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L'identité du premier ministre de Macron au cœur de toutes les spéculations

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Le président élu assure avoir arrêté son choix pour le poste de premier ministre. Mais il ne dévoile  aucun nom.

Emmanuel Macron assure avoir choisi le nom de son futur chef de gouvernement. Un choix qu’il a arrêté «in petto». L’intéressé n’est pas au courant ; les très proches du président élu non plus. L’annonce ne sera faite qu’après la passation de pouvoir avec François Hollande fixée au 14 mai.

Pour autant, Emmanuel Macron a distillé quelques petits indices ces derniers jours. «Le premier ministre doit avoir une bonne connaissance de la vie politique et de l’État», assurait le candidat Macron la semaine dernière dans Le Parisien. «Quelqu’un qui aura une expérience dans le champ politique, les compétences pour diriger une majorité parlementaire et pour animer un collectif gouvernemental qui sera profondément renouvelé», ajoutait-il dans la foulée sur Europe 1, en souhaitant que le chef de gouvernement corresponde à cette «image du renouvellement».

«L’idée, c’est que ceux qui viennent d’horizons différents qui sont d’accord sur les grands chantiers et partagent les mêmes valeurs se retrouvent pour aller de l’avant»

Richard Ferrand, député du Finistère et secrétaire général d’En marche !
Richard Ferrand.
Richard Ferrand. – Crédits photo : Sébastien SORIANO/Le Figaro

Et si le leader d’En marche! avait d’abord pensé à une femme, il a indiqué avoir finalement «un ou deux profils en tête», «dont un profil masculin et un profil féminin». Au petit jeu du portrait chinois du premier ministre, le secrétaire général d’En marche!, Richard Ferrand, n’a pas exclu que le futur chef du gouvernement vienne des rangs de la droite. «L’idée, c’est que ceux qui viennent d’horizons différents qui sont d’accord sur les grands chantiers et partagent les mêmes valeurs se retrouvent pour aller de l’avant», a-t-il affirmé.

Une chose est sûre, certaines nominations seraient particulièrement mal vécues à droite, risquant de faire éclater Les Républicains déjà fragilisés par la défaite à la présidentielle. «Jean-Louis Borloo, c’est un coup politique formidable: ça nous ferait un mal fou! , s’inquiète un élu LR. Car il emmènerait avec lui une partie de la droite et du centre.» Après trois années de silence médiatique, l’ancien ministre a publiquement apporté son soutien à Emmanuel Macron dans l’entre-deux-tours. «Je suis prêt à me retrousser les manches deux ou trois ans pour donner un coup de main», a-t-il assuré au JDD tout en se disant «candidat à rien». Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, Jean-Louis Borloo ne s’est plus exprimé publiquement. «Il est retourné dans sa caserne», s’amuse un proche. Comme ses amis qui restent étonnamment silencieux…

Jean-Paul Delevoyé
Jean-Paul Delevoyé – Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Xavier Bertrand offrirait, lui, un des profils les plus complets pour Matignon. Député maire, ex-ministre et aujourd’hui président de la région des Hauts-de-France, il a en commun avec Emmanuel Macron d’avoir affronté Marine Le Pen. Si le candidat Macron a lui-même fait naître toutes les rumeurs en déclarant voir «une vraie cohérence entre Xavier Bertrand et Jean-Yves Le Drian», le président de région ne se dit officiellement candidat à aucun poste. «Je suis un homme de droite et du centre, je resterai un homme de droite et du centre. Il faut entendre la voix de la France populaire», confie-t-il au Figaro, en pointant ses «différences» avec Emmanuel Macron.


»Qui est Anne-Marie Idrac, potentielle future ministre de Macron?

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La culture du secret

Édouard Philippe
Édouard Philippe – Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

Dimanche soir, Xavier Bertrand s’est adressé directement au nouveau président en le conjurant de «ne pas oublier (…) la colère et l’inquiétude» des Français. «La France qui souffre ne peut plus attendre. Le résultat de ce (dimanche) soir oblige chacun à rester humble», a-t-il encore écrit sur sa page Facebook. Une façon aussi de mettre en avant sa manière de faire de la politique.

