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50 raisons d'aimer la France en 2017

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Par Maurice Beaudoin, Jean-Christophe Buisson, François Delétraz, Cyril Drouhet, Clara Géliot, Pascal Grandmaison, Véronique Grousset, Laurence Haloche, Cyril Hofstein, Charles Jaigu, Carl Meeus, Ghislain de Montalembert, Guyonne de Montjou, Nicolas Ungemuth et Jean-René Van der Plaetsen

Ce pays impossible, toujours divisé, toujours au bord de l’explosion civile, se révèle un miracle d’équilibre entre les «émiettements obstinés» de la géographie et les «invraisemblables accumulations» de l’Histoire.

● Sylvain Tesson*: «C’est un pays de collines inspirées»

Fernand Braudel dans le prologue de son Identité de la France (pouah! le vilain mot!) livre une clé de la spécificité française. Ce pays impossible, toujours divisé, toujours au bord de l’explosion civile se révèle un miracle d’équilibre entre les «émiettements obstinés» de la géographie et les «invraisemblables accumulations» de l’Histoire.

Pendant des mois, l'écrivain-voyageur Sylvain Tesson a arpenté à pied les routes de campagne entre le Mercantour et la Normandie.
Pendant des mois, l’écrivain-voyageur Sylvain Tesson a arpenté à pied les routes de campagne entre le Mercantour et la Normandie. – Crédits photo : THOMAS GOISQUE

En d’autres termes, nous possédons la grâce de vivre dans un mouchoir de poche (un mouchoir de roche) où coexistent des flamants roses et des phoques moines, des palmiers dattiers et des saxifrages boréaux, des radicaux-socialistes et des Vendéens encore à demi chouans. Il est peu commun dans le concert des nations qu’une telle profusion de visages, de langages, de sentiments et d’insectes se marquettent dans un espace si restreint. Il est peu commun qu’un pays se tienne à la croisée des transepts dans une position si fragile, et sédimente un pareil passé sur un manteau d’Arlequin.

Les porte-parole des actuels pouvoirs publics bêlent leurs discours sur une «diversité» prétendument nouvelle et rêvent de bâtir la société multiculturelle. La France ne les a pas attendus pour chatoyer. Il faudrait les envoyer marcher à travers le pays, ces esprits de pointe! Le morcellement territorial est tel que même à raison de 30 kilomètres par jour, la profusion des aspects de la France leur sauterait au regard s’ils en avaient un. Il aurait fallu que les aménageurs écoutent l’injonction de Braudel avant d’entamer cinq décennies d’uniformisation du territoire et de couvrir le pays de ronds-points, c’est-à-dire de pustules: «La géographie est une opération concrète: ouvrir l’œil, partir de ce que l’on voit […], ce n’est tout de même pas la mer à boire.» Si l’on veut aimer une chose, il faut d’abord la regarder. Français! encore un effort, éteignez vos écrans, et partez sur les routes.

«Français ! Encore un effort, éteignez vos écrans, et partez sur les routes»

Est-ce étonnant si les écrivains ont tiré inspiration de leur traversée du pays à pied ou à cheval? D’Arthur Young à Jacques Lacarrière, du Tour de France par deux enfants aux voyages de Charles Nodier, de Giono à Kaufmann, le voyage en France est un genre.

Les modernes, bien entendu, se voilent les yeux devant cette évocation esthétique du Tableau de la géographie de la France pour parler comme Vidal de La Blache. «Vous regrettez là un pays de cartes postales! Vous avez une vision passéiste et naïve! La France des collines n’existe plus!» disent-ils. Libre à eux de se féliciter que cinq décennies de remembrement et de politique agricole commune soient venues à bout d’un minutieux travail d’orfèvrerie paysanne. Libre à eux de préférer une «zone concertée» à une colline inspirée. Libre à eux de se passionner pour les réalités d’un présent condamné. Ils préfèrent être dans le vent plutôt que dans l’éternité des rêves, des nostalgies assumées et des souvenirs vénérés. Nous, vieux fossiles, cherchons les mares au diable, les sources aux fées et les gorges du loup. Elles existent encore.

* Dernier livre paru: Sur les chemins noirs(Gallimard).


● Elle est belle vue du ciel

Photo de la France prise le 28 novembre dernier par Thomas Pesquet depuis la station spatiale internationale (ISS).
Photo de la France prise le 28 novembre dernier par Thomas Pesquet depuis la station spatiale internationale (ISS). – Crédits photo : NASA/ESA

«Volant d’Ouest en est, j’aperçois les lumières des côtes bretonnes en premier, comme tellement de navigateurs avant moi! C’est toujours dans cette direction que vole la Station spatiale. Un sentiment étrange: je me demande ce que mes proches sont en train de faire sur Terre au moment même où je les prends en photo… Salut Paris, salut la France: vous êtes magnifiques ce soir!»

