Gouvernement, législatives : Emmanuel Macron à pied d'œuvre - C.J.F.A.I  
Quantcast

Gouvernement, législatives : Emmanuel Macron à pied d'œuvre

Home»A LA UNE»Gouvernement, législatives : Emmanuel Macron à pied d’œuvre
image_pdfimage_print
Emmanuel Macron et François Hollande, lundi, lors de la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945 à l’Arc de triomphe. – Crédits photo : FRANCOIS BOUCHON/François Bouchon / Le Figaro

VIDÉO – Le président élu, qui remplacera François Hollande dimanche, dispose de peu de temps pour constituer l’équipe gouvernementale et arrêter la stratégie d’En marche ! pour le scrutin de juin.

L’heure des marées humaines de militants et des émissions à grande écoute est terminée. Maintenant que la campagne s’est victorieusement achevée, l’agenda d’Emmanuel Macron fleure bon la discrétion. Ses journées sont truffées de tractations en petit comité, de tête-à-tête au QG, de négociations secrètes et de discrets coups de téléphone. Le président élu dispose de peu de temps pour avancer sur plusieurs fronts parallèles: constituer son prochain gouvernement et son cabinet de l’Élysée, préparer la passation de pouvoir et désigner les candidats investis pour les législatives de juin.

Le mouvement En marche! sur lequel Emmanuel Macron s’est appuyé pour prendre d’assaut l’Élysée va se muer en un parti au fonctionnement plus traditionnel. Rebaptisé «La République en Marche», il tiendra son congrès fondateur avant le 15 juillet. Emmanuel Macron a désigné Catherine Barbaroux, qui était jusqu’à présent déléguée nationale d’En marche!, pour prendre les rênes de cette formation. Les adhésions resteront gratuites.

«Il y a un travail logistique assez lourd à mettre en place pour pouvoir faire campagne sur le terrain»

Un cadre du mouvement au sujet des prochaines législatives

Quant aux investitures, qui vont permettre de lancer la campagne des législatives, elles seront connues «d’ici jeudi 11 mai à 12 heures», a précisé le député Richard Ferrand. Le compte à rebours est donc lancé pour les socialistes ou les Républicains qui souhaiteraient passer sous la bannière d’Emmanuel Macron. Jeudi midi, il sera trop tard. Une façon de les mettre sous pression pour accélérer leur choix mais aussi pour ne pas perdre trop de temps avant de se lancer dans les législatives. «Il y a un travail logistique assez lourd à mettre en place pour pouvoir faire campagne sur le terrain», explique un cadre du mouvement. Des modèles de tracts prêts-à-l’emploi ont été mis à disposition des futurs candidats. Une hotline permettra même aux néophytes d’avoir une aide technique.

Et puis il y a aussi la question des photos sur les affiches à régler. Difficile de bloquer le président élu pour le faire poser au côté de chacun des 577 candidats investis. Depuis sa victoire, le visage d’Emmanuel Macron est pourtant le meilleur argument électoral, notamment pour les candidats inconnus issus de la société civile. Mais «on va trouver un truc», promet-on dans les rangs La République en Marche. D’ici là, il va aussi falloir régler les derniers desiderata des poids lourds du mouvement. Chacun y va de sa liste, plus ou moins longue, de noms à investir pour les législatives, obligeant parfois à des arbitrages cruels ou à de complexes jeux de chaises musicales.

Pour lancer la dynamique de campagne dans le prolongement de celle de son élection dimanche, Emmanuel Macron dispose d’une carte à jouer: la nomination de son premier ministre et de son gouvernement. Sa composition sera l’occasion d’adresser un signal aux Français et d’essayer de leur faire comprendre que le message qu’ils ont envoyé lors des deux tours de l’élection présidentielle a été entendu. Une subtile affaire de dosage politique sur laquelle le président élu se penche actuellement. Avec une difficulté majeure: faire des déçus parmi ses soutiens.

Au regard du gouvernement réduit – une quinzaine de ministres – qu’il souhaite mettre en place, les places seront très chères. Du coup, certains commencent déjà à regarder ailleurs, notamment vers la haute administration où Emmanuel Macron a annoncé qu’il comptait passer en revue quelque 250 nominations récentes.

Premiers pas présidentiels

En parallèle, le nouveau président s’active également pour composer son cabinet à l’Élysée. Une maison qu’il connaît bien pour y avoir travaillé de 2012 à 2014. Le poste le plus important, celui de secrétaire général de l’Élysée, devrait échoir à Alexis Kholer, son ancien directeur de cabinet à Bercy. Celui de secrétaire général adjoint devrait revenir à Julien Denormandie. Ancien dirigeant de Bouygues, l’énarque Didier Casas pourrait être nommé directeur de cabinet.

Emmanuel Macron est également en train de choisir son chef de la cellule diplomatique. Responsabilité ô combien éminente: ce conseiller l’accompagnera dans tous les sommets internationaux, tel une sorte de ministre des Affaires étrangères bis. Les noms de trois diplomates de haut rang circulent: l’ambassadeur de France aux États-Unis Gérard Araud, qui aurait déjà conseillé Emmanuel Macron ces dernières semaines, le représentant permanent de la France aux Nations unies, François Delattre, ou l’ambassadeur de France à Rome, Alain Le Roy.

Enfin, Jean-Christophe Belliard pourrait s’occuper des relations avec l’Afrique dans une équipe, qui compterait également le camarade de promotion à l’ENA du président, le jeune Aurélien Le Chevallier.

Le 25 mai aura lieu le sommet de l’Otan à Bruxelles. Puis, dans la foulée, les 26 et 27 mai, ce sera le plongeon dans le grand bain avec la réunion du G7 à Taormina en Sicile

Si Emmanuel Macron accélère, c’est aussi parce que le calendrier international est chargé. Le 25 mai aura lieu le sommet de l’Otan à Bruxelles. L’occasion de rencontrer pour la première fois Donald Trump. Puis, dans la foulée, les 26 et 27 mai, ce sera le plongeon dans le grand bain avec la réunion du G7 à Taormina en Sicile, réunissant les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Italie, le Canada, le Japon et l’Allemagne.

Dans l’immédiat, le programme officiel du nouveau président est plutôt allégé. Mercredi, il retrouve François Hollande au jardin du Luxembourg pour une cérémonie de commémoration à l’occasion de la douzième journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Le même jour, Emmanuel Macron veut assister en Bretagne aux obsèques de la députée Corinne Ehrel, brutalement décédée vendredi dernier lors d’une réunion publique d’En marche!.

Source :© Le Figaro Premium – Gouvernement, législatives : Emmanuel Macron à pied d’œuvre

Laisser un commentaire

X