Le juppéiste Édouard Philippe, 46 ans, est également cité. Un nom qui surprend certains cadres LR alors que le député maire du Havre vient d’annoncer qu’il ne se représentait pas à l’Assemblée. De son côté, Philippe affirme ne pas avoir eu de contact particulier avec le nouveau président ni l’entourage de celui-ci. «Moi, j’attends de voir ses actes, j’attends de voir ses premières décisions, je me prononcerai une fois qu’il aura pris ses premières décisions», a-t-il confié dimanche à France Bleu Normandie. «(Macron) a devant lui deux chemins assez différents, celui qui consisterait à faire comme avant, à considérer que l’action politique est une action partisane, avançait-il aussi au micro de Tendance Ouest. Et la possibilité de sortir de ce chemin et d’entrer sur un autre qui consiste à dire que la vérité n’est pas à l’intérieur des partis et qu’elle peut passer par plus d’audace, plus de transgression, plus de recomposition politique.» Autant que le député maire du Havre ne ferme pas la porte à une action commune… Qu’en est-il de Jean-Paul Delevoye, actuellement en charge des investitures au sein d’En marche!? Cet ex-chiraquien offre un profil intéressant.

«La vision antagoniste des Français, qui aiment opposer la droite et la gauche, est contre-productive»

Sylvie Goulard, députée européenne, membre du MoDem, militante du fédéralisme européen.
Sylvie Goulard.
Sylvie Goulard. – Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Mais parmi les proches d’Emmanuel Macron, tous ceux qui l’accompagnent depuis le début de son aventure, ces noms de droite qui circulent font un peu grincer des dents. «Sinon, il y a aussi Copé qui est disponible», ironise l’un d’eux qui défend l’idée de nommer à Matignon le député du Finistère Richard Ferrand, le fidèle de la première heure et surtout secrétaire général d’En marche!. «Cela permettrait d’éviter les habituelles tensions entre l’Élysée et Matignon», assure un membre du mouvement. Mais forcément, dès que l’on regarde du côté des fidèles d’Emmanuel Macron, les noms de premiers ministrables commencent à tomber en cascade. François Bayrou? Il a l’expérience parlementaire et le poids politique que recherche Emmanuel Macron mais c’est aussi «un repoussoir pour les électeurs de droite», assure un membre de l’équipe d’En marche!. Gérard Collomb alors? Le maire de Lyon et soutien des tout débuts a certes fait le succès de sa ville et a une bonne cote auprès des milieux économiques mais, à 69 ans, il n’est pas forcément un gage de renouvellement. «Il est détesté au Sénat, assure un parlementaire d’En marche!. Il ne s’intéresse qu’aux dossiers lyonnais. Il n’assiste pas aux réunions quand il s’agit d’autres sujets.» Jean-Yves Le Drian? Il a une grande expérience politique et a fait un sans-faute au ministère de la Défense.

Anne-Marie Idrac.
Anne-Marie Idrac. – Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, chacun est condamné aux spéculations. Car le président élu a la culture du secret. «Son choix dépend de la stratégie retenue, analyse un pilier du mouvement. En clair, Macron veut-il fracturer la droite ou pas?» Au jeu des devinettes, plusieurs élus anticipent la nomination d’une femme. En guise de signal du renouvellement. Certains citent l‘ex-ministre de Jacques Chirac et ancienne patronne de la RATP et SNCF, Anne-Marie Idrac, qui était présente dimanche soir au Louvre. D’autres voient l’eurodéputée centriste Sylvie Goulard propulsée à Matignon. «Elle est brillante, elle a de l’autorité», s’enflamme un parlementaire. Cette Européenne convaincue, anglophone, germanophile et italianisante a fait la connaissance d’Emmanuel Macron au moment où il était rapporteur de la commission Attali en 2007. «La vision antagoniste des Français, qui aiment opposer la droite et la gauche, est contre-productive, aime-t-elle rappeler. Prenez la loi El Khomri. Il est aberrant qu’une partie de la droite ne l’ait pas votée.»

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 09/05/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

Source :©  Le Figaro Premium – L’identité du premier ministre de Macron au cœur de toutes les spéculations

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