Thomas Pesquet, astronaute

● Les livres d’idées ont à nouveau la cote

Ils s’appellent Marcel Gauchet, Jean-Pierre Le Goff, Pascal Bruckner, Michel Onfray, Natacha Polony, Jacques Julliard, Alain Finkielkraut, Régis Debray, François-Xavier Bellamy, Agnès Verdier-Molinié… Qu’ils évoquent la politique, l’économie, les fractures de la société française, l’islam, la géopolitique ou l’Histoire, leurs essais se vendent désormais à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires et suscitent disputes, polémiques, controverses et parfois même procès! Au point d’inciter les responsables politiques à mettre eux aussi les mains dans le cambouis intellectuel. Avec succès aussi. Voir le livre de réflexions de François Fillon sur le totalitarisme islamique: plus de 60 000 exemplaires vendus…

● Nos ONG sont sur tous les fronts

Médecins sans frontières, Action contre la faim, Handicap international, Médecins du monde: autant d’orga-nisations humanitaires de renom qui véhiculent ces valeurs si françaises de solidarité. C’est après la guerre du Biafra, un des premiers conflits relayés par la télévision, que quinze médecins français ont fondé, en 1971, Médecins sans frontières. Leur but: porter secours à toutes les victimes de catastrophes naturelles, d’accidents collectifs et de situations de belligérance, sans discrimination de race, de politique ou de religion. Ces fameux «French doctors» ont fait des émules. On compte des milliers d’ONG en France, financées par les dons de plus deux millions de Français, et présentes dans toutes les situations d’urgence: durant les guerres civiles en Somalie, au Rwanda, en Afghanistan, en Syrie, mais aussi dans le déminage du Cambodge, ou les tremblements de terre d’Haïti ou du Népal. Le dévouement des Français n’a pas de frontières…

● Elle est la vitrine du septième art

Délégué général du Festival de Cannes depuis 2007, directeur de l’Institut et du festival Lumière à Lyon, Thierry Frémaux est l’un de ceux qui œuvrent le plus pour faire rayonner le septième art. Ce gamin des Minguettes a mis ses pas dans ceux des frères Lumière pour dédier sa vie au cinéma d’hier et d’aujourd’hui. Dans Sélection officielle (Grasset, 11 janvier), il confie ses souvenirs de petit Français qui court d’un continent à un autre à la recherche de films issus de tous horizons et donne le la à la manifestation la plus médiatique au monde après les JO.


«Catherine Deneuve, c’est l’icône française par excellence : belle, drôle, curieuse, elle fume comme un pompier et organise des bouffes chez elle…»

Diane Kruger

● Diane Kruger: «Pour les Parisiens»

L'actrice Diane Kruger, la nouvelle égérie de la marque Martell, ici au Château de Versailles
L’actrice Diane Kruger, la nouvelle égérie de la marque Martell, ici au Château de Versailles – Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA

Leur manière de s’habiller, de vivre, de prendre des apéros en terrasse… Tout me fascine chez les Parisiens! C’est pour ça que j’ai élu domicile à Paris. Pour l’Allemande que je suis, le cliché reste présent: je m’émerveille à chaque fois que je passe devant la tour Eiffel ; j’adore déjeuner à La Belle Époque, rue des Petits-Champs, et boire un café dans les bistrots du Palais-Royal ; je ne me lasse pas des balades aux Buttes-Chaumont et je mesure la chance de vivre dans le Quartier latin.

Si j’aime autant la France, c’est parce que ce pays m’a donné ma chance et offert mon indépendance. À 16 ans, j’ai quitté ma Basse-Saxe natale pour vivre ici du mannequinat et, en 2002, Guillaume Canet m’a fait faire mes premiers pas au cinéma dans Mon idole. Depuis, j’essaye de tourner au moins un film français par an. Je viens ainsi d’achever celui de Thierry Klifa, Tout nous sépare, où j’incarne la fille de Catherine Deneuve. C’est elle l’icône française par excellence: belle, drôle, curieuse, elle fume comme un pompier et organise des bouffes chez elle… S’il y avait une femme à laquelle j’aimerais ressembler à son âge, c’est bien à elle!»

● Alain Rey: notre langue est d’une richesse inouïe

Régulièrement meurtrie, torturée, humiliée, dégradée, amputée, elle existe pourtant toujours: notre langue! Hier, on la parlait un peu partout dans le monde, maintenant, même chez nous, cela devient compliqué. Pourtant, de Rabelais à Céline, de Villon à Audiard, de Gainsbourg à Houellebecq, cette merveille d’une richesse inouïe résiste, avec ses difficultés et ses contradictions.

Le grand lexicographe Alain Rey, responsable du Dictionnaire historique de la langue française, reste optimiste: «Il faut que l’orthographe sache évoluer. Elle avait su le faire au XVIIIe siècle, quand on avait su enlever les lettres parasitaires du français et remplacer, par exemple, le «s» par l’accent circonflexe.» Et si «toutes les langues s’échangent des mots», il admet que «c’est le gros problème du français, en ce moment, car ses emprunts viennent surtout de l’anglais et des États-Unis». Understood?

● Notre littoral est sous haute protection

Port Navalo, commune d'Arzon.
Port Navalo, commune d’Arzon. – Crédits photo : ARNAUD ROBIN/Le Figaro Magazine

Grâce à un établissement public unique au monde, le Conservatoire du littoral, les bords de mer français ne ressembleront sans doute jamais à ceux d’autres pays de la Méditerranée, largement défigurés par le béton. Créé en 1975, le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, son nom officiel, s’est fixé pour tâche d’acquérir un tiers du littoral français, afin qu’il ne soit «ni construit ni artificialisé». Année après année, son action a été étendue au domaine public maritime (en 2002), aux zones humides des départements côtiers (en 2005), aux estuaires, au domaine public fluvial et aux lacs (en 2009). Aujourd’hui, quelque 190.000 ha, répartis sur plus de 700 sites, ont déjà été sanctuarisés. Soit 1450 km de côtes et 13 % du linéaire côtier. Et cet espace ne cesse d’augmenter. Avec un acte d’achat signé chaque jour en moyenne et un budget annuel de 50 millions d’euros, le Conservatoire du littoral réussit à acheter et à protéger chaque année 3000 ha.

