juif, qui s’est battu à plusieurs reprises pour son existence, est devenu un état majeur qui contribue d’une façon remarquable au bien de la planète par son exemplarité dans de nombreux domaines. Il provoque même la jalousie de nations beaucoup plus anciennes et plus peuplées. Israël est devenu en près de 70 ans un pays avec lequel on doit compter et sur qui on peut compter.

Israël se bat contre le refus doctrinal islamique qui se concrétise par des guerres, des « intifadas » ou guerillas de toutes sortes et aussi par une menace nucléaire iranienne permanente (voir tableau www.nuitdorient.com/n741.htm ).

En poursuivant l’illusion d’une solution à 2 états et en demandant sans cesse des concessions à Israël, sous prétexte qu’il s’agit d’un état fort, l’Occident n’a fait qu’exacerber la volonté islamique d’en découdre avec l’état juif.

Depuis les accords d’Oslo de 1993, où une certaine autonomie a été accordée à des zones arabes de la Judée-Samarie (Cisjordanie), le terrorisme palestinien n’a jamais cessé.

En 2005, Israël s’est retiré unilatéralement de la bande de Gaza. Il a été aussitôt remplacé par le Hamas, groupe terroriste, voué à la destruction de son voisin Israël. Tout retrait de la Cisjordanie ne peut avoir que les mêmes conséquences.

Israël n’est plus candidat au suicide. Par conséquent, si on veut sortir du statu quo, les 2 voies à explorer sont le rattachement d’une partie de la Cisjordanie à la Jordanie ou son accession à une autonomie plus grande (zones A/B), l’annexion de la zone C par Israël et la mise sous tutelle de la bande Gaza.

 

Moscou, l’axe shiite et les autres

Avec le retrait américain du Moyen Orient sous l’administration Obama, le vide s’est rempli progressivement par des besoins stratégiques et des velléités hégémoniques:

la Russie cherche à pérenniser les bases navales de Lattakieh et Tartous en Méditerranée orientale et les bases aériennes récemment créées. Dans ce but, elle maintiendra au pouvoir l’alaouite-shiite Bashar al Assad en Syrie occidentale, et, si possible, dans toute la Syrie. En plus de l’ouverture de marchés potentiels, une alliance tactique avec l’Iran lui permet d’éliminer ou du moins de neutraliser un dangereux ennemi, l’Etat islamique, qu’elle a déjà pratiqué dans le passé en Afghanistan, sous le nom de « taliban ».

Mais l’Iran est le « padrone » de nombreux groupes terroristes dont le plus important est le Hezbollah qui est parvenu à régir le Liban (voir www.nuitdorient.com/n738.htm ), et là les intérêts entre l’Iran et les Etats-Unis peuvent diverger. Donald Trump ne souhaite pas que les brigades Al Qods du général Souleymani et les autres milices shiites étrangères s’éternisent en Syrie, notamment dans la partie méridionale contigüe à Israël et à la Jordanie.

la Turquie d’Erdogan cherche à retrouver sa gloire passée dans l’empire ottoman, à travers le chaos créé en Syrie/Irak, et à empêcher la création d’un état indépendant kurde. Elle est amenée à jouer un triple jeu, alliance avec l’Occident contre l’Etat islamique, occupation de territoires en Syrie/Irak pour contenir l’avancée kurde, et bienveillance à l’égard de divers groupes rebelles islamistes sunnites, financés par le Qatar, pour asseoir son autorité en Islam.

l’Iran cherche à damer le pion à l’Islam sunnite et à créer un axe shiite reliant le Golfe persique à la Méditerranée et à contrôler les détroits autour de la péninsule arabique, directement ou par le biais d’un satellite au Yémen, la tribu shiite Houthie. De plus, les ayatollahs menacent le nouvel état fort renaissant d’Israël, de l’arme nucléaire, disponible à court ou moyen terme, malgré les accords fragiles signés avec l’Occident.

 

Le nécessaire état kurde

Malgré la résolution des nations de créer un Kurdistan indépendant, les 30 millions de kurdes sont encore répartis entre 4 pays, la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. Ils ont réussi à avoir une véritable autonomie en Irak, une fausse autonomie en Turquie et espèrent l’avoir en Syrie, profitant du chaos local. Or ils ont constitué une armée efficace, courageuse et exemplaire en Irak, la seule venant à bout de l’Etat islamique.

Or les kurdes forment une ethnie séculaire, ayant une langue, des coutumes et une culture particulière, une véritable nation méritant un état. L’Occident devrait aider à la création de cet état nécessaire à l’équilibre stratégique du Moyen Orient, et à lui fournir toutes les armes nécessaires dans ce but. D’ores et déjà, un référendum est prévu au Kurdistan irakien en septembre pour décider de l’indépendance ou du maintien comme province autonome en Irak.

