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Robert Ménard : «Les vieux partis politiques sont morts, y compris le FN»

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INTERVIEW – Le maire de Béziers, proche du FN, invite Marine Le Pen à tirer, d’urgence, les enseignements de sa défaite.

LE FIGARO. – Quelles sont les leçons de cette présidentielle pour le FN?

Robert MÉNARD. – Il faut, d’abord, inventer d’autres formes d’organisation. Les vieux partis politiques sont morts, y compris le Front national. Il existe un réel ras-le-bol. Avec Emmanuel Macron, tous les partis ont pris un coup de vieux. Cela s’inscrit dans un mouvement plus ample, comme 5 Étoiles en Italie ou Podemos en Espagne l’ont révélé. Marine Le Pen en a pris acte, mais j’espère qu’il ne s’agira pas d’un simple relooking. Il faut tout revoir, y compris le nom du mouvement même s’il ne s’agit pas seulement d’un problème d’étiquette. Le deuxième changement important à amorcer concerne le programme.

Que faut-il modifier?

Le projet de sortie de l’euro n’est plus une simple question de présentation. Maintenant, il faut y renoncer parce que c’est une erreur colossale, une bêtise. Je pense même qu’en cas d’accession de Marine Le Pen au pouvoir, l’euro nous protégerait et protégerait l’économie française. Il y a des choses à changer en Europe mais il faut arrêter d’en faire le bouc émissaire de toutes nos difficultés françaises. Aussi, le rapprochement de Nicolas Dupont-Aignan me semble essentiel parce que cela peut tout déclencher. Il est absolument urgent d’amorcer une ouverture dès les législatives. Nous devons avoir un groupe puissant à l’Assemblée.

«Aujourd’hui, le problème principal de la France est celui de son identité. Ceux qui la bradent ne sont pas à Bruxelles»

Robert Ménard

En dénonçant certains aspects économiques du projet de Marine Le Pen, ne prônez-vous pas l’explosion de son discours souverainiste?

Aujourd’hui, le problème principal de la France est celui de son identité. Ceux qui la bradent ne sont pas à Bruxelles. Le désastre de l’école, les problèmes de la famille, la crise de l’autorité, les difficultés de l’immigration… Tout cela n’est pas le résultat des dérives kafkaïennes de la bureaucratie bruxelloise. J’ai parfois l’impression que celles-ci nous servent de prétexte. Évidemment, il faut défendre les plus faibles mais on ne les défend pas, par exemple, en conservant notre Code du travail. En réalité, ce carcan affaiblit les entreprises, notamment les plus petites. Ceux qui en payent les pots cassés ne sont pas seulement les patrons mais aussi les salariés. Autrement dit, Marine Le Pen doit apporter des réponses proches du terrain, moins idéologiques.

Peut-elle réaliser un tel virage?

Elle l’a déjà amorcé! Mais il est arrivé trop tard. Ses hésitations sur l’euro révèlent une prise de conscience. Je salue son courage d’avoir commencé à rompre avec certains propos. Mais le FN continue à faire peur. Ce n’est pas en brandissant les «patriotes» que l’on changera quoi que ce soit. Il faut aller plus loin, privilégier les alliances. Aux législatives, Marine Le Pen doit s’engager à ne pas présenter de candidats là où certains représentants de droite sont proches de ses idées. Quand on représente une telle puissance politique de plus de dix millions d’électeurs, on doit être capable de faire des gestes forts, de montrer que les intérêts de la France passent avant ceux d’un parti. C’est comme cela que l’on peut rompre avec les vieilles habitudes politiques. À Béziers, nous avons réussi cette union de la droite entre des gens qui partagent 90 % de points communs.

Source : Le Figaro Premium – Robert Ménard : «Les vieux partis politiques sont morts, y compris le FN»

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