● Les Zodiac du ciel

Dans un avion, il y a 40% de chances que vous vous soyez assis sur un siège Zodiac Seats. C’est l’une des cinq branches opérationnelles du fournisseur d’équipements aéronautiques Zodiac Aerospace. Elle détient 40% du marché mondial des sièges passagers pour les avions commerciaux et régionaux, mais aussi des sièges techniques pour les pilotes d’avions et d’hélicoptères. Chiffre d’affaires en 2015: 4,9 milliards d’euros.

«En Angleterre, tout est permis, sauf ce qui est interdit. En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis. En France, tout est permis, même ce qui est interdit»

Winston Churchill

● Le pays des stars du pétrin

Qui porte un béret et une baguette sous le bras? Les clichés ont la vie dure, notre attachement à la boulange aussi: une boulangerie pour 1800 habitants. Longtemps concurrencés par les cuiseurs de miches industrielles, ceux qui font du bon travail regagnent aujourd’hui leur croûte haut la main. Les Dominique Saibron, Rodolphe Landemaine, Eric Kayser et autre Gontran Cherrier sont devenus des stars du pétrin. Le savoir-faire made in France s’exporte de New York à Rio de Janeiro en passant par Tokyo, Séoul et Dubaï. Du petit-déj’ sous la couette au bread maki de Thierry Marx – qui a ouvert cette année une boulangerie à Paris -, qui ne raffole pas de l’odeur de ces baguettes dorées à la croûte bien levée, croustillante, à la mie parfaitement alvéolée? Au fait, la meilleure de France est bretonne: c’est celle de Ludovic Beaumont, patron de La Fournée, à Brest.

● Les poings en or d’Estelle Mossely

Grâce à la boxeuse de 24 ans, vainqueur de la catégorie poids légers aux JO de Rio, la France a obtenu sa première médaille olympique en boxe féminine. Cinq autres tricolores gantés de cuir (dont son compagnon Tony Yoka) sont repartis du Brésil une breloque autour du cou. Depuis l’été 2016, le pays de Marcel Cerdan a retrouvé goût au noble art.

● Pour ses cabines des cimes

Un téléphérique nommé Poma.
Un téléphérique nommé Poma. – Crédits photo : dr

On lui doit le téléphérique Vanoise Express reliant les domaines skiables des Arcs et de La Plagne sur 1824 m, le téléphérique Roosevelt Island Tramway surplombant l’East River entre Manhattan à Roosevelt Island ou les cabines des grandes roues de Londres et de Las Vegas (167 m de haut). Installée à Voreppe près de Grenoble, Poma est un des leaders mondiaux du transport par câble. Elle s’est distinguée dès les années 40 en équipant le massif alpin de remontées mécaniques. Sa dernière réalisation notoire est la British Airways i360 qui a ouvert cet été. Plus haute tour ascensionnelle du monde, elle offre, à 162 m de hauteur, une vue panoramique à 360° sur Brighton et les environs.

● Les Compagnons, notre aristocratie ouvrière

La flamme dorée qui brille au faîte de la statue de la liberté à New York? C’est l’œuvre de 10 ouvriers métalliers champenois, ferronniers d’art, compagnons du Devoir et du Tour de France, qui traversèrent l’Atlantique en 1986 pour la rénover. Le savoir, le talent de cette aristocratie ouvrière sont l’héritage des mouvements de compagnonnage nés au XIe siècle, à l’époque de la construction des cathédrales. C’est pourquoi les monuments historiques, les musées, le Mobilier national font appel à leur savoir unique. Les simples particuliers aussi. Même Madonna…

«C’est un beau pays la France. Se rend-elle compte de sa féérie ? Elle se rend même pas compte de ses chances ; autrement, elle mesurerait la déveine des autres nations»

Yasmina Khadra

● Un code qui a de la suite dans les idées

Un code-barres européen sur deux provient de ses usines (un sur quatre dans le monde). Basée à Nantes, la société Armor est leader mondial des films encrés pour l’identification unitaire et la traçabilité des produits. Spécialisée dans la chimie des encres et l’impression, elle est également le plus gros vendeur de consommables compatibles pour imprimantes en Europe. Chiffre d’affaires 2015: 240 millions d’euros, dont 80 % à l’export.


Cécilia Bartoli: l’avis d’une gourmande

Cécilia Bartoli pose au Bayerische Statsoper, l'opéra de Bavière.
Cécilia Bartoli pose au Bayerische Statsoper, l’opéra de Bavière. – Crédits photo : FABRICE DEMESSENCE

Pourquoi l’Italienne que je suis aime la France?

Parce qu’on y mange les meilleures baguettes du monde.

Pourquoi j’aime Paris?

Après Rome, c’est la ville la plus belle au monde.

Ce que j’aime dans la culture française?

Précisément l’amour de la culture!

Les endroits où je me sens bien en France?

Dans les merveilleuses fromageries.

Mes grands succès en France?

Norma, en octobre passé, au Théâtre des Champs-Elysées.

Mes coups de cœur en France?