 

Les Affaires Etrangères d’Occident

Aussi bien le Département d’Etat, le Foreign Office ou le quai d’Orsay sont sous l’influence d’une politique pro-arabe, atavique mais de plus en plus désuète, paralysant les gouvernements dans leur volonté de s’adapter aux changements stratégiques. Il est étonnant d’assister à des controverses sérieuses au sein des administrations quand il s’agit de la politique d’un nouveau gouvernement vis-à-vis des états arabes. Au point qu’on se demande si le chaos qui perdure au Moyen Orient depuis la 1ère Guerre mondiale, soit depuis un siècle, ne serait pas dû à cet attachement particulier et suspect des « Affaires Etrangères » à l’arabo-islamisme.

 

Une Nouvelle Ere Trump au Moyen Orient ?

Avec l’arrivée au pouvoir aux Etats-Unis d’un président porté par un courant « populaire » et non plus seulement par un appareil d’Etat élitiste qui a trop duré, on devrait espérer un changement dans la politique pratiquée jusqu’ici par l’Amérique au Moyen Orient.

 

Préconisations et conclusion

Nous préconisons les 4 voies suivantes à explorer, si l’Amérique veut venir à bout de l’Etat islamique et stabiliser la région.

– Elimination ou du moins neutralisation des ayatollahs islamiques qui occupent l’Iran depuis 37 ans et de la poussée islamique d’Erdogan qui dure déjà depuis 15 ans. L’Occident devrait renforcer les sanctions, au lieu de les alléger et favoriser et aider les groupes et ethnies qui souhaitent la chute de l’oligarchie des ayatollahs. L’Occident devrait menacer la Turquie d’exclusion de l’Otan et de sanctions, pour calmer les velléités d’hégémonie du président Erdogan, et « ses pleins pouvoirs », tout en favorisant les groupes locaux épris de liberté, aujourd’hui muselés ou en prison.

– Arrêt du financement indirect du terrorisme à travers les dons et les subventions aux autorités palestiniennes et attitude plus intransigeante vis-à-vis des royaumes et émirats arabiques tels que le Qatar qui financent les milices islamiques et les groupes terroristes, tels que le Hamas.

– Attitude plus ferme à l’égard des dirigeants, dits palestiniens, attitude plus objective eu égard aux buts véritables du Fatah et du Hamas (enseignement de la haine dans les écoles, propagande de guerre, encouragement à la terreur etc…)

– Aide à la création d’un état indépendant au Kurdistan et son approvisionnement en moyens pour venir à bout de ce qui reste de l’Etat islamique.

 

Si les réflexes et les habitudes pro-arabo-islamiques des Affaires Etrangères perdurent, la situation au Moyen Orient non seulement ne pourra pas s’améliorer, mais risque d’empirer dans le temps.

Et ce n’est pas en demandant à Israël sans cesse des concessions, accompagnées de la litanie des « 2 états pour 2 peuples »,  en vue de la création d’un 23ème état arabe, potentiellement terroriste et voué à la destruction de son voisin juif, qu’on obtiendra la paix dans la région.

Depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, plusieurs indices montrent qu’on se dirige progressivement dans la bonne direction.

– Lors de son voyage à Riyad, Donald Trump a signé avec les pays arabes sunnites un accord pour que cesse le financement de l’islamisme et du terrorisme islamique et qu’une alliance avec Israël soit mise en place pour endiguer l’Iran. Un accord anti-financement des groupes terroristes (dont le Hamas et le Hezbollah) a été signé avec le Qatar.

– Lors de son voyage à Jérusalem, Trump a insisté sur l’alliance indéfectible avec Israël, n’a pas évoqué « la solution à 2 états », ni les implantations en Judée-Samarie et il a fustigé les incitations à la haine de l’Autorité palestinienne et son encouragement financier et moral à la terreur locale.

– Lors de son voyage à Bruxelles, Trump a exprimé son désaccord vis-à-vis de l’accord de Paris sur le climat et a signifié la sortie des Etats-Unis de cet accord, pour pouvoir être libre sur le plan de l’exploitation des ressources énergétiques qui permettent à son pays d’avoir une influence mondiale et ne pas dépendre du pétrole ou du gaz arabe, iranien ou russe. Il a aussi demandé aux pays européens membres de l’OTAN de participer plus au financement des besoins en matière de défense.

– Dans son discours à Varsovie, il a magnifié la civilisation occidentale eu égard à l’invasion de la culture islamiste. Il a renforcé l’idée d’une alliance entre les douze pays d’Europe centrale (Initiative des trois mers) pour améliorer leur position face à la Russie.

Donald Trump a obtenu de Poutine l’arrêt de toute opération militaire en Syrie méridionale, limitrophe d’Israël et de la Jordanie, et la création d’une zone tampon de cinquante kilomètres où toute présence du Hezbollah et d’éléments iraniens est interdite.

 

Note

(1) Pas de « paix » non plus. En Islam, la paix n’existe pas pour l’infidèle ou l’ennemi. Il n’y a que des trêves temporaires, le temps que l’Islam retrouve la force et les moyens nécessaires pour la poursuite de ses conquêtes.

 

 

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