Les cannelés de Bordeaux.


● Nos directeurs de palace sont les meilleurs du monde

Si l’on devait n’en citer qu’un, ce serait lui: Didier Le Calvez. Tandis qu’il dirigeait Le Bristol à Paris, il a reçu en 2015 la distinction ultime: le titre de meilleur directeur d’hôtel au monde décerné par le très sérieux Gallivanter’s Guide britannique. S’il incarne à lui seul l’excellence à la française dans l’univers de l’hôtellerie de luxe, c’est qu’en près de quarante ans de carrière, il a piloté les plus prestigieuses adresses de la planète: le Plaza et The Pierre à New York ou encore le Four Seasons George V à Paris dont il a orchestré la réouverture en 1999 et qui, sous sa houlette, a été élu sept années de suite meilleur hôtel du monde par le Andrew Harper’s Hideaway Report. Après Le Bristol (devenu palace en 2011, sous sa direction), il a rejoint au printemps dernier le groupe Michel Reybier Hospitality au sein duquel il assure la présidence des hôtels et la direction générale de son fleuron, La Réserve Paris. Et, devinez quoi? L’établissement du 42, avenue Gabriel a, depuis, rejoint à son tour le club très fermé des palaces parisiens…

«Si vous avez de la chance d’avoir vécu jeune homme à Paris, où que vous alliez pour le reste de votre vie, cela ne vous quitte pas, Paris est une fête»

Ernest Hemingway

● On redécouvre notre histoire

Jeanne d'Arc, d'Antoine Dufour, 1505.
Jeanne d’Arc, d’Antoine Dufour, 1505. – Crédits photo : DeAgostini/Leemage

Grâce à ses médiatiques et infatigables hérauts (Lorànt Deutsch, Franck Ferrand, Stéphane Bern…), à la précieuse chaîne Histoire, à de nombreux enseignants (surtout du privé) mais aussià plusieurs ténors de la classe politique comme Guaino, Copé, Fillon ou Dupont-Aignan, l’Histoire de France n’est plus méprisée ou déconsidérée.

Inquiets pour leur avenir, les Français trouvent de plus en plus dans leur passé des sources d’espoir et des motifs de fierté plutôt que des envies de repentance masochiste. Loin de la vulgate marxisante, ils redécouvrent que tout n’a pas commencé en 1789 et que, plus que les mouvements sociaux, économiques ou climatiques, ce sont bel et bien des hommes et des femmes qui ont fait l’histoire de notre nation. Leurs noms? Clovis, Bayard, Jeanne d’Arc, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle…

● Nos petites chapelles dans les prairies

Le lac et la chapelle de Roselend.
Le lac et la chapelle de Roselend. – Crédits photo : ARNAUD ROBIN/Le Figaro Magazine

La petite chapelle surplombe la vallée. En pierre grise et toit de lauze, elle se dresse, au détour du sentier. Un jour, des hommes ont souhaité qu’elle existe. Pierre après pierre, ils lui ont donné cette forme modeste, rectangulaire et souveraine. Autour, les vaches paissent, les moutons bêlent. Ici, le temps s’est arrêté. A travers le vitrail polychrome, un autel recouvert d’un drap blanc se devine. Un cierge éteint désigne une icône derrière laquelle un rameau de l’an passé a été coincé. Le lieu est aimé. Soigné. Ses gardiens anonymes souhaitent qu’il survive à la nature dévorante, aux sens qui vacillent et au bruit. Mais la chapelle est fermée. Soudain, réflexe ancré au fond d’une identité heureuse, nos doigts s’aventurent du côté de la charpente, au-dessus de la porte d’entrée. Ils tombent sur une forme intacte: la clef!

● Des fromages qui fleurent bon le pays

Sans ses fromages, la France ne serait pas la France. Roquefort ou mont d’or, camembert ou boulette d’Avesnes, ces fleurons de nos terroirs – 45 AOP fromagères – font partie de notre identité avec ses diversités, ses goûts affirmés comme autant de caractères. C’est un patrimoine culturel vivant. Dans le pays du calendos, on peut voir l’élégante propriétaire d’une galerie d’art parisienne envoyer en guise de carte de vœux un saint-nectaire fermier. Et l’heureux bénéficiaire de s’enthousiasmer devant cette merveille en robe de bure grise introduite à la table de Louis XIV par le maréchal de Senneterre.

De brebis ou de vache, odorants ou plus doux, nacrés ou dorés, crémeux ou persillés… On est loin des 365 variétés énoncées par le général de Gaulle dans son célèbre aphorisme. Aujourd’hui, on dénombre 1 200 variétés – 450 nouvelles commercialisées en 2014. L’emmental, le camembert, le coulommiers, la raclette et le comté ont les faveurs des Français qui consomment 26,7 kilos de fromage par an et par habitant. Un chiffre qui place la France au deuxième rang des plus gros consommateurs au monde, derrière la Grèce. La feta à la fête? Il n’y a pas de quoi en faire un fromage.

● Parce qu’elle s’agrandit encore!

Sous la surface des océans, notre territoire ne cesse de s’agrandir. En 2015, quatre décrets ont déjà permis à
la France de gagner plus de 500.000 km², soit l’équivalent de la surface de la métropole. Ce gigantesque espace, situé au large des Antilles, de la Nouvelle-Calédonie, de la Guyane et des îles Kerguelen a été accordé grâce à l’application de la convention des Nations unies de Montego Bay sur le droit de la mer. Un acte qui autorise un pays à étendre sa souveraineté au-delà des 200 milles marins (370 km) de sa zone économique exclusive (ZEE), jusqu’à un maximum de 350 milles (650 km) s’il peut prouver que le fond des mers est relié au plateau continental.

Avec un peu plus de 11 millions de km², la ZEE française est la deuxième plus importante du monde, derrière celle des Etats-Unis. Mais elle pourrait encore s’accroître. D’autres dossiers sont en cours d’examen par la Commission des limites du plateau continental (CLPC). Il s’agit de l’archipel des Crozet et des îles Saint-Paul et Amsterdam, de La Réunion, de Wallis-et-Futuna, de la Polynésie française, du golfe de Gascogne et de Saint-Pierre-et-Miquelon. Si toutes ces demandes étaient acceptées, le domaine français pourrait augmenter de plus d’un million de km² et nous offrir un accès sans précédent aux richesses des abysses.


«Si je suis amoureux de la France, c’est avant tout pour la langue»

Bradley Cooper

● Bradley Cooper: «Pour le pain-beurre-saucisson»

«J’adorerais habiter Paris pour une bonne raison: le pain-beurre-saucisson! Je n’y ai pas élu domicile, mais j’ai une vie en France et c’est pour moi le plus beau pays. À Aix-en-Provence, où j’ai suivi une partie de mes études, j’ai gardé des amis et un attachement particulier pour la Villa Gallici. À la capitale, j’ai fait la connaissance de Mélanie Laurent, qui m’a présenté des gens très sympas comme Denis Ménochet, et d’Alain Chabat qui m’avait contacté pour un rôle. Le film ne s’est jamais fait mais nous sommes restés en contact.

Mais, si je suis amoureux de la France, c’est avant tout pour la langue. Avant de mourir, je rêverais de jouer une pièce de théâtre en français. Ce doit être terriblement difficile mais exquis. Et si, par bonheur, j’avais à dire “cacahuète”, je serais comblé car c’est mon mot préféré!»

● Elle brille de 1000 feux

Feux d'artifice lors de la fête nationale du 14 juillet.
Feux d’artifice lors de la fête nationale du 14 juillet. – Crédits photo : DUCEPT Pascal / hemis.fr

La scénographie du 14 juillet à Paris, la Fête du lac à Annecy, la tournée de Johnny Hallyday, la Fête nationale des Émirats arabes unis à Dubaï, le mariage du prince Albert II à Monaco, des festivals en Chine, au Japon, au Canada… Depuis ses débuts en 1739 à la cour du roi Louis XV, la famille Ruggieri tire des feux d’artifice pour les grands événements. Elle ne cesse d’innover afin de proposer de plus larges palettes de couleurs, de nouveaux effets spéciaux et des spectacles plus détonants. Elle était ainsi la seule à pouvoir écrire «2000» dans le ciel lors des fêtes du nouveau millénaire. Elle est aujourd’hui associée à l’artificier Etienne Lacroix et implantée sur tous les continents, où elle gère près de 10.000 feux par an.

● Une faune et une flore uniques au monde

La France abrite 87.325 espèces différentes de faune, flore, terrestres et marines, en métropole et 70.458 en outre-mer, soit 157.783 au total, dont 13.325 espèces endémiques. Une biodiversité unique au monde par son ampleur et sa variété. À titre d’exemple, rien qu’en Nouvelle-Calédonie, on trouve près de 3000 plantes, plus de 5000 insectes, une centaine de reptiles, une vingtaine d’oiseaux et 6 mammifères endémiques. Mais la liste pourrait s’allonger: on estime que seules 10 % des espèces supposées présentes en outre-mer ont été recensées pour l’instant…

● Nos histoires d’eaux sont les plus belles

Evian, Quézac, Volvic, Badoit, Perrier… La nature s’est montrée généreuse avec la France dont le sol regorge d’eaux minérales aux vertus innombrables. Notre pays ne compte pas moins de 39 eaux de source et 80 eaux minérales. C’est une chance, alors que ce marché explose au niveau mondial: entre 1999 et aujourd’hui, la consommation moyenne par personne est passée de 9 à 27 litres, soit une hausse de 300 %. Le groupe français Danone, numéro 2 mondial des eaux minérales après le suisse Nestlé Waters, en profite: il vend 26 milliards de litres d’eau par an. À côté des géants, de nouveaux acteurs surfent sur la vague: les eaux minérales régionales (Saint-Géron, Abatilles, Ogeu…) ont le vent en poupe et s’exportent. Idem pour les eaux rare, comme la Châteldon, grand cru des eaux gazeuses. Louis XIV en aurait été friand. Vendue aux alentours de 3,50 € le litre, on la retrouve sur de nombreuses tables de restaurants prestigieux tels le Fouquet’s ou Maxim’s.

«Le vêtement révèle souvent l’homme ; et en France, les gens de qualité et du premier rang ont le goût le plus exquis et le plus digne»

William Shakespeare

● Nos écrivains raflent les Nobel

Toujours prêts à se dénigrer, les Français verront dans l’attribution des prix Nobel une raison supplémentaire de se dévaluer: 62 lauréats (sur 870 prix décernés depuis la création de ce jury), soit un ratio de 7 %. Mais si l’on y regarde de plus près, il y a au moins une raison de se réjouir: en littérature, c’est la France qui, avec 15 lauréats, détient le record mondial (soit un ratio de 13,3 %, plus conforme à notre rang…).

Trois prix Nobel de littérature français sont encore vivants: Patrick Modiano (élu en 2014), Jean-Marie Gustave Le Clézio (2008) et Gao Xingjian (2000). Au cours des cinq dernières années, la France a également obtenu des prix Nobel en chimie (Jean-Pierre Sauvage en 2016), en économie (Jean Tirole en 2014), en physique (Serge Haroche en 2012) ou en médecine (Jules Hoffmann en 2011). Ce qui représente tout de même une moyenne d’un Nobel par an!

● Ponant, roi des océans

Ponant, compagnie spécialisée dans les croisières de luxe.
Ponant, compagnie spécialisée dans les croisières de luxe. – Crédits photo : PONANT / Guillaume Plisson

Symbole insubmersible d’un certain art de vivre, Ponant (initialement baptisée La Compagnie des îles du Ponant) est un des fleurons français. Cette compagnie maritime spécialisée dans les croisières de luxe peut compter sur une importante flotte de yachts, mais aussi de voiliers à taille plus réduite dont le célèbre Ponant. Elle met le cap sur les destinations les plus lointaines sans jamais transiger sur son service de restauration 5 étoiles. Depuis son rachat fin 2015 par le Groupe Artémis, holding de la famille Pinault, Ponant dispose désormais de solides bases pour accélérer son expansion internationale.

● Frédéric Mazzella, l’icône de la French Tech

En 2006, ce diplômé de Normale sup et de l’université californienne Stanford crée BlaBlaCar. L’idée? Mettre en relation des conducteurs voyageant avec des places libres et des passagers souhaitant faire le même parcours. Les coûts du trajet sont partagés entre les covoitureurs. Le concept fait aussitôt fureur. Frédéric Mazzella l’exporte dans 22 pays. Il est aujourd’hui à la tête d’une entreprise de 500 salariés, devenue le leader mondial du covoiturage.

Et l’aventure est loin d’être terminée. Cet été, BlaBlaCar a réalisé une levée de fonds de 200 millions de dollars, portant sa valorisation à plus de un milliard de dollars. Objectif: accélérer son développement en Amérique latine et en Asie. À 40 ans, Frédéric Mazzella est déjà une icône. Celle d’une France qui innove et qui gagne. Comme lui, de nombreux jeunes entrepreneurs font briller les couleurs de la French Tech: Criteo, PriceMinister, Deezer, Vente-privee.com, Stereolabs, Devialet… La France offrirait-elle un terreau favorable à l’éclosion des start-up?


Alain Finkielkraut: «J’ai découvert que j’aimais la France le jour où j’ai pris conscience qu’elle aussi était mortelle»

Alain Finkielkraut, un immortel sous la coupole de l'Académie française.
Alain Finkielkraut, un immortel sous la coupole de l’Académie française. – Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA

«Le fait d’être français ne représentait rien de spécial à mes yeux. Comme la plupart des gens de mon âge, j’étais spontanément cosmopolite. Le monde où j’évoluais était peuplé de concepts politiques et, l’universel me tenant lieu de patrie, je tenais les lieux pour quantité négligeable. L’Histoire dont je m’entichais me faisait oublier la géographie. Comme Vladimir Jankélévitch, je me sentais libre «à l’égard des étroitesses terriennes et ancestrales». La France s’est rappelée à mon bon souvenir quand, devenue société post-nationale, post-littéraire et post-culturelle, elle a semblé glisser doucement dans l’oubli d’elle-même. Devant ce processus inexorable, j’ai été étreint, à ma grande surprise, par ce que Simone Weil appelle le «patriotisme de compassion», non pas donc l’amour de la grandeur ou la fierté du pacte séculaire que la France aurait noué avec la liberté du monde, mais la tendresse pour une chose belle, précieuse, fragile et périssable. J’ai découvert que j’aimais la France le jour où j’ai pris conscience qu’elle aussi était mortelle, et que son «après» n’avait rien d’attrayant.»

Extrait tiré du discours de réception d’Alain Finkielkraut à l’Académie française (Gallimard).

● Le son Devialet

L’enceinte connectée Devialet est distribuée dans les Apple Store. – Crédits photo : PALAST-JManigand dr

Qui arrêtera Devialet? En dix ans, la société a révolutionné l’ampli hi-fi (2007), le haut-parleur (2015) et lancé une spectaculaire enceinte connectée (la Phantom Gold, 25 x 25 x 34 cm) capable de délivrer une puissance sidérante de 4500 W, comparable à un mur d’enceintes. Distribuée dans les Apple Store notamment, elle s’est écoulée à 30.000 exemplaires en dix-huit mois. Afin d’accélérer son développement à l’étranger et d’intégrer ses technologies à l’univers de la voiture, la start-up vient de boucler un tour de table de 100 millions d’euros auprès d’investisseurs illustres tels que Foxconn, le taïwanais qui fabrique les iPhone, Andy Rubin, l’homme qui a inventé le système Android, la star du rap Jay Z ou encore la Caisse des dépôts et consignations.

● La série Oggy dans les bons tuyaux

Composée de 269 épisodes de sept minutes, Oggy et les Cafards est une série télévisée d’animation française. Elle relate les aventures loufoques du chat Oggy, harcelé par un trio de cafards. Elle est inspirée par la démesure exubérante de duos légendaires tels que Tom et Jerry ou Bip Bip et Coyote mais, alors que ses illustres prédécesseurs se lançaient des enclumes ou des pianos sur la tête, les personnages de cette série emploient des calibres supérieurs: sous-marins, maisons…

Sortie le 6 septembre 1999 et toujours en cours de production (la cinquième saison débutera courant 2017), elle est actuellement diffusée dans 150 pays à travers le monde, ce qui en fait la série française la plus populaire à l’étranger.

● Désormais, les meilleurs économistes se fabriquent chez nous

La France, ce n’est pas seulement l’art de vivre. Le succès des économistes français, et récemment de l’école de Toulouse, est la preuve que notre pays sait exceller dans des disciplines où on ne l’attend pas. Qui aurait cru que le livre de Jean Tirole, un pavé de 650 pages intitulé Économie du bien commun(PUF) et publié cette année, se vendrait à 75.000 exemplaires? Faut-il y voir un signe que la science économique rencontre un nouveau public? De fait, derrière cette réussite inattendue du Nobel français, il y a le rayonnement de l’école d’économie de Toulouse, que Tirole a créée à partir de rien avec son ami Jean-Jacques Laffont en 2007.

Un succès qui lui vaut de recruter aujourd’hui des étudiants dans le monde entier et de rééquilibrer la position dominante de l’école d’économie de Paris – considérée comme moins libérale – qui se porte très bien, elle aussi. En 2014, le FMI avait sélectionné 7 Français sur une liste de 25 jeunes économistes les plus prometteurs. Ils avaient tous été formés par la «Paris School». Parmi eux, on trouvait les plus connus: Thomas Piketty, dont Le Capital au XXIe siècle s’est vendu à 2,5 millions d’exemplaires dans le monde, Esther Duflo, professeur au MIT et créatrice d’un laboratoire spécialisé dans l’économie du développement, ou Emmanuel Farhi, professeur à Harvard.

«Paris n’est pas la capitale de la France seule, mais bien de tout le monde civilisé»

Heinrich Heine

● Pour ses entêtés de la tête de veau

Jacques Chirac en a été en 1995 le meilleur ambassadeur. L’amour du président de la République pour la tête de veau réveilla des appétits oubliés. D’Ussel à Rambervillers, les confréries s’en trouvèrent toutes «ravigotées». Les bistrots, les restaurants remirent à la carte cette recette historique mise spécifiquement à l’honneur tous les 21 janvier – jour des banquets républicains où l’on célébrait autour d’une tête de veau ravigote la mort de Louis XVI et l’avènement de la République. Fou de ce plat culte, le chef étoilé d’Apicius, Jean-Pierre Vigato, aime la préparer «façon grande bourgeoise». Il faut voir sur internet la vidéo où il sert pour 8 personnes une bonne grosse tête de veau entière, langue pendue et cervelle bien faite, présentée sur un plateau avant d’être découpée en salle. «On incise délicatement les joues, conseillait Alexandre Dumas dans son Grand Dictionnaire de la cuisine, on laisse les yeux tenir à la peau une fois le tout désossé, à moins qu’on ne les retire à la petite cuillère, on utilise une cuillère pour la cervelle, on dégage délicatement le mufle…» Bon appétit.

● Marcher à Paris, c’est le pied

Les Parisiens ont beau avoir la réputation d’être toujours pressés et de foncer tête baissée sur les trottoirs, indifférents à ce qui les entoure, ils sont en réalité des champions de la nonchalance: ils effectuent chaque jour 3,6 millions de trajets à pied, à la vitesse moyenne et très peu performante de 3 km/h! Preuve qu’il fait bon flâner dans cette capitale aux dimensions plus qu’humaines. Avec ses 18 km d’est en ouest et ses 9,5 km du nord au sud, Paris n’apparaît qu’au 113e rang des communes françaises par la taille. Une «grande ville», c’est certain, mais deux fois moins étendue que Marseille et sept fois moins étendue qu’Arles!

● Notre patrimoine forestier continue d’augmenter

La forêt landaise.
La forêt landaise. – Crédits photo : STANISLAS FAUTRE

Avec 16,3 millions d’hectares, soit 29,7 % du territoire, la France métropolitaine dispose du quatrième massif forestier de l’Union européenne, derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne. Gérée par l’Office national des forêts ou ses quelque 3,3 millions de propriétaires privés, la forêt française a gagné plus de 6 millions d’hectares en un siècle. Même si, selon une enquête sur la filière forêt-bois confiée en 2015 à la Cour des comptes par la commission des finances du Sénat, seule la moitié des 85 millions de m3 de bois produit annuellement par la forêt française est effectivement récoltée, notre patrimoine forestier n’a jamais été aussi important. Reste à savoir comment l’exploiter…

● Nos basketteurs rayonnent en NBA

Il est loin, le temps où Tony Parker était LE Frenchie du championnat de basket nord-américain – le meilleur du monde. Cette saison, ils ne sont pas moins de 11 à fouler les parquets et à croiser le fer avec LeBron James, Stephen Curry, Russell Westbrook ou Kevin Durant. Parmi eux, trois font des étincelles depuis deux mois:  Nicolas Batum (Charlotte Hornets), Evan Fournier (Orlando Magic) et surtout l’immense Rudy Gobert (2,17 m, 112 kg), qui peut d’ores et déjà prétendre au titre de meilleur défenseur de la Ligue tant ses statistiques de match (rebonds et contres en particulier) sont brillantes. De quoi rassurer son club, Utah Jazz, qui a déboursé la bagatelle de 100 millions de dollars sur 4 ans pour s’offrir ses services.

● RATP, SNCF: transports sans frontières

Le savoir-faire de la SNCF et de la RATP s'exporte sur toute la planète.
Le savoir-faire de la SNCF et de la RATP s’exporte sur toute la planète. – Crédits photo : ALSTOM

En France, on connaît la SNCF et la RATP, on sait moins qu’elles sont championnes du monde du transport public et que leur savoir-faire s’exporte sur toute la planète. La SNCF réalise 33 % de son chiffre d’affaires à l’international avec 50 000 employés hors de France. Il y a, bien sûr, des marques phare comme Eurostar ou Thalys en Europe, mais elle est aussi en Australie à Melbourne avec le plus grand réseau de tramway du monde, en Suède avec le réseau des bus de Stockholm ou à Londres avec le Docklands Light Railway. Quant à la RATP, 14 % de son chiffre d’affaires est réalisé à l’international avec chaque année une croissance à deux chiffres. Elle exploite par exemple le tramway de Casablanca qui a transporté 100 millions de voyageurs depuis sa création il y a quatre ans, le Gautrain en Afrique du Sud, une ligne de 80 km qui relie Johannesburg à Pretoria, ou encore 1000 bus rouges qui sillonnent Londres.


Douglas Kennedy: «J’adore ce pays où tout le monde lit!»

L'écrivain américain a un appartemment à Paris.
L’écrivain américain a un appartemment à Paris. – Crédits photo : Sébastien SORIANO

«Chaque fois que je pense à la France, la première image qui me vient à l’esprit est un salon du livre, qu’il soit à Paris, à Saint-Etienne, Saint-Malo ou Toulon. J’adore ce pays où tout le monde lit! Mes romans sont sérieux mais accessibles, si bien que j’y ai un public qui va des intellectuels à la gardienne de mon immeuble du Xe arrondissement à Paris. Elle me lit, ce qui me touche énormément, tout comme je prends plaisir à discuter littérature avec des chauffeurs de taxi qui comptent parmi mes lecteurs. Cela m’est arrivé dernièrement à Lyon. L’un d’entre eux m’avait vu chez Michel Drucker, et la conversation s’est engagée très naturellement… La vie des idées est prépondérante en France. On peut discuter philosophie avec tout le monde. Le constant rapport à la culture est une force majeure de ce pays où l’on cherche toujours l’arrière-paysage des choses, par-delà le quotidien ou la consommation.

C’est Oscar Wilde qui, évoquant la notion de paradis dans Le Portrait de Dorian Gray, fait dialoguer deux de ses personnages: «Quand un bon Américain meurt, il va à Paris! − Et le mauvais Américain? − Il va en Amérique!» Il y a le Paris des cartes postales, des films romantiques et de la vision tendre d’un Woody Allen, mais mon Paris est plus dense. J’ai un appartement dans un quartier populaire bobo, avec une vraie vie quotidienne, mais dans une ville internationale où, au milieu de l’après-midi, on peut voir un film de John Ford. Paris est aussi le paradis des cinéphiles!

* Dernier livre paru: Toutes ces grandes questions sans réponse(Belfond).

● Parce que la France retrouve sa droite

Antonio Gramsci considérait que celui qui gagne les esprits, celui qui remporte la bataille des idées, est celui qui gagne la bataille électorale. Le théoricien communiste italien serait sûrement admiratif de voir à quel point la droite française marche sur ses traces, alors qu’il décrivait un système politique des années 30. Que ce soit sur la sécurité comme sur l’économie, les valeurs de droite dominent le débat politique depuis déjà plusieurs années.

Ce que décrit très bien Guillaume Bernard dans son dernier ouvrageLa guerre à droite aura bien lieu (Desclée de Brouwer). Le chercheur propose d’appeler «mouvement dextrogyre» l’expansion des idées de droite. «Du point de vue électoral, l’opinion publique se droitise, et du point de vue idéologique, la marche des idées s’est inversée, c’est-à-dire que la pression des idées ne vient plus par la gauche, mais par la droite.» La droite n’a plus honte d’être de droite et assume ses positions. À elle, une fois revenue au pouvoir en mai prochain, d’assumer ses actes.


On l’aime aussi pour…

– Ses (derniers) bistrots sur les places des villages

– La Parisienne, parangon mondial de l’élégance

– Le système de santé le plus performant du monde (mais à quel prix, certes…).

– Le champagne, «le roi des vins et le vin des rois»

– Ses humoristes qui, de François Rollin à Laurent Gerra en passant par Gaspard Proust et Florence Foresti, perpétuent l’art si français de la dérision

– Ses châteaux, les plus beaux du monde

Source :©  Le Figaro Premium – 50 raisons d’aimer la France en 2017

One Response to "50 raisons d’aimer la France en 2017"

  1. Moncey   1 janvier 2017 at 2 h 01 min

    Gaspard Proust est slovéno/suisse et non français. Quant à la SNCF elle est réputée pour ne pas pouvoir rouler ses trains grande vitesse en cas de grand froid ou de grosse chaleur et être autant en grève que la RATP »

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